texte écrit vers 11 ans, dans cette même salle d'étude de l'internat mais à une autre place que celle où quelques années plus tard je vivrai ma première expérience de rencontre extra sensorielle en écrivant le texte " Principe poétique ".

C'était ma première année d'internat et pour moi qui aimait vagabonder dans les vergers, les bois et le long des ruisseaux de forêt ou de la rivière de la vallée, le regret de ces moments de pleine liberté m'a poussé à les mettre par écrit. Instinct de conservation, satisfaction d'un besoin individuel de sécurité, ce mécanisme m'a de suite remis en contact avec cette partie de moi-même qui était restée là-bas dans la vallée et les montagnes.

L'obligation de rester sur cette terre se cache déjà derrière ces mots. Dans " D'Éleusis à Dendérah, l'évolution interdite ", Pierre confiera à Laurie que ce travail d'écriture ne fut que la suite d'un travail plus douloureux qu'il livra jusque vers cinq ans pour vaincre ceux qui dérangeaient son sommeil et provoquaient du somnambulisme. Dans ce travail, il avait bénéficié de l'intervention de son ange gardien. Dans ce premier poème, je lui répète en quelque sorte que malgré moi, je dois accepter de rester ici et travailler....travailler surtout à préparer d'autres rencontres avec lui et le monde double ou le monde supérieur auquel il appartient. Pour le poète, avant qu'il ne se mettre à écrire, tout est déjà dit....et c'est tant mieux. C'est le début d'une magie, mais cela peut être le début de beaucoup plus.

Écrire des poèmes pour un je ne sais quel plaisir de versifier et de produire des textes plaisants suscitant l'admiration des autres n'est qu'une imposture d'intellectuels désœuvrés. Bien entendu la versification peut être une technique....mais une technique pour canaliser une source, une voix, une inspiration et encore, très vite et à mes dépens, je constaterai avec effroi que c'est faux, qu'elle ne peut que nous donner une fausse assurance de sécurité et nous entraîner dans des approches dangereuses qui déclenchent des forces indomptables. Dans ce premier poème, j'ai pourtant pris le bon chemin en gardant à l'esprit le seul lecteur possible de ma véritable poésie : celui qui vit en moi et guide mes pas, me sauve des périls de la mort accidentelle ou de mes erreurs mortelles, me transmettra le savoir-faire nécessaire pour installer sans crainte et sans reproche un dialogue de l'âme pour l'âme.

Des autres lecteurs, très longtemps je m'en désintéresserai et je cacherai mon travail d'écriture. Aujourd'hui, ce travail m'a amené à un stade où une traduction s'inscrit dans la perspective de changer la vie. Utiliser l'internet permet d'assurer une transparence en présentant simplement les origines et les aboutissements de ce travail, ce que ne permet pas l'édition classique à cause des coûts de publication. Cette diffusion sur le net, je la fais également en mémoire des poètes des générations passées. Leur travail m'a aidé à traduire ces rencontres poétiques et j'ai lu entre leurs lignes le message universel qu'ils adressaient à ceux qui allaient poursuivre dans cette voie. Utiliser l'internet doit accélérer ce travail et le rendre plus présent parmi nos prises de décision relatives à l'organisation de la vie dans nos sociétés. Quant à ces lignes écrites sur un site web, avant même le premier lecteur connecté à ce site, celui à qui s'adressait ce premier poème les a déjà lues....cela a toujours été comme ça !

 

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