DES POLITIQUES DE PARIS

 page entière

 

Les élections de 2007 se préparent dans une campagne électorale dont l’axe principal se résume dans les mots « rupture » ou « changement profond ». Nos politiciens et les militants de leurs partis ont compris la rupture, le fossé qui s’est instauré depuis plusieurs décennies entre les citoyens et leurs représentants. La campagne actuelle porte peu sur les causes de cette rupture : par pudeur, nos politiciens présentent peu d’analyses sur les échecs, les compromissions, les corruptions et la perte de nos utopies républicaines, l’incapacité à faire fonctionner le pacte républicain français. Ils préfèrent parler ou sont obligés de présenter des solutions viables et acceptables. Critiquer les politiques menées par le gouvernement sortant, cette facilité utilisée couramment dans le passé, n’est plus de mise : les citoyens en ont marre de ces procédés qui ne mènent à rien puisque quasiment tous les derniers gouvernements ont suivi une même politique impuissante face aux mutations de l’économie et au développement des inégalités organisées par les nouveaux millionnaires et milliardaires et autres nouveaux riches au cynisme politique, économique et social de la pire espèce. Ce changement de ton dans la campagne est renforcé par l’arrivée d’une nouvelle génération de politiciens à la candidature suprême. La présence d’au moins une candidate qui a de réelles chances d’être élue Présidente, accentue encore ce renouveau dans la classe politique et participe concrètement à cette perception que nous allons vivre une rupture ou un changement profond dans nos mœurs politiques. Pourtant l’âme du combat n’a pas changé, au contraire le combat électoral est devenu encore plus féroce et mesquin. Jamais un parti politique n’avait eu autant la main mise sur les média pour peser sur l’opinion publique. Nous avons eu l’exemple italien dans ce domaine, est-ce notre tour de vivre ces horreurs citoyennes  et est-ce là le changement annoncé ? Pour cacher ces réalités obscures et scandaleuses, une réelle aubaine s’est incrustée dans la campagne 2007 : l’irruption en force des vérités écologistes, l’incontournable question du réchauffement de la planète et la solution du développement durable que ce dérèglement climatique impose. Tous les partis ont compris l’intérêt de ce thème électoral qui commence à arranger tout le monde : focaliser les partis et les électeurs sur l’avenir pour tenter de faire rapidement oublié le passé et ses échecs politiques, la monté des inégalités, les oubliés de la société et de l’économie profitable, ce chômage endémique qui ne baisse quasiment pas surtout que la réforme sur les retraites a reculé de trois ans le départ des premières tranches d'âge du baby boom qui ne commencera qu'en 2009. De même, la tentation est réelle et grande d’utiliser ces vérités écologiques démontrées chaque jour un peu plus par les progrès des sciences de la terre et de l’univers, pour atténuer l’impact du développement des pouvoirs religieux fanatiques dans les pays pauvres et parmi les pauvres de nos sociétés occidentales, principalement parmi la population d’origine étrangère récente. Ce thème écologiste se prête également à une rupture, à un changement profond dans les argumentations politiciennes : c’est comme si les cartes étaient redistribuées, qu’il y avait une nouvelle donne, que les incapables d’hier pouvaient se refaire des atouts pour rester dans la partie et s’imaginer pouvoir à nouveau la gagner, toujours à la même table, à la même place ! Là, il n’y a aucune trace de rupture ni de changement profond, il y a un nouveau et formidable pari : continuer à vouloir diriger nos systèmes de pouvoir en donnant certes un nouveau cap mais en arrivant enfin à prendre les places dans les palais de la république que la génération sortante a gardé si longtemps en son pouvoir. Arriver une fois de plus à persuader les citoyens qu’ils doivent voter pour notre candidature car d’abord, nous devons arriver au pouvoir suprême avant toute possibilité de rupture ou de changement profond par rapport aux politiques du passé. Les citoyens doivent aller aux urnes à la fin d’un combat électoral toujours plus impitoyable ou d’une farce électorale toujours plus ridicule et écoeurante même s’ils ne supportent plus ce jeu de dupes, parce qu’après, le parti politique vainqueur va mettre en place cette rupture ou ce changement. Ce premier pari dans l’ordre chronologique des choses n’est de loin pas le dernier. Nous avons fait suffisamment de compétitions en vélo et ski de fond et grimper au sommet des montagnes, quelques fois à plus de quatre mille mètres dans les Alpes pour savoir ce qu'est l'esprit de compétition et d'entraide. Nous considérons que l'action politique n'est pas une compétition pour savoir quel camp va gagner le droit de s'installer au pouvoir, que la lutte pour la conquête du pouvoir n'a rien à voir avec l'exercice de l'autorité et la minimisation des violences. Dans une organisation en réseau, la lutte pour conquérir un pouvoir n'existe pas et celui qui exerce le pouvoir fait d'ordinaire voeu de pauvreté et d'humilité et pratique l'écoute active du groupe dont il a la charge.

La diversité des programmes politiques est au départ une richesse pour un pays, encore faut-il qu'une complémentarité et une association des moyens et des volontés se mettent en place pour réaliser la plupart de ces mesures. Ceci dépasse largement la seule conquête du pouvoir pour pouvoir mener sa propre politique que le verdict des urnes aura métamorphosé en la meilleure des politiques à mettre en place. 

 

Les paris développés dans cette campagne électorale de 2007 :

Nous parcourons l’espace politique d’un extrême à l’autre en commençant par la droite.

A l’extrême droite :

le pari consiste à cacher son visage traditionnel, à placer sur le devant de la scène la personnalité d’une génération plus jeune mais qui travaille pour le père fondateur : la rupture des générations n’est ici que très partielle et au final, inexistante. La stratégie d’influence des électeurs est en rupture sur la forme mais pas sur le fond : il n’y a plus utilisation du registre des émotions ( la patrie, la notion, l’identité française, etc.) mais il y a utilisation des deux autres stratégies : l’appel au sentiment d’appartenance au groupe français et principalement il y a utilisation de l’argumentation logique : les partis traditionnels ne changeront pas leurs mœurs politiciennes, les inégalités sont étroitement liées au laxismes des politiques sur l’immigration ; face aux dérives financières de la mondialisation de l’économie, un retour à des mesures protectionnistes est indispensable pour éviter le pillage de nos entreprises par les fonds d’investissements et les fonds de pension étrangers. Il suffit d’acheter le savoir-faire, la marque française et sa notoriété puis il s’agit de fermer les usines et les bureaux en France pour produire à moindre coût ailleurs et confisquer pour soi la maximisation des profits ainsi réalisés. Cette condamnation de l’ultra- libéralisme s’accompagne bien entendu et comme toujours, d’un rejet viscérale de la solution communiste. Mis cette thèse nationale-socialiste qui n’ose plus ouvertement porter son nom mais conserve en secret toute la puissance des arguments qui ont amené l’Allemagne et une partie de l’Europe collaborationniste à entrer en guerre en 1939 contre les pays capitalistes et les pays communistes pour tenter d’imposer l’ordre nouveau nazi, reste toujours présente dans le débat politique et chaque crise attise de nouvelles adhésions à ces croyances sectaires, nationalistes qui mènent inéluctablement à la guerre. Car dans ces thèses, il n’y a pas de place pour une compromission avec d’autres systèmes de pouvoir et encore moins la place pour une coopération avec des organisations en réseau qui sont l’exemple inverse parfait par rapport à cette dictature politique. Alors en 2007, ces partis recueillent inévitablement de nouvelles adhésions puisqu’il y a crise . Peut-on parier que cela suffira pour gagner le combat électoral ? La seule certitude est connue : si les votes de ces militants d’extrême droite et les votes protestataires des citoyens qui veulent provoquer la défaite des partis démocratiques pour se venger de leurs politiques du passé, si ces deux votes se rejoignent pour faire élire l’extrême droite, alors l’heure de la révolution par l’insurrection civile aura sonnée. Ce seront les horreurs de la rue qui feront certainement reculer de plusieurs générations les conditions pour quitter nos systèmes de pouvoir civils et religieux et mettre en place les organisations en réseau fondée sur la démocratie participative directe et la complémentarité entre les trois formes de propriété.

A droite : il y a plusieurs paris,

Cette fuite en avant des dépenses publiques outre leur caractère extrêmement dangereux pose cependant une question essentielle : les dirigeants de ce parti ouvertement ou d’une manière discrète, ne sont-ils pas en train de faire le pari de l’avènement de l’oligarchie financière anglo-saxonne dont nous avons montré que la culture repose sur les valeurs malthusiennes et dont le but consiste à miner le pouvoir des états et à dérèglementer les politiques économiques nationales pour laisser le champ libre à leurs thèses monétaristes et ultra conservatrices destinées à maximiser la protection des riches et à écarter la menace du soulèvement des pauvres à travers le monde ? Si les candidats de ce parti veulent postuler à une place de choix dans cette oligarchie financière mondiale, il n’y a pas que des rencontres flatteuses avec le clan Bush aux États-Unis, il faut effectivement gagner le pouvoir en France pour servir efficacement ces nouveaux maîtres du monde qui n’ont pas encore perdu leur pouvoir économique et financier et n’ont pas encore été jetés en prison aux USA ou ici en Europe, Suisse et paradis fiscaux y compris.( ce qui fera partie des attributions prochaines d’un ministre de l’intérieur, notamment en France).

Sur la forme de la campagne électorale : le pari est que la maîtrise des médias dans la vente du candidat selon les lois du marketing le plus commercial, donnera l’atout décisif pour gagner le combat électoral. En passant son temps à attaquer chaque jour l’adversaire plus qu’à exposer ses propositions et à convaincre l’électeur, le pari pour populiste qu’il est, n’est pas forcément gagné et il peut même se retourner contre ce parti. Tout dépend si l’électorat est réellement imbécile comme ce parti le prend et que les comportements des citoyens dans leur majorité suivent ce qui se passe dans l’expérience de Milgram, c’est à dire qu’ils se soumettent à ces instructions claires et nettes de donner des coups à l’adversaire. Dans le cas contraire, les citoyens qui ont suivi quelques instructions et ont obtenus quelques diplômes mêmes non reconnu sur le plan salarial dans leur entreprise ou leur administration, peuvent très bien trouver ces manœuvres parfaitement détestables et dignes de plus beau postulant à la dictature.

A gauche : il y a également pas mal de paris.

Sur le fond, il y a tout d’abord ce programme novateur sur la démocratie participative mais le pari consiste à l’évoquer sans en décrire le fonctionnement et sans citer les mesures capables de l’instaurer. Certes les adversaires peuvent se gausser devant cette prétendue absence de programme : qu’ils se rassurent : nous savons exactement comment développer une démocratie participative même si nous préférerions de loin la développer dans le cadre d’une organisation en réseau. Mais faire évoluer un système de pouvoir depuis un pouvoir centralisé hérité de la monarchie absolue vers une démocratie semi-directe restant dans un système de pouvoir, n’a rien d’improbable et de mystérieux, c’est selon nous simplement dommage de s’arrêter en si bon chemin. Et il ne faut surtout pas ici utiliser l’argument fatal que les autres ne pourraient pas suivre ou seraient incapables de comprendre la nouvelle orientation donnée à l’action politique. Nous allons prochainement publier plusieurs articles sur le système éducatif mis en place dans nos sociétés industrialisées, il est clair que la lutte contre l’ignorance depuis 1789 n’ a été que très partielle et très sélective dans le cadre de la protection de notre système de pouvoir élitiste et centralisé et que l’école de la propriété privée est une très mauvaise formatrice en ce domaine. Il est vraiment dommage de ne pas mettre au cœur de cette démocratie participative le principe de subsidiarité sous prétexte de ne pas vouloir rouvrir la dispute qui a eu lieu lors du référendum sur la constitution européenne et qui, à notre avis, reposait sur d’autres questions.

Un autre pari est lié au sort réservé à l’état : la rupture est bien réelle lorsqu’il s’agit d’abandonner le centralisme du pouvoir pour développer une démocratie locale et participative mais le retour d’un régime parlementaire et le rejet d’un régime présidentiel suffisent-ils pour changer profondément la structure de l’état ? Nous sommes loin de quitter un système de pouvoir et très proche d’étouffer au berceau le développement d’une démocratie locale. Les jurys citoyens sont plus proches de soviets mis au goût du jour que des groupes de résolution de problèmes existants dans le cadre du principe de subsidiarité, pourtant c'est vers le fonctionnement de la subsidiarité que ces jurys citoyens doivent tendre.

Il y a aussi le pari de parler très peu du développement de l’économie non marchande et des possibilités de solidarité qu’elle permet. Effectivement si l’on reste au rôle de l’état keynésien, c’est l’état et le pouvoir socialiste qui va diriger la solidarité nationale sans restaurer la propriété commune. Nous venons d’enterrer l’abbé Pierre, il serait peut-être temps à titre posthume de lui reconnaître son mérite essentiel : dans la France de l’après-guerre, alors que l’état et les politiciens s’activaient pour reconstruire les infrastructures du pays, les finances publiques servaient plus à financer des équipements destinés aux entreprises et aux gens fortunés qu’aux gens dans le besoin, principalement dans l’immobilier où il n’y avait pas d’argent pour financer des logements sociaux. L’abbé Pierre a pris l’initiative de monter une organisation en réseau : les communautés d’Emmaüs et forcément, du moment qu’il était capable d’affronter les interdictions ou les obstacles des dirigeants des systèmes de pouvoir civil et religieux, cette organisation en réseau ne pouvait que réussir car son succès ne dépend pas de ressources collectées par les institutions financières mais elle dépend uniquement du travail de ses membres sans oublier l’aide charitable de la société. Ce mécanisme est largement utilisé dans l’organisation en réseau et nous pourrions aujourd’hui dire qu’un nouvel abbé Pierre ne pourrait plus réussir car il risque de tomber sous l’interdiction des SEL prononcée en 1997. La chambre des métiers des entreprises de tris des déchets pourraient faire interdire son activité au regard de cette jurisprudence éhontée… et nous sommes loin malheureusement d’une simple dispute de chiffonniers ! Nous savons que cette question du développement de l’économie non marchande est surtout posée par les mouvements alter mondialistes et qu’ici une fois de plus nous entrons dans les vieilles querelles de la gauche qui n’arrive jamais à refaire son unité mais qui expliquent aussi qu’en ne faisant pas l’effort de les surmonter, elle rencontre tant d’échecs politiques.

Dans le domaine social, il y a aussi le pari des 35 heures. Nous nous sommes expliqués il y a quelques années sur notre site. En 1998-2000, durant cette courte période de forte croissance mise à mal par l’explosion de la bulle spéculative asiatique puis de la bulle Internet, en l’absence d’une redistribution meilleure de la valeur ajoutée en faveur des salariés, il était judicieux d’accorder du temps à la place de l’argent, sachant que cette mesure devait être financée par l’obtention de gains de productivité d’environ 10 %. Un étudiant en gestion ou en économie vous récitera les quatre sources de gains de productivité : l’obtention d’économies d’échelle, l’utilisation d’une technologie nouvelle, l’élévation des compétences, la mise en place d’une structure plus efficiente offrant plus de synergies. Le niveau relativement bas de nos investissements depuis plus de vingt ans, la précarisation des emplois qui va à l’encontre de l’élévation des compétences, l’incapacité chronique de nos deux millions de très petites entreprises à créer durablement de l’emploi sans aides des pouvoirs publics justifient largement une intervention de l’état pour stimuler les agents économiques : imposer les 35 heures aux entreprises de moins de 20 salariés va les obliger à utiliser l’unique source de gains de productivité rapidement accessible : les économies d’échelles. Pour être capables de produire plus avec les mêmes ressources, la possibilité pragmatique consiste à ce que ces petits entrepreneurs s’associent dans des structures plus grandes leur offrant une taille critique meilleure, des synergies et des économies d’échelle par la mise en commun ou l’externalisation de certains moyens. En théorie c’est facile à dire, en réalité il s’agit une fois de plus de briser un tabou datant de 1789 et de réduire la priorité accordée à la propriété individuelle ; notamment des moyens de production. Nous avons participé à la restructuration d’un équipementier automobile et nous avons encore à l’esprit les confidences de plusieurs cadres de la SOGEDAC qui était alors la centrale d’achat du groupe PSA. Ils nous exposaient leurs énormes difficultés pour convaincre des chefs d’entreprise de petites usines à investir et à s’associer dans des entreprises de taille européenne. Devant le refus d’abandonner ou de partager leur pouvoir de direction, ils étaient obligés de rayer ces petites usines de la liste des fournisseurs du groupe automobile, condamnant ainsi des milliers d’emplois à travers le pays principalement en zone rurale pour se tourner essentiellement vers les équipementiers allemands dans un premier temps avant d’imiter ensuite le groupe Volkswagen qui avait déjà des filiales ou des sous traitants au Portugal ou dans les pays de l’Est. Cette question ne fait qu’empirer au fur et à mesure que l’entreprise est petite mais il y a là une opportunité pour remettre en place la propriété commune et une gestion fondée sur le principe de subsidiarité ainsi qu’une gestion des salariés fondée sur la capitalisation des droits définis par Pierre Leroux. La seule question tient à la volonté ou non de le faire. C’est un réel changement de paradigme politique, économique et social, bien plus qu’une simple rupture ou qu’un changement profond. Nous sommes capables d’entreprendre cette mutation, le moyen de pression pour les opposants est simple : la suppression des aides de l’état à la petite entreprise privée et le transfert d’une partie de ces fonds aux nouvelles entreprises organisées en réseaux locaux d’innovation et de compétences. Ce qui va ralentir considérablement le creusement des dettes publiques et stopper net l’enrichissement de certains petits entrepreneurs qui refusent d’évoluer pour maintenir les privilèges de leur droit de propriété individuelle. Les impôts des salariés ne sont pas versés pour financer ce genre d’aides à l’entreprise privée. Ceci a une conséquence directe en droit du travail : la fin des contrats précaires et la fin des discussions sur le droit du licenciement puisque le réseau local des entreprises mutualise l’emploi entre les sociétés adhérentes au réseau. C'est aussi une réduction massive du chômage et du RMI car la mutualisation des emplois comprend les emplois marchands et non marchands qui ont un même niveau de  salaire mais qui sont rémunérés pas seulement et exclusivement en monnaie étatique. Cette pratique existe en France et marche bien dans l'économie marchande même  si elle reste isolée par manque de volonté politique de la généraliser. Les 35 heures ne sont alors qu’une étape vers une baisse de la durée du travail dans l’économie marchande pour permettre le développement du travail dans l’économie non marchande et l'ouverture d'une économie quaternaire ou d'un troisième secteur à côté du privé et du public. Vers 1930, Keynes indiquait qu’en l’an 2000, il suffirait au vu des progrès techniques de travailler seulement 20 heures par semaine pour qu’un ménage subvienne à ses besoins prioritaires, sachant que les personnes travailleraient également environ 20 heures dans l’économie non marchande pour acquérir des droits sociaux destinés à se procurer des loisirs, des vacances, des aides pour se former ou des aides à la personne selon leur état de santé et de vieillesse. La réduction du temps de travail n’est compréhensible que dans ce contexte du développement de l’économie non marchande financée et rémunérée par la capitalisation des droits sociaux, c'est à dire avec une autre monnaie que la monnaie de l'économie marchande dont le pouvoir de gestion appartient aux banques centrales privées possédées par les 8 familles de banquiers historiques. L’absence d’investissements des propriétaires des moyens de production qui retardent l’acquisition de nouvelles technologies, leur absence de volonté de partager leur pouvoir pour accélérer l’obtention d’une taille critique génératrice d’économies d’échelle et de sécurité face à la concurrence, ces manques de responsabilité politique dans la conduite de l’économie n’ont plus à venir empêcher la réduction du temps de travail dans l’économie marchande, sachant que la valeur ajoutée par l’économie marchande n’est de toute manière plus suffisante pour financer les dépenses sociales liées aux retraites et aux dépenses de santé liées au vieillissement de la population, sans compter le financement de la reconstruction du pays après les catastrophes climatiques qui se font de plus en plus fréquentes, les mini tornades à la Texane qui commencent à ravager nos villages.

Sur le plan de la solidarité, il y a peut-être ici une absence coupable de pari ou alors ce pari est très limité, probablement à la seule mise en place d’un service national civil pour tous les jeunes garçons et filles. Les autres mesures sur le relèvement du SMIC et les aides sociales ou les retraites font partie des grands classiques du genre mais ne marquent pas de rupture ou de changement profond dans le fonctionnement de notre système de pouvoir économique. Cette disponibilité citoyenne pour des actions de solidarité va trouver des domaines d’intervention très utiles : l’immobilier et le logement social dans le prolongement direct des organisations en réseau déjà existantes comme celle fondée par l’abbé Pierre mais qui sont loin d’être suffisantes. Il y a les activités dans les énergies renouvelables et une meilleure utilisation de nos forêts. Il faut mentionner aussi les activités sportives liées à la santé et à la prévention des maux de nos sociétés « modernes » : obésité, maux de ventre causés par trop de sédentarité au poste de travail puis au salon devant la télévision, l’ordinateur, la console de jeux vidéo, etc. Nous osons ajouter la pratique d’une démarche spirituelle et surtout la pratique de relations amoureuses, l’exercice régulier des relations sexuelles dans le cadre de l’amour libéré des contraintes moralisatrices instaurées par les systèmes de pouvoir religieux. Ces mesures doivent éliminer les conflits sociaux et interpersonnels, l’explosion des divorces, des violences conjugales causés par des mariages ou des relations incertaines, le manque affectif provoqué par ces situations chez les enfants, etc. Face à ces besoins, ce service civil reste un commencement bien dérisoire. Nous avons montré sur notre site web que seules les organisations en réseaux sont capables de développer ces liens de solidarité. Elles l’ont réussi dans le passé, elles en sont toujours capables aujourd’hui dès lors que l’on abandonne la priorité accordée partout à la propriété individuelle.

sur le plan de l'égalité : les mesures concernent l'accès à l'éducation, la carte scolaire et la remise dans le système scolaire des jeunes en voie de délinquance. Il y a aussi la justice et l'égalité fiscale. La justice repose sur le principe de légalité : tous les citoyens sont soumis à la loi, il n'y a de privilèges. La justice fonctionne aussi grâce au principe d'équité : chaque cas est pris en considération avec humanité et respect de la dignité de l'être humain. Les mesures fiscales dans un programme électoral servent à financer les propositions de nouvelles dépenses publiques. Pour un candidat de droite, qui s'occupe plus d'économie marchande et interdit en principe le développement de l'économie non marchande, tout le financement de son programme passe par des mesures fiscales, des transferts de budgets, etc. A gauche, les mesures sociales pèsent le plus souvent encore plus lourd dans le budget du pays que les mesures du candidat de droite. Tous deux peuvent logiquement utiliser la théorie keynésienne sur le rôle de l'état et compter sur une reprise de la croissance pour combler les déficits publics sauf que, comme en 1998-2000, les spéculateurs et les marchés financiers qui créent des bulles spéculatives encore plus rapidement en période de forte croissance, en la faisant certes involontairement éclater, raccourcissent considérablement cette période de croissance, laissant la classe politique dans la sinistrose la plus complète et les déficits publics au même point qu'avant la crise financière à moins que le budget de l'état ne serve à combler les dettes de certains organismes financiers pour éviter l'écroulement de tout le système et la ruine des épargnants, créant un nouveau krach comme en 1929. Nous savons que pour sortir de la crise asiatique de 1997, ce furent les contribuables américains et le budget du Trésor qui renflouèrent la caisse du LTCM, ce hedge funds qui avaient pris des risques inconsidérés sur les marchés spéculatifs et qui menaçait de faillite au moins six grandes banques françaises pour ne parler que de notre pays. Miser sur la future période de croissance devient un pari très dangereux qui devrait être interdit dans les finances publiques. Par contre, la gauche peut financer autrement la plus grande partie des mesures sociales du moment qu'elle développe l'économie non marchande et met en place une capitalisation des droits sociaux exprimée non plus en monnaie étatique convertible ou non en or ou en dollar mais en monnaie symbolique comme dans un SEL. Comme à chaque fois, ce mécanisme financier ne pourra fonctionner que dans le cadre d'un haut niveau de confiance parmi les agents économiques et principalement les ménages, les citoyens. Nous avons montré que ce développement d'un haut niveau de confiance qui n'existe pas aujourd'hui est étroitement lié au développement spirituel, à l'utilisation de la première source individuelle de savoir. La droite peut railler les coûts énormes des mesures sociales de la gauche, c'est un classique du genre mais quand la gauche va-t-elle enfin marquer dans le domaine de la fiscalité une rupture nette avec la passé, opérer un véritable changement de paradigme politique, économique et fiscal ? Le marketing vend bien du bonheur, il y a quelques années c'était simplement du vent, aujourd'hui il vend des preuves de bonheur ponctuel et passager, des instants de bonheur qui coûtent en général fort cher mais que les clients achètent quitte à se priver la plus grande partie de l'année. La quête du bonheur et de la satisfaction de nos raisons de vivre, existe. Il y a même la mise au point d'indice de bonheur et un classement des pays où il y a le plus de bonheur : le Vanuatu arrive en premier et les USA sont 150ème, la France est peut-être un peu devant les USA mais nous devons probablement reculer aussi dans ce classement. Le bonheur n'a pas de prix et ne s'achète pas avec de l'argent, il se partage simplement lorsque nous l'avons trouvé. Pour le poète et l'initié, le bonheur correspond à un moment précis de sa démarche : l'instant du Samadhi, de l'illumination, de la rencontre avec celui qui vit en nous et nous fait franchir la mort du corps charnel, le bonheur de renaître à la vie dans notre condition humaine, le bonheur se poursuit dans la phase d'évolution qui fait suite à l'illumination. J'ai  commencé très tôt un dialogue avec mon  âme, les esprits et une activité poétique et spirituelle ; en classe de sixième, comme je tentais d'exprimer mon vécu de poète voyant, les professeurs m'ont surnommé " l'imbécile heureux". Ils avaient au moins compris que j'étais heureux même s'ils ne pouvaient pas comprendre d'où venait cette source du bonheur que j'avais captée en moi. Mes camarades me surnommaient " le commandant" et effectivement je tenais à commander la classe pour exiger des professeurs un autre enseignement comprenant notamment la source initiatique. Que le Vanuatu soit premier ne nous étonne pas. Nous avons montré la culture première de l'Océanie à travers l'étude de Malinowski sur les indigènes des îles Trobriands, leur utilisation de la sexualité à des fins amoureuses et aussi pour canaliser les violences et les éliminer au cours de fêtes ou de rites orgiaques. Notre société croule sous des dépenses sociales et des aides aux plus démunis qui ne devraient plus exister depuis des lustres si les états ne s'étaient pas entêtés à vouloir avec des administrations toujours plus nombreuses avoir le monopole de l'action sociale au lieu d'ouvrir l'économie non marchande et d'aider le développement des organisations en réseau capable de bâtir des maisons, des villes, de produire nos nourritures, de former des compagnons dans la maîtrise d 'oeuvres servant aussi les générations futures, etc. Le malaise de la civilisation ajouté au réchauffement de la planète ont de quoi transformer chaque citoyen des générations futures en esclave fiscal de père en fils ou en fille ! Et uniquement pour préserver la place de l'état dans l'organisation sociale alors que nous savons que certains de nos ancêtres ont vécu plus heureux que nous sans état ! La classe politique, si elle aime l'action politique, peut tout de même changer profondément elle aussi ses attitudes politiciennes. Ici également, il doit y avoir rupture ! Nous aussi nous aimons l'action politique mais dans le cadre d'une démocratie participative directe organisée en réseaux. C'est la même situation pour les retraites, la dépendance du quatrième âge. Quel parti politique va nous sortir de ce monopole du financement de l'état dévolu à l'économie marchande ? Nous savons que le développement de l'économie non marchande ruine rapidement les dirigeants de l'économie marchande tout comme l'organisation en réseau dirigée par les Templiers a ruiné le roi de France et rendu inutile la présence d'un pape à Rome. Il s'agit aujourd'hui d'éduquer les citoyens pour qu'ils refusent de s'associer et d'obéir aux dirigeants ruinés de l'économie marchande et des systèmes de pouvoirs civils et religieux afin qu'il n'y ait plus de vendredi 13 pour voir détruite les nouvelles organisations en réseau qui se financent autrement qu'en monnaie royale, en dollar ou en euro tout en utilisant des opérations bancaires ou de bancassurance avec leur instrument d'échange symbolique ou leur capitalisation des droits sociaux qui sont forcément échangeable ou gérés dans le cadre de la propriété commune au niveau local... grâce à des ordinateurs, Internet et tout ce qu'il faut, y compris des experts dans ces échanges parfaitement intègres et qui ont fait voeu de pauvreté. 

Nous osons faire la pari que la gauche ne créera pas cette rupture et ce changement de culture et qu'une fois de plus elle fera le dos rond sous les attaques de la droite au niveau de ses mesures fiscales et du coût de ses mesures sociales... et qu'elle s'en mordra les doigts. Mais nous le ferons et ce n'est pas un serment de mère de famille mais de poète français, enfant de Hugo, de Musset, de Mallarmé, de Baudelaire, de Rimbaud et de Verlaine, d'Aragon, d'Eluard, de Breton et de tant d'autres hommes et femmes mais pas trop enfant de Lamartine car en 1848, il a commis pas mal de bêtises alors qu'il détenait le pouvoir révolutionnaire. Nous avons été à une autre école poétique, plus intuitive, moins poésie de salon et de jeux de mots, de rimes.

Ces paris ou ces non-paris sont bien dans la tradition sociale de la gauche française, encore faut-il avoir le courage politique pour entreprendre ces mesures civilisatrices servant le développement durable. Le dire puis le prouver par des réalisations. Oser entreprendre le changement profond, la révolution de velours que les français n'ont jamais réussie ( il est vrai que le peuple russe n'a jamais réussi à faire une première véritable révolution pour se libérer des tyrans mais ce n'est pas un constat réconfortant pour nous ).

A l’extrême gauche :

il y a d’abord le pari entrepris par le parti communiste de rester fidèle aux valeurs du passé et qui n’arrive pas à se remettre en cause, c’est à dire abandonner la priorité accordée à la propriété collective pour oser restaurer la propriété commune et accorder une place à la démocratie locale, mettant ainsi fin au mythe de la dictature du parti et au centralisme de l’état. Bref, en admettant enfin que Marx et Engels ont commis une lourde erreur en voulant utiliser l’appareil de l’état pour instaurer le communisme et en rejetant l’exemple de l’organisation en réseau qu’ils avaient sous leurs yeux et qu’ils admiraient pourtant en étudiant la Confédération des nations iroquoises qui servit de source à la constitution des États-Unis d’Amérique.

Le mouvement alter mondialiste, à notre avis, n’a toujours pas posé les termes de son pari : lutter contre le système ultra libéral suffit-il pour justifier son existence ? Nous parions que non ! Il y a là l’influence évidente des milieux syndicaux : le syndicalisme français ne s’est jamais véritablement remis de la loi scélérate Waldeck Rousseau de 1884 qui a partagé l’espace politique entre les partis politiques et les syndicats, condamnant ces derniers à la seule revendication d’ordre professionnelle sans oser intervenir sur le plan politique : les partis politiques dominant en sorte le milieu ouvrier toujours prompt à descendre dans la rue ou à mener des émeutes qui ne mènent à rien et n’ont aucune force de proposition. L’homme politique appartient bien à l’élite dirigeante du pays et l’ouvrier même syndicalisé doit commencer par lui obéir. Ce mode de vie du 19ème siècle pour justifier qu’il pouvait l’être hier, et encore nous ne le justifierons pas, n’est plus du tout actuel mais il reste présent et explique largement la désaffection des syndicats par les salariés. Nous l’avions expliqué dès les années 1997 dans les quelques réunions auxquelles nous avions participé : le mouvement alter mondialiste tient un discours qui se concrétise dans des organisations en réseau. Développer l’alternative de l’organisation en réseau est-il trop précurseur, présente-t-il un risque d’être incompris, d’être rejeté par la classe politique ? Faire le pari de rester sur les valeurs de la laïcité et du rationalisme scientifique, de la culture anti cléricale et ignorer le développement spirituel qui assure le développement des relations de confiance et de solidarité, est-ce fédérateur et porteur de succès ? Nous faisons le pari que non !

Au centre

Le parti écologiste

ce mouvement hésite, à notre avis entre deux paris : celui de rester hors du champ des partis politiques puisque le domaine de l’écologie est commun à toute action politique. Il se positionne alors comme un mouvement référent capable de donner son expertise aux décideurs politiques, économiques et sociaux. L’autre possibilité est devenir un parti politique comme les autres, ce qu’il est en réalité obligé de devenir puisqu’en France, un mouvement n’obtient un espace de parole citoyenne qu’au moment des élections, principalement des élections présidentielles. Ses actions touchent à la modification des modes de vie sur le terrain et ces réussites le rendent crédible. Pour développer son mouvement, à notre avis, il doit utiliser la voie de l’organisation en réseau et notamment mener à bien la Confédération des divers mouvements locaux qui s’activent à travers le pays. Fusionner ce mouvements dans une organisation en système de pouvoir capable d’assurer à une direction l’obéissance des divers groupes locaux est contraire aux valeurs de ce mouvement. Pour nous le choix est clair et les querelles partisanes pour faire fonctionner un système de pouvoir écologiste au sein d’un parti écologiste unique ne nous intéressent pas ! Il n'en reste pas moins que les propos de certains dirigeants écologistes sont exactement les mêmes que les nôtres : "moins de biens et plus de liens", Etre plutôt qu'Avoir ( nous disons en poésie : "vivre plutôt qu'être" ou "seulement être",  pour marquer la différence entre un être humain né à la vie et un être humain qui renaît à la vie après sa rencontre avec les mystères de la vie, ce n'est pas qu'un détail ), placer l'être humain au coeur de l'organisation...

 

Pour fileane.com

nous n’avons pas de paris. Nous savons où nous allons, d’où viennent les valeurs et les normes, les modes de vie de la culture en réseau que nous cherchons à remettre en place. Nous connaissons nos adversaires qui militent toujours pour le renforcement de nos systèmes de pouvoirs civils, militaires et religieux et qui veulent asservir toujours plus fort les peuples à l’idéologie dominante ultra libérale ou à l’idéologie religieuse dogmatique et fanatisée qui s’est instaurée comme le combattant de l’idéologie ultra libérale. Nous n’avons pas à souffrir de ces combats électoraux ici et à subir ces combats guerriers qui dévastent d’autres régions.

Si nous devions poser un pari, proposer un pari aux partis politiques français engagés dans cette campagne électorale 2007, ce serait celui-ci :

nous demandons aux candidats de s’engager sur le développement de la démocratie participative locale et sur l’utilisation du principe de subsidiarité, principe à inscrire dans une nouvelle constitution dans une nouvelle république, forcément la 6ème du nom. Cet engagement permet :

Si tout ceci paraît mystérieux et incompréhensible, l’internaute a à sa disposition le site web de fileane.com. Il peut lire l’exemple d’un développement d’une organisation en réseau à travers le roman «  D’Éleusis à Dendérah, l’évolution interdite ». Même si ce roman date d’il y a dix ans, comme pratiquement rien à évoluer dans le sens du roman, il reste toujours actuel. Ah si ! un point vient d’être réalisé ! ce point concerne la guerre électronique que les chevaliers mènent contre la NSA qui est au service des dirigeants de l’oligarchie financière anglo-saxonne : depuis quelques jours, nous savons que l’armée chinoise est capable de détruire un satellite espion passant au dessus de la Chine comme par exemple un satellite du réseau Echelon. Comme quoi, dans notre roman, il y a peu d’utopie et de fantaisie intellectuelle mais plutôt un ardent désir de vivre selon nos raisons de vivre et non selon les ordres d’un système de pouvoir qui mène la planète au désastre. Le choix de vivre ne supporte aucun pari.

 

-------- **** ------- ***** ------

mise à jour du 14 juin 2007 : pour illustrer et compléter nos propos sur le mythe de la croissance utilisé par tous nos politiciens : 

La croissance en question, Le Monde, supplément spécial, 31/05/07

Hervé Kempf

Croissance, croissance, croissance ! Économistes, politiques, entrepreneurs, journalistes, tous n'ont que ce mot à l'esprit quand il s'agit de parler des solutions à apporter aux maux de la société. Souvent, ils oublient même que leur mot fétiche n'est qu'un moyen, et le posent en objectif absolu, qui vaudrait par lui-même.

Cette obsession, qui rassemble la droite et la gauche, est aveugle à l'ampleur de la crise écologique : changement climatique, mais aussi crise historique de la biodiversité et contamination chimique de l'environnement et des êtres. C'est que l'instrument qui sert de boussole aux responsables, le PIB (produit intérieur brut), est dangereusement défectueux : il n'inclut pas la dégradation de la biosphère. Cela signifie que nous contractons à l'égard de celle-ci une dette toujours croissante. La dérégulation émergente des grands écosystèmes planétaires est le prix de cette dette. Si rien ne change, les annuités ne vont plus cesser de s'en alourdir

L'obsession de la croissance est aussi idéologique, car elle fait abstraction de tout contexte social. En fait, la croissance ne fait pas en soi reculer le chômage : "Entre 1978 et 2005, le PIB en France a connu une croissance de plus de 80 %, remarque Nicolas Ridoux dans le journal La Décroissance d'avril. Dans le même temps, non seulement le chômage n'a pas diminué, mais il a doublé, passant de 5 à 10 %." Le Bureau international du travail et la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement confirment : malgré une hausse du PIB mondial de 5 % par an, le chômage ne diminue pas. Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale observent aussi que l'élévation du PIB ne fait pas reculer la pauvreté ni l'inégalité. En réalité, l'invocation permanente de la croissance est un moyen de ne pas remettre en cause l'inégalité extrême des revenus et des patrimoines, en faisant croire à chacun que son niveau de vie va s'améliorer.

Il y a urgence à ré interroger le sens et le contenu de cette obsession moderne. Une piste nouvelle est de viser la réduction des consommations matérielles, c'est à dire des prélèvements que nous faisons sur les ressources naturelles. Un rapport du Parlement européen, présenté en mars par la députée Kartika Tamara Liotar, le propose : "Il convient de réduire par quatre, a l'horizon 2030, la consommation de ressources primaires non renouvelables dans l'Union européenne.

Rares sont les politiques qui prennent conscience de l'urgence. Le 16 janvier, dans une conférence de presse à Paris, Alain Juppé déclarait : "C'est une autre croissance qu'il faut inventer, qui s'accompagne d'une décroissance des gaspillages, et nous avons besoin, dans un monde frappe par la pauvreté et les inégalités, d'une croissance moins consommatrice des énergies et des ressources non renouvelables, une croissance respectueuse des équilibres naturels, une croissance qui s'accompagne d'autres modalités de consommation et de production." Très beaux mots. Qu'il faut faire vivre, Monsieur le Ministre !

ndlr : sans commentaires sur Monsieur le Ministre.

 

la déclaration des droits à la vie sociale sur terre

le plan du site     accueil