AFFABULER SUR LES RETRAITES

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ou comment justifier le sauvetage d'un système dépassé

page créée le 1/1/2003

mises à jour : 12/01/2003, 22/01/03, 05/02/03, 

page écrite avant la lecture du livre de Pascal Gobry : La grande duperie, la vérité sur vos retraites

 

la situation de départ ou le cadre de référence :

la population active du secteur privé :

elle varie en fonction de l'activité économique. Les salaires moyens par catégories professionnelles sont supérieurs à ceux du privé. La réalisation des profits, but de l'entreprise privée, permet des salaires variant selon les résultats obtenus. Le niveau de l'emploi dépend de la substitution du capital au travail. Lors de chaque révolution technologique, les emplois perdus dans un secteur ont été largement compensés par la création de nouveaux emplois dans un autre secteur: les paysans sans emplois sont devenus ouvriers et ces derniers ont trouvés de nouveaux emplois dans le tertiaire. Aujourd'hui, la mise en route des workflow sur les intranets et extranets des entreprises privées ou publiques commence à supprimer en masse les emplois intermédiaires peu qualifiés. Comme l'ont décrit Alfred Sauvy et récemment Jeremy Rifkin, nous vivons la fin du déversement social. D'où le maintient d'un haut niveau de chômage frappant les moins qualifiés et une précarité ainsi que des salaires moindres par rapport à un niveau de diplôme pour les nouveaux arrivants sur le marché du travail. D'où le besoin décrit par certains économistes ( parmi lesquels nous nous situons ) d'ouvrir le nouveau secteur de l'économie quaternaire. Cette suppression d'emplois est d'autant plus rapide et importante que l'impact des NTIC s'accompagne de délocalisations dans la cadre d'une mondialisation du système économique capitaliste ou libéral. Sur ce site, nous défendons la position que cette économie quaternaire doit s'organiser en réseau principalement dans l'économie non marchande et non plus rester dans le système économique libéral ou le système socialiste, voire communiste.

La population active du secteur public :

elle reste stable sauf lorsque des choix de société viennent accroître subitement le nombre des fonctionnaires. Exemple : lorsque vers 1880, l'état décide l'école obligatoire pour tous les jeunes et embauche en quelques années 100 000 instituteurs et professeurs. Autre exemple : le recrutement important de personnel de sécurité pour gérer les menaces et les violences. Les salaires ne varient pas selon les profits apportés à une entreprise. La part du PIB finançant directement le secteur public reste égale à 12-13% et ceci reste une limite à ne pas dépasser sous peine de perturber l'activité économique. Ceci ne permet pas d'augmenter le nombre des fonctionnaires, par exemple pour réduire le chômage dans le privé. Cette stabilité forcée du nombre de fonctionnaires et l'accroissement naturel du nombre des fonctionnaires retraités a eu pour effet la mise en place dès l'après guerre, d'un système de retraite par capitalisation afin de soutenir le système de retraite par répartition qui limité aux seuls cotisants de la fonction publique ne peut qu'être en déficit et qui a donc besoin de l'aide par la capitalisation ou par le transfert de fonds depuis le système de retraite du secteur privé, plus facilement excédentaire en période d'activité soutenue et de croissance du nombre d'emplois. 

Une première déduction : sans remettre en cause le fonctionnement du service public, la population active du secteur public reste en principe stable. Elle ne doit pas subir de plein fouet le choc démographique comme cela peut être le cas pour une entreprise privée de production qui doit réduire ses effectifs devant la baisse de son chiffre d'affaires causée par un manque de clients. Ce maintient des effectifs dans un premier temps peut enfin combler les lacunes et les retards administratifs dans le traitement des dossiers ( justice, sécurité sociale...) ou dans les services ( hôpitaux, enseignement... ). Mais comme dans le privé et peut-être davantage encore, les emplois des administrations publiques sont menacées par les NTIC et la mise en place des workflows, sauf que ces progrès doivent servir le développement d'une démocratie plus directe pour réduire enfin les inégalités sociales et économiques et minimiser les violences. A effectif plus ou moins constant, le système actuel peut se maintenir dans le public à condition que les salariés utilisent bien plus la capitalisation existante mais ceci renvoie le problème à la question du niveau des salaires nettement inférieur dans le public par rapport au privé, niveau qui limite la capacité d'épargne de ces salariés.

La fin de l'état providence et du fordisme, l'incapacité des états à répondre aux défis des technologies ou aux défis des nouvelles pratiques commerciales du système libéral qui veut se mondialiser pour se développer dans des oligopoles encore plus puissants, oblige tous les pays à reconsidérer les missions de service public confiées à leurs fonctionnaires. Ces missions pour être efficaces exigent une mise en oeuvre au niveau d'un ensemble continental de pays voire au niveau mondial ( maîtrise de la menace des armes nucléaires,  chimiques et biologiques, maîtrise de l'environnement, etc.). Ceci s'inspire d'une recherche logique de synergie dans la maîtrise des savoirs-faire et d'économies d'échelle dans la maîtrise des coûts comme dans le secteur privé.

Enfin, la population active globale ( privée et publique ) des pays développés est confrontée à un choc démographique provoqué par le prochain départ à la retraite des classes d'âge correspondant au baby boom et par l'arrivée sur le marché du travail de classes d'âge moins nombreuses. Ce choc démographique s'inscrit dans une évolution régulière fondamentale : l'allongement de la durée de vie permise par le développement économique et le progrès social. Mise à part une conséquence mécanique vers un retour du plein emploi et vers de nouveaux recours à l'immigration et à l'arrivée de personnes de nationalités étrangères, il reste à assurer le financement de nos systèmes de sécurité sociale.

C'est dans ce contexte que se déroule la nécessaire réforme des retraites.

Commençons par les lieux communs et les opinions véhiculées par les défenseurs de notre système libéral, qu'ils soient de droite comme de gauche, le plus souvent dans la rue ou au café du commerce :

  1.  il n'est pas normal que le privé et le public ne soient pas sur la même base d'années de cotisations.

en 1994, au plus fort du chômage des cadres et au moment du pic du chômage ( plus de 13% de la population active ), sous un gouvernement de droite dans lequel les financiers pensent encore utiliser leurs compétences pour redresser le pays, sous le conseil d'un syndicaliste patronal des assurances qui connaît bien la situation future du financement des retraites, le secteur privé allonge la durée de cotisation à 40 ans.

Prise isolément, cette mesure sert surtout de détonateur pour enclencher la marche forcée vers la réforme des retraites dans notre système social mais avant de quitter ce système ou de l'ouvrir à l'alternative d'une organisation en réseau, regardons de plus près les propos échangés pour montrer l'aberration de la situation lorsque l'on se cantonne à rester dans le cadre de ce système.

  1. il n'est pas normal que le privé paie pour les retraites du public, vu les avantages du public :

Il est donc courant et normal que le secteur privé aide le secteur public sur le plan des retraites sinon il faudrait recourir à une hausse des impôts. Ce qui revient au même en étant plus désagréable pour les citoyens.

  1. Ces arguments restent sommaires tant il est vrai que le choc démographique qui arrive ébranle les fondements de nos institutions.

- ce choc est cependant plus précoce et plus rude du fait de la suppression en masse des emplois depuis les années 1980 et l'automatisation du travail grâce au progrès de l'informatique déclinés dans de multiples technologies. Il y a ici une situation contradictoire dans notre système de retraite : les technologies pour accroître les gains de productivité et donc la valeur ajoutée favorisent la substitution du capital au travail et les nouvelles créations d'emplois sont d'un niveau bien moindre que les emplois supprimés même s'ils sont plus qualifiés. Le nombre de cotisants stagne ou baisse et la richesse créée par les machines échappent à la base de cotisation pour la retraite et les charges sociales.

Une première réponse dans le cadre du système actuel consiste donc à prélever une cotisation retraite sur le capital pour compenser les pertes d'emplois provoquées par les machines. L'idée n'est pas nouvelle mais comment la concilier avec la taxe sur la valeur ajoutée qui représente déjà la recette la plus importante pour les finances publiques. Et les impôts et prélèvements obligatoires représentants déjà 45 à 48% du PIB, les augmenter n'est guère possible. Reste bien la solution de réduire les dépenses de l'état pour que cette réduction profite aux systèmes de sécurité sociale. Mais fragiliser le fonctionnement de l'état au profit des revenus individuels présentent aussi des risques, en particulier celui de négliger les personnes sans travail ou n'ayant pas cotisé à la sécurité sociale.

- la solution classique face à un manque de cotisants donc de travailleurs reste le recours à l'immigration. Cette solution est envisageable pour combler le déficit de main d'œuvre provoqué par le choc démographique mais ceci signifie un raisonnement à niveau d'emploi et de technologie constant, qui n'évolue pas dans les 15 à 20 prochaines années. L'automatisation des tâches administratives dans le secteur tertiaire est capable de réduire fortement les emplois dans ce secteur, accompagnant ainsi le manque de main d'œuvre et limitant le besoin d'immigrés. Mais alors le financement des retraites par des actifs en nombre encore plus restreint prend des proportions encore plus inquiétant.

- ce choc démographique n'est qu'une phase de transition entre une situation d'équilibre et une nouvelle situation d'équilibre. Cette théorie est bien connue en économie et constitue la nouvelle fable pour rassurer et faire semblant de guider les populations. Toutefois, l'histoire démontre que l'accroissement de richesses n'implique pas automatiquement un développement de la protection sociale et des régimes sociaux. Ces derniers ont été acquis par la lutte et à chaque avancée sociale, le patronat criait à la ruine et au désastre ( dès l'interdiction de travailler plus de 10 heures pour les enfants de moins de 8 ans jusqu'aux 35 heures actuelles ). Tant que la croissance existe, le problème n'est qu'un problème de répartition des richesses, cette répartition ne devant pas entraver le dynamisme de la croissance. Nous en sommes à peu près à ce stade actuellement dans les théories économiques. Le rôle de l'état consiste donc à préserver la croissance tout en favorisant un partage des richesses adéquat. Pour assurer ce partage, il poursuit ses prélèvements destinés à financer son propre fonctionnement et maintient de fait une répartition des richesses de moins en moins efficace, son fonctionnement coûtant de plus en cher notamment du fait du peu de recours aux gains de productivité apportés par les workflow, ceci pour protéger l'emploi du secteur public et éviter un blocage de la société en cas de grève persistante de la fonction publique. C'est là que la fable se transforme en dramaturgie au suspens bien pesé. Cet immobilisme est bien entendu la pire des situations dans le cadre d'une mutation obligatoire de notre système afin de répondre à ce choc démographique.

Ces arguments trouvent rapidement leurs limites dès qu'il s'agit d'obtenir une réponse globale dans le cadre du fonctionnement de notre système. Il est clair que bon nombre de citoyens ont perçus ces limites et ne sont pas disposés à en payer les frais, une fois de plus. Il est rare sinon illusoire d'espérer que les situations d'équilibre reviennent surtout à l'identique. Que le travail dans l'économie marchande devienne plus rare du fait des progrès technologiques n'a rien de troublant. Keynes dès 1930 affirmait qu'en l'an 2000, pour subvenir aux besoins essentiels de la vie, une durée de travail de 15 à 20 h par semaine suffirait pour garantir le plein emploi. L'on sait que cette perspective n'a pas été inscrite à l'ordre du jour par les dirigeants de nos systèmes de pouvoir. Y souscrire revient à dire que des cotisations moindres du fait d'une durée de travail moindre et donc d'un salaire moindre, amène comme conséquence des retraites moindres, donc une perte de niveau de vie à la retraite. C'est bien là le cœur du problème : notre système repose sur un calcul proportionnel, une simple règle de trois : plus vous avez cotisé et donc gagné de salaire, plus de retraite vous sera versé. Nous ne prétendons pas ici que ce calcul est illogique ou scandaleux. Non, c'est un calcul, juste un calcul simple et admissible par tous tant que l'économie se développe à un rythme soutenu et que tout augmente, pour commencer par une augmentation du nombre d'emplois. Quand la situation change, le calcul doit changer mais si le calcul change, il est évident que le fonctionnement du système n'est plus le même voire que le système devient obsolète et que la question d'un nouveau système dirigé autrement devient cruciale et s'impose. Nous n'allons pas sonner maintenant l'heure de la lutte des classes surtout qu'aux clochers ou dans nos villes, cette sonnerie a plus ressemblé à un tocsin qu'à un carillon de fête, même du temps des cerises. Nous disons qu'il est grand temps de reprendre l'organisation de la propriété communautaire pour combler les lacunes des propriétés individuelles et collectives face à cette évolution sociale et économique, technologique.

 

LA GESTION DE LA RETRAITE, terrain de conflit entre système de pouvoir et organisation en réseau

 I )  LES ABUS DE LA PROPRIÉTÉ INDIVIDUELLE ET L'ALTERNATIVE DE LA PROPRIÉTÉ COMMUNAUTAIRE 

chaque fois que notre système rencontre une difficulté de fonctionnement, la parade pour ses dirigeants est simple : ils s'en remettent à la liberté individuelle, autrement dit : que chacun se débrouille pour s'en sortir ! Plus logiquement, nous le savons : que ceux qui possèdent le pouvoir à travers leur droit de propriété individuel agissent dans le sens de la maximisation de leurs profits. L'état assurant un rôle de gendarme pour défendre les valeurs fondamentales, en général les intérêts de la minorité au pouvoir. Cette pratique explique la montée de la misère sociale au début du 19ème siècle parmi les ouvriers et l'interdiction des organisations communautaires comme les syndicats ou l'organisation des grèves. Cette formule se retrouve dans le bouche de Guizot qui refuse le suffrage universel et qui pour défendre le système électoral de son époque clame que les citoyens n'ont qu'à s'enrichir pour remplir les conditions requises pour devenir électeur ou être éligible.

1.1 Dans le cas de la retraite, le recours à la liberté et à la propriété individuelle repose sur une généralisation du système de retraite par capitalisation. La formule de base n'a guère changé depuis Guizot. La survenance plus fréquente des crises économiques, le rôle détestable des fonds spéculatifs dans la constitution puis l'éclatement des bulles spéculatives sur les marchés financiers marquent des limites pour cette solution. Avant d'y songer, encore faudrait-il que les états fassent le gendarme et élimine ces pratiques spéculatives. Nous frôlons ici les limites de l'utopie, la part irréalisable inhérente à notre système de pouvoir.

1.2 Une autre pratique qui se généralise, à défaut d'intervention de l'état, repose sur la nécessaire solution personnelle : la famille utilise le patrimoine de la personne retraitée pour financer principalement les soins ou la garde de la personne très âgée devenue dépendante. Dans une optique libérale, il n'y a rien à redire sinon à saluer le développement d'un nouveau marché à l'avenir très prometteur : celui des maisons de retraite médicalisées ou non. Les pensionnaires dont la retraite ne suffit pas à couvrir les frais d'hébergement doivent alors vendre leur maison ou appartement pour payer les mensualités. D'autres ne disposant pas de ses ressources doivent tenter de se faire héberger le plus longtemps possible dans les hôpitaux publics et à défaut doivent se contenter de vivre dans une nouvelle misère avec l'aide des associations caritatives pour s'en sortir ou avec l'aide des institutions publiques.

Généraliser cette pratique ébranle les fondements de nos sociétés car la possibilité de s'enrichir repose fondamentalement sur l'accumulation de capital. Si les enfants peuvent espérer vivre plus à l'aise que leurs parents c'est grâce à l'héritage. Leur qualification supérieure et leurs salaires suffisent pour financer leur train de vie mais  ne sont guère propice à une épargne rapide et de nature à financer d'importants investissements immobiliers. Hériter d'un bien immobilier ou des fruits de la vente de ce bien accélère considérablement l'accumulation de son propre capital immobilier et diminue d'autant les charges financières d'un emprunt. Supprimer cette possibilité de transmission du capital aux héritiers revient à supprimer une possibilité majeure de développement des classes moyennes et fait régresser cette classe moyenne vers des conditions de vie sociale plus limitée et pénible. Le fait de constater l'accroissement de la pauvreté parmi les jeunes provient pour une part non négligeable de cette pratique. La génération actuelle peut vendre le patrimoine héritée de ses parents pour financer ses vieux jours mais qu'en adviendra-t-il des générations suivantes ? Cette question fait bien partie de la nécessaire mise en place d'un développement durable.

Ce nouveau marché des services utilisés par les retraités en fin de vie, outre le fait qu'il provoque une épargne de précaution élevée et donc une non consommation immédiate, pose une difficulté : comment assurer la qualité de services par des personnels certes professionnels mais qui ne peuvent avoir la disponibilité, l'écoute et l'affection dont ces services bénéficiaient auparavant lorsqu'ils étaient dispensés dans le réseau familial ? Les cas de maltraitance ou d'abandon dans des établissements mouroirs sont une réalité. Pareillement dans certains services hospitaliers, des personnes en fin de vie pour lesquelles le personnel médical ne peut plus rien, sont laissées entre les mains d'aide soignants non qualifiés et débordés puis démotivés qui servent des repas sachant que la personne est incapable de s'alimenter puis reprennent ces repas intacts, refusant de donner à manger et de faire un effort pour lequel effectivement ils ne sont pas payés ni préparés voire n'ont pas le temps de le faire. L'économie non marchande étatisée, fonctionnarisée peut-elle assurer ces services et remplacer la famille ?

Que dire des règlements administratifs sinon bureaucratiques qui interdisent au public, famille y compris de rester dans un service médical en dehors des heures de visite, même pour assister le proche parent mourant durant ses dernières heures. Est-ce tolérable cette situation qui vous fait quitter le parent dont vous savez qu'il va mourir durant la nuit sous prétexte que la prochaine heure de visite est le lendemain en début d'après-midi, alors que le lendemain matin la secrétaire va bien vous confirmer son décès durant la nuit ? Arrêtons ici la revue de toutes ces situations inacceptables vécues comme autant de dysfonctionnements de nos organisations en systèmes. L'analyse des besoins est pourtant claire : dans ces systèmes, il faut réintroduire un espace plus humain et familial, affectueux et fraternel. Le système doit s'effacer devant l'organisation en réseau. Des lieux doivent permettre l'expression de cette vie en réseau pour rendre les services que seul l'amour, l'amitié sont capables de donner.

1.3 la propriété collective se renfloue en accaparant après leur décès, la propriété individuelle des personnes qu'elle a aidée.

la réforme actuelle de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) va réduire les dépenses de cette prestation. La part laissée à la charge de la personne passe de 5% à 12% et ne sera plus versée lorsque la personne est en maison de retraite. Le plancher de revenu est abaissé, ce qui exclu des revenus plus moyens. L'esprit de cette réforme est bien de verser cette allocation jusqu'au décès de la personne puis, si la personne n'a pas pu financer sa prise en charge, de permettre à l'administration publique de se rembourser de cette avance en la déduisant de l'héritage ou dès le vivant du bénéficiaire, en se payant sur la vente de ses biens immeubles ou meubles. Certes, il y a là une logique bien propre à notre système de pouvoir mais cette logique ne va tenir qu'une à deux générations. Pour le moment, les revenus modestes ne seraient pas touchés par le recours sur succession qui permet à l'état de se faire rembourser une partie de cette allocation mais le financement de cette allocation pose problème : en 2003 la prestation coûtera 3,7 milliards d'euros à la collectivité publique et en 2004 : plus de 4 milliards d'euros. Comment intégrer ces dépenses sociales supplémentaires dans le budget de l'état et leur trouver de nouvelles sources de financement ? Le recours à l'utilisation de la propriété individuelle pour palier les insuffisances de la propriété collective reste pour les dirigeants de nos systèmes la solution simple et pratique tant qu'aucune restauration de la propriété communautaire (capable de ruiner et de rendre inutile la propriété collective) n'est envisagée. Lorsque les classes moyennes ou pauvres n'auront plus de patrimoine pour couvrir ces dépenses de fin de vie, l'état en toute logique refusera-t-il de verser cette allocation en se retirant derrière l'argument imparable de la bonne santé des finances publiques ou celui plus technique de l'impossibilité à creuser pour un état un déficit publique supérieur à 3% du PIB tel que l'imposent les règles de l'union européenne ? Après les nouveaux travailleurs pauvres, enfin verra-t-on la montée inéluctable des nouveaux vieux miséreux ? Dès aujourd'hui, nous comprenons qu'à force de courir après de l'argent pour vouloir tout payer, tout financer, notre système en vient à admettre des possibilités choquantes de nouvelles trappes à exclusion et misère, non plus selon votre qualification mais plus prosaïquement en fonction de votre santé et de la santé de vos amours antérieurs : malheur à celles et ceux qui au soir de leur vie se retrouvent sans amours et en piteuse santé, le plus souvent pour avoir travaillé inconsidérément dans des conditions de travail indignes sans s'être jusque là plaint de quoi que ce soit !

Que l'état se rembourse sur un service qu'il a rendu possible alors que la cellule familiale a fait le choix de poursuivre sa vie professionnelle sans se rendre disponible pour le parent dans le besoin, soit ! Mais quand cette possibilité n'existe plus ? Quand il n'y a pas de choix car il n'y plus de famille ? Cette mesure publique se justifie-t-elle encore sous prétexte que l'état défend les valeurs familiales et qu'il n'est pas responsable de l'éclatement des familles, du nombre des divorces, des générations qui refusent de se revoir ? Pour un état comptable, oui, nous pouvons admettre un tel comportement mais pas pour un état social ou simplement humain ! Remettre la place de l'être humain au cœur de la société ne peut s'accommoder d'artifices comptables à l'arithmétique imparable ! Sauver un pan du système avec des mesures financières est bien entendu possible mais ceci ne fait que déplacer les problèmes tant que la production et la répartition des richesses en biens et services ne sont pas réorganisées sur la base d'autres valeurs capables de mieux satisfaire ces besoins sociaux et humains. Face à la crise actuelle, interrogeons-nous seulement sur le fait que la France et l'Autriche sont les pays européens dans lesquels le nombre des suicides chez les retraités est le plus élevé. Est-ce une manière au pays des Droits de l'homme de quitter la vie dans un reste de dignité, sans entraîner dans sa fin sociale ses enfants pour les jeter dans la gêne sinon la ruine ? Finalement n'y aurait-il pas là une transposition des coutumes primitives qui veulent que l'aïeul(e) se sacrifie pour ne plus peser sur l'économie du clan en proie à la famine et à la misère ? N'est-ce pas déjà une forme d'auto euthanasie économique et sociale ? Il semble raisonnable de ne pas attendre de la réforme des retraites une quelconque influence pour faire diminuer ce taux de suicide chez les retraités français, l'addition est suffisamment lourde comme cela pour ne pas en rajouter !

 

la satisfaction des besoins individuels liés à la retraite et à la fin de vie dans une organisation en réseau :

un exemple même partiel peut être donner à travers le cas d'une gated community réservée aux retraités dans l'état de Californie. Les maisons sont conçues pour répondre aux exigences des personnes âgées : prises électriques à mi-hauteur pour ne plus avoir besoin de se baisser, etc., etc. Le village ou la ville nouvelle compte tous les services et bien entendu une clinique ou un hôpital spécialisé dans la santé des personnes âgées. Sachant qu'à la fin de leur vie, les résidants vont avoir besoin de soins médicaux qui vont coûter cher, ils peuvent échanger et capitaliser des unités de soins en venant travailler quelques heures par semaines dans cet hôpital tant qu'ils sont en bonne santé : nettoyage des locaux, blanchisserie, accompagnement des malades, les nourrir, les distraire, donner des soins après une formation, etc. Certes ce côté fermé où tout est prévu jusqu'à votre enterrement ou votre incinération représente un changement de valeur critiquable après votre vie professionnelle mais il est clair que la satisfaction des besoins de sécurité, de confort, d'appartenance et d'estime est correctement assurée et à un coût rendu abordable par l'échange de services au sein de la communauté. C'est une certitude qui ne repose pas sur l'assistance d'une organisation spécialisée et étrangère, d'une institution publique fonctionnarisée mais bel et bien sur votre engagement et celui de tous les membres de la communauté. Vous entrez vers 60 ans dans la communauté, vous y êtes actif(ve) pendant une bonne dizaine d'année et ensuite vous avez la garantie que quoi qu'il arrive, vous bénéficierez des mêmes services que vous avez prodigués à vos aînés (de quelques années) ! Votre maison sera revendue après votre décès à de nouveaux membres et l'argent reviendra à vos héritiers ( qui en auront besoin pour entrer à leur tour un jour dans une telle communauté...).

Est-il possible de généraliser et d'améliorer de telles organisations en réseau de communautés ? Dans l'absolu rien ne l'empêche même si nos systèmes de pouvoirs français y sont réticents rien qu'à voir la difficulté pour une association d'ouvrir un centre de soins palliatifs pour accompagner les mourants ( même à titre expérimental ! ). La principale barrière en France est d'ordre institutionnel : briser le monopole de l'assistance publique gérer par l'état pour développer une économie de services non marchands organisés en réseaux à travers le mouvement aujourd'hui associatif et demain réellement communautaire, revient à détruire une des raisons d'être majeures de l'état et de notre système de pouvoir centralisé. Aux USA, ces communautés peuvent être critiquées mais elles ont le mérite d'exister dans un environnement économique pourtant peu favorable car très libéral mais dont la constitution garantit le droit pour des citoyens volontaires de monter leur propre organisation communautaire, l'état n'ayant aucune prétention monopolistique sur l'assistance publique. Il est évident que sur la question des retraites et de la fin de vie, ces organisations en réseau peuvent satisfaire bien d'autres besoins tout comme c'est le cas tout au long d'une existence humaine depuis la naissance jusqu'à la mort et tout comme elles peuvent bâtir et gérer des maisons de vie dans lesquelles se déroulent les cérémonies ou les moments du passage d'une étape à l'autre de la vie humaine.

La réponse communautaire existe donc bien et n'a rien à voir avec l'utilisation de la propriété individuelle et son appauvrissement pour assurer une existence digne en fin de vie. Il reste à voir l'utilisation de la propriété collective pour ce même besoin.

II ) LES RÉPONSES DE LA PROPRIÉTÉ COLLECTIVE ET LE MAINTIEN DU REJET DE LA PROPRIÉTÉ COMMUNAUTAIRE

Le principal souci des dirigeants de nos systèmes est d'éviter l'effondrement de ces systèmes. La retraite ne peut pas provoquer ce genre de perturbation. Leur stratégie est simple voire simpliste : l'analyse et la solution se limite à un domaine bien délimité : le sauvetage du régime des retraites par répartition de la sécurité sociale. Il est hors de question de regarder ailleurs pour prendre en compte des changements sociaux ou de nouveaux besoins politiques, économiques et sociaux consécutifs à l'allongement de la durée de la vie. Non, selon le cartésianisme ambiant qui sous tend le rationalisme à la française sinon à la parisienne, il faut continuer à découper le problème le plus petitement possible pour résoudre cas par cas chaque niveau de difficulté avec l'axe de cohérence évident : préserver nos systèmes de pouvoirs, rien n'y changer ou si peu. En tous cas garantir la qualité du service public, pilier de la république, en refusant de voir disparaître les emplois suite à la recherche de gains de productivité à travers la substitution du capital au travail, principalement par l'introduction des workflow automatisant les tâches administratives ou par la simplification administrative ou encore la décentralisation. Cette position syndicale  à défaut de permettre une évolution a le mérite de sauvegarder le nombre des cotisants au système de retraite mais elle est loin de répondre à la situation.

Ce peu de changement envisagé remonte pourtant bien au niveau constitutionnel car il heurte le principe de séparation des pouvoirs ou du moins la séparation entre public et privé. L'évolution démographique, technologique, économique et sociale ne laisse aucun doute : le financement des retraites ne peut plus être garanti par le seul mécanisme des cotisations. Les impôts et plus largement les finances publiques devront servir à garantir le paiement des retraites. Ceci alors qu'une taxation du capital privé pourrait suppléer au déficit des cotisations des salariés au moins du secteur privé. Cette réforme est bel et bien d'ordre constitutionnel, l'état venant compenser la carence des entreprises chargées quant à elles d'assurer un niveau suffisant de croissance économique ( l'état pour sa part n'y pouvant plus grand chose sauf à encourager et à espérer ! ).

Cette aide publique requiert cependant une contrepartie de la part des salariés. C'est évidemment eux les premiers concernés certes parce qu'ils sont les bénéficiaires directs de ces mesures mais aussi et surtout même si cela reste tabou, parce que nos dirigeants comme leurs prédécesseurs ne veulent pas toucher au fonctionnement des entreprises de l'économie marchande dans notre système capitaliste et libéral. La mesure est bien connue : l'allongement de la durée des cotisations de 37,5 ans à 40 ans. Cette solution est logique sur le plan arithmétique mais un gamin de la classe de 6ème ayant compris la règle de trois pourrait la trouver lui aussi. Admettons qu'elle soit mise en oeuvre, mis à part un système de retraite par répartition plus équilibré et la garantie des retraites établie pour quelques années, cette mesure va-t-elle répondre aux autres besoins liés à l'allongement de la durée de vie ? Va-t-elle empêcher l'appauvrissement des classes moyennes provoqué par la disparition des héritages dans les familles, les parents utilisant leur patrimoine pour payer les services nécessaires à leur grand âge et à leur fin de vie ? Absolument pas ! L'état peut-il interdire aux entreprises de se séparer des salariés de plus de 50 ans ou de 55 ans ? En vertu de quelle loi ? Ce nouvel équilibre ne concerne-t-il que les salariés toujours au travail ? Va-t-il prendre en compte la diminution des emplois dans le tertiaire suite à la mise en place des traitements automatisés des tâches administratives ? En maintenant dans ce cas 40 années de cotisations ou alors, vu la diminution des cotisants, les salariés restant au travail devront-ils travailler 42 ou 43 ans pour sauver leur système de retraite ? Les autres qui ont été exclus du travail après 50 ans sont-ils obligés de se satisfaire sans rien dire d'une retraite minorée et de combien ? Ce système réformé supportera-t-il d'ici 15 à 20 ans un nombre plus importants de retraités centenaires ou plus, sachant que pour 40 années de cotisations, le régime de retraite leur versera 40 années et plus de pension ? En rester à ce niveau de solution actuel limité à l'allongement des années de cotisations, les salariés vont travailler plus longtemps en théorie sans qu'en pratique l'état et les entreprises s'entendent pour ne plus faire partir les salariés âgés et sans que ce travail supplémentaire ne leur apporte une garantie globale de ne pas être confronté à la misère ou à des situations indignes en fin de vie. L'évolution sociale sur l'inactivité due à la retraite dépend de nombreux facteurs ou de nombreux paramètres. Se limiter à un seul pour préserver un système financier est faire preuve d'inconséquence ou de cynisme. L'intérêt des dirigeants politiques est de préserver leur système de pouvoir, à cette fin ils entendent combiner : une mesure pour équilibrer les caisses des régimes de retraite, la poursuite des mesures contre le chômage, le maintien de l'entreprise chimérique de l'éducation nationale dans son but de former les gens afin qu'ils occupent une fonction de notre système économique et social alors que les machines ne cessent de supprimer les emplois et que la création de nouveaux emplois dans l'économie non marchande reste interdite. Le résultat est connu : la montée des inégalités et de l'exclusion chez nous, le développement du terrorisme contre les pays riches qui gèrent ou acceptent le pillage des pays en voie de développement et sont incapables de donner le bon exemple ou d'éliminer les criminels de guerre et de la finance, les corrupteurs et les mafias de toute sorte , les trafics d'armes et de drogue, les navires poubelles qui polluent etc. Bientôt à cette collection, à côté des nouveaux travailleurs pauvres apparus ces dix dernières années, il faudra mettre les nouveaux retraités pauvres ou carrément ruinés et qui ont ruinés leurs héritiers sous le poids des factures de garde et d'assistance médicale dans le cas où ces derniers auraient accepté stupidement la succession du défunt ! Quoique ! Il est logique pour qui manie à profusion la règle de trois, qu'un travailleur pauvre finisse par être un retraité pauvre, pauvre n'étant pas forcément miséreux et ne remplissant pas forcément les conditions pour bénéficier des Restos du cœur ! 

D'ailleurs pour un chef d'entreprise cynique qui s'acharne à maintenir la moyenne d'âge de son personnel à 35 ans, il est hors de question de subir ce genre de pression de la part de l'état. C'est à l'état de créer un nouveau système d'assistance pour les chômeurs âgés proche de leur retraite dans l'attente de  cette retraite. Changer la manière de faire de nos entreprises alors qu'elles se sont distinguées depuis 20 ans comme étant championnes de la substitution du capital au travail, achetant même de nouvelles machines sans former le moins du monde le personnel, ce qui avait fait écrire à Antoine Riboud vers 1980 que le mal investissement est en France aussi répandu que le sous investissement, ce changement appartient aujourd'hui bel et bien au domaine de la fable et de l'utopie. Il reste pour les citoyens à adopter une attitude certes absolument pas cynique mais encore une fois très passive : obéir à nos dirigeants et croire dans la continuité de nos systèmes de pouvoir. Comme pour toute passivité, elle ne fait qu'annoncer une sortie de passivité très brutale et dans un paroxysme de violence. Autant ne pas entrer en passivité.

La dernière grande réforme politique, économique et financière (pas sociale) en matière de retraite : comment dans les années 1980, les employeurs ont su éviter le versement de 1 000 milliards de francs au titre des retraites ! (évaluation diffusée dans la revue Les liaisons sociales, et repris par la suite dans de nombreux autres articles)

anecdote : vers 1984-1985, jeune chef de personnel dans cette usine, cherchant à respecter scrupuleusement la législation sociale et la convention collective locale de la métallurgie, après avoir réalisé le bilan social, je m'étais rendu compte que les années suivantes, il y aurait plusieurs départs en retraites de salariés ayant acquis une vénérable ancienneté dans la maison ! Le calcul de leurs futures indemnités conventionnelles de départ à la retraite m'avait satisfait (à ma perception ingénue des choses) car chacun allait partir avec plus de 20 à 24 mois de salaire comme indemnité de départ à la retraite. Mon Directeur Administratif et financier (guère plus âgé que moi) avait bien compris mon souci d'établir de suite, en bonne gestion, des provisions pour ces dépenses exceptionnelles futures mais très vite, il se ravisa, téléphona à la chambre patronale et le lendemain, fermement, m'expliqua que jamais une de ces primes ne serait versée lors d'un départ à la retraite ! Ce jour là j'ai constaté que certains avaient déjà calculé la somme astronomique que représentait le versement de ces indemnités prévues par les conventions collectives. L'argument était imparable : ces règles avaient été signées dans les années 1950, en pleine euphorie et sans aucune prise en considération de l'avenir (bref, c'était de la pure bêtise d'après nos dirigeants ! ) et les quelques départs à la retraite qui avaient eu lieu entre temps n'avaient pas pesé bien lourd sur les résultats. Dès les années 1980, ces règles devenaient illusoires. Il fallait étouffer cette question. Les syndicats reçurent la consigne sous forme d'un chantage imparable : l'argent de ces départs en retraite était nécessaire et indispensable pour moderniser l'outil de production. Cela ne se discutait pas. Pour finir cette anecdote, mon D.A.F. me pria de retourner gentiment à mes recherches juridiques m'indiquant que toute bonne idée sur la question pouvait signifier de belles promotions à la chambre patronale.

La solution sociale est depuis bien connue. En effet les machines automatisées et informatisées sont arrivées, elles ont supprimé des emplois mais notre travail n'était pas de faire partir celles et ceux qui justement avaient perdu leur emploi, non , nous travaillions toutes et tous à la restructuration de l'entreprise pour faire partir ceux qui allaient prendre leur retraite et ensuite les remplacer par d'autres. Le mot d'ordre tacite était bien de ne surtout pas à avoir à payer en plus d'indemnités de départ à la retraite. A ma connaissance, depuis ces années là, même les cadres partant en retraite à l'âge normal, personne n'a eu le versement de l'indemnité conventionnelle de départ à la retraite. Et pour mes collègues de l'A.N.D.C.P, c'était pareil. Cela avait dit une fois pour toute et nous n'en parlions plus ! Mais laissons de côté cette épée de Damoclès terrifiante que représentait alors cette obligation conventionnelle de provisionner 1 000 milliards de francs dans les entreprises françaises pour honorer leurs engagements sociaux envers leurs salariés allant partir en retraite ! Nous avons fait plus fort, enfin nos directeurs ou les chambres patronales leur ont conseillé de faire plus fort : non seulement nous faisions partir nos préretraités avec l'indemnité de licenciement transactionnelle de 6 mois (le salarié abandonne alors toute poursuite devant les juridictions et l'entreprise entre 6 mois de salaire et 20 à 24 mois de salaire fait une réelle économie) mais comme 6 mois cela fait tout de même cher, autant se faire rembourser par l'état d'une partie de ces montants à travers des plan FNE. L'un dans l'autre, noyé dans la réalisation d'importants gains de productivité grâce à la modernisation du capital technique, le départ massif des futurs retraités s'est fait sans trop coûter cher. Le rôle de nos DRH prit une tournure financière cruciale et les collègues " productifs " nous tançaient du regard : pas question de dilapider la valeur ajoutée qu'ils s'échinaient à faire croître à coups de nouveaux gains de productivité ! Pour ma part, je n'oublie pas le dernier entretien d'un ouvrier à l'ancienneté record qui avait longtemps espéré partir avec le petit pactole de son indemnité conventionnelle de départ à la retraite. Après un entretien d'homme à homme avec le directeur de l'usine, il avait fini lui aussi par se taire et par ne pas réclamer cette indemnité mais pour avaler son silence, il lui avait fallu tout de même s'épancher dans mon bureau. Il avait raison : la règle devait être modifiée un point c'est tout et il ne fallait pas la cacher sous des tonnes d'hypocrisie. Mais justement ! Je n'ai pas souvenance d'un négociation collective de branche ou nationale qui aurait abrogé ces dispositions liées à la retraite... je crois plutôt me souvenir qu'en 1994, lors du fameux allongement de la durée de cotisation à 40 ans dans le privée, la loi ou un texte réglementaire, aurait abrogé purement et simplement toutes ces dispositions dans toutes les conventions collectives... mais il semble bien que personne n'ai réagi et qu'aucun commentaire n'ait été fait... sinon qu'une épée de Damoclès à 1 000 milliards de francs venait d'être ôtée de dessus la tête de nos employeurs. Peut-on vérifier cette abrogation des clauses retraites des conventions collectives ?

Imaginez rien qu'une dernière fois que 1 000 milliards de francs (laissons les euros quelques secondes !) soient versés dans les 15 à 20 prochaines années à celles et ceux qui partent en retraite ! Le grincheux de service dira que c'est à peine un peu moins que l'argent des français qui dort en Suisse depuis des lustres et que si cet argent revenait lui aussi de Suisse (sans parler de l'argent qui dort dans les autres paradis fiscaux), depuis belle lurette il n'y aurait plus de problème. L'économiste de service répliquera qu'il y a déjà un excès d'épargne en France et que le surplus d'épargne sert plus à financer les investissements des entreprises aux USA que chez nous... où malgré l'argent disponible, les chefs d'entreprise n'investissent toujours et encore pas assez ! Mais 1 000 milliards de francs, c'est pas rien ! C'est un peu plus de la moitié du budget annuel de l'état français. Pour le connaisseur du monde de l'entreprise actuelle, c'est l'équivalent de 2 à 3 années du coût de la peur dans nos entreprises ( mais ces suicidés là ne deviennent pas des retraités, ça c'est sûr !). Pour celles et ceux qui s'intéressent actuellement à la réforme de l'APA, 1 000 milliards de Francs sur 20 ans, cela fait 50 milliards par an, soit 2 fois plus que le coût de 25 milliards prévu en 2004 pour l'APA. (ces chiffres sont en francs, les convertir en euros ne changent rien) 

Nous étions quelques uns à regretter que la non application des indemnités de départ à la retraite des conventions collectives se déroulent de cette manière si occulte et hypocrite : certes distribuer ces sommes colossales aux salariés avait de quoi faire réfléchir, les exemples de familles ouvrières qui s'entre déchiraient rien que pour le solde de tous comptes lors du départ ou du licenciement nous ont fait froid dans le dos ! Mais ces sommes devaient avoir un usage plus collectif. Les mutuelles qui pouvaient recevoir ces sommes et qui auraient été chargées de verser des rentes mensuelles et de prendre en compte les aléas de la vie et de la santé, auraient maintenant près d'une dizaine de milliards d'euros par an à répartir pour les besoins de ces anciens salariés ! Et ce ne sont pas ces sommes qui nous auraient empêcher d'acheter nos robots et nos automates programmables tout comme nos systèmes informatiques. Dernier point : aujourd'hui, il n'y aurait certainement pas (ou plus que) 3% des cadres français à rester motivés, 80% qui se déclarent peu enthousiastes et 17% franchement déçus par leurs employeurs (chiffre du numéro de janvier 2003 de la revue Capital, page 93). Ce malaise social alarmant n'est pas le fruit du hasard ou la conséquence d'un mal être touchant des personnes qui ont obtenu toutes sortes de satisfaction matérielle au point d'être devenues blasées, démotivées et ingrates vis à vis de leurs employeurs ! Jamais les personnes qualifiées capables de comprendre les décisions de leurs entreprises n'ont été si nombreuses dans la vie économique et sociale française, jamais la mentalité de nos dirigeants n'a évolué, préférant à chaque fois une économie à court terme sur les frais de personnel à une négociation sociale capable de prévoir le devenir de leurs salariés. L'origine du malaise et de ces relation sociales déplorables depuis plus d'un siècle est connue : c'est le maintient du paternalisme comme norme de management dans nos entreprises et nos administrations. Tous ont compris et commencent à en avoir marre de subir ces iniquités ! Ils ont choisi de privilégier au maximum les intérêts de leur propriétés individuelles de capitalistes, rejetant sur la propriété collective de l'état le financement des questions sociales ! Les salariés savent à qui ils ont affaire, la solution est entre leurs mains : à eux de faire renaître cette propriété communautaire que depuis 1790 on leur a interdit d'organiser pour défendre leurs propres intérêts ! L'organisation en réseau est l'alternative dont ils ont besoin ! Si les syndicats à la représentativité électorale minoritaire (c'est un euphémisme) marchandent leur survie " légale " dans ce système de pouvoir en collaborant à des mesurettes sans lendemain, alors l'alternative se passera d'eux, le juriste de l'alternative réclamant pour les besoins de la cause la suppression de l'ordonnance de 1945 qui confère une présomption légale de représentativité aux seuls syndicats ayant participé à la résistance, ordonnance qui empêche toujours la naissance rapide et percutante d'un nouveau grand syndicat national et est un obstacle à une démocratisation plus directe de la vie sociale en France !

Notre position :

Sur ce site, nous refusons cette stratégie déployée par les dirigeants de nos systèmes. L'évolution sociale et économique est bien plus importante et la seule solution consistant à travailler plus n'est qu'une mesure destinée à sauver le fonctionnement d'un système fondé sur l'argent gagné à travers un travail exercé dans une entreprise ou un organisme public agréé par le système. L'état à travers cette mesurette ne prend pas en compte la fin du déversement social, l'évolution de notre société, il n'ouvre pas une économie quaternaire et ne permet pas un enrichissement personnel grâce à des échanges des services ou de biens au sein de communautés économiques et sociales ( comme les SEL ). Le tabou républicain sur la propriété communautaire n'est pas levé. Les salariés restent des pions dont les salaires et maintenant le temps de travail sont constamment réajustés en fonction des besoins du système. Travailler 35 heures peut même servir d'argument chez certains pour dire que ce rythme de travail réduit permet de travailler plus longtemps. Dans la période du fordisme, l'augmentation des salaires et le développement de la protection sociale et du nombre des emplois a permis la société de consommation de masse et un faible niveau de chômage. Malgré le fait qu'en dernier le fordisme s'est financé en laissant courir l'inflation, les nouvelles technologies comme les évènements géopolitiques du Moyen-Orient ont mis fin au fordisme et ont placé les états en situation de crise politique au point que le fossé entre les citoyens et leurs dirigeants n'a jamais été si profond. Pour limiter l'inflation, les dirigeants acceptent un niveau de chômage élevé justifié par le fait qu'il concerne les personnes non qualifiées et les marginaux,  sans chercher à supprimer ce chômage par la création d'emplois dans l'économie non marchande. Faut-il recourir à une période d'anti fordisme dans laquelle la consommation ne sera plus de masse mais limitée aux seul acteurs actifs de l'économie ayant de plus la chance de travailler 40 ans grâce à leur santé ? La question des retraites est bien un choix de société : ou les citoyens acceptent de mordre à la fable racontée par nos dirigeants et en sauvant le système de retraite par répartition, ils acceptent la disparition des classes moyennes et l'appauvrissement des familles, ou en refusant cette fable et en refusant de faire les frais d'un système obsolète non conçu et incapable de régler les évolution démographiques, technologiques, économiques ( l'épuisement des ressources ), sociales ( dans le nécessaire mariage des cultures sous peine de guerres fratricides et de terrorisme exacerbé ), les citoyens brisent les limites de nos systèmes de pouvoirs pour laisser place à des organisations en réseaux. Pour nous, le plus tôt possible, sera le mieux vu les retards accumulés. La retraite et l'allongement de la durée de vie ne sont pas qu'une histoire d'argent, ce sont avant tout des questions de vie et de dignité face à la vie et à la mort. Les êtres humains ont d'autres ressources extra patrimoniales pour être capable d'échanges qui n'ont pas de prix. L'union a toujours fait la force et cette force le dynamisme d'une communauté et d'un peuple, d'une civilisation.

L'évolution sociale consécutive à l'allongement de la durée de vie et au nombre croissant des inactifs retraités doit être prise en compte sans falsification aucune pour défendre des systèmes de pouvoir qui ne pourraient la gérer. Le recours à une démarche de marketing social est plus opportun. La retraite tend à se diviser en deux périodes distinctes de consommation de biens et services : la retraite " habituelle " lorsque la santé est présente et permet la poursuite d'une vie active puis une période de fin de vie tributaire d'une mauvaise santé ou d'une activité limitée par les effets du vieil âge. Une pension de retraite, quelque soit son montant restera insuffisante pour payer la facture mensuelle du coût d'une assistance médicale lourde et ce, des années durant, lorsque la personne sera invalide ou verra son activité fortement réduite. A moins d'utiliser son capital financier et immobilier pour payer ces services, il ne reste comme solution que l'assurance contre ce risque ou le recours à des services échangés dans le cadre d'une économie non marchande. Etendre l'assurance invalidité hors de la période d'activité professionnelle pour financer les frais médicaux et de garde de la période de fin de vie n'est que déplacer le problème du système de retraite sur le système d'invalidité. Ce peut être une réponse partielle. Par contre le recours à des services échangés dans le cadre d'une économie non marchande organisée en réseau fait d'une pierre deux coups : la réduction de la pension de retraite après un certain âge est compensé par les services organisés dans l'économie en réseau, ce qui allège et notre système actuel de retraite ( du public comme du privé ) et notre système d'assurance maladie dont une bonne part des dépenses liées à la période de fin de vie sont prises en charge par l'économie en réseau. Enfin, le développement spirituel lié à l'organisation en réseau permet d'appréhender et de clarifier les pratiques liées à l'interruption volontaire ou assistée de la vie lorsque ce recours se justifie pour une personne atteinte d'une déchéance corporelle fatale ( et il n'y a plus besoin d'avoir un médecin dans la famille ou dans ses amis pour qu'il intervienne et règle d'une manière occulte cette situation, comme c'est la cas actuellement. ). Ces nouvelles richesses crées et ces économies financières pour nos systèmes actuels sont sans commune mesure avec 2 à 3 années de travail et de cotisations supplémentaires qui seront toujours insuffisantes face à cette forte évolution démographique des inactifs retraités.

Oui, nous le répétons, développer l'économie non marchande à travers des organisations en réseau ruine les entreprises de l'économie marchande et détournent les gens du statut de salarié. Mais une complémentarité existe et il n'est pas question de dogmatiser le sujet en prônant l'une et en éliminant l'autre. Sur le plan financier il est possible de convertir une monnaie étatique en monnaie symbolique et vice versa pour calculer des droits à satisfaire un besoin individuel ou collectif. Le travail ne cesse pas en dehors du statut de salarié ou d'entrepreneur dans l'économie marchande. Le retraité n'est pas un inactif, il continue à produire des biens et des services. Aujourd'hui limitée à l'auto consommation ou au simple échange de voisinage, interdite dès qu'elle dépasse le cadre de relations interpersonnelles pour s'organiser en groupe, condamnée à rester bénévole, cette production doit retrouver toute sa place dans l'espace et la propriété communautaire. Si l'état s'avère incapable de l'organiser et de régler cet enrichissement personnel grâce à la propriété communautaire, il disparaîtra comme ont disparu les régimes politiques qui écrasèrent les peuples sous la tyrannie et la servitude aux intérêts de leurs minorités dominantes. Alors que les caisses d'assurance maladie et de retraite seront vides après avoir été en déficit, maintenir le système français actuel n'est possible qu'à travers un taux de prélèvements obligatoires sur le PIB très élevé et supérieur à nos partenaires européens. La baisse des impôts n'est possible qu'à condition de franchir les limites européennes fixés pour les déficits publics. Croire au miracle d'une nouvelle période de forte croissance n'est plus possible. Lorsqu'un système est parvenu à son déclin, il faut évoluer et rouvrir le débat sur l'opportunité de recourir partiellement ou en totalité à une organisation en réseau complémentaire ou remplaçante d'un système de pouvoir.

Dans l'immédiat, les dirigeants pourraient au moins avoir l'honnêteté de dire, en attendant une prise en compte globale de la situation et vu leur retard dans la préparation de cette évolution, qu'à la place d'un service national qui n'existe plus, les citoyens, hommes et femmes, doivent à la communauté nationale une à deux années de travail supplémentaires pour préserver le système actuel en attendant le changement de société. Ceci pour éviter des troubles civils et militaires sources de bien des malheurs comme ce fut à chaque fois malheureusement le cas dans notre histoire récente lorsque le conservatisme et le despotisme de certaines minorités dirigeantes furent balayés pour ouvrir le champ à une nouvelle constitution républicaine. Ces deux années de travail, en évitant des années de crises, de destruction et de misère, serviraient alors à quelque chose de bien plus important qu'à sauver un système dont les concepteurs n'avaient pas prévu le choc démographique, la suppression massive des emplois par le capital, les crises économiques et financières... Ce constat serait les prémices d'une remise en cause posée et constructive de nos systèmes de pouvoirs et la perspective d'un débat fructueux entre système de pouvoir et organisation en réseau pour avancer dans une société à nouveau florissante. Cette déclaration servirait d'ouverture  pour des états généraux comme lorsque sous l'Ancien Régime, les caisses du royaume étaient vides et qu'il fallait bien les remplir d'une manière ou d'une autre. En l'espèce il s'agit bien de caisses vides ou qui vont se vider à la vitesse grand V ! S'obstiner à nier cette évolution en cherchant à sauver nos systèmes de pouvoirs devient criminel et despotique et ces années de travail supplémentaires perdent de leur sens en n'étant plus qu'un acte d'obéissance en réponse à la volonté despotique des dirigeants de nos systèmes de sauvegarder leur système à l'encontre de toute évolution.

Le roman D'Eleusis à Dendérah, l'évolution interdite, décrit le développement d'un mouvement organisé en réseau et ses relations avec l'économie marchande. 

Depuis cette rédaction, nous avons lu le livre de Pascal Gobry, ses propositions sont de nature à rejoindre les nôtres même si cet auteur se limite à notre système libéral et n'évoque pas ni l'alternative de l'organisation en réseau ni le nécessaire développement d'une économie quaternaire non marchande. Par contre ce livre dénonce la confusion, la duperie que nos dirigeants entretiennent consciemment ou non pour prôner ou se soumettre à l'éternelle fiction de l'égalité républicaine, source encore une fois dans cette question des retraites des risques financiers les plus graves et les plus injustes.

mise à jour septembre 2010

depuis la réforme de 2003, la situation s'est considérablement éclaircie car d'une part nous disposons maintenant des chiffres plus précis sur ce qui se passe en France au niveau de la répartition des richesses et d'autre part les intentions du gouvernement sous la présidence de Nicolas Sarkozy affichent une volonté très claire d'imposer une idéologie neolibérale pour casser la sécurité sociale en faisant supporter tout le poids du financement sur les salariés et en refusant de mettre en place une contribution significative des revenus des capitaux financiers, mobiliers ou immobiliers.

Les chiffres significatifs :

la crise de 2008 est responsable des deux tiers des déficits sociaux actuels or ce sont les montants actuels de ces déficits conjoncturels qui servent de base à des mesures structurelles sur le long terme.

l'évasion fiscale des plus riches représente en France environ 50 milliards d'euros par an, principalement vers les paradis fiscaux. Les partis de gauche pensent qu'à travers une taxation plus large des revenus du capital, une partie du financement sera assurée. Les partis de droite peuvent bien railler ces propositions, en effet, les plus riches pourront toujours se soustraire à l'impôt en France tant qu'il y a des paradis fiscaux.

La Cour des Comptes évalue à 65 milliards d'euros les dégrèvements de cotisations sociales dont profitent les entreprises. Prévues pour faciliter l'embauche, ces facilités n'ont guère d'influence pour réduire le chômage, principalement celui des jeunes et celui des seniors. Cet argent perdu pour les régimes sociaux n'a en rien modifié l'attitude des employeurs sur le marché de l'emploi.

Les besoins de financement s'évaluent à moyen terme à 45 milliards d'euros. Une meilleure répartition des richesses produites permet donc rapidement de trouver une solution financière et comptable car nous restons un pays qui dispose d'une économie solide.

Les chiffres sur les inégalités de patrimoine sont devenus pires car la crise actuelle profite aux plus riches ; chiffres anciens : 5% des français possèdent 45% et plus du patrimoine, 10% des français possèdent 50% du patrimoine ( et maintenant un peu plus encore ). A travers l'affaire Bettencourt, nous avons la démonstration officielle de l'évasion fiscale sur le patrimoine des plus riches.

les intentions du gouvernement dans son application de l'idéologie néolibérale

La réforme des retraites présentée en 2010 se caractérise surtout par des mesures d'âge. Il ne s'agit pas de faire travailler plus longtemps en réalité les Français mais d'arriver à une économie de 18 milliards en faisant en sorte qu'un certain nombre de salariés ne partent pas à la retraite avec un taux plein mais avec des pensions de retraite plus faibles. Tous les prétextes sont bons pour faire en sorte que les entreprises ne paient pas davantage de cotisations et que les régimes de retraite ne soient pas condamnés à verser des sommes de plus en plus importantes. Si les salariés veulent de meilleures retraites, ils devront utiliser le système de capitalisation des assurances privées et des fonds de pension. D'un autre côté, ceux qui ont commencé à travailler tôt, travailleront davantage car c'est une aubaine pour utiliser leur cotisation supplémentaire au comblement du déficit.

Cette doctrine néolibérale a un objectif principal : casser la sécurité sociale pour privatiser les dépenses sociales à travers les contrats d'assurance de sociétés commerciales et les fonds de pension. Dans les autres pays, l'allongement de l'âge du départ à la retraite à taux plein a peu d'incidence : partir à 65 ou 67 ans ne signifie pas qu'il est interdit de partir plus tôt dans le cas où vous avez l'ensemble des cotisations exigées. C'est une date-butoir pour les salariés qui n'auraient pas fait l'effort d'obtenir leurs trimestres de cotisation bien avant cet âge : dans ce cas ils n'auront pas la retraite à taux plein avant cette limite qui peut effectivement être repoussée en fonction de l'allongement de la durée de vie. En France, cette réforme soit résulte d'un manque de compétence notoire de notre gouvernement, soit plus vraisemblablement d'une volonté néolibérale plus farouchement affichée dans le cadre plus général du mépris franco-français des plus riches envers les salariés. Elle vise à supprimer une liberté fondamentale : celle de choisir la date de son départ à la retraite en fonction de ses années de cotisations qui vont s'allonger certes mais en s'adaptant aux efforts du financement du système de retraite à travers une réelle solidarité entre toutes les sources de richesses et de revenus, ce qui n'a pas été le cas jusqu'ici dans notre pays et cette réforme aggrave encore cette situation.

La suppression des régimes spéciaux parce qu'ils coûtaient trop cher, empêche aujourd'hui une discussion sérieuse sur la pénibilité au travail, ceci probablement pour des questions politiciennes afin de ne pas se désavouer. La poursuite inconsidérée des suppressions de postes dans la fonction publique alors qu'une gestion des ressources humaines et à fortiori qu'une gestion prévisionnelle de l'emploi n'existe pas, aboutit à des situations catastrophiques avec des postes qui doivent être pourvus au pied levé par des personnes pas préparées à ces reconversions. De même, les restrictions budgétaires dans la fonction publique remettent sine die une informatisation générale de l'ensemble des services alors que le retard en ce domaine est déjà catastrophique et scandaleux. Aucune politique d'informatisation n'est liée à la baisse des effectifs et à la suppression de postes. La majorité des établissements scolaires n'a toujours pas un suivi informatisé ( avec l'aide d'un workflow ) pour automatiser le suivi des absences. Le démantèlement des services publics ne rend plus crédible les services de l'État et nous retrouvons bien ici un des objectifs de l'oligarchie financière qui cherche à imposer la doctrine libérale pour monopoliser le fonctionnement de nos économies en supprimant les services publics et le pacte républicain.

La volonté d'éliminer la sécurité sociale nous ramène ipso facto en 1940 et dans les années d'affrontements entre une droite réactionnaire qui épousera la collaboration avec les nazis et une gauche qui gagnera les élections dans le Front populaire avant d'être condamnée par le régime de Vichy. Si nos politiciens de droite veulent ramener les Français dans cette régression sociale, la solution juridique et constitutionnelle est aujourd'hui connue : les mouvements de protestation doivent écarter cette fraction de la population qui comme avant 1940, ne supportent pas la réglementation sociale qui entrave sa liberté de s'enrichir toujours plus. Sur notre site fileane.com, nous avons été parmi les premiers à démontrer que si un gouvernement utilise l'article 16 de la constitution de 1958 pour tenter d'écraser le mouvement populaire et les mouvements de désobéissance civile, ce mouvement populaire a le droit d'utiliser l'article 2 de la déclaration des droits de l'homme de 1789 : les mesures néolibérales constituent en France une oppression envers les citoyens et les salariés et une négation du temps où notre pays prospérait dans une organisation en réseau avant que le roi Philippe le Bel ne détruise cette organisation pour développer l'absolutisme royal, régime politique transformé depuis 1789 dans une république centralisée aux mains d'une bourgeoisie industrielle conservatrice des privilèges hérités de la monarchie. Chaque citoyen a le droit de résister face à cette oppression qui détruit sa liberté, ruine sa propriété et sa sûreté principalement dorénavant durant ses années de fin de vie. L'article 2 précise que les droits naturels et imprescriptibles de l'homme sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression. La déclaration des droits de l'homme et du citoyen possède une valeur constitutionnelle plus forte que la constitution de 1958 et par conséquent, en face d'un mouvement citoyen qui se réclame de cet article, le président de la république n'est pas légitime s'il veut utiliser l'article 16 la constitution de 1958. En clair il n'y a aucune hésitation pour légitimer un soulèvement populaire afin d'écarter les dirigeants politiques et un régime politique qui ne sert plus à rien. Nous pouvons même ajouter que ce soulèvement est dans la tradition républicaine :depuis 1789 toutes les constitutions de la république ont été mises en place après des guerres militaires, des guerres civiles ou des troubles provoqués par les excès de pouvoir des dirigeants qui refusent de faire évoluer notre culture dans le sens d'un progrès politique, économique et social au service des citoyens. La constitution de 1958 n'échappe pas à cette règle typiquement française et il ne semble pas que nous ayons appris à mener une révolution de velours. Les arguments des militants de l'idéologie libérale servent surtout à provoquer des peurs et leurs manipulations de l'opinion cherchent à rendre  les citoyens passifs. Ces agissements condamnables ne militent pas en faveur d'une révolution de velours afin d'améliorer le partage des richesses dans ce pays où culminent les inégalités de revenus et de patrimoine depuis l'Ancien Régime.

Nous avons montré sur notre site fileane.com que l'erreur de 1789 porte principalement sur l'utilisation hasardeuse du mot propriété en sacralisant la propriété individuelle et en oubliant ou très certainement en interdisant la propriété commune à travers le décret d'Allarde et la loi le Chapelier en 1791 qui sont les fondements de l'économie libérale au profit de la nouvelle bourgeoisie. Dans notre mouvement fileane.com, nous éliminons ces erreurs de 1789. Pour le moment, les partis politiques de gauche refusent toujours de se prononcer sur la remise en place de la propriété commune qui est la seule à répartir plus équitablement les richesses produites et qui est la solution pour régler nos conditions de vie si menacées à travers les manoeuvres de l'oligarchie financière. Également nos dirigeants de gauche, politiciens et syndicalistes, refusent de se prononcer sur l'ouverture d'une économie non-marchande financée par la capitalisation des droits sociaux. La raison est évidente : l'élimination de notre système de pouvoir et l'instauration d'une organisation en réseau supprime le système démocratique représentatif et la classe politique. Selon l'expression familière, ils ne vont pas scier la branche sur laquelle ils sont assis. Ils ne se rendent toujours pas compte qu'il s'agit de changer d'arbre pour s'installer sur de nouvelles branches. 

La réforme des retraites porte sur un choix de société. En premier et dernier recours c'est au peuple de trancher, surtout si ses représentants cherchent avant tout à défendre leurs intérêts quitte à laisser filer les déficits, l'évasion fiscale, les exonérations patronales de charges sociales, l'accroissement des inégalités à cause d'une exécrable répartition des richesses qui depuis 20 ans profite à nouveau principalement aux actionnaires au détriment des salariés. Un autre alternative existe pour une société plus solidaire et humaine et nous y contribuons sur fileane.com. Nos dirigeants le savent et nous le savons...

 

 

la grande duperie, la vérité sur vos retraites

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le paternalisme, source de nos mauvaises relations sociales

  exemples de slogans et de mots d'ordre que nous ne verrons pas dans les défilés (sauf si un grand nombre de personnes savent quelle duperie se déroule devant nos yeux)  :

  mots d'ordre et slogans pour ne pas être dupe    

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