Texte écrit vers 18 ans. En terminale, je n'étais plus interne et tous les matins, je me levais pour prendre le train et aller au lycée. Sur le trajet de la maison à la gare, je notais chaque matin la variation des couleurs de l'aube.

Je me posais aussi des questions sur le savoir académique que j'étais obligé d'apprendre, que valait-il par rapport à ce qu'avait en têtes les bigotes qui chaque matin, à la même heure se rendaient à l'église ? Viendrait-il un jour le temps où le poète rassemblerait autour de lui élèves professeurs et bigotes pour leur apprendre à décrypter les messages tirés des rencontres avec ce qui vit en nous, pour leur apprendre les rudiments du dialogue de l'âme pour l'âme ?

Ce moment sera-t-il la fin d'une nuit, d'une nuit du savoir, d'une nuit de la conscience humaine qui ignore les phénomènes de la vie parce que ceux-ci ont été cachés sous le poids des tabous ?

Le poète est bien celui qui accompagne ses frères à la sortie de la nuit pour les aider à vivre au grand jour.

et ne venez pas ici me rappeler le mythe de la caverne de Platon. Tous savent que Socrate comme Platon allaient régulièrement vivre la cérémonie des petits et grands mystères d'Éleusis....lisez " D'Éleusis à Dendérah, l'évolution interdite ".

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