Sur la route de mon village

Assis au pied d'une borne

Se trouvait un de ces vieux sages

La jambe estropiée l'œil borgne

 Où t'en vas-tu pauvre hère qui sans cesse part

Le matin encor' tout engourdi par le froid

Qu'on ne voit pas toute la journée et qui tard

La nuit revient en pressant le pas de surcroît ?

Vers quoi vas-tu donc fugitive silhouette

Tu ne me regardes jamais tu fuis là-bas

Et je vois avec peine ta bouche muette

Chaque jour se figer davantage Pourquoi ?

Sur la route de mon village

Assis au pied d'une borne

Se trouvait un de ces vieux sages

La jambe estropiée l'œil borgne

 Je suis triste en voyant ta vie

C'est idiot de vivre ainsi

J'ai pu voir du haut des parvis

Où je quêtais un Sans-Souci

Un poète qui ne donnait rien

Pas un seul sou ni même un mot

Mais devant moi brisait son pain

Qu'il avait acheté tantôt

Et il ajoutait : Prends ami

Partageons les biens de la terre

Nous qui n'avons rien dans la vie

Il a quitté ce monde austère

Je reste pour continuer

Je suis souvenir de l'idée

Le silence dans la huée

Les bras qui toujours vont aider

Homme qui ne me voit jamais

Songe un peu au clochard d'ici

A travers ses malheurs la paix

Côtoie les espoirs de ta vie

Sur la route de mon village

Assis au pied d'une borne

Se trouvait un de ces vieux sages

La jambe estropiée l'œil borgne

 Un enfant passa sur la route

Et regarda le miséreux

- Sais-tu mon petit ce que coûte

La vie à un être soucieux ?

Le petit répondit ceci

- La foi dans le but où l'on va ! Que si !

Et toi ? - Non... non... eh bien vois-tu

Maintenant je ne le sais plus...

Sur la route de mon village

Se trouvait un de ces vieux sages

La jambe estropiée

                                L'œil borgne.

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