Libéralisme liberticide

 

mise à jour : 24/03/2009

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Libéralisme liberticide ! Ce slogan n’est-il pas exagéré ? Nous l’utilisons parce que les explications données par les dirigeants de nos systèmes de pouvoir économique, politique et social pour rassurer les opinions publiques jouent également sur les mots d’une manière encore plus trompeuse et manipulatrice. Le mot libéralisme est utilisé pour évoquer d’une manière sous-jacente la liberté, notamment la liberté du commerce et de l’industrie pour vendre et pour produire partout dans le monde au mieux des intérêts des dirigeants de l’économie marchande. Cette liberté serait si incontournable que le libéralisme serait la meilleure solution pour organiser un système de pouvoir économique surtout que la mondialisation de l’économie est devenue un acquis irréversible. De ce fait, le capitalisme serait aussi et malgré la crise financière actuelle, toujours le meilleur système économique imaginable. Et il ne faut surtout pas chercher ailleurs une autre solution : elle n’existerait pas ! A ce stade, cette doctrine est déjà liberticide : elle cherche à éliminer un autre choix, à supprimer l’espoir d’une alternative. La liberté repose sur la possibilité d’un choix, lorsque ce choix est interdit ou supprimé, la liberté est supprimée et le mot liberticide est approprié, juste.

 La confusion est entretenue entre les notions de capitalisme, de libéralisme, de liberté du commerce et de l’industrie, de croissance économique développée par l’augmentation des échanges multilatéraux. Cette confusion est organisée par nos dirigeants et elle est relayée par les médias à leur solde pour défendre le système capitaliste et préserver leurs places. Maintenant que l’analyse des causes de la crise est admise par tous et même si les conséquences de cette crise, la forme et la durée qu’elle va avoir ne sont pas connues, la question primordiale devenue cruciale aujourd’hui est de savoir si les dirigeants qui ont été au pouvoir et n’ont pas su, voulu ou pu éviter cette crise majeure, sont capables de changer leur état d’esprit, d’abandonner la doctrine neolibérale et ses méthodes de management autocratique pour développer une nouvelle manière d’organiser la société dans laquelle la place de l’argent et de la finance serait mise sur un plan secondaire et la place de l’être humain serait au cœur de l’organisation de nos sociétés. En cas de réponse négative, le remplacement immédiat de ces dirigeants s’impose. C’est le cas semble-t-il aux Etats-Unis et la crise est une explication sérieuse du renouvellement des équipes dirigeantes par l’arrivée à la Maison Blanche du premier président d’origine ethnique noire. Les espoirs sont multiples et cette élection au résultat symbolique marque certainement le couronnement du processus d’abolition de l’esclavage des noirs mais ce président peut-il également s’occuper de suite de l’abolition du règne de la finance la plus incontrôlable, du capitalisme le plus sauvage et auto destructeur de richesses ? Le cas de la France est alors d’autant plus inquiétant tant l’immobilisme des pratiques dirigeantes est séculaire, tant le fonctionnement monarchique des institutions est présent, tant le paternalisme depuis plus d’un siècle nous condamne à avoir les plus mauvaises relations sociales des pays industrialisés.

 La crise financière de l'automne 2008 s'est dévoilée un peu plus à travers l'escroquerie Madoff. Alors que les populations craignent le pire, que les banques restreignent les crédits, les dirigeants de notre système de pouvoir tentent de nous faire croire que nous sommes capables de surmonter cette crise, en travaillant plus et en faisant des sacrifices pour renoncer aux avantages acquis de nos systèmes sociaux et de notre protection sociale, en réduisant considérablement nos services publics. Cet argent économisé sur notre « confort » social et qui ne devrait plus être prélevé sur les résultats des entreprises, doit permettre à ces dernières d’investir plus et donc à terme de créer de nouveaux emplois. Bref ce ne serait qu’un mauvais moment à passer ! L'argument est simpliste : certes le capitalisme a toujours nourri des crises mais à chaque fois il a réussi à les surmonter et la croissance globale sur une longue période a toujours été favorable. Donc il n'y a pas mieux que le capitalisme. Nous allons ici démontrer la fin de ce cycle du capitalisme, la fin de ce système de pouvoir économique à cause des erreurs, de l’incompétence et de la mauvaise volonté des dirigeants actuels du système.

 Pour tenir compte de la crise financière, nos dirigeants acceptent toutefois une critique : la liberté des marchés n'est plus forcément le cap à tenir. Le protectionnisme peut redevenir une solution en cas de crise : la nationalisation des institutions financières dont la faillite menace le système est la première parade pour éviter la catastrophe. L'erreur admise par nos dirigeants, a été la libéralisation à marche forcée du marché financier et la conséquence a été une absence totale de contrôle sur ces mouvements de capitaux. La mise sous contrôle des marchés financiers serait donc la solution pour éviter que cette crise ne se renouvelle. C’est la mission que se donnent les dirigeants politiques : jouer au chef de famille qui sermonne et réprimande le fils ou la fille ingrate dont le comportement irréfléchi menace la réputation de la famille. C’est une occasion de redorer le blason de la classe politique qui jusqu’ici devait avouer son impuissance devant les manœuvres des dirigeants économiques et financiers. D’ailleurs, cette démarche de remise au pas de la finance et de l’économie par les politiciens n’est qu’une suite logique de la tendance au néo protectionnisme : pour éviter l’agressivité commerciale de certains pays et les pratiques de dumping, il suffit de renforcer les mesures de sécurité sur les produits, les mesures sur la protection sanitaire et phytosanitaire des plantes, de permettre d’augmenter les taxes sur les produits importés avec des prix correspondant à un dumping.( voir les accords OTC et SPS pris par l’OMC en 1995 ). Les dirigeants politiques ont toujours dû protéger les intérêts de leurs consommateurs et des entreprises de leurs pays. Cette crise renforce l’importance de cette préoccupation vis à vis des électeurs.

 Le cœur de la doctrine du système capitaliste repose sur un accroissement continu des échanges : il faut vendre toujours plus ! Quitte à délaisser certains partenaires pour protéger le couple idéal sur lequel repose le succès de la croissance d’un pays : une plus forte augmentation du PIB reliée à davantage de demande intérieure, de consommation interne car ceci représente la preuve principale que le système fonctionne à son optimum et que donc les citoyens seront satisfaits de ce système, que le pacte républicain pour parler de la France est toujours debout et que donc les dirigeants politiques de notre système de pouvoir peuvent dormir tranquille étant assurer de la pérennité de leurs carrières politiciennes et de la docilité de la population. Dans cette crise majeure du système économique capitaliste, nous sommes très loin de cette situation idéale ! Nous verrons plus loin que la classe politique est au cœur de la crise et  qu’elle reste un des principaux responsables de cette situation. Les manœuvres actuelles pour se défausser d’une part de responsabilité n’ont rien de diplomatiques mais représentent une hypocrisie de plus, une marque de cynisme supplémentaire qui apporte la preuve que ces hommes et ces femmes ne changeront pas de doctrine, d’idées, d’attitudes et de comportements et que cette résistance au changement, une fois de plus, est de nature à provoquer une insurrection nationale en France, pays où depuis 1789, par la volonté des dirigeants politiques depuis 1789, aucune constitution n’a pu être mise en place et aucune évolution dans le régime politique n’a pu avoir lieu sans au préalable vivre des guerres militaires, des guerres civiles ou des troubles politiques majeurs. Nous en sommes restés à cette coutume républicaine et, pour traverser cette crise, c’est un handicap majeur redoutable ! Les Etats-Unis sont bien responsables de la crise économique et financière mais ils viennent de changer d’une manière radicale leur Président et ce pays veut croire qu’il y a là le début d’un nouvel et puissant espoir de changement dans le fonctionnement de nos sociétés. Pour nous, ce changement passe inéluctablement par l’abandon du système économique capitaliste et le développement des organisations en réseaux regroupées en confédérations dont les limites se sont affranchies des espaces nationaux actuels. Les lecteurs de fileane.com le savent.

 Pour préserver le capitalisme, ses défenseurs seraient donc prêt à abandonner tant soit peu la dimension libérale de ce système économique. Le capitalisme serait toujours le meilleur système économique, il ne détruirait pas régulièrement les richesses qu’il a créées et il ne détruirait pas tous les obstacles qui entraveraient la domination sans partage des plus riches propriétaires des moyens de production. C’est le libéralisme qui serait destructeur et liberticide en répandant trop vite et brutalement la loi du plus fort économiquement dans des pays mal préparés à recevoir un tel choc. Cette loi économique libérale détruit la protection sociale, les services publics des états, la liberté du travail qui passe par la protection des salariés, le droit au logement, le droit au respect de la dignité de la vie humaine sous prétexte que la privatisation des activités économiques et sociales seraient plus rentables pour l’ensemble des agents économiques, qu’ils auraient la possibilité de dépenser moins et qu’ils doivent avoir le choix entre plusieurs niveaux de satisfaction de leurs besoins. Bref qu’ils seraient beaucoup plus libres ! Ce serait une évidence mais il s’agirait d’avancer moins vite, plus prudemment, le temps que tous comprennent et acceptent de participer à ce jeu là ! Il ne s'agit pas là d'une marche arrière, simplement d'une pause avant de repartir de plus bel vers la maximisation des profits puisqu'il ne peut y avoir d'autre but légitime dans un système économique qui repose sur la liberté de chacun des agents de ce système. Il faut revoir les programmes scolaires pour que les enfants connaissent mieux les réalités économiques et comprennent qu’il n’y a pas d’autres solutions. Il faut que les citoyens acceptent à nouveaux de faire des sacrifices et des efforts car un système de protection sociale publique rigide est incompatible avec les évolutions économiques et les variations de la croissance. Il vaut mieux pour l’état externaliser ce service public et privatiser la protection sociale et que chaque citoyen prenne librement ses responsabilités. Nous en sommes là et pour les militants du système de pouvoir actuel, il faut enfin sauter ce pas. Seule la fuite en avant dans la privatisation et la libéralisation des services publics apportera la solution pour sortir de cette crise. Un certain nombre de responsables politiques, par prudence ou lucidité, et peu importe leur camp politique, prennent bien soin de refuser de sauter dans cette direction. Le fait de ne plus pouvoir ignorer que le libéralisme n’a rien à voir avec la mondialisation des échanges mais qu’il n’est que le bulldozer qui rase les murs et les fossés pour mieux permettre au capitalisme d’investir la place et de dominer le fonctionnement du système économique, est de nature à effrayer les plus septiques sur les capacités réelles du capitalisme à éliminer les contradictions sur lesquelles il repose.

 Un bref rappel : le développement de l’industrie, l’utilisation à des fins économiques des progrès des technologies de production a posé deux réalités :

 Dès lors après 1830 et ce massacre des canuts à Lyon puis l’échec de la révolution de 1848, pour que le système capitaliste puisse se développer et conforter sa légitimité au cœur des institutions, il fut nécessaire de bâtir une doctrine capitaliste, un corps de pensée cohérent capable d’être enseigné pour soumettre les citoyens à ce raisonnement sommaire économique qui avait l’immense avantage de rendre possible sur le plan politique l’enrichissement sans limite des propriétaires des moyens de production.

ajout du 24/03/2009

Les origines du capitalisme restent un sujet controversé : Pour Fernand Braudel, ce sont les grands marchands du Moyen Age qui ont commencé par engager d'importantes sommes d'argent dans des projets. Mais ces familles, les Fugger, Jacques Coeur, Necker... n'ont pas voulu de concurrence : ils cherchèrent à se tailler des empires commerciaux reposant sur un droit d'exclusivité dans les échanges. Polanyi estime également que le grand commerce international précède le commerce national. Le constat est juste et faux à la fois car très incomplet : les archéologues et les biologistes dès 1992, à Ulm, ont démontré que les momies égyptiennes, 3 000 ans avant J-c, contiennent de la coca et de la soie. La coca qui n'a jamais réussi à se cultiver naturellement en dehors des Andes, arrivaient en Égypte par la route maritime du Pacifique, la plus proche du pôle nord car la plus courte, puis par la route des caravanes de la Chine jusqu'à la Méditerranée. Nous savons que la course aux épices des Indes a utilisé le mécanisme financier de la tontine pour rassembler d'importants capitaux mais cette course aux découvertes maritimes a eu lieu après la destruction de l'ordre chevalier du Temple qui protégeait l'organisation en réseau des villes libres et des abbayes des ordres bénédictins. La flotte de l'ordre du Temple traversait l'Atlantique en suivant la route des vikings et certainement aussi la route des alizés que Christophe Colomb ouvrit à nouveau après l'interdiction posée par les papes pour défendre les dogmes de l'église catholique romaine, dogmes contredits par la culture des Andes et de Tiahuanaco, ville mégalithique dans laquelle un groupe de chevaliers templiers vint se réfugier après la destruction de leur ordre pour renforcer la colonie des anciens vikings et des templiers qui s'était établie dans cette région des Andes depuis plusieurs siècles. Ce groupe allié aux peuples locaux entreprit de développer l'empire inca qui fut détruit sur l'ordre du pape de Rome par les conquistadores espagnols. L'entreprise politique, économique et sociale de l'organisation en réseau des Templiers n'avait rien à voir avec le capitalisme, elle était tout le contraire et assurait une répartition des richesses sous la gouverne de dirigeants qui avaient fait voeu de pauvreté. Tant que les interdits et les tabous qui occultent cette partie fondamentale de l'histoire occidentale ne seront pas éliminés et les dirigeants actuels qui maintiennent en vigueur ces tabous ne seront pas écartés de la vie publique, le capitalisme ne pourra pas être éliminé radicalement de notre culture occidentale et l'imposture de notre système économique conçu et développé pour les profits des plus riches se maintiendra tant bien que mal. Nous sommes au coeur du propos développé sur notre site fileane.com.

Keynes et Schumpeter définissent le capitalisme plutôt à partir du rôle moteur de l'entrepreneur industriel qui met en place et développe de nouvelles technologies dans ses usines. Le capitalisme industriel repose sur l'utilisation massive de l'énergie et l'arrivée d'une main d'oeuvre prolétarisée dans un système de production où l'ouvrier n'est que le bras humain qui vient compléter le travail de la machine et rien de plus. Le capitalisme n'est pas une nouvelle forme de l'histoire éternelle des échanges et du commerce, c'est un système de production de richesses tout nouveau qui se développe à partir des usines. C'est la technologie qui modifie la culture et le système politique, économique et social. Cette technologie ne peut pas enrichir d'une manière aussi exagérée les seuls propriétaires individuels des moyens de production sans une nouvelle doctrine dont le propos fondateur est simple : il faut justifier que le droit de propriété individuelle a le pouvoir d'accaparer ce qui est le résultat d'un travail commun et a le pouvoir d'interdire toute référence à une propriété commune des acteurs de l'entreprise ou à une propriété collective de l'état. ( fin de l'ajout du 24/03/09 : idées et référence tirées du livre Anti manuel d'économie, 2 les cigales, p 43, de Bernard Maris, Editions Bréal, 2006 , avec nos propres commentaires ).

Dans cette doctrine, nous trouvons les théories économiques, les principes du management, l’utilisation des mathématiques pour modéliser des manières d’atteindre l’optimum dans le fonctionnement du système, les services rendus par la science pour satisfaire les volontés d’enrichissement des dirigeants du système ou leur folie destructrice lors des guerres et des conflits mondiaux. Hannah Arendt a montré comment nous sommes arrivés à l’horreur économique. L’expérience de Milgram explique comment des millions de gens peuvent être mis en état agentique par les dirigeants d’un système de pouvoir et comment ce conformisme devient la soumission à des ordres les plus cyniques et criminels. Enfin Pierre Legendre a demandé aux poètes d’avoir le courage de la lâcheté pour étudier l’industrie et venir trancher ce nœud de fables. Ces fables, ces idéaux, ces mythes et ces utopies nous assignent à résidence dans les limites de ce système de pouvoir qui justement prive l’être humain de ses raisons de vivre et de sa liberté pour entreprendre une démarche afin des les trouver et suivre sa condition humaine dans le respect de la dignité attachée à la vie et à ses mystères. Les lecteurs de fileane.com l’ont compris : nous avons eu le courage de la lâcheté et nous avons étudié l’industrie ! .. et nous sommes toujours poète.

Nous n’avons pas besoin ici de reprendre dans le détail la construction de cette doctrine qui détourne l’économie au service des intérêts des dirigeants du système capitaliste et libéral, nous l’avons rédigé sur d’autres pages web de ce site. Cette doctrine est creuse et ne résiste pas à l’épreuve des faits. Le libéralisme n’est pas la face vertueuse du capitalisme sous prétexte que le mot libéralisme est en assonance phonétique avec le mot liberté : la liberté du commerce et de l’industrie devient libérale quand une entreprise réclame et obtient le droit de produire ou de vendre dans d’autres pays pour optimiser ses profits, sans que les conséquences sociales de la suppression d’emplois dans un pays puisse lui être reproché. C’est tout ! En France, cette fausse espérance dans la liberté du commerce et de l’industrie qui en 1945, avait parcouru les esprits des résistants au nazisme et des libérateurs du pays, a été détruite par la justice et le fameux arrêt Brinon du 31 mai 1956 : le pouvoir de l’employeur peut aller jusqu’à fermer son usine et renvoyer les salariés. Il n’a pas à s’occuper de leur sort et à leur trouver un nouvel emploi ! L’état devra se résoudre à légiférer pour rendre obligatoire l’élaboration de plans sociaux. La situation n’a pas évolué depuis sauf que ce sont les fonds d’investissements anglo-saxon pour la plupart, qui ferment les usines pour des raisons de rentabilité financière. Le libéralisme est la vitrine commerciale du système de production capitaliste. Nous l’avons montré, les deux font la paire ; l’un ne va pas sans l’autre même si le développement du libéralisme s’est fait plus d’un siècle après le capitalisme. Aujourd’hui, les salariés l’ont compris, nous cumulons les méfaits et les attaques des deux et surtout du deuxième ! Maintenant que les moyens de transport et les technologies permettent d’échanger sur l’ensemble de la planète, la volonté des dirigeants du système capitaliste est de profiter de toutes les occasions mondiales pour maximiser leurs profits. Les états sont alors des obstacles qu’il faut réduire et c’est l’entreprise que mènent actuellement les dirigeants du système libéral en détruisant des droits et des espoirs parmi les populations des pays occidentaux, ce qui est nouveau et incompréhensible pour les citoyens de ces pays surtout lorsque ce sont ses élus qui collaborent aussi manifestement avec l’oligarchie financière anglo-saxonne qui dirige le neolibéralisme. Nous arrivons alors à la trahison de la classe politique et à la rupture du pacte républicain par les politiciens au service des dirigeants du système économique. Il n’y a aucune liberté ici sauf la loi implacable du plus fort qui détruit la liberté des autres. Pour l’intérêt général, c’est à la main invisible d’agir ! On croît rêver ! Pour un poète, c’est un cauchemar de constater que des millions de gens se soumettent encore à ce genre d’affabulations !… et ne préfère toujours pas lire ses rêves d’humanité, ses illuminations poétiques sur la vie d’après la mort du corps charnel, sur les valeurs de paix et d’amour !

 Il est grand temps que l’écran de fumée qui dissimule cette réalité à l’opinion publique se dissipe et que tous comprennent.

 Le capitalisme n’a pas d’avenir et c’est un système perverti et dangereux car il est incapable de surmonter sa première et dernière limite : la sur capacité de production. Les technologies sont capables évidemment de produire toujours plus jusqu’à l’épuisement des ressources et des matières premières tout aussi évidemment. Mais le capitalisme n’a aucun intérêt à se lancer dans cette direction car très vite, en sur capacité de production, il ne va plus vendre ou il va vendre sans avoir pu optimiser ses profits. A partir d’un certain volume de production qui dépasse la demande solvable, la seule solution est de partager le surplus de production gratuitement ou en échange d’autres bien et services. Ces échanges ne pourront avoir lieu qu’en écartant l’utilisation des monnaies étatiques puisque ces personnes ne seront pas solvables en monnaie étatique. Mais alors pourquoi avoir vendu dans un premier temps en monnaie étatique ?

 La deuxième difficulté pour éviter la sur capacité de production, touche le libéralisme de plein fouet : celui qui produit aujourd’hui un bien, peut-il avoir le droit demain d’interdire cette production à un autre pays ou concurrent potentiel sous prétexte que ce dernier va dépasser le seuil de sur capacité et donc introduire un risque mortel dans le système économique ? Dans l’absolu, il le faudrait et les premiers penseurs et théoriciens de l’économie libérale l’ont écrit : le marché doit détruire et éliminer les plus faibles, les moins performants et sans aucun état d’âme, avec le cynisme le meilleur, que ce soient des entrepreneurs ou des pays car sans cette destruction, très vite, le marché est en sur capacité d’offreurs. L’idéal est la spécialisation de chaque pays par rapport à ses atouts, ses avantages comparatifs, ses ressources les plus abondantes, ses savoir-faire les plus avancés. Les autres doivent abandonner ces marchés pour que les meilleurs réalisent l’optimum des gains de productivité et que le coût unitaire de ces production soit le plus bas possible par rapport au niveau de qualité souhaité. Alors tous les consommateurs vont profiter de cette offre de qualité réalisée au coût le plus juste et le plus faible. C’est la théorie ! Comme tous le savent après avoir rencontré un économiste tant soit peu honnête dans ses cours ou ses livres ou après avoir lui-même constaté lors d’un licenciement économique ou de l’échec d’un plan économique gouvernemental : la théorie ne marche pas ! Elle est utopique, c’est à dire qu’elle ne pourra jamais être réalisée complètement ou suffisamment pour écarter les crises du système. La raison ? Nous la voyons se répandre en temps réel sur la planète et la crise financière ne fait que l’accélérer à une vitesse foudroyante : le pays qui cède sa production perd des emplois et la demande intérieure plus faible ralentit la croissance. Les salariés de ces pays vont alors rapidement se trouver dans l’incapacité de rembourser leurs crédits surtout si leur système économique national a déjà abusé des crédits à la consommation pour entretenir un niveau de vie supérieur aux capacités réelles de ce système économique. N’accablons pas les USA ! En 1998, pour sortir de la crise asiatique, les USA ont continué à importer massivement depuis l’Asie, ce qui a permis d’éviter l’effondrement général de l’économie mais cette crise n’a pas servi de leçon justement parce que cette leçon, les dirigeants de Wall Street n’en voulait pas ! Aujourd’hui la leçon est parfaitement connue de tous et il va falloir s’y tenir ! Il n’y a plus d’échappatoire possible : la crise asiatique de 1997 est provoquée par la corruption du système bancaire des pays asiatiques qui détournent une partie des investissements des fonds de pension et des fonds d’investissements américains. D’où le retrait brutal de ces fonds des pays d’Asie du sud est. Ces fonds ont du répartir leur épargne en Europe mais mis à part les privatisations en France, il y avait peu d’occasions. Aux USA, il y avait la possibilité d’investir dans l’immobilier pour que tous aient une maison. Nous avons vu cette relation entre l’immobilier et le financement à moyen terme des dépenses sociales supplémentaires provoquées par l’allongement de la durée de vie. L’échec de cette stratégie repose sur la corruption de Wall Street et du système bancaire et d’assurance américain, sur la corruption du système financier en général qui ne sert qu’à maximiser les nouveaux profits des riches. C'est toujours une logique de production de profits maximum qui l'emporte sur la logique d'une meilleure répartition. Le montant fabuleux de l'épargne mondial au lieu de se répartir sur des milliers de projets de développements à moyen terme, se concentre au contraire dans des bulles spéculatives sur un marché particulier ou sur une technologie : ce comportement moutonnier, cette manière de se comporter comme un troupeau de moutons n'est plus seulement stupide, elle est devenue criminelle car elle provoque ces crises à répétition du système financier. Qui va mettre en place cette logique de répartition ? Les lecteurs de fileane.com savent que  les organisations en réseau assurent une bien meilleure répartition des richesses que le système capitaliste.

 Les théoriciens du capitalisme et du libéralisme s’époumonent actuellement pour réciter les derniers versets de leurs cantiques : les salariés de l’industrie ou du secteur tertiaire qui ont perdu leurs emplois certes vont gagner moins dans d’autres emplois moins rémunérateurs mais comme ils vont bénéficier de produits vendus moins chers car provenant de pays capables de produire à moindre coût, l’un dans l’autre, il est possible qu’ils conservent leur pouvoir d’achat. Ce pouvoir d’achat n’augmentera certes plus, il baissera certainement un peu mais dans une proportion supportable. C’est la doctrine « Wall Mart », du nom du numéro un de la distribution mondiale qui en a fait son slogan publicitaire : avec nos produits moins chers vous conservez votre pouvoir d’achat… même si nous avons supprimé notre fournisseur américain et donc vos emplois pour lui préférer un fournisseur chinois ou asiatique et si nous avons demandé fermement à notre fournisseur américain de produire en Chine pour être capable de réduire ses prix de 30% au moins !

Cette stratégie d’écrasement des prix à l’aide d’importations massives de Chine explique le succès financier de Wal Mart : ce distributeur qui a conquis un quasi monopole peut réaliser des marges commerciales jusqu’à 80% sur un produit, c’est à dire que d’une année à l’autre il a pu multiplier par 3 ou 4 ses marges ( 300 ou 400%). L’ennuyeux dans cette affaire,  c’est d’une part la volonté cynique d’imposer ses prix aux fournisseurs sans se soucier de leurs sorts mais en cela cette direction d’entreprise applique à la lettre les recommandations d’Adam Smith et ceci ne serait pas grave, car d’autre part Wal Mart par sa direction de fait de la distribution aux USA, fait augmenter considérablement les importations depuis la Chine. La balance des transactions, la balance commerciale est devenue très fortement déficitaire aux USA. En principe, devant cette situation, un étudiant en économie qui veut obtenir son diplôme, indique dans sa copie que la sanction pour un pays qui voit s’accroître exagérément le déficit de sa balance commerciale, est la dévaluation de la monnaie. Ce fut le cas en France en 1983. Donc, cette situation peut mener le pays au bord de la ruine. Les dirigeants de Wal Mart et tous les dirigeants épris de la doctrine néo libérale ont un tout autre discours connu depuis longtemps mais qui se réalise depuis ces dernières années. Un état ne peut pas interdire à un distributeur privé de s’approvisionner uniquement dans les pays à faible coût de main d’œuvre pour optimiser son profit. Refuser cette possibilité offerte par l’ouverture de la Chine à l’économie marchande est impensable. S’il y a un problème pour la comptabilité nationale d’un pays et que face à cette situation, la réponse d’une dévaluation de la monnaie n’a plus aucun sens, la solution est simple : comme il est impensable d’interdire à la Chine de s’ouvrir à l’économie de marché, il faut sérieusement penser à éliminer l’intervention des états dans ce genre de commerce. En clair, les fonctionnaires qui calculent la balance commerciale ne servent plus à rien, il suffit de lire dans la presse people, dans les médias, qu’il y a toujours plus de milliardaires à travers le monde. Tous sauront que le système fonctionne à merveille ! Dans cette histoire, si un dirigeant américain a commis une erreur grossière, nous le connaissons. Lorsque vers 1998, Bill Clinton a signé avec le Premier secrétaire du parti communiste chinois un pacte commercial qui permettait aux produits américains d'être librement vendus en Chine, tous pensaient que les usines américaines produiraient pour le fabuleux marché de la consommation chinoise ! Or, il y a dix ans plus encore qu'aujourd'hui, les consommateurs chinois n'ont pas d'argent pour acheter des produits américains ou occidentaux ! Un jour, il faut espérer qu'ils auront ce pouvoir d'achat. Dans l'immédiat et pour longtemps certainement, la Chine n'est que le libre marché de la production mondiale et l'OMC a beau s'évertuer pour clamer les vertus des échanges multilatéraux. Dans la Triade, la part du commerce qui se développe le plus correspond aux échanges transnationaux, à la délocalisation de la production en Chine et en Asie. Pour se protéger contre les ravages connus du neo libéralisme, sur chaque continent se développent les échanges intra zones, la régionalisation de l'économie. Ce ne sont pas les dirigeants chinois qui exportent le poison dans le système économique mondial, ce sont les dirigeants américains du plus grand groupe mondial de distribution. Nous sommes entrés dans l'ère de la domination des distributeurs qui sont maintenant capables de dicter leur loi aux producteurs.. et aux états encore mieux que hier les producteurs ne le faisaient.

Cette histoire devient plus sérieuse lorsque le rapprochement est fait entre cette stratégie de Wal Mart qui se traduit par des milliers de suppression d’emplois dans le système de production américain et la crise des subprimes. Il est tout à fait compréhensible que les financiers n’avaient pas imaginé la disparition rapide et brutale d’autant d’emplois aux USA dans les années 2004 et suivantes. Ces salariés qui ont perdu leur emploi ou retrouvé un nouvel emploi moins bien payé ont été mis en difficulté pour rembourser leurs crédits et leurs crédits immobiliers. Wal Mart a une large part de responsabilité dans le désastre de l’économie américaine et l’erreur serait de ne voir que le cas des sociétés de la finance. L’exemple de Wal Mart est la première réalité politique, économique et sociale de la mise des états hors circuit. Mener une politique monétaire à partir de l’équilibre de la balance commerciale atteint aujourd’hui le comble du ridicule face à cette volonté des dirigeants de Wal Mart. La seule réponse politique immédiate est la nationalisation de Wal Mart ( pour un dollar et pas plus, vu les dégâts que cette société a déjà provoqués ! ). L’état, à défaut de pouvoir changer les fournisseurs produisant en Chine, peut au moins fixer une politique de marges commerciales capable d’assurer un réel gain de pouvoir d’achat pour les consommateurs, ce qui peut remplacer d’autant des aides publiques pour soutenir la demande. Wal Mart applique la doctrine neo libérale et nous sommes en train d’assister à la mise à l’écart des politiques publiques classiques. Ce libéralisme correspond exactement à la volonté de l’oligarchie financière mondiale : écarter, supprimer l’intervention des états pour laisser libre cours aux possibilités mondiales de maximiser les profits sans tenir compte des conséquences sociales immédiates de telles mesures. Les gens n’ont pas d’autre choix de toute manière que celui de consommer toujours plus ! Dans ce but, il n’y a guère de place pour un état ! Pour s’enrichir toujours plus, il faut profiter du travail de toujours plus de gens ( qui n’ont plus forcément le statut de salariés ). Donc à terme, les riches ont besoin du plein emploi ! A terme, il n’y aucune menace sur le plan social ! Il faut simplement se soumettre, ne plus vouloir être libre pour devenir un dissident par rapport au fonctionnement d’un tel système ! Et si tout ceci n’est pas liberticide ! …

Si cette politique ne marche toujours pas, l’entrepreneur capitaliste peut demander à l’état de créer de nouveaux emplois. La recette pour la France est connue et les militants des partis politiques de droite la diffuse : la France doit laisser partir ses productions les plus faibles et arrêter les subventions publiques pour les maintenir en vie. Elle doit créer de nouveaux emplois dans le tourisme, la restauration puisque les riches et nouveaux riches du monde entier, notamment chinois et asiatiques, veulent venir chez nous visiter notre beau et charmant pays et acheter nos produits de luxe … réservés aux plus riches. Pour les français, il s’agit de créer de nouveaux emplois dans les services aux personnes, principalement à destination des retraités et des personnes âgées… surtout que nous avons une espérance de vie qui est un atout sur ces nouveaux marchés. Pour financer ces nouveaux emplois, la privatisation de ces marchés ne pose aucun problème en théorie : le taux d’épargne des français est élevé, trop élevé, par rapports à nos voisins : il faut le faire baisser et les français doivent consommer davantage, y compris le dimanche si possible ! Il y a quelques années, les étudiants en économie apprenaient que ce niveau élevé d’épargne provenait de la peur des lendemains et du peu de confiance que place un pays dans ses dirigeants. Cette épargne est aussi et surtout destinée à marquer une responsabilité familiale : les parents, lors de leur décès, veulent transmettre, comme chez les riches, un patrimoine à leurs enfants et c’est une dernière preuve que pour constater que les parents ont réussi leur vie et que leurs enfants peuvent en être fières. Si cette épargne ne suffit pas à payer de longues années en maison de retraite ou à financer les services à la personne en cas de dépendance, la famille doit pouvoir vendre la maison des parents afin de payer ces dépenses. Le retard pris en France dans l’accession à la propriété immobilière est alors fâcheux et les ministres du logement doivent pousser à la construction de maison peu chères pour améliorer ce taux de propriété. Bien entendu, il est hors de question de vouloir permettre à tous les citoyens de se constituer un patrimoine supérieur à ces besoins économiques essentiels : les meilleurs pourront s’enrichir et transmettre un patrimoine, les autres n’ont pas à vouloir réclamer ce droit car ils viennent fausser le libre jeu du système capitaliste et libéral. En clair, le développement des classes moyennes au cours de trente glorieuses est un effet pervers de la reconstruction après 1945 qui menace à terme le fonctionnement du système libéral et empêche les riches d’atteindre l’optimum de leurs profits, ce qui risque de démoraliser ceux qui veulent devenir aussi riches et sont la relève du capitalisme. Tous les sondages l’indiquent : les français connaissent bien cette musique et n’y croient plus. Mieux, ils n’ont plus envie, mais plus envie du tout de l’entendre encore à leurs oreilles, de la voir dans des journaux, de l’entendre avec des sourires radieux de la bouche de dirigeants de ce système de pouvoir. Ils veulent que ces gens se taisent et s’en aillent s’ils n’arrivent pas à dire des choses plus intelligentes, à remettre de l’espoir dans les cœurs !

 

Et avant tout, il faut faire preuve de mémoire, lire l’histoire tout d’abord sur le plan du développement de l’économie industrielle et post industrielle.

 

La première limite du système capitaliste a été atteinte lorsqu’il y a eu surcapacité de production dans les pays industriels. Le français et homme politique Jacques Duboin l’avait dénoncé dès les années 1920. La capacité industrielle à la fin de la 1ère guerre mondiale était déjà devenue prodigieuse. Jamais un tel pic de production développé pour fabriquer des obus et des canons, ne pouvait être atteint pour des productions « civiles » et des biens de consommation courants car jamais les consommateurs, la demande intérieure n’aurait besoin d’un tel volume de production. La pensée économique a été construite vers 1850 alors que la production utilisait beaucoup de main d’œuvre et que le phénomène de la rareté était universel. En 1920, la situation a changé : les machines suppriment le recours à une main d’œuvre abondante et pour éviter l’effondrement des prix provoqué par l’abondance de la production qu’il est difficile de limiter en fonction d’une demande parfaitement connue, il faut détruire des récoltes, des biens dans les pays riches alors que les gens meurent de faim dans les pays pauvres. En 1920, la seule possibilité pour augmenter nos capacités de production était de vendre le surplus aux pays en voie de développement. C’est à dire de produire pour eux en utilisant nos capacités à maximiser les gains de productivité, en autres les économies d’échelle, dans nos usines plutôt que d’investir dans ces pays pauvres qui devaient suivre un autre modèle de développement, à commencer par optimiser leur agriculture vivrière pour être capable de nourrir leurs populations et de régler la question de l’approvisionnement en eau potable. Mais à ce stade, devant l’insolvabilité de ces pays pour payer les produits manufacturés par l’industrie, il n’y avait que peu de solution sinon leur faire payer à la valeur marginale la production de nos usines et non pas au prix de vente habituel. Ces subventions mondiales représentaient une économie, un gain préventif pour les pays industrialisés qui aurait été bien réel mais d’une tout autre nature que dans le système capitaliste : il s’agissait d’éviter les coûts de nouvelles guerres mondiales ou régionales, d’éviter l’exode des pays pauvres vers les pays riches avec l’économie souterraine et le commerce de drogue et d’êtres humains que ces mouvements entraînent, les prisons et les centres de rétention surpeuplés, d’économiser les prêts des organismes internationaux le plus souvent détournés par la corruption des dirigeants locaux, d’éviter aussi la radicalisation de la révolte des misères à travers des conflits organisés par les fanatiques religieux. Bref, cette perspective tout à fait raisonnable a entretenu la motivation de quelques politiciens pacifistes dans les années 1920 et 1930 mais la crise de 1929 a ramené tout le monde au cynisme et aux aspects les plus criminels de la spéculation financière. Le constat est réel, sincère et irréfutable. Laissons de côté ici la solution préconisée par Jacques Duboin, elle existe toujours dans la pensée économique et nous verrons plus loin qu’elle n’a pas été retenue. Nous verrons la réponse qui fut mise en place dans les années 1900 à 1945 pour éliminer cette évidence du partage des richesses, cette meilleure répartition de la production réclamée par Duboin et Keynes.

 Après 1945, le niveau de développement atteint principalement par les revenus salariaux obtenus dans les usines, a permis le développement du secteur des services : banques, assurances, système de santé, système scolaire et de formation, secteur des loisirs et du tourisme…. La mutation a bien eu lieu et la lente diminution du secteur industriel est passée quasiment inaperçue devant le rapide développement du secteur tertiaire.:Aux USA, plus de 80% des salariés travaillent dans le tertiaire, en France nous avons encore près de 10 points de retard et beaucoup plus dans certaines régions. Problème : la crise actuelle provient exclusivement du secteur financier. Mais les subprimes, ces crédits immobiliers accordés à des ménages qui ont dépassé leur capacités de remboursement, sont liés au marché immobilier. Le système financier a pris en compte cette volonté des dirigeants du système libéral sauf que la spéculation est venue provoquée une hausse des prix très rapide, hausse entretenue par l’arrivée sur les marchés immobiliers des capitaux énormes apportés par les fonds de pension et les fonds d’investissements ( et moins ici par les hedges funds pour qui l’immobilier n’est pas assez rentable à court terme et qui préfèrent les spéculations sur les valeurs des entreprises à travers le mécanisme du L.B.O.). La crise financière a bêtement détruit des milliers de milliards qui étaient indispensables pour financer les nouveaux défis de nos sociétés occidentales sur le plan social : financement de l’allongement de la durée de vie, sur le plan environnemental : la lutte contre les dérèglements des climats et le réchauffement de la planète, sur le plan économique et l’éradication de la misère ainsi que le financement des flux migratoires provoqués par le réchauffement de la planète.

 Cette erreur gravissime des dirigeants financiers et des dirigeants du système de pouvoir libéral pose la question de fond : le capitalisme peut-il être le système de pouvoir adapté aux nouveaux défis de notre civilisation ? Nous avons tendance depuis longtemps à dire : non ! Non, car le système capitaliste et libéral, nous l’avons déjà dit, ne vas pas jusqu’au bout d’une logique de production de richesses pour tous et de ce fait, il n’utilise pas correctement la fonction économique de répartition des richesses. Nous savons pourquoi et depuis six ans, cette explication est au cœur du site web fileane.com et de notre mouvement citoyen. La volonté d’un entrepreneur de garder pour lui les gains de productivité et de réclamer la possibilité de vendre sa production le plus loin possible pour éliminer ses concurrents repose en droit sur la volonté politique de privilégier le droit de propriété individuel, d’interdire le droit de la propriété commune, de limiter le droit de la propriété collective. Dans toutes les civilisations florissantes et chez tous les peuples qui ont une culture fondée sur les valeurs de paix et d’amour, la répartition des richesses passe par la propriété commune. La propriété collective a toujours été limitée au patrimoine des plus hauts dirigeants : les rois et nous connaissons les conséquences des mauvais élèves de Karl Marx, surtout de Lénine, qui ont cherché à imposer par la force la propriété collective. Le lecteur de fileane.com connaît nos développements sur l’erreur principale en 1789 de supprimer les vestiges de la propriété commune du temps des cathédrales organisée par les réseaux des ordres monastiques et chevaliers. Nous avons montré en quoi consiste cette propriété commune et nous n’avons pas fini de décrire comment la restaurer aujourd’hui mais ce travail se poursuit.

 L’erreur à l’origine de la crise actuelle provient comme toujours également d’une mauvaise utilisation des dernières technologies.  L'ouverture des marchés financiers repose bel et bien sur les progrès de l'informatique et des réseaux mondiaux qui utilisent Internet. Il est devenu très facile de déplacer des capitaux en quelques secondes d'un continent à l'autre ce qui permet de spéculer tranquillement depuis son micro-ordinateur. De même il est possible de rassembler des sommes énormes dans des fonds d'investissement dont les titres pourront être vendus à travers les réseaux bancaires du monde sous forme de produits dérivés, sans lien aucun avec l’économie réelle. La crise financière nous l'a montré, grâce à cette informatique, il est devenu possible d'industrialiser la finance et de faire en sorte que l'argent produise lui-même davantage d'argent. La connexion avec l'économie réelle passe toujours à travers le crédit : tant que les gens vont souscrire à ces crédits pour acheter ces produits financiers, l'industrialisation de la finance reste possible. La mondialisation et la libéralisation des marchés ne sont donc pas des idées ou des théories mais la conséquence logique du progrès technologique, ce progrès technologique peut être utilisé autrement que comme le veut la doctrine neolibérale. Encore faut-il que ces progrès technologiques soient expliqués aux populations afin que celles-ci acceptent les conséquences mises en place par les dirigeants des systèmes de pouvoir. La crise financière démontre une fois de plus que nos dirigeants ne travaillent pas pour l'intérêt commun mais pour l’oligarchie financière des plus riches.

 

 L’histoire récente montre également le rôle essentiel des dirigeants de notre système libéral dans la survenance des crises passées et actuelles.

 

Sur fileane.com, nous avons montré l’exemple de peuples qui avant le développement industriel ou encore aujourd’hui, ont des cultures bien plus humaines et un niveau de vie global ( matériel et spirituel ) supérieur au notre qui est exclusivement matériel. Le pacte républicain instauré après 1850 ne repose que sur un développement matériel du niveau de vie, dans l’espoir que le progrès matériel évitera aux citoyens de poursuivre leurs querelles sur la monarchie et la république, les querelles religieuses entre catholiques et protestants, aujourd’hui entre musulmans, chrétiens, juifs ou tout simplement entre fanatiques religieux et infidèles et mécréants ! Nous venons de voir que le développement économique à partir de l’ère industriel a su combler certaines lacunes originelles du capitalisme : le secteur tertiaire a su prendre le relais du secteur primaire et du secteur secondaire. C’est la raison pour laquelle, jusqu’à présent, nos sociétés ont surmonté les crises majeures du capitalisme. Pourtant dès le départ, il était possible d’éviter d’entrer dans le système de pouvoir capitaliste puis, à chaque crise ou guerre mondiale, la possibilité de quitter le système a existé. Ce sont bien les dirigeants du système capitaliste et libéral qui ont refusé ces occasions et qui ont mis en place d’autres réponses, d’autres politiques capables de poursuivre leurs intérêts et leurs profits.

 Nous avons montré qu’en 1920, Jacques Duboin, en France proposait une sortie du capitalisme et développant la fonction de répartition des richesses et en demandant à l’Etat de diriger cette nouvelle organisation de la société. Au même moment, Keynes écrivait le programme d’un gouvernement mondial fondé sur les valeurs de paix et d’amour. Mais Duboin a été qualifié d’économiste utopique et Keynes n’a pas été écouté entièrement. Les dirigeants du système capitaliste ont préféré mettre en place des théories et une idéologie au service des dirigeants des pays riches.

 Dès 1850, face à ce partage des richesses rendu possible par les capacités de production de masse de l’industrie, la réponse intellectuelle et scientifique des pays industriels a été l’utilisation des thèses racistes et eugénistes à la suite de Malthus. Bref tout le contraire d’un mouvement pacifiste fondé sur les valeurs de paix et d’amour comme le préconisait Keynes dans son gouvernement mondial. Sur la Terre, il y avait des sous-races qui ne valaient pas la peine d’être aidées mais qui au contraire devaient rester dans un certain esclavage par rapport à la race blanche capable de développer les industries. L’eugénisme a été fondé au Royaume-Uni par Galton en 1869 lorsqu’il étudia l’hérédité de l’intelligence. En France Théodule Ribot était convaincu de l’hérédité de la maladie mentale et les médecins devaient dire qui était dégénéré. Aux Etat-Unis, il y a eu Charles Davenport qui introduisit l’idée d’un « quotient intellectuel ». Ces politiques eugénistes interdirent toute reproduction à des sujets affligés de troubles génétiques mais aussi à des sujets ayant des comportements anti-sociaux. Certains états comme l’Indiana adoptèrent des lois de stérilisation obligatoire par castration et irradiation. Dans les années 1900 l’héritier de la famille Krupp en Allemagne, « Fritz » Krupp organisa un prix pour couronner un travail en biologie capable de montrer un lien entre l’hérédité biologique d’un peuple et son histoire politique et sociale, ceci pour affirmer la suprématie de certains peuples sur d’autres, notamment l’Allemagne avec sa population de race aryenne qui pouvait légitimement vouloir dominer l’Europe. Le but était de montrer que le nationalisme est intrinsèque à la vie politique et que les idées socialistes et révolutionnaires sont entièrement fausses. En préservant son hérédité biologique et en éliminant les malades mentaux et les asociaux, une nation obtiendrait un avantage dans la lutte compétitive pour la survie contre d’autres Etats-nations. Les politiques eugénistes ont servi de soutien aux mouvements nationalistes des années 1910 et 1920. L’eugénisme évolua rapidement vers les thèses de l’hygiène raciale inspirée par le pseudo darwinisme. Lorsque Hitler lut en 1924 dans sa prison de Landsberg les écrits de Lenz qui occupait la première chaire d’hygiène raciale à l’Université de Munich à partir de 1923, nous savons qu’elle fut la tournure mondiale des évènements et les génocides qui suivirent. Le paroxysme de ce refus du partage au niveau mondial a bien entendu été la montée des fascismes et du nazisme, la cruauté des dictateurs pour éliminer en masse les opposants et les sous-hommes, «  ces vies qui ne valaient la peine de vivre » et qui consommaient les ressources des populations élues, saines sur le plan racial et de la biologie. Pour soutenir le capitalisme avant la possibilité technique d’un commerce mondial à grande échelle et alors que le colonialisme interdisait de fait sur le plan politique les échanges multilatéraux, les mouvements nationalistes et les dictatures furent utilisés sans honte et regret pour assurer la poursuite du système. Nous avons refusé la solution du partage mondial dans les années 1920 et des millions de gens à la suite de dirigeants fascistes et de dictateurs, ont préféré la solution mortelle du racisme et de la guerre contre les sous-hommes. La chute du dernier système de dictature né dans les années 1910 correspond aussi à l’avènement de la doctrine neolibérale sur la planète. Aujourd’hui, dans cette crise majeure du système capitaliste qui a débuté, nous ignorons le visage que va prendre cette révolte des peuples contre cette spoliation de leur travail et de leurs désirs de vivre, contre ces atteintes à la dignité humaine. Allons nous poursuivre dans cette même voie tracée par l’histoire la plus sanglante ? Les cruelles leçons de l’histoire sont toujours marquées dans nos chairs même si la tendance à l’oubli est humaine et si le monstre peut toujours renaître. Alors ?

 Une première réponse : dans les années 1980, au même moment où le système financier libéralisait à outrance les marchés, des économistes, entre autre Rifkin, aux Etats-Unis, dans son livre « la fin du travail », ont demandé aux gouvernements des états, d’ouvrir le quatrième secteur économique : l’économie quaternaire, l’économie non marchande sous peine de placer leurs populations dans des crises politiques économiques et sociales de plus en plus terribles. Pour lancer l’économie quaternaire non marchande, il fallait commencer par réduire l’emprise de l’économie marchande capitaliste sur les populations en réduisant le temps de travail, ce qui permettait également un partage du travail dans un premier temps de manière à soulager les budgets sociaux de lutte contre le chômage pour orienter ces budgets vers l’amorçage de la pompe économique non marchande. Nous savons ce qui advint des 35 heures en France et plus encore de la recommandation de Keynes qui indiquait vers 1920, qu’en l’an 2000 pour assurer à chaque citoyen un minimum de revenus pour vivre décemment, il faudrait travailler entre 15 et 20 heures par semaine dans l’économie marchande, le reste du temps étant utilisé par la production de richesses dans l’économie non marchande. Le production non marchande est valorisée par la capitalisation des droits sociaux proposée par Pierre Leroux dans les années 1850 en France, à l’Assemblée Nationale. La capitalisation des droits sociaux fut écartée dans un premier temps pour mettre en place la capitalisation des actions afin de développer les grandes firmes industrielles capables par leurs gigantesques investissements en capital technique d’assurer la production de masse de biens de consommation. Cette production de biens matériels, dans le pacte républicain, a eu comme finalité d’éradiquer la misère et d’occuper le citoyen pour qu’il passe son temps à satisfaire ses besoins matériels et qu’ils ne s’occupent plus de questions politiques spécialement monarchistes, de questions religieuses, particulièrement catholiques intégristes et qu’enfin, la république connaisse une pause dans les guerres civiles entre partisans d’un régime politique ou d’un autre ainsi que dans les guerres entre catholiques et protestants puis dans les conflits entre catholiques et citoyens laïcs qui en avaient plus qu’assez des dogmes abscons de la papauté romaine. Cette crise du capitalisme ramène les politiciens français à ce point de départ : n’est-il pas enfin temps de remettre sur la table cette capitalisation des droits sociaux ?. Dans l’esprit de Pierre Leroux les 2 formes de capitalisation étaient compatibles en 1850, ce qu’il n’a pas imaginé, c’est que la classe des politiciens ne serviraient que les intérêts des plus riches pour confisquer cette technique de valorisation des richesses produites et l’interdire jusqu’à aujourd’hui à l’ensemble des citoyens ! Sur fileane.com, nous présentons depuis six ans la meilleure des solutions qui a fondé les civilisations les plus brillantes. Cette solution nous vient des bords du Nil et elle a été sauvée de la destruction du temple de Dendérah pour être conservée au Mont Cassin dès l’an 500. Cette solution passe par l’économie non marchande, par la capitalisation des droits sociaux, nos lecteurs le savent. Les dirigeants du système capitaliste refusent cette ouverture de l'économie quaternaire et cherchent à éliminer et occulter cette évolution normale du système économique. Le libéralisme sur ce point est aussi liberticide !

 Nous venons de voir l’aspect intellectuel de la crise actuelle. Il y a surtout des choix politiques qui n’ont pas été faits, des refus de quitter le système capitaliste alors qu’il était temps et que l’occasion s’y prêtait à moindre mal, que le temps d’une transition socialement acceptable était possible. Depuis les années 1980, les hommes politiques ont du prendre en compte cette réalité. Certains ont compris plus vite que d’autres que le poids des décisions politiques dans cette manière de mettre en place la mondialisation était très faible voire inexistant tant que la remise en cause globale du système n’était pas mise sur la table. D’où, dans un premier temps, un certain désintérêt pour ces questions économiques .

 Ce désintérêt de la classe politique pouvait avoir un certain avantage pour les décideurs économiques. Ils avaient les mains plus libres pour réaliser des affaires. Nous prendrons un cas typique susceptible de devenir un cas d’école en France : l’histoire de Thomson-CSF et Thomson Multimédia que nous avons développé sur notre site. Ce cas illustre une erreur de management grossière commise au nom du respect de la doctrine libérale alors que le groupe disposait de toutes les technologies pour assurer son développement dans les technologies de télécommunications et de systèmes d’information avec les brevets sur les écrans plats à cristaux liquides qu’il avait récupéré dans le rachat de RCA, alors numéro un mondial sur le marché des téléviseurs. Cet exemple n’est pas isolé : la classe politique française se caractérise par l’abandon, le rejet de ces problèmes d’entreprises ou de branche professionnelle en pleine évolution. Depuis les maîtres de forges qui refusèrent devant de Gaulle d’investir pour moderniser la sidérurgie après 1945 tout en refusant l’aide du plan Marshall, le réflexe est resté le même : assurer sa tranquillité d’employeurs ou d’élus de la nation en écartant tous les sujets qui fâchent et sont capables d’agiter les électeurs. Après la braderie de la sidérurgie, du textile, de la construction navale et la liste reste incomplète, les politiciens de droite se sont mis au travail pour se débarrasser des entreprises publiques et réduire les services publics. Le libéralisme, les politiques neolibérales consistent à importer dans les services publics les méthodes de gestion des entreprises capitalistes. Les profits des uns devant nécessairement se retrouver chez les autres. Sauf qu’une administration n’a pas pour finalités de réaliser des profits durablement. Il suffit alors d’inverser la machine : les profits devenant des économies dans les administrations et les administrations devant se convertir à devenir des entreprises capables de réaliser des profits !

 L’utilisation de politiques efficientes suffit à atteindre des objectifs sans gaspiller les ressources. Mais nous ne sommes plus à ce stade. Les économies sont devenues indispensables pour les politiciens neo libéraux pour deux raisons :

 La tentation est donc grande pour l'État d'éliminer ce problème en confiant le maximum du service public au secteur privé. Seule la doctrine du neolibéralisme permet de légitimer de telles mesures qui vont à l'encontre du contrat républicain. C'est donc bien une rupture du contrat républicain et ceci sans changer le fonctionnement monarchique des institutions françaises. Nous trouvons ici l'origine des schizophrénies françaises, pour reprendre le titre du livre d’Ezra Suleiman, Grasset 2008.  « Nous sommes bien le pays attaché à un modèle républicain jugé indépassable dont le chef suprême et, à son image, tous ceux qui détiennent une parcelle d'autorité, se comportent en monarque. Le pays qui idéalise le principe d'égalité et qui se trouve gouverné par une élite qui fait figure de caste quasi impénétrable. Un pays fier de sa république une et indivisible et qui laisse fleurir le communautarisme sur son sol » ( Marianne 03.01.09). Pour conserver leur place au pouvoir, les dirigeants politiques suivent à la trace l'évolution du management dans les entreprises privées. Ils n’ont que cette doctrine pour afficher un petit peu de cohérence dans leurs manœuvres politiciennes et favoriser leur ré élection auprès des électeurs.

 Sur fileane.com, nous avons montré l'importance du mouvement des cercles de qualité dans les années 1980 qui avaient permis aux salariés de pratiquer un management participatif. Devant la peur des dirigeants de perdre la raison de leur pouvoir, dans les années 1990 les actionnaires ont imposé la généralisation de la gouvernance d'entreprise. En management, nous sommes ainsi passés de la qualité totale au risk management. Il ne s'agit plus de demander à des groupes de salariés volontaires d'utiliser des outils de résolution de problèmes pour faire preuve d'initiative et de responsabilité en utilisant le principe de subsidiarité au niveau local. La gouvernance d'entreprise demande à quelques experts de rédiger la liste des procédures qui, si elles sont suivies à la lettre, doivent optimiser les résultats et éviter les erreurs, les conflits, le doute sur la manière de réaliser une tâche. Dès lors les salariés doivent respecter ces procédures et ne plus faire preuve d'initiatives créatrices. Nous trouvons ici une restauration du style autocratique de management ou la poursuite du style paternaliste, le rejet du style de direction participatif. Nous sommes donc en plein immobilisme au niveau du management ! L'évolution vers le management participatif et une démocratie plus directe qui sait mieux utiliser les ressources humaines est donc stoppée net dès le début des années 1990. Pour le président Mitterrand le choix politique prioritaire est l’Europe et la mise en place de l’euro mais alors, autant dire qu’il a délaissé le sort des salariés français ! Ils l'ont compris et le savent ! Le problème vient du fait que nombre de salariés ont été formés aux cercles de qualité et ont compris pourquoi leurs dirigeants leur interdisent de poursuivre ce mouvement participatif, voire de le généraliser aux administrations et à la vie politique démocratique. Les conséquences sur la motivation des salariés et leurs rémunérations sont connues avec leurs effets négatifs de grande ampleur. L'application de cette politique de gouvernement d'entreprise dans les administrations avec cette nouvelle forme d'obéissance imposée pour suivre à la lettre les procédures commencent à provoquer des résultats négatifs intolérables concrétisés par des morts inutiles qui choquent les citoyens. Alors que la France reste championne des pays industrialisés pour ses mauvaises relations sociales, l'adoption de ce mode de management autocratique avec son cortège de procédures obligatoires et d'objectifs d'économies qui correspondent à la déclinaison de la doctrine néolibérale, mène le pays au bord de l'explosion sociale, surtout lorsque les conséquences de la crise viennent encore alourdir sa situation sociale difficile.

 Sans passer en revue toutes les administrations publiques, l'exemple de l'hôpital public devient caricatural de cette dérive autocratique et libérale. Depuis 1995, les erreurs de management se sont multipliées. Il y a eu tout d'abord l'intervention du premier ministre Alain Juppé qui avec une logique déconcertante, avait trouvé bon de réduire les postes de médecins et d’infirmières pour réduire le déficit chronique de la sécurité sociale : en supprimant des acteurs, forcément on supprimerait les dépenses générées par le travail de ces acteurs ! L'application automatique des 35 heures par la suite a rendu la situation des ressources humaines ingérable. Ces dernières années, l'introduction du risque management avec ses bibliothèques de procédures administratives conduit à des dérives capables de tuer des patients ou de les laisser mourir au prétexte de respecter à la lettre la procédure. Sous ce règne des procédures, il n'y a plus d'écoute des malades et donc plus de diagnostic raisonnable et humain. Dans une situation donnée, il s'agit d'effectuer des analyses prescrites et de suivre le traitement indiqué dans la procédure. Lorsque les familles se révoltent devant la mort incompréhensible de leurs enfants ou de leurs proches, les dirigeants se retranchent derrière les procédures et ces attitudes viennent renforcer le sentiment d'incompréhension entre les citoyens et les élites qui les gouvernent. Ancien coureur cycliste amateur, nous sommes particulièrement choqués par le décès incompréhensible d’un jeune coureur cycliste survenu à l’automne 2008 à l'hôpital Hautepierre de Strasbourg. Ce coureur cycliste en catégorie junior s'était blessé à l'entraînement et avait la rate éclatée. Aux urgences, l’équipe de garde a suivi le protocole à la lettre : il ne fallait pas enlever la rate et comme aucun chirurgien compétent n’était là pour réparer la rate, il a fallu attendre la fin du week-end jusqu'à ce que mort s’en suive alors que le chirurgien de garde, semble-t-il, était compétent pour enlever la rate ! La plupart des sportifs font des compétitions le dimanche et ils peuvent se blesser. S'ils doivent maintenant savoir qu'ils ne seront plus soignés correctement et qu'ils peuvent en mourir, autant déplacer les compétitions et les entraînements en semaine et faire en sorte qu’ils soient tous professionnels dans leurs sports et participent à la vente de spectacles sportifs ! Cela fera moins d’élèves encore dans le système scolaire. Il suffit de suivre la doctrine neo libérale pour en arriver là !

 Pour obtenir des économies souhaitées, la préoccupation du gouvernement actuel est de réaliser des gains de productivité dans les administrations. Dans le secteur privé, les entreprises en concurrence utilisent comme première source de gains de productivité, les économies d'échelle. Il s'agit de produire plus avec la même quantité de facteurs de production. Lorsque le marché est saturé ou que son organisation est déjà oligopolistique, la solution consiste alors à faire des économies d'échelle négatives : il s'agit de produire autant mais avec nettement moins de facteurs de production. La seconde source de gains de productivité habituellement utilisée concerne l'utilisation des nouvelles technologies, exemple : vendre directement sur internet pour réduire ses coûts de distribution. Une troisième source de gains de productivité réside dans le changement de structure pour obtenir en général plus de flexibilité et de simplicité. Dans l'industrie, ce changement de structure correspond à la mise en place du juste à temps (J.A.T.) avec ses moyens que sont les flux tendus, le kanban, etc. Enfin il reste la dernière source de gains de productivité toujours possible en permanence : l'élévation du niveau de compétence et le développement des expertises principalement pour arriver à mieux gérer les imprévus et éviter les problèmes avant qu'ils ne surviennent. Dans les entreprises, le marketing insight est un exemple : le marketing cherche à connaître davantage les attitudes et les motivations des consommateurs pour mieux répondre à leurs besoins et mieux les fidéliser. Nous avons vu que l'adoption d'un management par les procédures n'est pas en réalité un gain de productivité mais le prétexte pour maintenir un style de direction autocratique ou paternaliste. L'hôpital, la médecine comme la plupart des domaines scientifiques ne peut se gérer et se développer qu’en utilisant l'expertise et le haut niveau de compétence de ses personnels. C’est un domaine où le travail de groupe est primordial et le management participatif indispensable. Soumettre ces personnels à l'obligation de respecter les procédures est déjà un gâchis d'intelligence et une source de démotivation. En ce mois de janvier 2009, nous avons la célébration de l'exemple inverse, celui de ce pilote américain qui en quelques secondes à New York, après avoir décollé, a pris ses responsabilités et a fait preuve d'initiative pour sauver son équipage et ses passagers en amerrissant avec son Airbus A320 sur la rivière Hudson. À un âge où les entreprises françaises ne veulent plus d’eux, cet ancien pilote de chasse a su utiliser toutes ses compétences pour éviter une catastrophe. Cet exemple montre bien l'importance de l'expérience et de la primauté du savoir ainsi que de la liberté d'action, des capacités à prendre des initiatives créatrices de valeur. Ce cas devient aussi symbolique du changement que nous devons mener dans la gestion de nos ressources humaines et du nécessaire abandon des pratiques libérales dans ce domaine.

 Le système scolaire, d'éducation et de formation a pour finalité principale de permettre aux citoyens d'acquérir un jour ce savoir et ce niveau élevé de compétences pour comprendre et participer au développement de la société et trouver ainsi également des réponses et des satisfactions sur le plan personnel. L’élévation du niveau de savoir et du niveau de compétences est une source de gain de productivité pour le pays. En France, le ministère de l'éducation nationale, sur le plan de la gestion des ressources humaines, a la particularité justement de ne pas en avoir et d'être régulièrement incapable de compter avec précision l'état de ses effectifs, un taux d'absentéisme précis, des besoins en gestion prévisionnelle des emplois capables d'alimenter une mobilité interne satisfaisante. La première source de gains de productivité est donc l'introduction des technologies informatiques et des systèmes d'information pour mettre en place une réelle gestion des ressources humaines. Ceci ne peut se faire, comme dans une entreprise privée, qu’à travers la participation de chacun dans l'alimentation des bases de données en informations personnelles de qualité. Réaliser ce prodige dans une administration qui n'a même pas le droit d'expression des salariés accordé en 1982 au secteur privé, relève de l'illusion. L’institution préfère conserver son style de direction autocratique et sa culture du mépris de l’élite vis à vis des fonctionnaires de base. Il faut noter que l’ensemble des professeurs et enseignants ont un niveau de qualification égale ou supérieur à bac + 4, ce qui est quasi inexistant dans une entreprise du secteur privé. La seconde source de gains de productivité est donc un changement de structure de direction et probablement la fin du monopole de l'éducation nationale dans la république grâce à l'informatisation . La solution choisie par le gouvernement actuel est bien plus simple et brutale : il impose l'obtention d'économies d'échelle négatives : faire autant voire plus avec moins d’effectif. Sinon il utilise la fameuse théorie de la réduction de voilure car l’état n’a plus d’argent tout simplement ! Le juriste et l’historien répondront sur ce point que la clé de sortie de l’Ancien Régime avant 1789, la soupape de sécurité, était l’obligation de réunir les Etats Généraux lorsque les caisses du royaume étaient vides. Nous avons dit que les révolutionnaires de 1789, connaissant cette leçon, se sont empressés, pour défendre leurs nouvelles places, de supprimer cette disposition dans les constitutions républicaines depuis 1789 et nous en sommes toujours là, à une des causes principales de l’immobilisme français et de ses très mauvaises relations sociales et politiques. Lorsqu’un groupe s’empare du pouvoir, il défend d’abord sa place… en contradiction avec les valeurs républicaines et les règles qu’il écrit de sa main ! Les citoyens le savent, le voient tous les jours et ne le supportent plus.

 La suppression de dizaines de milliers de postes dans l'éducation nationale s'accompagne d'une réforme plus ou moins précise des programmes scolaires. La ficelle est si grosse qu'il est facile de constater que ces réformes de programmes ne sont là que pour justifier cette suppression en masse des postes d'enseignants. Non seulement le gouvernement utilise des économies d'échelle négatives mais il le fait encore en contradiction avec la recherche d'un gain de productivité obtenu par une élévation des compétences dans la population. En voulant se débarrasser de la question scolaire en permettant aux élèves de choisir eux-mêmes les matières du programme sous prétexte que cela favorise leur orientation vers une activité professionnelle, nous entrons alors dans une totale contradiction. Plus grave, les classes moyennes ont compris que cette réduction du service public de l’enseignement va les frapper en premier en réduisant davantage les chances de leurs enfants d’accéder à des emplois meilleurs et à un niveau de vie plus aisé. S’il faut payer plus pour réussir des études qui offrent peu de possibilités d’emplois et encore moins d’emplois intéressants car ces derniers sont pourvus par cooptation à travers les cercles de relations privées, la manoeuvre politique devient pyromane : autant allumer de suite la mèche et que le tonneau de poudre explose. Au moins celui qui agit de la sorte montre qu’il n’est pas idiot et qu’il sait ce qu’il fait !

 Non seulement la France est championne des pays industrialisés pour ses plus mauvaises relations sociales et nous l'avons vu, cela ne changera pas parce que l'État adopte le mode d'une gouvernance d'entreprise et les outils du risque management pour maintenir un style de direction autocratique et refuser une évolution vers un style de direction participatif, mais elle est aussi reconnue comme l'un des pays industrialisés qui depuis des dizaines d'années ne se préoccupe pas pour créer davantage d'emplois afin de proposer à sa jeunesse un avenir professionnel à la sortie des études. Notre taux de chômage des jeunes et son niveau élevé correspond plus à un pays non industrialisé comme la Grèce qu’à un pays industrialisé. Ce taux de chômage des jeunes illustre l'immobilisme du style de direction paternaliste et la séparation entre le citoyen, la jeunesse en particulier, et ses élites dans la république. Prétendre réformer le système scolaire sans éliminer cet immobilisme des dirigeants de l'économie marchande est une vanité de plus pour quelques esprits égarés dans la politique.

 À travers ces quelques exemples, nous voyons que toutes ces réformes n'ont qu'un seul but : conforter le pouvoir en place, diminuer les quelques contre-pouvoirs instaurés par la république dans le fonctionnement monarchique de nos institutions, renforcer les capacités de manoeuvre des dirigeants de ce système entièrement voué au succès du capitalisme. L'utilisation de la fable libérale ne convainc plus personne. La mondialisation n'unifie pas le monde, elle le fragmente et les entreprises transnationales réinventent une nouvelle forme de colonialisme. Le fonctionnement de nos systèmes de pouvoir est toujours le même : en face d'une difficulté, il ne sait qu'exclure.. Sur fileane.com, cela fait plus de six ans que nous disons que des progrès se trouvent non plus dans ce système mais dans la mise en place d'organisations en réseaux.. La crise actuelle du capitalisme financier nous ouvre une porte de sortie pour quitter ce système. Nous avons loupé les occasions précédentes et l’humanité l’a payé très cher : les pertes financières étant ensevelies sous des montagnes de cadavres causés par les génocides et les crimes de guerre.

 En conclusion : les solutions ont toujours existé mais les véritables responsables sont les dirigeants et en premier lieux les politiciens : 

ils ont attendus que les richesses de l’industrialisation de la finance sauvent le système et par là leurs place de politiciens. Ils ont été obligés de laisser faire les dirigeants de la finance et des entreprises et ils ont copié les méthodes de management imposés par les actionnaires pour maintenir leur domination et un style de direction autocratique. L’économie et le système capitaliste dominent toujours autant  le domaine politique et la place de l’être humain reste invariablement très secondaire. Cette crise nous oblige à remettre la place de l’être humain au premier rang et par conséquent les dirigeants politiques et économiques doivent céder leurs places et abandonner l’idéologie capitaliste et libérale. La stratégie révolutionnaire du pourrissement a elle aussi ses limites : il faut que le fruit pourrisse avant que l’arbre ou la plante ne renaisse mais peut-il y avoir une analogie avec les êtres humains ? Dans la polémologie, oui : les guerres sont alors utiles pour sélectionner les meilleurs qui vont sortir vainqueurs et éliminer les plus faibles. Ces thèses ont été utilisées pour les désastres humains que nous savons. Au delà de ces fascinations pour la mort et l’horreur, nous savons aussi que nos dirigeants des systèmes de pouvoir ont rendu tabou et frappé d’interdits les savoirs sur les civilisations les plus brillantes fondées sur les organisations en réseaux. Ces savoirs existent toujours et la première source de savoir a toujours été disponible pour un être humain. Tout est prêt, chaque jour nous pouvons entreprendre ce retour vers l’évolution d’une civilisation à nouveau humaniste. Faut-il encore attendre qu’un président américain d’origine ethnique noire arrive à prouver que ce changement est possible parce que nous le pouvons tous ici et maintenant ?

 Barrack Obama marche sur les traces d'Abraham Lincoln. Symbole de l'abolition de l'esclavage, son accession à la présidence des États-Unis ne peut pas faire oublier qu'aujourd'hui il faut abolir la domination de l'industrie financière dans le capitalisme et le libéralisme avant d’abandonner rapidement le système lui-même pour une nouvelle organisation plus démocratique et humaniste de nos sociétés. Les USA espèrent beaucoup dans leur nouveau président mais ne sont-ils pas en retard d'une abolition ? l'exemple de Lincoln peut-il être utile pour abolir la domination de l'argent et de Wall Street ? un seul homme peut-il porter deux abolitions : sortir les minorités des ghettos, vaincre les gated communities et la balkanisation de la société américaine tout en sortant son pays et les pays industrialisés du capitalisme le plus incontrôlable ?

 Attendre ! attendre ! surtout en France où nous avons au moins deux mille ans d’histoire à reprendre en commençant par corriger les erreurs de 1789 qui ont permis au fonctionnement du centralisme de la monarchie absolue de subsister dans le centralisme républicain parisien ! Pour un poète et probablement à l’inverse de bon nombre de philosophes, l’action précède la pensée, du moins la pensée qui porte un savoir global réunissant les deux sources de savoir possible pour un être humain. La vie d’un être humain n’est pas d’être exclu d’un système de pouvoir politique économique et social par les dirigeants de ce système ! Il y a là une oppression injustifiable et intolérable. Face à ces injustices, la réponse se trouve pour un Français dans les deux premiers articles de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 : l’article 2 reconnaît le droit fondamental à la résistance contre l’oppression. Dans cette oppression, il y a eu la tyrannie de la monarchie absolue et toujours présente dans le fonctionnement des institutions républicaines, la tyrannie des dictatures qui ont conquis momentanément la France. Ce sont des oppressions militaires et policières, despotiques. Les conséquences des crises du capitalisme et du libéralisme font naître depuis 1830 des oppressions politiques, économiques et sociales. Le devoir d’un citoyen français est de les combattre également. Il a le droit de résister à ces oppressions pour bouter hors du pays les théories du capitalisme et de sa façade neo libérale. Ce droit à la résistance contre l’oppression n’est pas une des erreurs de 1789 que nous entendons corriger, le lecteur de fileane.com le sait très bien tout comme il sait celle que nous voulons corriger et que nos dirigeants politiques ne veulent pas savoir. Le savoir est là ! A vous de choisir, c’est une question de vie !

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