Réforme du système scolaire : exercice d’application.

 la bureaucratie à l'oeuvre parmi les inconséquences des pratiques politiciennes ou l'art de gaspiller de l'argent tout en méprisant les fonctionnaires.

mis en ligne 20 janvier 2008, mise à jour du 31 janvier 2008 en fin de page

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Situation :

Ville de province au passé historique chargé, elle comprend une grande industrie de dimension mondiale et une autre encore plus grande à proximité. Ce bassin fortement industriel fait partie d’une région rurale qui développe ses atouts. La ville comprend à l’origine deux lycées : le lycée de garçons à l'architecture du fin XIXe qui est devenu le lycée du centre ville. Le lycée de jeunes filles devenu trop petit a été fermé en 1991 et a été remplacé toujours en 1991 par un nouveau lycée à l'architecture moderne situé un peu plus en périphérie. Dans les années 1960, à proximité d'un quartier HLM, une cité scolaire avait été construite dans le plus pur style HLM. Cette cité comprend surtout des formations technologiques industrielles et tertiaires du CAP jusqu’au BTS. L'ancien lycée de garçons situés au coeur de la ville est le plus réputé et abrite une bonne partie des formations supérieures BTS. La cité scolaire a concentré ses dernières années pas mal de problèmes de discipline et les élèves n'apprécient guère l'architecture et l'image dépassée des bâtiments. Avec l'arrivée des classes d'âge creuses, les effectifs ont diminué et ces dernières années des postes ont été supprimées comme partout ailleurs. Aucun des trois lycées n’est au complet et ils sont donc sous-utilisés.

 Le conflit :

Disposant de plus de place, le nouveau lycée à partir de 1991 s'est doté de classes technologiques (STT puis STG ). Prévu pour 1200 élèves, ce lycée n'a jamais été complètement rempli. Au début des années 2000, il a atteint 1125 élèves notamment grâce à trois classes de terminale et trois classes de première STT.. Vers le 21 janvier 2008, le proviseur reçoit la dotation générale des horaires pour la rentrée de 2008 2009 et constate que la moitié des classes restantes de STG sont supprimées, ce qui présage que l'autre moitié sera supprimé à la rentrée suivante. Ces mesures sont prises dans le cadre de la réforme des lycées professionnels et des lycées généraux. La filière sciences et technologie de la gestion devrait d’après ce qui se dit disparaître vers 2010 pour être intégré dans les bacs professionnels en trois ans et donc à terme rejoindre les actuels lycées professionnels.

 Quelques rumeurs couraient ces dernières semaines et l'information a été officialisée par le proviseur car le lundi 28 janvier 2008, la réunion annuelle de fixation des budgets horaires se tient au rectorat pour valider ces suppressions de postes. En réalité, les trois proviseurs de la ville devaient s'entendre pour rendre 2 postes au rectorat. Le choix s'est porté sur le nouveau lycée avec l'argument qu'il ne possédait pas de classe de BTS et n'offrait donc pas cette poursuite d'études à ses élèves. Il s'agit d'une information purement comptable, aucune autre information directe n'a été faite ni au proviseur ni aux professeurs concernés. Les proviseurs devaient simplement indiquer ou allaient être supprimé ces deux postes. La nouvelle a surpris tout le monde surtout qu'elle ne s'accompagne d'aucune analyse de l'environnement. En effet, dans ce nouveau lycée règne une bonne ambiance entre les professeurs et les résultats scolaires au bac sont en progression, spécialement dans les classes de STG. Les élèves de classe de première sont furieux car une partie d'entre eux devront changer de lycée en classe de terminale et ils savent qu'ils risquent d'être orientés vers la cité scolaire dont ils ne veulent absolument pas et dont ils avaient réussi à éviter l’affectation jusqu’ici. Les professeurs sont furieux car leur travail n'est pas pris en compte. Les bons résultats de ces dernières années ont fait l’objet d’une diffusion et ils ont suscité de nouvelles demandes d’inscription. Le bouche-à-oreille aidant, les élèves ont conseillé à leur entourage de venir dans leur lycée et une dynamique s'est créée pour voir gonfler les effectifs de ce lycée. Bien entendu ce nombre d'élèves qui se présentaient aux inscriptions correspondaient à des pertes d'élèves pour les deux autres lycées. En juin 2007 le proviseur avait renvoyé sur le lycée du centre-ville 50 dossiers car il ne se voyait pas demander l'autorisation au rectorat de créer des postes alors que la politique est à la suppression d'un maximum de postes… et alors que ce lycée du centre ville aurait du fermer une classe sinon deux suite à ce manque d’inscription. La mesure administrative de renvoyer les lycéens principalement dans le lycée de centre-ville corrigeait cette tendance pour équilibrer les classes et les postes dans chacun des lycées et éviter tout mouvement de personnel. Ces suppression de postes et la fin programmée de la section STG dans ce nouveau lycée touchent donc une équipe pédagogique qui réussit et qui a su nourrir un mouvement favorable d’inscription. Les 3 proviseurs le reconnaissent mais ils n’ont pas d’autres solutions pour répondre aux exigences du rectorat en matière d’économies budgétaires. 

En fait, c’est faux car au niveau de l’académie, il n’y a aucune économie sur la masse salariale et en pratique les proviseurs ont constaté que ce transfert n’allait supprimer aucune classe par rapport à la situation actuelle. Même en bourrant les classes des deux autres lycées, cela ne suffirait pas à absorber l’ensemble des élèves et il y aurait un reliquat qui justifierait l’ouverture d’une classe. Autant maintenir la situation actuelle dans l’immédiat. Il n'y a pas d'économie à court terme dans ce lycée : au niveau de l'académie, la réduction des coûts variables et des charges de personnel n'aura lieu que lors des non remplacements des départs à la retraite. Au niveau des coûts fixes, il y aurait des économies lors de la fermeture et de la vente des bâtiments mais dans quel budget est-on à ce moment là : dans celui du rectorat, dans celui de la région ? Une véritable économie immédiate sur la masse salariale passe par le licenciement des professeurs ou leur démission. Est-ce cela que le Ministère et le rectorat cherchent ? 

L'argument du manque de classe de BTS est aussi fallacieux. Avant 1991, les bâtiments au centre ville étaient trop petits. Après 1991, la Région et le rectorat interdisaient l'ouverture de nouveaux BTS. Seuls les DUT ont vu leur nombre s'accroître. Il est vrai qu'un DUT GACO avec une promotion de 120 à 150 élèves équivaut à 4 ou 5 classes de BTS et les formations par alternance du DUT GACO marchent très bien pour le BTP, la filière du bois, l'hôtellerie ou les grandes entreprises. Le lycée avait fait bien entendu des demandes d'ouvertures de BTS ou de classes préparatoires ; elles avaient toutes été refusées. Cet argument est un pis aller sinon il démontre une mauvaise foi évidente : les sections ES n'ont pas de BTS, ni les L ni les S alors pourquoi appliquer ce critère uniquement aux STG. De toutes manières les BTS ne sont pas réservés aux seuls élèves de STG et dans les lycées qui ont des BTS, les professeurs ces dernières années ne prenaient même pas leurs élèves de Terminale et préféraient des bacheliers ES de leur lycée ou des lycée environnant au point qu'une circulaire ministérielle a du rappeler à ces Lycées qu'ils devaient respecter un quota de place pour les élèves de STT car ces derniers, à défaut de pouvoir s'inscrire en DUT ou BTS devaient en faculté de Droit ou d'AES dans lesquels ils étaient rapidement perdus. et le manque de BTS n'est pas non plus un argument qualitatif, bien au contraire. Les excellents résultats de ce lycée y compris en STG sont obtenus sans que la présence de classe de BTS contribue à la motivation des lycéens. C'est l'effet inverse qui joue : justement les élèves, parce qu'ils savent qu'ils devront présenter leurs dossiers dans des lycées et devant des professeurs qu'ils ne connaissent pas, ont intérêt à soigner leurs dossiers et profiter d'une bonne réputation de leur lycée pour se faire accepter dans les études qu'ils souhaitent poursuivre. Et c'est ce qui se passe : ils sont tous admis là où ils postulent et réussissent plutôt bien même en classes préparatoires HEC réservées pour les STG. Sans être méchante langue, nous pourrions dire que l'assurance d'être admis en BTS dans le même lycée avec des professeurs que l'on connaît joue plutôt en faveur de la loi du moindre effort. Or ce n'est pas cette loi du moindre effort que ce gouvernement veut promouvoir ! Ici également nous sommes en contradiction entre le discours officiel et la pratique bureaucratique et politicienne qui cherche à supprimer une section d'enseignement technologique dans ce lycée. En 1995, lors de l'ouverture de la Terminale commerce, la classe comprenait 22 élèves venant du CAP/BEP VAM sur 32 élèves. C'était un groupe très dynamique qui se connaissait depuis plusieurs années et qui était volontaire pour décrocher un bac STT et réussir des études supérieures. Ils ont tous eu leur bac et ont aidé les camarades sortant de seconde qui n'avaient jamais fait de commerce. Plusieurs élèves venant de VAM ont eu la mention Bien ou Assez Bien. L'année suivante, les Bac Pro ont ouvert et ces élèves ne sont plus venus en STT. Nous en reparlerons.

 L'autre argument invoqué par le rectorat est la baisse des effectifs en STG ces 10 dernières années : les effectifs ont été divisés par deux. C'est exact mais si le recteur ne connaît pas la réponse, c'est grave : c'est bien le choix d'ouvrir des classes de Bac Professionnel qui est à l'origine de cette situation. Était-ce nécessaire de les ouvrir vers 1995 surtout dans le Tertiaire ? Non car les élèves de CAP/BEP arrivaient déjà à avoir pour la plupart un bac STT. Sur le plan professionnel, depuis la fin des années 1980, les entreprises n'embauchent plus d'employés en dessous du niveau BAC+2 sauf dans les très petites entreprises, et encore. L'analyse du chômage des jeunes montre qu'à partir de Bac+2, il y a trois fois moins de chômeurs  qu'au niveau CAP ou que pour les sans diplômes. L'exigence des qualifications n'est pas la même dans le Tertiaire que dans l'Industrie. Dans une usine ou un atelier un Bac Pro STI convient souvent pour piloter une machine ou un îlot de production et il recevra l'aide d'un technicien de niveau Bac +2 en cas de besoin. Dans le tertiaire les exigences sont différentes : il faut plus de polyvalence en bureautique, en gestion, en techniques commerciales, en langues, en communication et gestion des relations, en management. Aligner les formations du Tertiaire sur les mêmes niveau que l'Industrie est une erreur d'appréciation ou une réelle méconnaissance du milieu professionnel. L'adoption par l'union européenne à Lisbonne du Bac +3 comme niveau à atteindre pour développer l'employabilité dans l'union pousse en principe aussi la France à utiliser toutes les filières de formation vers ce niveau. Cette réforme veut multiplier par 4 les élèves en bac Pro et supprimer les sections STG dont la réforme date de 2004 et le premier bac STG de juin 2007. C'est une marche arrière incompréhensible et qui ne favorise pas la préparation des élèves à des études supérieures sauf à aligner ce bac Pro sur le niveau du bac STG rendu plus élevé que celui de l'ancien Bac STT justement afin de gommer l'écart de niveau entre les bac technologiques tertiaires et les autres Bac ( surtout ES ) car les bacheliers STG et ES forment le gros de la population des DUT et BTS. Mais alors autant garder les STG surtout que la plupart des lycées ne sont pas au complet, ce qui justifie des réajustement de moyens et d'effectif au cas par cas par des mesures de cartes scolaires mais en aucun cas par une réforme visant à supprimer brutalement toute une filière de formation sur l'ensemble de la France. Ces dernières années, les Bac Pro faute de trouver des emplois comme il en était question, ont pu pour la plupart être admis en DUT ou BTS. Au départ seuls les meilleurs étaient admis sur dossier, ce n'est plus le cas et ceci toujours pour lutter contre le chômage des jeunes dont nous sommes champion d'Europe depuis au moins vingt ans. Les résultats sont significatifs : la moitié des Bac Pro ne sont pas admis au BTS même après un redoublement, c'est une situation jamais vue. De même en DUT, notamment GACO, il faut mettre en place des cours de soutien pour les Bac Pro. Comme il n'y a pas un examen national à la sortie et que les professeurs font eux-même leur programme, des facilités peuvent être trouvées pour tout de même en cours d'année, grâce au contrôle continue, aider les élèves qui ont du mal à obtenir une unité de valeur dans une discipline. Les élèves de STT et maintenant de STG n'ont pas les mêmes difficultés et c'est normal ! Alors cette réforme est aussi incompréhensible sur ce point.

La réforme des lycées est aussi contestable sur le plan de la séparation et de la spécialisation entre lycée d'enseignement général et lycée professionnel. A moyen terme, la réforme du lycée professionnel supprime les CAP-BEP et instaure un bac professionnel en trois ans dont le niveau devrait juste permettre une formation DUT BTS et ensuite pour les meilleurs des licences et maîtrises en voie professionnelle.  La réforme va plus loin en unifiant l’ensemble des sections ES, S, L dans un seul bac général comprenant quelques options. A terme, il y aurait donc les lycées d’enseignement général destinés à la poursuite d’études supérieures longues et les lycées professionnels destinés à des formations supérieures courtes sauf pour les meilleurs qui pourraient aller plus loin. Les sections STG vont donc quitter les lycées d’enseignement général pour se dissoudre dans les bacs professionnels en 3 ans. . En réalité la situation est beaucoup plus complexe. La transformation des CAP-BEP et les bacs pros actuels en un nouveau bac pro sur trois ans permet d'économiser une année d'enseignement soient 25 % des professeurs actuels de CAP-BEP et bac PRO. D'ici trois ans la suppression des bacs STG assure le remplissage maximum des classes de bac pro dont l'effectif doit être multiplié par quatre par rapports à aujourd'hui. Une fois de plus, il risque d’y avoir un surplus de professeurs sauf si les départs à la retraite épongent ce surplus. Mais ces gains en terme de suppression de postes ne se traduisent pas immédiatement, nous l'avons dit, en terme de diminution de la masse salariale car aucun professeur titulaire d'un poste supprimé quitte l'éducation nationale. Il faut attendre les départs à la retraite qui auront lieu massivement à partir de 2010, 2012. Se précipiter tout de suite dans ces suppressions de postes n'apportent aucune économie immédiate sinon le fait de devoir payer des enseignants à ne rien faire mais il est vrai que c'est pas nouveau dans l'institution. C'est plus du gaspillage d'argent public que de réelles économies car il y aura peu de suppression de classe, en effet depuis 3 ans les suppressions de postes ont été déjà nombreuses et les effectifs sont réduits au strict minimum. Pour les diminuer davantage, il faut recourir à des changements importants de structure et supprimer entièrement des filières. C'est le cas avec la suppression des CAP/BEP et la suppression des STG pour réunir tout le long dans un palier intermédiaire, les Bac PRO. Ce sont des mesures purement administratives pour appliquer des volontés politiques. Elles n'ont aucun intérêt sur le plan de l'élévation du niveau des compétences et elles sont en contradiction avec l'évolution du marché de l'emploi dans le Tertiaire. Le motif des économies reste le seul valable et la réforme est bien annoncée pour réaliser avant tout des économies. La suppression des CAP/BEP et des Bac STG si elle ne diminue pas le nombre d'élèves, supprime bien des examens et permet d'économiser sur le budget des examens, surtout sur le budget du Bac. L'argument est recevable mais faire tout ce changement de structure pour gagner sur le budget des examens, même s'il n'y a pas petites économies surtout quand les caisses de l'état sont vides, reste exagéré. La solution est plus simple : il s'agit de développer le contrôle continu et de ne réserver que pour l'examen final que quelques travaux ou devoirs. Les élèves avouent aisément qu'ils travailleraient plus et plus régulièrement si le Bac était en contrôle continu mais ceci requiert que la hiérarchie fasse davantage confiance aux enseignants et ceci implique un abandon de la bureaucratie séculaire. Nous y reviendrons. 

En dehors de ces considérations politiques, sociales, professionnelles et démographiques, la concentration des bac pro dans un seul lycée professionnel n’est pas forcément une bonne opération. Pour le moment ce sont les sections de technologie avec leur financement apporté par la taxe d’apprentissage qui ont permis aux lycées généraux de se doter plus facilement de salles informatiques et de matériels utilisés aussi par les autres sections, notamment la section S qui commence à utiliser l’outil informatique en cours. Cette taxe d’apprentissage va-t-elle disparaître dans les lycées généraux ou est-ce un prochain cadeau fiscal pour les entreprises que de la voir supprimer purement et simplement ? Les élèves affectés en Première STG malgré leur souhait d’aller en Première ES pouvaient se re motiver en comparant chaque jour ce qu’ils faisaient en cours avec leurs camarades d’ES et en STG, ils peuvent constater que leur programme a quasiment le même niveau d’exigence, qu’ils ne suivent donc pas une formation au rabais et qu’après le bac, lorsqu’ils se retrouveront en BTS ou DUT, ils n’auront pas beaucoup de retard ou d’handicap. Dans un lycée professionnel, cette situation aura disparu. La séparation se fera dès la fin de troisième et du collège alors que les problèmes des collèges ne sont pas réglés. Actuellement les élèves de STG disent que leurs camarades en bac Pro ne font pas grand chose et que leurs professeurs ne peuvent pas leur apprendre grand chose car ils n’ont pas les bases nécessaires. La plupart des élèves de STG sont des élèves de seconde ayant pris l’option Économie Sociale et dont le niveau en maths et français a été jugé insuffisant pour une première ES mais ils ont un niveau supérieur à celui des Bac Pro. Les BTS sont de plus en plus remplis par des bac Pro et la moitié d’entre eux échouent vu leur faible niveau. Avant les Bac Pro, la plupart des CAP et BEP venaient en première d’adaptation en STT et ils réussissaient tous leur bac et faisaient avec succès des BTS et DUT. Depuis l’ouverture des Bac PRO, les classes d’adaptation ont été supprimées car ils n’y avaient plus beaucoup d’élèves et souvent c’étaient des élèves qui étaient refusés en Bac Pro et que l’inspection d’académie plaçait d’office en première STT. Ce système scolaire a le plus souvent fonctionner à l’envers, à défaut en ne prenant en compte que les échecs scolaires sans s’attaquer réellement aux causes de ces échecs. A chaque fois, le système a baissé le niveau de ses exigences et à chaque fois cela a entraîné des perturbations dans les classes dans lesquels finalement se sont retrouvés ces élèves. Aujourd’hui, les élèves de STG cherchent avant tout des DUT car les BTS sont « pourris » par les bac Pro. Au départ les bac Pro devaient trouver du travail et seuls les meilleurs devaient être admis sur dossier dans l’enseignement supérieur. Comme nous sommes toujours depuis vingt ans champion d’Europe du chômage des jeunes, bien entendu ils n’ont pas trouvé d’emplois d’où cette solution forcée de poursuivre des études pour lesquelles ils sont mal préparés rien que sur le plan de la discipline et de l’attitude en cours. En DUT, la plupart sont incapable de suivre un cours magistral en amphithéâtre et de prendre des notes. Les professeurs n’ont pas été sollicités pour résoudre ces dysfonctionnements

L'application de cette réforme dans cette ville démontre le manque d'étude préalable du contexte local. Cette mesure soudaine et brutale correspond bien au manque de communication et à la désinvolture dont la bureaucratie fait preuve en transmettant des chiffres comptables sans aucun souci pour les personnels. A l'annonce de la suppression de leurs classes, les élèves se sont révoltés spontanément lorsqu'ils ont compris que l'administration veut les envoyer dans cette cité scolaire dont ils ne veulent surtout pas. Les familles ont développé des stratégies pour éviter que leurs enfants ne se retrouvent dans cette cité dont les murs, l'image et le management se sont fortement dégradés ces dix dernières années. Des nominations malheureuses de proviseur qui n'ont pas été à la hauteur n'ont rien arrangé. Depuis deux ans, le conseil régional investit pour remettre en état l'intérieur des locaux, poser un câblage informatique et donner à quelques façades plus d'allure mais cela ne change en rien l'aspect général de la cité qui reste toujours une série de barres HLM assez éloignées les unes des autres, ce qui ne favorise pas la communication interne car vu l'éloignement chacun reste dans son coin et perd le contact avec les collègues. Le rectorat n'a pas pris en considération ce climat et cette défiance des familles vis à vis de la cité scolaire. Les stratégies d'évitement ont abouti à ce que les classes soient très réduites,  souvent des demi-division de 15 à vingt élèves, ce qui ajoute à l'impression de vide. Réunir toutes les classes de Bac Pro dans cette cité ne pose aucune difficulté car les locaux sont largement disponibles surtout que plusieurs Bac STI ont déjà été supprimés. Une concertation préalable pour expliquer un projet de réhabilitation de la cité scolaire et voir comment une bonne ambiance pouvait être restaurée entre les élèves et les professeurs et parmi les enseignants serait un minimum de politesse et de respect. La question n'est même pas évoquée comme si aucun problème n'existait. Cette imprévoyance est perçue comme un manque de respect flagrant et confirme l'image d'une bureaucratie qui déplace des pions sans état d'âme. Certes le lycée de centre-ville pourra accueillir une bonne partie des élèves mais pas tous et ce n'est que partie remise car la section STG de ce lycée de centre ville disparaîtra aussi d'ici 3 à 4 ans. Les lycéens comprennent rapidement que cette mesure n'a pas été étudiée sérieusement et que leur arrivée dans cette cité scolaire ne changera rien : ils seront aussi soumis à la peur et aux tracas provoqués par des groupes d'élèves déviants. Sans compter la perte des bonnes conditions de travail et la perte de la bonne ambiance qu'ils avaient avec l'ensemble de la communauté éducative. Actuellement depuis quelques années, les STG ne sont plus dévalorisés et considérés comme de mauvais élèves ; au contraire, ils sentent bien qu'il sont aidés pour consolider leur niveau, prendre confiance dans leurs études et progresser sur le plan de l'attitude comme au niveau des résultats scolaires. Ils disent volontiers que le lycée est bien tenu et qu'ils apprennent enfin quelque chose. Les salles informatiques sont toutes récentes avec vidéo-projecteur fixe, postes disposés en croix avec des écrans plats et ces équipements payés avec la taxe d'apprentissage vont être abandonnés sur place et peu servir par la suite. Mais il est clair pour tout le monde que les motifs véritables de cette réforme sont à chercher ailleurs, essentiellement dans des mesures politiques bien plus qu'économique car tant le nombre d'élèves ne diminue pas sensiblement, qu'ils soient dans tel ou tel lycée, il a peu de variation dans le budget global académique.

Une première explication d'ordre politique existe. Il est de notoriété publique au rectorat et parmi les professeurs de l'académie que le nouveau gouvernement de droite estime que la région a été trop favorisée du temps des gouvernements socialistes et que donc elle doit rendre beaucoup plus de postes que les autres régions. Le député maire de la ville a été plusieurs fois ministre de l'éducation, de la défense, de l'intérieur dans les gouvernements socialistes et c’est du temps où il était ministre qu’a été construit le nouveau lycée. . Il est évident que les élus de droite ont intérêt à faire en sorte que le maximum de postes supprimées se trouve chez les élus de gauche. C’est autant de sujets de discordes en moins dans leurs circonscriptions électorales. C'est de bonne guerre politicienne ! Le procédé n'est pas nouveau. Strasbourg et l'Alsace se souviennent encore du fameux synchrotron prévu pour le CNRS de Cronenbourg et que Louis Mermaz avait déplacé chez lui à Grenoble après 1981. Chaque région et chaque ville peut présenter des exemples dans cette catégorie peu flatteuse pour notre classe politique. Ici entre députés, on se chipe un hôpital, là un lycée, ailleurs une caserne de gendarmes... Au-delà des querelles politiciennes, il est évident que cette région rurale et fortement ouvrière dépendante quasiment d'une mono production devait entamer dans les années 1980 son virage vers les emplois du tertiaire et que la multiplication des formations tertiaires était une priorité. Cela passait bien entendu par la construction de nouveaux lycées. De même, l'ancien député maire ministre a très bien pu estimer qu'il fallait construire un nouveau lycée en remplacement de l'ancien lycée de jeunes filles devenues trop étroit au centre-ville et que les moyens supplémentaires mis dans ce nouveau lycée allaient servir à remplacer en totalité ou en partie l'ancienne cité scolaire qu'il suffisait alors de laisser vieillir à son terme pour la raser et utiliser cette importante réserve foncière soit pour des projets scolaires soit pour des habitations. La situation aberrante est que les deux derniers lycées construits au début des années 1990 dans cette agglomération urbaine n'ont pas été dotés de BTS vu qu'il était trop tard pour en ouvrir puisqu'ils en existaient suffisamment et que c'est à cause de ce manque de BTS qu'ils ont été choisis en premier pour voir leurs sections STG supprimer. Mais comme d'ici 2 à 3 ans, les autres lycées avec BTS verront aussi leurs sections STG supprimées, nous n'allons pas nous déchirer sur cet ordre de préséance. Mais le constat est édifiant : l'administration enlève des élèves et des professeurs dans les deux lycées les plus modernes et où il y a les meilleures conditions de travail pour les mettre dans des lycées plus vieux et des conditions de travail moins bonnes. L'inverse eut été plus plausible et acceptable mais ce n'est point là l'essentiel.

La recherche des économies peut aussi expliquer que l'administration veuille fermer un lycée sur les trois mais cette décision est plus compliquée car le conseil régional qui a investit dans chacun des trois lycées de la ville s'oppose à la suppression des sections STG et au démantèlement de fait de l'offre éducative dans la région. Le Président de région vient de le faire savoir au Recteur. Supprimer les coûts fixes et vendre le lycée ou l'utiliser pour regrouper des administrations est possible et c'est le seul lycée qui puisse être agencé différemment à moindre coût. Admettons que cette hypothèse ne soit pas réaliste et que l'état ne cherche pas à fermer ces deux lycées construits après 1990, c'est tout de même la principale source d'économie directe et rapide qui disparaît. Bref, les économies réalisées sur le plan local à court terme ne sont pas évidentes et nous pouvons dire qu'elles n'existent quasiment pas. Les économies viendront comme il est prévu lorsque les nombreux départs à la retraite se produiront et il sera alors envisageable de voir si la fermeture d'un lycée est opportune. En principe ce devrait être le lycée qui offre les moins bonnes conditions de travail.

Pour éviter ces suppressions de postes liés à cette réforme, une première solution serait d'appliquer tout de suite la suppression de la carte scolaire et de s'en remettre aux choix des parents et au nombre des inscriptions d'élèves. La réponse est claire, vous l’avez compris : ils souhaitent de plus en plus inscrire leurs enfants dans le dernier lycée construit dans cette ville qui utilise un intranet, a un restaurant scolaire de bon niveau et des équipes pédagogiques exigeantes et fermes, des animations motivantes, des options culturelles et musicales, une section sportive qui comprend régulièrement plusieurs champions de France cadets ou juniors ( garçons et filles ) qui fréquentent aussi les classes de STG. Il est évident que pour le moment le rectorat n’applique pas encore ces nouvelles dispositions et qu’à la limite, il souhaite régler la question tout de suite surtout en faveur du lycée de centre ville. Une fois que le mouvement sera enclenché et qu'un premier transfert aura eu lieu, il sera plus facile de mettre en place le second transfert depuis le lycée du centre-ville jusqu'à la cité scolaire. Ces projets ne tiennent pas compte de la carte scolaire : les parents n'auront aucun choix puisque chaque lycée sera spécialisé. Si cette localisation leur déplaît, il restera le recours à l'école privée. Pour éviter la cité scolaire, il ne restera plus aux parents que la solution de l'école privée. C'est une privatisation rampante qui se trame et si la cité scolaire reste désaffectée, il sera alors temps de la supprimer et d'effacer cette page peu glorieuse. A ce stade, nous pourrions dire que cette réforme sur le plan local est très bien étudiée et que les lycées sont utilisés dans ce stratagème au mieux de leurs possibilités. Mais il difficile de croire que ce scénario soit le bon. Sinon, il est guère possible d'imaginer d'autres solutions. 

Pour s'opposer à cette réforme, nous pouvons commencer par des arguments de forme : Il est plus que temps que l'administration abandonne sa méthode bureaucratique déshumanisée et arrête de communiquer à travers des chiffres pour s'adresser en face à face avec les personnels. Bien entendu, la vieille stratégie bureaucratique est connue : on lance des chiffres pour faire réagir tout le monde, on observe puis on ajuste le tir et souvent on est obligé de reculer car le tir est loupé. Ces méthodes archaïques ne sont plus tolérées surtout lorsqu'il s'agit de modifier d'une manière importante la structure des lycées. Dans le lycée que nous présentons, plus de 120 élèves sont concernés ainsi qu'une demi-douzaine de postes d'enseignants ou de personnel de services. Sur l'ensemble de la France, il s'agit de 10 à 15% des lycéens auquel il faut rajouter les CA/BEP et Bac Pro. Vouloir faire cette réforme en utilisant sans sourciller les méthodes bureaucratiques archaïques relève de la provocation pure et simple surtout vis à vis de professeurs d'économie gestion qui enseigne à longueur d'années la communication, le management, le droit et tout ce qui avec. Les principes et les méthodes qu'ils enseignent ne sont même pas connus de leur hiérarchie et pas appliqués. L'application de cette réforme requiert au niveau local, nous l'avons vu, de la concertation et des études pour déterminer la solution optimale afin d'obtenir des économies. Il s'agit là purement et simplement d'une démarche qualité comme il y en a eu en entreprises. Faire la chasse aux économies est une chose, améliorer la qualité du système éducatif une autre car alors ont établit les coûts de non qualité et les coûts d'obtention de la qualité pour éliminer la non qualité réductible. Cette démarche ne peut s'accomplir que dans le cadre de cercles de qualité et d'une démarche de résolution de problème au niveau local. Elle suppose l'élimination des styles de direction autocratique et paternaliste et l'adoption d'un style de direction participatif. Cette démarche aurait pu avoir lieu dans les années 1980 en même temps qu'elle se déroulait dans les grandes entreprises. Lors d'un premier bilan sur les lois Auroux en 1984, nous l'avions dit à la secrétaire d'état en charge de cette question lors d'une réunion de travail de l'ANDCP ( association nationale des directeurs et chefs de personnels ) à  Strasbourg. Elle avait refusé sèchement d'envisager cette démarche dans la Fonction Publique. En dix ans le mouvement qualité totale dans les entreprises a économisé 200 milliards de francs chaque année en éliminant la non qualité réductible sur les 300 milliards de non qualité qui existait annuellement au début des années 1980. Aujourd'hui les caisses de l'état sont vides et la dette augmente. Les gouvernements changent et 24 ans plus tard, nous avons toujours la même attitude bureaucratique hautaine et autocratique en face de nous, surtout que les nouveaux recteurs d'académie ont été nommés semble-t-il en fonction de leur aptitude au management autocratique. Nous sommes alors bel et bien face à une culture du mépris entretenue par des élites vis à vis du reste de la population. Ce mépris fait partie de nos mauvaises relations sociales et c'est à ce niveau qu'il faut se hisser pour situer le débat.

Sur le fond, en récapitulant les économies, nous retenons surtout celles provenant de la suppression des CAP/BEP et du passage du Bac Pro en 3 ans au lieu de 4. Cette mesure économise une année scolaire et 25% de professeurs par rapport à la situation actuelle. La suppression des STG n'est qu'un transfert de personnels et de moyens vers le Bac Pro et l'augmentation par 4 du nombre actuel de Bac Pro ne vas pas réduire significativement le nombre d'enseignants car il faudra occuper les 25% de professeurs. Certes la montée en puissance prendra quelques années et au départ des professeurs pourront se trouver sans classe. Il reste la question principale : comment multiplier par quatre le nombre de Bac Pro ? Il suffit de pratiquer une sélection encore plus élitiste pour n'accepter en seconde que des élèves capables dès la seconde de suivre des études supérieures longues. Au cours de cette sélection encore plus dure qu'aujourd'hui, seuls les meilleurs seront admis et nous savons que les élèves qui ne peuvent pas être aidé par leur entourage et qui sont livrés à eux-mêmes ou encore les enfants de familles modestes qui ont déjà tant de mal à accrocher une STG pour remonter leur niveau et être mieux préparé à des DUT et BTS, n'auront plus guère de chance pour intégrer un lycée générale. Nous sommes alors ici face aux nouvelles valeurs prônées par le gouvernement et face à la confusion habilement camouflée entre le mérite acquis par le travail et les facilités disponibles pour travailler donné par le milieu social. Cette sélection sera plus dure car la spécialisation des lycées va faire que les élèves en formation professionnelle n'auront quasiment plus de contact avec ceux en lycée générale. Cette réforme est sur ce point parfaitement condamnable car elle supprime une occasion de mixité sociale dans les lycées et comme il n'y a plus guère d'endroits favorisant la mixité sociale surtout après la fin du service national, les lycées restent un des seuls endroits où elle a encore lieu. Nous sommes ici dans la face cachée de cette réforme des lycées. Nous n'osions nous aventurer dans cette direction mais plusieurs témoignages de délégués des élèves nous confirment que nous sommes bien ici au coeur de cette réforme. 

Au cours de leurs entretiens avec l'administration de l'éducation nationale, les responsables ont cherché ouvertement à désolidariser ces délégués des élèves inscrits en Terminale S ou ES, des élèves de STG : " ne perdez pas de temps avec les STG, préparez plutôt votre bac et vos inscriptions dans les grandes écoles" , "vous avez tout à gagner dans cette réforme, si vous ne le comprenez pas c'est que vous êtes manipulés, vous allez avoir un lycée de "bourge"". Ces propos résument la philosophie de la réforme : débarrasser les lycées des STG et de ces élèves le plus souvent d'origine modeste qui ont été écartés à la fin de la seconde des "bonnes" sections S, L, ES. Démotivés par cette orientation forcée en STG, certains effectivement ont des comportements déviants. Dans la plupart des lycées où les STG sont soutenus par l'ensemble de l'équipe pédagogique, nous avons vu qu'ils se re motivaient assez vite et qu'ils finissaient par avoir de bons résultats. Dans les lycées où les STG sont méprisés et dévalorisés notamment par les professeurs d'enseignement général et de mathématiques, il est clair qu'il y a des situations conflictuelles entre professeurs de STG et les autres et entre les élèves et leurs professeurs. Dans ces cas, la solution des proviseurs est de souhaiter le départ des sections STG, surtout si de mauvais résultats au bac STG font baisser la moyenne et le classement du lycée, critères qui justifient la notation des proviseurs. Nous rappelons que dans le lycée en question, le taux de réussite des STG est de 90%, un peu mieux que les S alors que dans la cité scolaire, le taux de réussite au Bac des STG est d'environ 60% pour l'ensemble des Bac et de 55% pour un Bac STG. Il est probable que ce souhait a été exaucé par le gouvernement, trouvant là un autre argument pour tenter de justifier cette ségrégation nouvelle et inqualifiable opérée dès la fin du collège. Dit aussi brutalement que cette réforme a été annoncée , oui, le résultat sera bien de laisser travailler tranquillement les "fils de bourge" ou les quelques autres " non bourge". Les autres, à travers la voie professionnelle, sont bons pour des conditions de travail dont ils auront l'entière responsabilité. Bref, l'institution se décharge de sa responsabilité et les parents qui voudront échapper au lycée professionnel devront utiliser les lycées privés qui ont d'excellentes perspectives de développement devant eux. Si ce phénomène se produit, la suppression des postes dans les lycées publiques sera d'autant plus rapide et les économies plus grandes. Avec ces arguments, la réforme devient limpide. Comme l'administration ne va jamais avoir le courage d'avouer cette sombre stratégie, les conditions d'une redoutable épreuve de force sont réunies dont le gouvernement prend l'entière responsabilité devant le pays.

Cette politique n'est pas nouvelle et n'est que la suite de nombreux renoncements. Ces mesures particulièrement incohérentes peuvent s’expliquer par le changement radical de politique scolaire et l'abandon du plan éducation 2000 et l’abandon de la volonté de mener 80 % d'une classe d'âge au niveau bac. Nous rappelons que l'étude de 1986 au Japon a démontré que la population active japonaise avait à 93 % un niveau de qualification égale ou supérieure à bac+2. Nous étions à l'époque entre 45 et 48 % et nous ne savions toujours pas utiliser correctement les robots et les automates programmables. Cette réforme actuelle s'inspire visiblement du modèle allemand qui n'a même pas été habilement transposé au contexte français. Dans ce pays, deux tiers d'une classe d'âge suit la formation DUALE, c'est-à-dire professionnelle, et un tiers d'une classe d'âge passe l’Abitur pour entreprendre des études supérieures longues au-delà de bac+4. Or il se trouve qu'en France nous n'avons pas du tout la culture germanique qui explique cette réussite de l'apprentissage en Allemagne et dans les pays scandinaves. Ceci a l'air de ne pas ennuyer grandement notre gouvernement. Nous rappelons brièvement qu'en Allemagne les centres de formation sont intégrés aux grands groupes industriels qui financent aussi des instituts universitaires. Après 50 ans, la plupart des techniciens et cadres s'occupent de former les jeunes ( sans avoir à passer le concours d’entrée de l’éducation nationale ). Grâce aux amortissements sur deux ans, régulièrement du matériel de trois à quatre ans d'âge est installé dans ces centres de formation, ce qui garantit aux élèves des équipements de haut niveau tout à fait récents. Bien entendu le financement de ces centres de formation sur le plan comptable est réduit : la valeur comptable d'un bien amorti est égale à zéro. En clair, il s'agit plus d'une dotation, d’une donation de l'usine à son centre de formation. Et à la fin de l'apprentissage, il va sans dire que l'effort est fait pour embaucher directement les jeunes. Cette voie professionnelle en Allemagne est également valorisée par le fait que 66 % des entreprises allemandes sont dirigés par d'anciens cadres et qu'il y a donc un rôle important de la promotion interne dans la gestion des ressources humaines. Un diplômé de la formation duale peut réussir à devenir le dirigeant de l’exécutif de l’entreprise, la famille des actionnaires étant à ses côtés. Nous rappelons également qu'en Allemagne, les représentants des salariés ont un droit de vote comme les actionnaires pour participer à la codétermination des politiques de leurs entreprises. Tout ceci n'existe pas en France, certains ministres sont morts mystérieusement pour vouloir faire voter le droit de vote des salariés lors des assemblées générales des actionnaires. Nos très mauvaises relations sociales depuis plus d'un siècle s'expliquent par la persistance du paternalisme dans les entreprises familiales et la généralisation de la bureaucratie. En France il n’y a que 21 % d'entreprises dirigées par d'anciens cadres et les conflits incessants entre employeurs et salariés détournent des générations d'élèves des entreprises. 

Les formations professionnelles n'ont pas été valorisées par l'éducation nationale car le système de sélection envoie dans les formations professionnelles des élèves en difficulté, démotivés ou turbulents afin de ne pas déranger la progression des meilleurs qui vont concourir à trouver une place parmi les élites. Récemment cette phrase rapportée par une caissière de supermarché est devenue célèbre : si tu n'apprends pas bien à l'école tu finiras comme caissière, en l'espèce dans les hypermarchés Leclerc. Ce n’est pas faux mais cette réalité doit-elle servir d’axe de développement pour une réforme de l’institution scolaire ? Vers 1995, le développement des Bac Pro s'est fait pour contenir en dehors des lycées généraux et technologiques cette population d'élèves en échec scolaire qui n'a pas un niveau suffisant pour toutes les raisons que l'on connaît. Passer d'un CAP/BEP à un Bac Pro est une solution de facilité et une manière de se rassurer en restant le plus souvent dans le même lycée professionnel avec la même équipe enseignante. C'est la raison aussi principale de la fureur des élèves de STG qui pouvaient tout de même se valoriser en se disant qu'ils avaient échapper aux Bac Pro. Ces élèves racontent ce que vivent leurs camarades de Bac Pro, ce n'est pas du tout rassurant. Rejoindre ces classes difficiles dans certains lycées pour uniquement laisser tranquille les "fils de bourge" exaspère leur fureur tout comme elle suscite la colère de l'ensemble de la communauté éducative de ce lycée. L'administration pensait probablement que les enseignants des matières générales seraient contents de ne plus voir les STG qu'ils avaient mis de côté lors des conseils de classe de Seconde et qu'ils se désolidariseraient des STG, il semble que ce soit mal parti car dans ce lycée, au contraire ces pratiques honteuses soudent davantage la cohésion pour résister et demander la suppression de cette réforme.

Le sort des bacheliers de Bac Pro n'est pas assuré car cette réforme prévoit que la plupart des formations professionnelles après le bac seront assurées par des contrats d'apprentissage dans des DUT ou des BTS par alternance.  Il y a des économies pour les entreprises et l'Éducation Nationale dans le fait de généraliser la formation après le bac sous forme de contrats d'apprentissage et de BTS par alternance. Pour obtenir ces économies, il faut en effet commencer par développer un maximum de Bac Pro. Ce sont les Centres de formation des apprentis  CFA qui financent ces contrats d'apprentissage et c'est une rentrée d'argent non négligeable pour les IUT ou les lycées tout comme c'est une opportunité pour une entreprise d'avoir des salariés payés peu cher. Par contre,  est-ce que cette réforme correspond aux souhaits d'orientation et de réussite des parents pour leurs enfants ? C'est toujours une question politique ! En clair, nous sommes de nouveau face à un CIP déguisé tant que les entreprises utilisent un groupe d'apprentis qui changent chaque année et n'est jamais embauché. Rien n'a changé, ils recommencent ! Les élèves l'ont déjà compris et parcourent les rues de la ville

Cette concentration des moyens dans des lycées professionnels sans modifier la culture et supprimer le paternalisme et la bureaucratie, ne va pas améliorer la situation car les racines, les causes du malaise ne sont absolument pas traitées.  La question est pourtant simple : la république doit elle favoriser pour tous l'acquisition d'un niveau de qualification égale ou supérieur à bac +2 ou bac +3 qui est le niveau européen d'employabilité décidé à Lisbonne par les membres de l'Union ou bien alors le système éducatif ne doit-il assurer qu'un niveau minimum qui sera compléter en fonction des situations personnelles par les employeurs, par un travail individuel d'autodidacte ou un travail de groupe dans des associations ? En beaucoup plus clair : faut-il permettre aux jeunes d'avoir de bon diplômes pour obtenir un bon emploi et être bien payé ou alors faut-il prendre en compte la situation de l'emploi et les volontés des employeurs paternalistes qui tiennent à avoir de la main d'oeuvre qui ne coûte pas cher et qu'ils peuvent plus ou moins former à leur guise ? Un jeune diplômé refuse le SMIC et de plus en plus préfère partir travailler à l'étranger où les entreprises prennent davantage en compte les mérites individuelles qu'en France. Le manque d'argent de l'état doit-il nous imposer des formations initiales au rabais parce que le reste sera le cas échéant pris en charge par les entreprises ? Les filiales étrangères situées en France attirent les meilleurs car elles paient correctement, forment et assurent une promotion interne : toutes sont dirigées par d'anciens cadres. Il n'en va pas de même dans les entreprises familiales paternalistes représentées principalement par l'UIMM. En se pliant aux volontés de l'UIMM et en réduisant le niveau de qualification pour permettre des salaires d'embauches encore plus nombreux au SMIC et des périodes d'apprentissage avec du travail payé moins cher que le Smic ( de 25 à 75% du Smic ), l'état occulte totalement le fait que les entreprises étrangères recrutent à un haut niveau de qualification et ce sont elles qui créent le plus d'emplois qualifiés. 

 L’alliance entre le Ministère et l’UIMM favorise le maintien du paternalisme et offre aux employeurs de nouveaux apprentis pour assurer à faible coût des travaux de production. Le gouvernement ne travaille pas à l’élimination du paternalisme et de la bureaucratie. Face à ce système en pleine décrépitude, nos dirigeants politiques préfèrent refiler le problème aux employeurs sans mettre en place un véritable projet de valorisation des compétences professionnelles. Comme ils ont bradé la sidérurgie, les mines, des pans entiers de notre économie, comme ils ont faillé vendre pour un euro Thomson à Daewoo, comme Th Breton a refusé d’investir dans les écrans LCD, comme tant d’autres gaspillages et erreurs qui pèsent sur notre croissance, ils en ont marre de gérer le système scolaire et reviennent à la case départ de la 3ème République. Les économies ont bon dos : dans les entreprises, la qualité a été améliorée tout en réalisant la suppression des gaspillages et des dysfonctionnements grâce aux cercles de qualité et au management participatif. Au niveau des gaspillages dans la formation professionnelle, nous n'utilisons ici qu'un seul exemple bien connu : la mine d'or qu'ont représenté pour les entreprises les contrats d'adaptation et de qualification dans les années 1980. Personnellement nous l'avions fait après quelques années aussi pour les jeunes ingénieurs et cela rapportait gros. Nos discours étaient rodés et même ce jeune diplômé de Centrale Lyon a finalement signé son avenant au contrat de travail et nous en avions pris pour 12 mois. Au bout d'un an, il était venu nous revoir d'un air sarcastique pour savoir si nous avions bien touché tout l'argent qu'il nous avait rapporté. Et durant ces années, nos directions et nos comptables avaient modifié leur langage envers le service du Personnel : nous n'étions plus les gestionnaires des coûts les plus importants dans l'entreprise mais nous pouvions aussi rapporter de l'argent... et pas mal d'argent car nous embauchions aussi beaucoup ! Passons par décence sur le contenu de l'annexe qui présentait les mesures de formation individuelles et qui étaient envoyées à la Direction régionale du Travail. Il n'y a jamais eu le moindre contrôle. Il est logique qu'après toutes ces années d'argent facile et de gabegie, il n'y ait plus de sous dans les caisses de l'état et que la seule solution qui reste pour accorder des avantages aux entreprises consiste à leur permettre de multiplier les formations en apprentissage qui, principalement dans les nombreuses entreprises paternalistes, ont des annexes de formation individuelle aussi creuses que les nôtres à l'époque des contrats de qualification. Nous en rigolions alors dans nos grandes entreprises, eux visiblement prennent toujours ceci très au sérieux sans craindre le ridicule. Une réforme de la formation professionnelle doit donner au pays la garantie que ces pratiques seront éliminées. Nous nous répétons volontiers, cela passe par l'éradication du paternalisme et de la bureaucratie et les lois qu'il s'agit de mettre en place sont connues depuis au moins 1945 : favoriser sur le plan fiscal la transmission des entreprises familiales à un ou plusieurs cadres non actionnaires au départ, favoriser la promotion interne aux postes de dirigeants comme en Allemagne ou dans les autres pays industriels, organiser le vote des représentants du personnel à l'assemblée générale des actionnaires comme en Allemagne et dans d'autres pays voisins, organiser l'apprentissage au travail coopératif et au management participatif à l'école, dans les lycées et l'enseignement supérieur ( ceci est bien plus concret et source de valeur ajoutée pour le groupe et source d'enrichissement personnel pour l'élève que les théories pédagogiques fumeuses sur l'élève acteur de la construction de son savoir...). Les réformes de l'éducation nationale ne fonctionnent pas parce qu'elles ne servent pas à préparer notre jeunesse à éliminer les causes du manque de dynamisme de l'économie française, au contraire elles l'endorme dans le conformisme académique, des savoirs qui ne sont que des instruments de sélection sociale et elles ne lui transmettent que des valeurs d'obéissance et de soumission dont ont besoin les dirigeants de nos systèmes de pouvoir. Ce n'est même pas mettre la charrue avant les boeufs, c'est continuer à biner à la main car pour payer le coût d'entretien du château, l'achat d'une charrue et d'une paire de boeufs n'est même pas envisagé par le propriétaire du château !

 Nous avons vu les préoccupations des uns et des autres dans cette réforme et ses conséquences. Il nous reste à présenter un dernier problème majeur dans la mise en place de cette réforme : le sort des professeurs dont le poste est transféré d’un lycée à l’autre. Les professeurs concernés par la suppression de postes savent  qu'ils ne peuvent pas compter sur une mobilité interne et une gestion prévisionnelle des effectifs. La pratique bureaucratique est purement comptable : un poste supprimé signifie que son titulaire est affecté en équipe d'appuis pour assurer les remplacements. Il perd son poste fixe et peut donc se voir signifier du jour au lendemain d'aller dans tel ou tel établissement assurer tels et tels cours. Ces conditions de travail particulièrement difficiles sont d'ordinaire attribuées aux jeunes professeurs débutants ou à des volontaires qui cherchent ainsi à obtenir davantage de points dans la perspective d'obtenir plus favorablement une mutation. Au bout de quelques années de statut TZR (titulaire de zone de remplacement), ces professeurs ont enfin poste fixe et peuvent s'intégrer pleinement dans la vie de leur établissement. Ces dernières années, à la suite de toutes ces suppressions de postes et face à la quasi-disparition des créations de postes, les nouveaux arrivants doivent patienter de nombreuses années. Pour le moment où il semble que cette pratique bureaucratique archaïque de gestion de personnel doive s'appliquer à cette vaste restructuration des lycées et par voie de conséquence que tous les professeurs de STG qui vont quitter leurs lycées d'enseignement général et technologique pour rejoindre un lycée professionnel vont passer par ce statut de TZR. Ce manque d'information exaspère la colère de nos professeurs qui souvent après plus de 10 ans de carrière en poste fixe vont se retrouver TZR et passer par la case départ avec toutes les conditions de travail mauvaises que cela comporte. Pour un développement de carrière et une prise en considération du mérite et de la valeur du travail, c’est totalement l’inverse qui se produit. Le changement d’une écriture de comptabilité budgétaire ou analytique n’a absolument pas besoin de s’accompagner d’un changement de statut aussi révoltant et injuste ! Surtout qu’il n’y a aucune économie sur la masse salariale. L’application de cette réforme des formations professionnelles est le moment ou jamais de mettre enfin dans l’Éducation Nationale une mobilité interne et une gestion prévisionnelle réelle des effectifs et que les services du rectorat arrêtent leur gestion au jour le jour qui transforment des êtres humains en pions que l’on déplace parfois contre toute logique et en dépit du bon sens ! Pour le moment et jusqu’en 2009 environ, les départs en retraite ont été différés à cause de l’allongement de la durée des cotisations à 40 ans. Les départs nombreux vont donc reprendre vers 2010. Poursuivre la suppression massive des postes d’enseignants représente donc manifestement un excès de zèle bureaucratique sans aucun fondement car il n'y a aucune économie sur les frais de personnel. Ces mesures sont ressenties comme une chasse aux enseignants et aux fonctionnaires et elles illustrent la culture du mépris et de l’arrogance affichée par ces nouveaux princes qui nous gouvernent sans pudeur et sans gêne dans l’attirance qu’ils ont de l’argent et du vedettariat. Ce mépris est largement ressenti par les enseignants dont les postes sont supprimés de cette manière et par les élèves et leurs parents… ainsi que par nos trois proviseurs semble-t-il.

 Pour résoudre ce cas, notre mouvement fileane.com soutient la démarche suivante qui sert de transition vers des organisations en réseau d'éducation et de développement des compétences : 

 Ces mesures ne coûtent rien de plus qu’un peu de communication interne et un certain bon sens dans la prise en considération des carrières des personnels. Mais c'est ce qui manque le plus depuis plus d'un siècle ! La comptabilité n’est pas le summum du management. Elle doit passer après la gestion des ressources humaines et la mobilité interne. Personnellement nous avons mis en place une mobilité interne et une gestion prévisionnelle des effectifs dans toutes les entreprises où nous étions après 1985. Et notre comptable a toujours pu imputer les effectifs dans les centres de coûts directs et indirects et nous faisions aussi des prévisions budgétaires annuelles avec une marge de dépassement inférieure à 2% ( ce qui était la norme admise dans cette société multinationale américaine et que nous avons continué à appliquer ensuite dans les entreprises françaises où nous avons travaillé ).

 Il est évident que ce gouvernement veut échapper rapidement à tous les problèmes de fond qui grèvent le bon fonctionnement du système scolaire, et qu'il veut garantir aux familles des milieux aisés une protection contre de mauvaises conditions de travail et une protection contre des élèves aux comportements déviants ou faisant peur. Ces réformes sont un retour en arrière, un renforcement de l’élitisme, un abandon de la formation professionnelle : les employeurs vont récupérer des bacheliers généralistes qu’ils formeront en fonction de leurs besoins. Ceci comme dans le passé va renforcer la dépendance du salarié vis à vis de l’employeur car cette formation spécifique sera difficilement transposable sur le marché de l’emploi vers d’autres entreprises. C’est une prime accordée par l’état au maintien du paternalisme et de la bureaucratie... Les économies vont se faire sur le dos des étudiants et de leur famille et ce n'est pas la fraction du Smic versée dans le contrat d'apprentissage qui pourra compenser la baisse du niveau de qualification générale car actuellement, les risques sont importants que l'étudiant ne rencontre pas une entreprise qui s'occupe véritablement de sa formation sur le terrain mais le laisse à des tâches de manutention ou de simple exécution. Il n'existe pas en France des centres d'apprentissage bien équipés pilotés par les entreprises, surtout pas dans les très petites entreprises ou commerces de distribution qui sont les grandes consommatrices de BTS par alternance. Cette lacune criante sera-t-elle enfin comblée ? 

 En conclusion, le cas de ce lycée que nous présentons, est en totale opposition avec le discours tenu par le chef de l'état : il n'y a pas reconnaissance du mérite du travail accompli et il n'y a pas une prise en compte du souhait des parents d'élèves. Pour satisfaire les exigences du chef de l'état, la bureaucratie commet des excès de zèle en précipitant les suppression de postes alors qu'il n'y a pas encore de départs en retraite du fait de la loi sur le passage à 40 ans dans la fonction publique. Le manque de communication et la politique du fait accompli développent une fois de plus le mépris des dirigeants politiques envers les fonctionnaires de base. L'incurie administrative dans l'éducation nationale qui ne met toujours pas en place une mobilité interne et une gestion prévisionnelle des effectifs autre que son lourd système de mutation totalement inapproprié face à la vague de transferts de postes que contient cette réforme de l'enseignement professionnel, est aussi une attitude de dédain et de mépris injustifiable que les seules préoccupations comptables ne peuvent justifiés. Prétendre supprimer des postes alors que les enseignants font toujours partie de la masse salariale ne représente en rien une économie financière. Accorder la priorité à ces calculs comptables par rapport à une gestion des ressources humaines illustre bien la domination de la bureaucratie dans notre système de pouvoir au service des élites dirigeantes. Nous allons mettre fin à ces archaïsmes stupides et révoltants qui réduisent à néant la motivation des personnels et entretiennent une soumission malsaine à une culture déshumanisée et autocratique.

Dans le cas d’un mutisme avéré des pouvoirs publics et de l’administration de tutelle et face à un passage en force des pratiques archaïques qui ont fait tant de dégâts dans le passé, fileane.com participera à l’organisation d’une désobéissance civile pour arriver à l’abandon de ces pratiques détestables dans cette ville et ailleurs dans le pays. Nous allons débuter notre sixième année de présence sur le net, il est temps de mettre en pratique nos écrits même si ce travail d’écriture n’est pas totalement achevé. Il y a urgence. Nous n’allons pas jouer une fois de plus ici au professeur mais les propos de notre professeur de droit constitutionnel en première année sont toujours présents dans notre esprit : Avant 1789, lorsque les caisses du royaume étaient vides, le roi avait l’obligation de réunir les états-généraux. Ce fut une manière paisible d’introduire la révolution de 1789. Depuis 1789, cette obligation n’existe plus et toutes les constitutions ont été mises en place à la suite de guerres civiles ou militaires ou de troubles civils. La constitution de 1958 n’échappe pas à cette règle et comme elle est particulièrement bien verrouillée par l’article 16, pour renverser ses dirigeants, c’est encore plus difficile qu’avant. Mais ce n’est pas impossible même si nous ne pouvons plus entonner  avec les élèves le chant du départ en hurlant " tyrans descendez aux cercueils !" car ils sont capables de nous prouver qu'ils sont couverts par cet article 16 et ne sont donc pas des tyrans !  Les caisses de l’état sont vides, le monde entier le sait, nous pouvons pour le mois de mai 2008, en fêtant l’anniversaire de mai 1968, organiser le déroulement de ces états-généraux afin de changer de régime politique. Préparons ce mouvement et si mai 68 a été un mouvement spontané et imprévu, ce qui explique largement le changement des modes de vie mais aussi l’absence de changement dans les normes sociales et le fonctionnement des institutions, ne commettons plus cette erreur. Prévoyons, organisons pour éliminer la bureaucratie et le paternalisme. Les filiales étrangères travaillant en France ont depuis longtemps supprimé ces deux fléaux séculaires. Ce n’est pas difficile et ceci explique aussi l’attirance des entreprises étrangères pour la France : il suffit d’introduire leur management coopératif pour aussitôt apporter un progrès social dans les relations de travail. Pour elles, c’est du gâteau . Nous voulons nous attaquer aux causes profondes du malaise français. Cela commence à l’école ! Qui veut nous le reprocher ?

 

l'éducation en réseau et non pas dans des systèmes

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