Texte écrit vers 21 ans. Lycéen, j'avais participé à quelques manifestations d'étudiants contre les lois Debré sur le sursis accordé avant de faire le service national. J'étais étudiant et à ce moment là, il y avait l'affaire des comités de soldats. Un étudiant de Besançon avait été incarcéré au fort de l'est à Saint-Denis avant de comparaître devant la cour de sûreté de l'état. Besançon, pour moi déjà à l'époque, c'était la ville de Pierre-Joseph Briot, de Charles Nodier, de Victor Hugo, de l'esprit des Philadelphes renouvelant la tradition des charbonniers.

C'est un texte de circonstance. Les journaux locaux n'avaient pas encore une rubrique des lecteurs et ce texte ne pouvait pas passer. J'en ai épinglé un exemplaire sur un panneau de la faculté des Lettres. A la faculté de Droit, nous ne faisions jamais grève ni ne soutenions ce genre de mouvement. Pourtant je venais d'obtenir le titre de lauréat de la faculté de droit avec une copie dans laquelle justement je démontrais que l'état, c'est fini ! Il faut au moins commencer à le démonter pour laisser la place à une autre organisation respectant davantage la primauté de l'être humain dans toutes ses dimensions y compris sexuelles et spirituelles et pas uniquement intellectuelles. L'alternative réside bien dans une organisation en réseau. Quant à l'armée, plus tard je saurai quel pouvoir devra avoir la garde du sabre. Certainement pas une minorité sociale au pouvoir dans un système étatique et monopolistique qui oublie de considérer le pouvoir militaire à côté des trois autres pouvoirs respectivement législatif, judiciaire et exécutif pour mieux le soumettre sans discussion aux dirigeants du pouvoir exécutif. 

je n'ai pas à raconter ici d'histoires sur mon service militaire mais j'écrirai plus tard un texte sur le discours du poète au plateau des Glières.

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