Vaincre la peur et le stress, un nouveau gisement de productivité et de progrès social

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Extraits " D'Éleusis à Dendérah, l'évolution interdite ",

lire l'épisode 25 du roman : Deuxième partie : la réunion de Strasbourg

«Les peuples n'ont jamais que le degré de liberté que leur audace conquiert sur la peur» [Stendhal Henri Beyle]

 

le coût de la peur :

 

Frantz prit le premier la parole pour évaluer le coût de la peur. Il distribua un article de presse relatif à une étude sur le coût de la peur dans les entreprises allemandes[1]. Cette étude chiffre à environ 350 milliards de francs le coût de la peur dans les entreprises de ce pays. Le coût des " démissions intérieures " prenant la première place suivi du coût de la consommation abusive d'alcool, du turn-over, du mobbing[2], de l'absentéisme et enfin de la consommation abusive de médicaments. Frantz présenta le graphique à l'aide de son micro et du vidéo projecteur.

 

 

Gérard intervint pour mettre ce chiffre en parallèle avec l'évaluation du coût de la non qualité en France au début des années 1980 : environ 300 milliards de francs par an. En dix ans d'efforts, plus des deux tiers de ces coûts de non qualité ont pu être résorbés. Werner précisa que par contre, pour obtenir des pièces bonnes, bon nombre d'entreprises devaient corriger à la main certains défauts provenant de machines mal réglées ou entretenues fautes de techniciens qualifiés et suffisamment nombreux. Le néotaylorisme se développe : travail répétitif et pénible car organisé dans le cadre de flux tendus. Une main d'oeuvre peu qualifiée s'expose ainsi à des conditions de travail provoquant des accidents et imparablement, des maladies professionnelles. Pour éviter l'usure rapide de cette main d'oeuvre, les employeurs recourent à du travail intérimaire, précaire ou à du travail à temps partiel. Ces salariés travaillant dure pour un salaire faible, inférieur au SMIC en France, forment cette nouvelle catégorie des travailleurs pauvres, catégorie en plein développement après 1990. Werner demanda à Gérard de corriger son estimation : les pièces sont de qualité totale et obtenue en flux tendus mais trop souvent, ces résultats sont gagnés par des catégories d'emplois exploités à un niveau que l'on pouvait penser être totalement disparu. Cette catégorie des travailleurs pauvres ou à emplois précaires et non qualifiés représente plus de 20% de la population active occupée. En grande majorité les salariés de cette catégorie doivent logiquement se retrouver dans les chiffres avancés par Frantz. Frantz, Werner et Gérard conclurent que le chiffre équivalent pour la France par rapport à celui avancé pour l'Allemagne doit se situer à 400 Milliards de Francs par an. Pour mémoire, en 1980, à l'aube du mouvement qualité total, le coût de la non qualité dans les entreprises françaises était estimé à 300 milliards de Francs et aujourd'hui, au moins 2/3 de ce coût a été supprimé même s'il a fallu recourir dans bon nombre d'entreprises au néotaylorisme, méthode d'organisation qui renforce plus la peur et le malaise, la démotivation qu'elle ne les élimine.

 

Leur entreprise devait s'inscrire dans cette objectif de développer ses ressources humaines. Vaincre la peur, c'est d'abord créer la confiance, des contrats interpersonnels et communautaires de dimensions allant jusqu'au sacré. Cette portée des engagements personnels n'est pas compatible ni avec l'aliénation au travail, ni avec le constat que les efforts des salariés ne profitent qu'à accroître les richesses des propriétaires de l'entreprise, les richesses des décideurs dans un système politique économique et social organisé pour le succès d'une idée de pouvoir qui range les êtres humains dans des catégories inégales construites à travers des raisonnements incompatibles avec le moindre cheminement spirituel, avec le moindre des enseignements reçus d'une EMI, d'une rencontre poétique avec la voix, d'une rencontre mystique avec le Christ, avec cette parcelle divine qui vit en nous, avec le moindre des dialogues avec notre âme. Cette position catégoriquement opposée aux valeurs de nos sociétés industrielles capitalistes a pour conséquence de prévenir toute oppression et destruction de ce mouvement d'organisation d'une société à partir d'un travail en réseaux sur les trois niveaux. Le groupe valida cette position : leur mouvement ne serait pas une organisation améliorée de ce monde clos dans son système miné par un gaspillage monstrueux des ressources tant matérielles qu'humaines. Le chiffrage de ce gaspillage, la divulgation des contradictions et des misères de cette économie actuelle serviront de prétexte pour justifier une politique de rupture dans la manière de penser l'organisation politique, économique et sociale

le coût du stress :

source : " stress des salariés, un gouffre pur les entreprises ", Vanessa Raphaël, revue : France TGV et grandes lignes, n°17, septembre 1999

aux USA, le prix du stress, chiffre du BIT, est de 200 milliards de dollars par an. Les maladies liées au stress coûtent dix fois plus cher que les grèves et engloutissent chaque année, l'équivalent des bénéfices des 500 sociétés les plus prospèrent.

au Royaume-Uni, les pathologies causées par le stress absorbent près de 10% du PNB.

en France, un sondage Sofres indique que 9 cadre sur 10 se déclarent plus stressés aujourd'hui qu'il y a dix ans. Rapporté aux 4 à 5 millions de cadres, cela représente plus de 4 millions de personnes stressées parmi celles qui ont suivi les plus longues études et sont en principe le plus capable de créer et de prendre des initiatives et des responsabilités. A ce stade, il ne reste plus qu'à tracer la courbe de corrélation entre poursuite d'études et niveau de stress.

dans le numéro 136 de janvier 2003 de la revue Capital, page 93, " le chiffre du mois : 3% des cadres prêts à se défoncer pour leur travail. Selon une récente enquête de l'Ifop pour l'institut Gallup, la démotivation des cadres devient alarmante. 3% seulement se disent " engagés ", c'est à dire très motivés, et parlent de leurs entreprise en termes positifs. 80% sont peu enthousiastes, mais sans non plus hostiles à leur employeur. Ce n'est pas le cas des 17% restants, déçus par l'absence de reconnaissance de leur hiérarchie pour leur travail."

L'alternative d'une organisation en réseau représente bien la solution pour éliminer et le stress et le harcèlement moral, dysfonctionnement majeurs des systèmes lorsque leur fonctionnement ne correspond plus à la motivation des personnes soumises à ces systèmes de pouvoir.

les causes du stress :

- le manque de communication sur l'avenir de l'entreprise

- les conflits interpersonnels

- le risque du chômage

- la surcharge de travail en temps limité

- l'intrusion de la vie professionnelle dans la vie familiale

Les remèdes :

* combattre les effets du stress par des séances de relaxation et des séminaires de gestion du stress. Aux USA, l'Équitable Life Insurance Society calcule que chaque dollar investi dans un programme de gestion du stress permet d'en économiser six.

* instaurer des mesures visant à simplifier la vie du personnel en le déchargeant des soucis quotidiens : l'organisation des vacances, le lavage des voitures, des crèches sur les lieux de travail, des gymnases, des douches, pas de code vestimentaire, des petites fêtes développant la communication spontanée non hiérarchisée...

* améliorer l'équilibre vie privée et vie professionnelle, développer le télétravail, le job sharing ( 2 partenaires à temps partiel sur un poste de travail )

10 conseils pour gérer le stress :

1) réserver du temps libre pour son sport favori

2) savoir dire non à son chef ( être assertif )

3) se dire que ce qui n'a pas été fait aujourd'hui pourra attendre jusqu'à demain ( morgen ist noch ein tag )

4) se réserver une plage horaire sans aucune interruption intempestive ( téléphone, collaborateurs )

5) éviter d'emporter du travail à la maison

6) ne pas abuser de café

7) pratiquer régulièrement la mini relaxation ou l'auto massage

8) avoir des pensées positives

9) extérioriser ses soucis auprès de son entourage

10) prendre de vraies vacances

Les formations de base présentées sur ce site pour favoriser le travail en réseau éliminent bien entendu le niveau de stress et le harcèlement moral : l'assertivité et la maîtrise des attitudes, l'utilisation de la grille de Blake et Mouton pour suivre le développement de vos groupes de travail, de projets dans vos entreprises, les réseaux citoyens de vie, les réseaux de résistance à la crise financière, les clubs sportifs, associations culturelles, humanitaires...

printemps 2012 : que dire également du harcèlement sexuel sur le lieu de travail et de sa relation avec le retour du style de management autocratique imposé pour des raisons de compétitivité, de performance et de création de valeurs pour les actionnaires et les financiers ? Lorsque le stress, la pression des résultats à atteindre, la brutalité des communications qui retournent au vocabulaire guerrier, se conjuguent dans la tête des petits chefs à qui la Direction Générale ne demande plus de devenir des leaders, ces chefs redevenus petits pour les dirigeants financiers peuvent chercher dans un rapport de force primaire à sur compenser le manque de considération venant de leurs supérieurs pour faire également preuve d'autoritarisme d'une manière primaire envers les salariées les plus faibles de leurs services. Cet harcèlement sexuel au travail ne se présente plus comme une dérive plus ou moins libertine du paternalisme archaïque mais comme la réponse à un besoin pressant de se donner du plaisir, n'importe lequel et en premier lieu, un plaisir bestial sexuel tant l'agression des conditions de travail devient insupportable dans le fait que ce travail devenu omniprésent saccage toute relation amoureuse et détruit les liens familiaux. L'accroissement des plaintes et des procès est de nature à miner davantage les échecs de ce management autocratique et dans ce contexte, la décision du Conseil Constitutionnel, début mai 2012, de supprimer la loi sur la harcèlement sexuel s'interprète comme une défense indirecte mais bien réelle du style de management autocratique dans les entreprises et une élimination des plaintes des victimes contre leurs supérieurs hiérarchiques. Certes une nouvelle loi devrait être plus précise mais pourquoi et dans quel sens ? Pour éviter que de trop nombreux supérieurs hiérarchiques dépassés par les contraintes de leurs emplois ne soient condamnés après avoir dépassé les limites des relations de travail et abusé de leurs pouvoirs pour se satisfaire sur le plan sexuel afin d'atténuer la frustration engendré par leurs responsabilités et leurs objectifs déraisonnés ?

 

 

[1] voir " Kostenfaktor Angst ", Winfried Panse / Wolfgang Stegmann, Édition : Verlag Moderne Industrie, 1997, Landsberg / Lech, chiffres publiées dans " Entreprise et Carrières ".

[2] le mobbing consiste à mener une vie infernale à ses collègues et en particulier aux nouveaux venus considérés comme des menaces. Selon ces chercheurs, 10 à 20% des suicides en Allemagne serait à mettre sur le compte du mobbing.

                    le paternalisme source de nos mauvaises relations sociales

le libéralisme liberticide

 le mobbing ou harcèlement moral    la cause de la peur

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