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LAICITE ET COMMUNAUTARISME

ou comment rejeter le travail et la propriété communautaire

pour défendre la gestion de la propriété collective par une minorité de dirigeants et ses élites intellectuelles.

english translation

source : l'exposé d'un professeur de philosophie à l'IEP de Paris au printemps 2002 dans le grand salon de la Sorbonne à Paris

le cadre de cet exposé :

s'interroger sur le sentiment de cohésion de la société, d'identité vis à vis de la Nation. S'interroger sur les ferments de destruction du tissu social liés à des phénomènes de violence et de bandes.

but de l'exposé : réfléchir sur les exigences de la laïcité à l'école pour éduquer les citoyens dans le respect de la Nation et des règles de base de la République française dont la laïcité représente un pilier.

la reformulation du but et du cadre de cet exposé selon fileane.com :

comment notre système de pouvoir figé dans son conservatisme et son immobilisme peut-il lutter contre les minorités dissidentes qui défendent leurs cultures et leurs réseaux de vie économique et sociale et qui, une fois organisées en réseaux de résistance, se développent en dehors du cadre républicain soit pour s'enrichir sur le plan matériel à travers l'économie illégale soit pour étendre leurs cultures, notamment spirituelles ou religieuses, soit encore sous couvert d'une religion, développer leur système d'enrichissement matériel au profit d'une nouvelle minorité dirigeante, tout ceci sans respecter le cadre de la laïcité ?

Bref, comment notre système de pouvoir peut lutter contre la montée des organisations en réseau au sein de nos sociétés ?

rappel de la position de fileane.com :

stigmatiser et éliminer le plus possible les fictions juridiques sources d'utopies qui viennent donner à un système  de pouvoir sa cohérence idéologique et dogmatique lorsque les principes de son fonctionnement ne sont pas capables à eux seuls d'arriver au but fixé. Ex : la fiction de l'égalité juridique alors que le principe de la liberté et de la propriété individuelle dans l'économie aboutissent à accepter la réalité de l'enrichissement sans limites pour les propriétaires privés des moyens de production et leur domination des instruments de pouvoir pour soumettre les populations à leurs intérêts : ex : acquérir les moyens d'information, de communication et d'édition pour ne tolérer que les idées favorables à leurs intérêts et accroître ainsi l'immobilisme des institutions.

En brisant ces fictions et ces interdits prononcés par la minorité dirigeante, être capable de rédiger une déclaration des droits à la vie sans recourir à ce genre de fictions juridiques ou philosophiques.

Développer une organisation en réseau capable de marier les cultures grâce à l'actualisation d'un savoir global

Transformer les systèmes de pouvoir et les réseaux de résistance qu'ils ont générés. Travailler sur les 3 niveaux de contrats sociaux dans le cadre d'une complémentarité entre individuel, communautaire et social ( ou collectif ). Supprimer l'interdit sur le niveau communautaire sous prétexte qu'il vient compliquer ou rendre inutile le niveau collectif géré sous le monopole de l'état.

LA RÉFUTATION DES ARGUMENTS avancés lors de cet exposé à la Sorbonne :

 la laïcité n'est pas seulement un dispositif juridique de gestion du pluralisme spirituel, c'est aussi la reprise de 3 grandes valeurs constitutives du triptyque républicain :

proposition 1 : la liberté : liberté radicale de conscience : croire ou non en Dieu sans qu'une autorité publique exige qu'on lui rende des comptes.

Le fait pour plusieurs croyants de prier ensemble ne peut avoir de dimension publique. La dimension publique concerne l'intérêt commun. Cet intérêt commun s'oppose à tout particularisme. Une autorité publique n'a même pas à tolérer des particularismes car cette tolérance peut demain se transformer en interdit et provoquer des troubles qu'il vaut mieux éviter dès le départ en ne concédant aucune tolérance. L'intérêt commun comme la Nation est unique et indivisible.

Ces principes de 1789 reprennent par exemple la pensée de J-J Rousseau : 

" Si, quand le peuple suffisamment informé délibère, les citoyens n'avaient aucune communication entre eux, du grand nombre de petites différences résulteraient toujours la volonté générale et cette volonté serait toujours bonne... il importe donc qu'il n'y ait pas de société partielle dans l'État et que chaque citoyen n'opère que d'après lui."

tiré du Contrat social II, 3 de Jean-Jacques Rousseau.

L'instruction publique est laïque pour conforter la liberté de conscience, en donnant à la conscience de chacun les moyens de sa liberté.

réfutation :

le système qui s'est accaparé la gestion du collectif interdit bel et bien tout passage entre le niveau communautaire et le niveau collectif. Les dirigeants au pouvoir sur le niveau collectif ont bien établi un monopole de gestion de l'intérêt commun. Ils déclarent que les dirigeants du niveau communautaire oeuvrent pour des intérêts particuliers. De ce fait, aucune complémentarité n'est admise entre ces deux niveaux. . Et nous n'allons rien ajouter à la citation de Rousseau pétrie d'un idéal capable de nier l'impact des communications entre êtres humains. Il faut tout de même oser le faire ! Nous lui préférons ici les mots de Freud qui, pour sortir du malaise de la civilisation, comptait justement sur le développement de nouveaux moyens de communication. Et avec internet, sur ce site web, nous sommes dans le droit fil de la pensée de Freud et nous remettons au placard le Jean-Jacques... sans l'accabler davantage !

Sans revenir sur les origines juridiques de ces règles liées étroitement à la tentative de la papauté romaine d'interdire les communautés chrétiennes pour établir une seule foi, la foi dictée par Rome, nous expliquons sur ce site pourquoi les révolutionnaires de 1789 ont interdit la propriété communautaire dont la dernière origine remonte au temps des cathédrales organisé par l'ordre du Temple et qui, sous l'Ancien régime, avait été monopolisée et spoliée par la noblesse. Celle-ci, en plaçant quelques uns de ses enfants à la tête du patrimoine de l'église catholique, arrivait à mieux défendre ses intérêts et privilèges de classe. Nous avons mis en exergue cette volonté de la révolution de 1789 qui s'est transformée rapidement en erreur grossière tant elle créa d'utopies dans le nouveau système de pouvoir, tant elle instaura des valeurs irréalisables dans le système de pouvoir intellectuel. Mis à part cet interdit sur lequel repose la laïcité, la liberté de conscience reste une utopie, une part irréalisable dans ce système de pouvoir intellectuel.

Face à la réalité de la mort, aux limites charnelles de notre condition humaine, aux cortèges de crimes et de violences causés par les êtres humains, la laïcité reste une notion intellectuelle sans effet. Elle n'a pas aboli dès son instauration ni l'esclavage ni la peine de mort, ni le droit pour certains dirigeants d'envoyer au massacre leurs peuples dans le but de défendre leur système de pouvoir royal, impérial, républicain, socialiste, communiste, etc.. Ces progrès, ces libertés ont toujours été acquis par la lutte de réseaux de résistance qui un jour ont réussi à imposer ces valeurs et ces libertés dans le fonctionnement du système de pouvoir en place ou dans celui instauré pour remplacer l'ancien. Et il n'y a pas à chercher d'arguments dans la direction d'une histoire qui se développerait d'une manière linéaire : ces valeurs mêmes utopies, une fois instaurées au fronton de la république, serviraient à guider les peuples ! Bien avant 1789, dans les organisations en réseau du temps des cathédrales comme au temps des communautés chrétiennes, comme chez les Mormons au 17ème siècle ou dans d'autres communautés protestantes et sans remonter jusqu'à l'Égypte antique ou d'autres civilisations disparues, l'absence d'esclavage, l'égalité homme-femme, la répartition équitable des richesses surtout en cas de disette étaient des réalités vivantes motrices d'une époque florissante pour ces peuples.

La liberté de conscience, la liberté n'existe que dans le choix de refuser les utopies de nos systèmes de pouvoir pour les remplacer par des pratiques, des expériences de vie vécues à travers une organisation en réseau. La liberté de conscience n'est pas un espace effectivement incontrôlable par les gestionnaires de l'intérêt public et qui de ce fait doit se cantonner dans l'esprit d'une personne sans que celle-ci ne puisse influencer une autre et ainsi la détourner du bien commun. La liberté de conscience existe dans le choix reconnu à tout être humain de trouver ses raisons de vivre et de mourir, de forger son espoir d'être humain. L'ennui pour les défenseurs d'un intérêt commun, c'est que nos raisons de vivre sont les mêmes que nos raisons de mourir et sont les mêmes pour tout être humain. L'intérêt commun n'est pas un concept ni un idéal mais une réalité de vie incontournable lorsque nous nous heurtons aux mystères de la vie et que sur le chemin d'une initiation aux autres dimensions de la vie que celle limitée à notre corps charnel, nous entendons l'appel à vivre au delà de la mort de notre corps charnel. Les témoignages sur les expériences de mort immédiates ( EMI ) ou sur les expériences aux frontières de la mort ( EFM ) sont là pour nous le rappeler : ces rencontres, cette traversée du puits de lumière est la même pour tout être humain quelque soit sa couleur de peau, son sexe, son âge, l'endroit où il vit sur terre... Le partage de ces expériences de vie, de cette traduction des mystères, de cette culture fondée sur un savoir global tiré de l'initiation, est le pilier de l'organisation communautaire. Ce sont les premières communautés chrétiennes qui vont changer les valeurs de l'empire romain : l'abolition de l'esclavage, la suppression des crimes commis lors des jeux du cirque, l'égalité homme femme. Plus tard ce seront les communautés monastiques qui développeront le temps des cathédrales et après sa destruction et la guerre de cent ans, la renaissance viendra tenter de retrouver une telle organisation en réseau ainsi que l'esprit chevalier. Ensuite ce sera le tour du mouvement protestant de bousculer les valeurs et l'organisation des richesses en développant les premières citées industrielles à l'esprit communautaire. Ces mouvements ont été combattus et supplantés par les intérêts des dirigeants des systèmes de pouvoirs civils et religieux mais peu à peu, ces valeurs se sont fondues dans le fonctionnement du système pour le rendre plus social et démocratique. Le système met du temps avant d'accepter de bouger, d'intégrer du changement et de surmonter sa peur viscérale de la panne et du dérapage.

A la liberté de conscience défendue par le système de pouvoir républicain pour assurer l'intérêt commun, nous préférons la liberté de nous libérer des limites de notre condition mortelle pour retrouver les dimensions de notre humanité par delà la fin de notre corps charnel. A la liberté de conscience outil de gestion de l'intérêt commun, nous préférons la voie du partage en communauté de nos expériences de vie aux frontières de la vie et de la surréalité. Face aux désarrois et aux silences détestables de la liberté de conscience face aux pires génocides et crimes du XXème siècle, nous préférons l'action et la foi du chevalier qui combat pour arracher les armes des mains criminelles, qui oeuvre pour minimiser la violence, qui meurt pour défendre la veuve et l'orphelin. A la pensée même rationnellement pure, nous préférons l'action. A l'utopie penaude et frileuse de nos systèmes, nous choisissons l'espoir de vivre.

proposition 2 : le deuxième fondement de la laïcité est le principe d'égalité 

Pour être égale, la République ne doit tolérer aucun particularisme, elle ne doit afficher dans ses actes publics aucune préférence spirituelle. Son universalité est la condition de possibilité pour que tous les citoyens, quelles que soient leurs options spirituelles respectives, puissent se reconnaître en elle. L'égalité suppose le caractère a-confessionnel de la sphère publique. A-confessionnel ne signifie pas vide mais remplit par l'intérêt commun. Du moment qu'un étranger renonce à son particularisme originel pour promouvoir l'intérêt commun, il s'intègre dans la Nation française. De ce fait, pour la république laïque, il n'y a pas d'étrangers. Étant ainsi égal, l'espace civique ouvre les portes de la fraternité.

réfutation :

nous n'allons pas opposer brutalement la réalité à ce qui n'est resté que pure fiction juridique, idéal philosophique et utopie politique économique et sociale. L'on pourrait nous opposer que si cette situation reste déplorable, c'est bien parce que tous n'ont pas obéit, ne respectent pas le fonctionnement du système, ne développent pas un sens civique voire patriotique conséquent. Mais faut-il accepter ces limites ou critiquer la conception d'un système de pouvoir incapable de dépasser justement ces limites et de surmonter ces lacunes ?

A travers l'histoire, nous pouvons opposer les systèmes de pouvoirs, instruments efficaces de conquêtes guerrières puis coloniales avant de sombrer dans les désastres des luttes entre systèmes économiques que furent en partie la première guerre mondiale  et en totalité la seconde guerre mondiale, avant de finir de se discréditer en étant incapable d'empêcher les génocides et la montée du terrorisme, oui, nous pouvons opposer ces systèmes de pouvoir à l'égalité matérielle assurée par les organisations en réseaux principalement lors des crises ou des disettes lorsqu'un pharaon reçoit pour repas le même bol d'aliment qu'un autre membre de la communauté, lorsqu'un centurion chrétien coupe avec son épée son manteau en deux pour le partager avec le miséreux du bord du chemin. Autant le système tend vers le centralisme de ses pouvoirs et succombe aux excès des abus de pouvoirs réalisés par ses dirigeants, autant l'organisation en réseau pratique l'égalité matérielle, l'accueil de l'étranger ou du nouveau qui vient enrichir de son expérience la communauté. A leurs têtes, ces communautés sont le plus souvent dirigées par des initiés qui ont fait vœux de pauvreté, ce qui ne les empêche pas d'être des experts en gestion ou en comptabilité, en management participatif du 3ème type utilisant sans complexe la grille de Blake et Mouton puisqu'elle favorise le travail de groupe et la prise de décision collégiale.

L'égalité républicaine reste bien une notion visant à éradiquer les particularismes dans la Nation au profit des gestionnaires de la propriété collective de l'état. C'est au nom de ce principe que fut adopté la loi Le Chapelier en 1790 abolissant les corporations et le décret d'Allard instaurant la liberté du Commerce et de l'Industrie. Cette loi en 1790 était légitime pour corriger les excès et les dérives de l'Ancien régime mais ces mesures ponctuelles ne pouvaient pas décemment être érigées en valeurs républicaines fondamentales sans cacher une stratégie bien particulière : faire le vide entre les citoyens et leurs dirigeants seuls gestionnaires de l'intérêt public. Que cette mesure soit prise pour empêcher l'opposition royaliste et l'aristocratie déchue de se réorganiser à travers le niveau d'organisation communautaire, soit ! Mais alors procéder comme l'ont fait les révolutionnaires de 1790 appartient à la bêtise ou tout au moins à un manque de connaissance sur la manière d'organiser des sociétés que ce soit en système ou que ce soit en réseau. L'argument que nous accepterions repose sur le fait qu'en plus de la réorganisation sociale, remettre correctement l'aristocratie catholique à sa place comme une communauté ayant la même importance que les autres aurait consister à reprendre toute la question de la papauté et ses ambitions dogmatiques. Même si ce travail paraît considérable et requiert plutôt une période de paix sociale qu'une période de révolution, les auteurs français et européens du Siècle des Lumières avaient pourtant préparer pas mal le chemin. Il suffisait d'enfoncer le clou et de reprendre le dossier authentique de l'organisation en réseau du temps des cathédrales pour faire condamner sur l'autel de l'humanité et le roi de France et le pape de Rome, responsables de la destruction de la dernière organisation en réseau européenne. Laissons l'histoire. Cette question sera reprise inévitablement lors de la transition entre nos systèmes de pouvoir et la prochaine organisation en réseau. Une solution constitutionnelle pour organiser le mariage des cultures et des religions repose sur le concordat mais c'est bien alors reconnaître le particularisme de ces religions.

L'égalité matérielle surtout en cas de crises n'a pas été comprise dans cette notion révolutionnaire puis républicaine puisque la république retranchée dans son monopole de la propriété collective avait laissé en contrepartie aux citoyens la liberté individuelle de s'enrichir sans limites. La république française est ainsi bien devenue le pays aux plus fortes inégalités sociales parmi les pays développés : 5% des citoyens possédant 45% de la valeur du patrimoine national, 5% suivant possédant 10% et donc 90% des citoyens se partageant 45% de ce patrimoine national. Ce qui peut expliquer qu'en l'an 2000, il faille instaurer la couverture maladie universelle pour ne pas voir proliférer les miséreux en recherche d'un bon docteur Dickens. Pas surprenant aussi le fait qu'un salarié même cadre supérieur se retrouve si vite à la rue dans notre pays puisqu'il n'y a pas de niveau communautaire pour amortir la chute ou garder une socialisation convenable ( hormis les associations caritatives, resto du cœur, etc. ). Quant aux montées des réseaux de résistance à l'égalité républicaine qui développe dans l'économie illégale leurs particularismes originels ou religieux, avant de les condamner au nom de la laïcité républicaine, il faudrait se souvenir que l'organisation en réseau justement se fixe comme pratique quotidienne le mariage des cultures communautaires pour travailler sur la dimension sociale les valeurs qui permettront à chaque communauté de se développer dans une minimisation de la violence. Les échecs des politiques nationalistes visant à interdire l'immigration nous le rappèlent : au lieu d'interdire l'arrivée de communautés entières étrangères, il existe l'alternative d'aider ces communautés à se développer dans leurs régions ou à changer de régions le cas échéant sans exclure un passage temporaire ou définitif dans les nôtres. Le développement durable de l'humanité ne peut guère s'envisager sans ce mariage des cultures. Comment des peuples devraient-ils abandonner leurs cultures pour s'intégrer dans la nôtre, à leur place accepterions-nous ce principe d'égalité républicain ? Oh certes, une fois le mariage des cultures réalisé, nous sommes au même point que la république avec son intérêt public qui ne supporte pas les particularismes ! C'est bien que nous avançons dans la même direction, qu'il ne s'agit que d'une question de moyens !

proposition 3 : le troisième principe fondateur de la laïcité est la fraternité

l'idée est que le monde est commun à tous, par delà les différences. Même si la république ne nivèle pas les différences, elle demande simplement que les différences soient vécues avec assez de distance pour qu'au delà d'elles puisse vivre un monde commun à tous. La laïcité n'est pas anti religieuse mais elle s'oppose à ce qu'une religion revendique pour elle un pouvoir de domination ou des privilèges publics dans la gestion des grands phénomènes de société, même si cette religion peut revendiquer un héritage historique conséquent ( comme la religion catholique en France )

réfutation :

ne nous attardons pas sur cette notion de différences alors qu'au niveau de l'égalité, l'on ne reconnaît pas les particularismes. Certes même en  refusant tout particularisme au niveau communautaire, il subsiste des différences sur le plan individuel que peuvent notamment entretenir les religions du fait de la liberté de conscience reconnue à chaque citoyen. Nous sommes d'accord sur le fait qu'une religion ne peut imposer ses directives dans un problème de société et sur le fait qu'il est nécessaire de prendre du recul avec nos différences et nos particularismes pour définir ensemble un espace commun. Ne nous attardons pas également sur le bilan calamiteux de cette fraternité républicaine française. La solidarité a existé lors des crises ou des guerres mais principalement au sein de chaque camp qui se combattait. Rares ont été les moments d'union nationale où, quand la foule et ses dirigeants défilaient d'un même pas, il n'y avait pas encore quelques coups de fusils tirés parmi ça ! Il est clair que les divisions dans la population ont permis à la minorité au pouvoir de poursuivre son enrichissement matériel sans guère de remise en cause sérieuse du système mais plutôt grâce au conservatisme et à l'immobilisme de ses élites dévouées.

L'organisation en réseau pratique une fraternité plus quotidienne et ancrée dans la vie de chacun. En reconnaissant l'apport de la dimension spirituelle de l'être humain, elle prend en compte et valorise la sagesse, le don d'amour, la nouvelle vision apaisée de la vie humaine et sociale qui résulte de la rencontre avec les mystères de la vie. Plutôt que de chasser ces citoyens déviants, marginaux, contestataires ou dissidents envers les systèmes de pouvoirs, l'organisation en réseau leur permet d'œuvrer au sein de leurs communautés. La fraternité et la solidarité se vivent au sein des communautés. Alors que les systèmes ne reconnaissent que la famille et encore, en 1789 celle-ci se limitait quasiment à l'autorité du père de famille, l'organisation en réseau s'est toujours développée sur le vécu au quotidien de l'égalité homme femme, du partage équitable des richesses et de la stricte égalité vis à vis des ressources matérielles en cas de crise ou de disette. Certes dans nos sociétés d'abondance, ces notions de solidarité et d'égalité face à la crise ont perdu de leur acuité mais nous ne sommes pas seuls. Nous avons en face de nous des demandeurs de partage de nos richesses et si nos systèmes de pouvoirs agissent envers eux en les ignorant le plus souvent, l'organisation en réseau se prête par vocation à créer des échanges réciproques envers ces communautés dans un objectif d'enrichissement mutuels sur le plan matériel et immatériel. Enfin, sur le niveau social, le mariage des cultures a pour objet de déterminer et de faire évoluer les règles de vie commune pour minimiser la violence et accroître dans la dignité la satisfaction des besoins individuels.

L'organisation des communautés induit un mouvement permanent aussi bien dans la naissance de nouvelles communautés que dans l'adaptation constante des anciennes. Il n'y a plus de systèmes de pouvoirs civils et religieux pour imposer leurs dogmes et leurs règles de fonctionnement. La religion n'est plus un pouvoir temporel mais un domaine d'expression spirituelle rassemblant des valeurs communes à des groupes ou partageant une même approche des mystères. Les communautés spirituelles dans leur pratique quotidienne font évoluer ces traductions des rencontres avec les mystères et elles combattent les systèmes et les groupes sectaires qui tentent d'imposer leur pouvoir. Le mariage des cultures n'aboutit pas à un syncrétisme : il n'y a pas recherche d'une synthèse, d'un plus petit dénominateur commun pour réunir des pensées au départ différentes dans une même connaissance. La synthèse est effectivement l'arme intellectuelle des dirigeants des systèmes pour intégrer des points de vue ou des pensées étrangères à leur système. Le mariage des cultures aboutit à un savoir global capable d'assurer le développement durable de l'humanité, savoir dans lequel il y a complémentarité entre savoir intellectuel produit par l'esprit humain et savoir spirituel tiré de l'initiation. Il y a alliance de ce qui dans un système de pensée reste des contraires inconciliables. Par exemple la médecine scientifique ne rejette plus et ne condamne plus les guérisons spirituelles lors d'expériences aux frontières de la mort. Au contraire, elle cherche à utiliser toutes ces sources de progrès pour guérir. Enfin, l'existence de communautés structurées en fonction des générations permet aussi la transmission du monde d'une génération à l'autre alors que les systèmes de pouvoir murés dans leurs utopies ignorent cette dévolution naturelle d'une génération à l'autre malgré que dans la réalité, elle n'a jamais cessé d'avoir lieu.

La fraternité suppose un partage de biens ou de services liés à l'intimité de notre existence humaine. Comment cette fraternité républicaine peut-elle sortir de sa fiction lorsqu'elle impose une liberté de conscience emmurée dans l'esprit de la personne qui l'exerce, lorsqu'elle refuse d'organiser le partage de la parole déduite de cette liberté de conscience ? Comment sur le plan social une fraternité peut-elle se développer sans vivre déjà au niveau communautaire ? Comment avoir la tête à une réussite dans les études ou une vie professionnelle et sociale lorsque vous devez chaque jour affronter des conflits familiaux ? L'immobilisme actuel repose en partie sur cette incapacité à traduire les aspirations individuelles dans des communautés initiant  des évolutions ou des ruptures avec des ordre de pensées archaïques. Le référendum d'initiative populaire consacre cette expression d'une communauté vis à vis de l'ensemble des citoyens et ce n'est pas pour rien que cette réforme n'a jamais été adoptée dans nos constitutions et que la seule réforme envisagée sur ce point concerne des référendums d'initiatives locales sur des sujets locaux ne pouvant pas devenir nationaux. Nous en restons ici à une transposition du mécanisme de la loi Waldeck Rousseau de 1884 qui reconnaît le syndicalisme et la liberté syndicale mais à condition de rester dans le domaine professionnel et de ne pas aller dans le domaine politique comme si l'intérêt de la classe ouvrière n'avait rien à voir avec l'intérêt commun du pays et pouvait exister indépendamment de lui. 

Mais comment faire pour que ces référendums locaux ne développent pas davantage les particularismes locaux ? Nous vivons l'époque du " Sam suffit " triomphant avec un repli sur le niveau individuel, le seul dont les citoyens peuvent profiter tant l'état à travers ses monopoles dicte sa loi dans la gestion collective de l'intérêt public et impose ses lubies pour défendre les intérêts de sa classe dirigeante. Ce triomphe du " Sam suffit " est une des origines majeures de la déprime collective de la société française depuis les années 1990. Malgré le constat d'échec des politiques économiques et sociales de plusieurs gouvernements de droite comme de gauche s'ingéniant toutes à maintenir à flot un système de pouvoir obsolète, les citoyens se cantonnent sur le niveau individuel, sur ce qu'il reste dans nos institutions républicaines d'éléments du premier contrat social : le droit absolu à jouir de sa propriété privée. Cette déprime collective est bien l'inverse de ce que prétend la fiction de la fraternité républicaine. En effet comment nourrir la fraternité quand il n'y a rien à partager ? Comment vivre content dans une société qui ne parvient pas à fabriquer de nouvelles normes de vie communes, à fabriquer de cette éthique chère aux philosophes, à faire naître de nouvelles raisons de vivre et des espoirs collectifs à la suite des poètes qui en montrent cependant le chemin ? Permettez au poète de ce site web de citer un autre poète, André Breton : " il m'importait trop de vous entendre un jour répondre en toute innocence à ces questions insidieuses que les grandes personnes posent aux enfants : "avec quoi on pense, on souffre ? D'où vient la nuit ? " Aujourd'hui, il importe à moi de poser la question : " avec qui on partage ? avec quoi ?"

 

La principale voie de fraternité repose sur notre dimension spirituelle. Nos systèmes de pouvoirs civils et religieux pour défendre leurs dogmes rejettent cette dimension spirituelle. Dans ce rejet et ce tabou prononcé sur la spiritualité repose les échecs de nos sociétés à être fraternelles ainsi que la source de nos guerres incessantes pour la domination d'un système de pouvoir sur ceux des voisins. La fraternité suppose bien sur l'abandon de nos systèmes de pouvoir.

proposition 4 : la démocratie et la République ne reconnaissent pour sujet de droit que l'individu.

seul l'individu est sujet de droit. L'honneur de la république et des institutions publiques est de donner à l'individu tous les outils, tous les instruments de sa propre émancipation. C'est mettre à sa disposition le meilleur de la culture universelle. Celle-ci est comme la mémoire de l'humanité déposée dans les oeuvres, et dont l'école a pour grande responsabilité de transmettre effectivement l'acquis aux jeunes gens qui lui sont confiés. Et le conférencier de citer une phrase d'un grand penseur de l'école : " l'école, c'est le lieu où l'on apprend ce que l'on ignore pour pouvoir, le moment venu, se passer de maître ". La finalité de l'école est de délivrer l'individu. Cette conception de l'idéal laïque est une conception d'autant plus exigeante qu'elle place très haut l'idéal humain d'accomplissement par lequel elle vise la citoyenneté.

réfutation :

que l'individu doive se libérer de sa condition humaine et qu'un apprentissage est indispensable pour favoriser cette libération, c'est aussi notre propos. Seulement le système de pouvoir et le système scolaire de ce pouvoir n'y sont jamais parvenus et à la place de libération, il ont cycliquement envoyé la jeunesse au massacre sur les champs de bataille tant ce pouvoir devait défendre ses propres intérêts face à d'autres systèmes de pouvoir.

La libération pour nous a une raison bien précise : se soustraire aux dogmes et aux systèmes de pouvoir qui défendent les intérêts de leurs minorités dirigeantes en exigeant l'obéissance des majorités silencieuses ou ignorantes. Le savoir est bien le socle de cette voie libératrice mais il faut écarter cette fiction d'un savoir ou d'une culture universelle. Entre cette culture universelle qui est l'idéal humain le plus élevé et le mariage des cultures assuré par l'organisation en réseaux de nos sociétés, Il y a une grande différence.

Nous rappelons que le rôle du pouvoir lorsqu'il exerce sa délégation d'autorité reçue du peuple est de sélectionner les règles qui vont minimiser la violence individuelle et collective. Ce pouvoir va prononcer des interdits et des tabous. Certes la culture universelle après l'œuvre des différents pouvoirs peut se concevoir comme parfaitement pure de tout germe de violence, de racisme, de discrimination ou d'incitation à la haine. Sous le règne des systèmes de pouvoir, cela n'a jamais été le cas. Les seules périodes où un mariage des cultures a eu lieu, ce fut l'œuvre de communautés utilisant la dimension spirituelle de l'être humain et la voie de l'initiation aux mystères de la vie au delà de la mort charnelle. La république française poursuit dans la défense de son système de pouvoir, l'entreprise de la papauté romaine à savoir l'interdiction de la voie initiatique. La culture universelle qu'elle érige en fiction et en idéal reste une culture bancale, incomplète et mensongère car elle ignore la première source de savoir, justement celle où il n'y a pas besoin de maîtres et qui se méfie des maîtres. Cette première source individuelle et intime résulte de la confrontation de l'être humain avec les dimensions de son existence humaine, sa confrontation avec les mystères de la vie. Elle s'entretient à travers le dialogue de l'âme pour l'âme.

Il n'y a pas à placer très haut l'idéal humain d'accomplissement. Il suffit de reconnaître cette source de savoir en chaque être humain même dans le miséreux, l'inculte comme dans le plus vénérable sage qui rejoint la cabane du pêcheur et isolé du monde, passe sa vie à regarder filer l'eau du fleuve. La question de la culture universelle est artificielle, fabriquée par les élites intellectuels au service d'un système de pouvoir pour conforter ce système dans la cohérence de ses fictions et de ses utopies. La question humaine vitale, basique est bien celle-ci : l'être humain même réduit au savoir intellectuel le plus nul, peut-il ne pas chercher ses raisons de vivre et de mourir, ne pas se révolter et se libérer de sa condition humaine mortelle soit en ayant foi en celui qui vit en lui et lui fera franchir la mort charnelle, soit en adoptant un raisonnement intellectuel qui lui permettra d'écarter cette question de la mort de son corps charnel ? Certes il y a aussi la voie de la non compréhension ou du refus absolu de notre condition humaine, elle mène d'ordinaire à la folie et à la destruction du corps charnel.

La voie initiatique est incontournable. Le système républicain l'enferme dans la liberté de conscience tant il ne peut la contester par des arguments rationnels définitifs. Et nous revoilà en présence de la personnalité morale de la Nation qui oeuvre à l'intérêt public. Certes, certes nous ne contestons pas que sur le plan intellectuel la construction idéologique reste cohérente. Les citoyens sont seuls sujets de droit et c'est par leur délégation de pouvoir à leurs représentants que la nation tire ses pouvoirs. Ceci serait encore acceptable mais qui définit et organise les idéaux républicains ? Ceux qui ont reçu délégation de pouvoir ? Sont-ils tenu de par leur mandat de traduire les volontés de leurs électeurs ? Cela pourrait être admis dans le cadre d'une démocratie représentative semi-directe qui n'attend que des progrès dans les communications et télécommunications, les NTIC pour devenir davantage directe. Depuis 1789, ce n'est pas le cas parce qu'au dessus des citoyens sujets de droits, il y a l'intérêt commun, la raison suprême et toutes ces fictions révolutionnaires mises en place précipitamment pour supplanter les valeurs de l'Ancien régime et offrir au peuple un corps de pensée à adopter pour suivre d'abord une monarchie constitutionnelle puis enfin une république.

Il ne peut y avoir que l'individu comme sujet de droit mais n'y aurait-il pas un objet de droit constitué par l'intérêt public et géré par les dirigeants du système ? Le pouvoir est alors chargé de tout mettre effectivement en oeuvre pour que les sujets de droits s'approchent le plus possible de cet objet de droit. Le droit objectif représente bien les corps de règles inscrits dans nos différents codes juridiques et les sujets de droit jouissent bien de prérogatives pour demander en leur faveur l'application de ce droit objectif ! Dès lors les représentants du peuple peuvent se détacher de leurs mandats électoraux pour s'attacher à oeuvrer dans une meilleure traduction de ce droit objectif élaboré à partir de cet idéal de l'intérêt général. La sanction en cas d'erreur est de se faire battre aux élections pour n'avoir pas su comprendre aussi les vœux de leurs électeurs et l'histoire se répète avec l'autre camp qui lui aussi va chercher à atteindre cet idéal jusqu'à décourager ses électeurs, le résultat final étant le découragement des électeurs des deux camps, la montée de l'abstentionnisme aux élections, la rupture entre les citoyens et la classe politique. Le tout complété par un refus frileux des politiciens de tous bords d'en venir enfin au référendum populaire pour permettre à des citoyens de proposer autre chose comme par exemple l'alternative de l'organisation en réseau... et éviter ainsi ces révolutions et ces troubles civils et militaires dont l'histoire de France est si riche... malheureusement !

Les dirigeants politiques ont su protéger leur pouvoir contre les troubles de la rue de manière à ce que les sujets de droit ne puissent venir aisément contrarier leur travail fondamental de recherche des règles les meilleures pour l'intérêt général ( que certains d'entre eux peuvent même avoir la prétention d'incarner !) Dès lors il est bien clair que les individus sont des sujets et ne sont que des sujets de droit écrasés sous le poids d'un droit objectif idéalisé qui permet à certains de monopoliser la conduite du pays pour défendre leurs intérêts. La fable se poursuit en tentant de démontrer que ces intérêts, leurs fortunes ou leur statut social voire leurs prétentions intellectuelles et dogmatiques sont au cœur du système et lui permettent de se développer... en respectant la liberté individuelle... y compris de celles et ceux qui n'ont pas su apprendre ce qu'ils ignorent pour pouvoir un jour se passer de maîtres et qui donc ont toujours besoin de maîtres et qui donc doivent leur obéir, à eux les élites de la nation qui ont su pousser les exigences de leur apprentissage au plus haut degré pour se voir remettre le droit exclusif de s'occuper de transcrire l'intérêt public en corps de règles.

Dans l'organisation en réseau, cet intérêt public supérieur et idéalisé n'existe pas comme notion objective indépendante de la vie quotidienne des individus. Ces derniers n'ont pas à croire ni à se soumettre à ce genre de fable. Le réseau regroupe des volontaires qui définissent librement leurs objectifs et les moyens pour les tenir. Une fois ces objectifs atteints, ils sont libres d'aller ou non plus loin et ne ils peuvent invoquer aucun droit de propriété pour interdire à d'autres réseaux d'utiliser leur réalisation pour aller plus loin, réaliser d'autres progrès. Notre seul bien sur terre est bel et bien notre liberté, celle d'agir pour franchir de nouvelles frontières, pour construire plus d'humanité, pour rejeter toujours plus fort les dogmatiques et les idéologues de tous poils qui tentent d'imposer leurs systèmes de pouvoirs si ce n'est leurs tyrannies civiles ou religieuses. Où sont alors ces individus sujets de droit ? Derrière les barreaux ou derrières des chevaux de frises et des barbelés si ce n'est déjà dans une fosse commune ou dans la cheminée d'un four crématoire ? Si l'idéal républicain entend ne point vouloir enfermer l'individu dans la différence mais le mettre sur la voie de l'exigence et de sa libération vis à vis des différences de son environnement socioculturel, le fonctionnement de ce système de pouvoir aboutit à un résultat inverse et trop souvent dramatique. Le dérèglement du climat atteint même une dimension apocalyptique mais il est vrai que ce sont plusieurs pouvoirs étatiques qui y ont contribué ! ( dans l'ignorance la plus totale de ce qu'ils faisaient ou permettaient de faire... comme c'est d'ordinaire le cas lorsque le savoir intellectuel n'est pas complété par le savoir spirituel tiré de l'initiation )

proposition 5 : la laïcité est exigeante et se suffit à elle-même

C'est parce que le république est exigeante, qu'elle demande à l'individu de s'affranchir de ses différences originelles pour se fondre dans l'intérêt public, qu'elle est aussi en mesure d'émanciper. Délier l'individu de la limite de son environnement socioculturel, c'est lui montrer l'horizon d'une humanité universelle. Face à cela l'équivoque du communautarisme est grave. Pour libérer l'individu, lui permettre de s'épanouir, la république doit lui donner les conditions de cet épanouissement. Elles sont au nombre de deux : la justice social et une instruction laïque. Victor Hugo puis Jean Jaurès ont porté ce concept de République sociale. Elle permet de jouer le jeu de l'intégration à tous les hommes qui sont venus produire de la richesse en France. L'instruction laïque ouvre ensuite à l'individu les portes de la culture universelle. L'élève, celui qui s'élève, n'est pas conduit à renier ses origines mais à inscrire cette origine dans un cadre de référence, un cadre de savoir qui lui permet de jauger, de sélectionner les valeurs et les savoirs de ce contexte originel selon des exigences de justice et de raison.

La culture, selon l'interprétation humaniste traditionnelle, est le processus qui nous élève au dessus de la nature et nous fait progresser sans cesse en nous élevant au-dessus d'un état frustre dans lequel nous ne sommes pas encore possesseurs de nos potentialités. Ce n'est pas un ensemble statique de traditions dans lesquelles l'individu resterait enfermé. Adopter cette seconde définition en effet est lourde de servitude alors que retenir la première, qui préconise la distance à soi, est riche d'émancipation. Le communautarisme repose sur la deuxième définition et enferme les gens sous le poids des traditions, les empêchant de s'émanciper. Comme le disait Victor Hugo, le droit de l'enfant doit primer sur le droit du père. Le droit de l'enfant, c'est le droit qui fait de lui un être qui a la possibilité de devenir tout ce qu'il peut être. Ce droit de l'enfant s'oppose au droit de la communauté qui veut limiter ce développement au respect des règles ancestrales de la communauté. C'est pourquoi ce droit de l'enfant coïncide avec le droit de l'état, comme le disait Victor Hugo dans son discours contre la loi Falloux. La république est dépositaire des potentialités de tous les enfants et doit avoir pour mission de les faire s'épanouir par une instruction exigeante. La république ne doit donc pas être lâche et elle doit s'opposer à toutes dérives locales menées par des intérêts particuliers et des groupes de pression sous peine de détruire un autre grand principe constitutionnel : l'indivisibilité de l'état. Cette indivisibilité de l'état ne peut pas exister sous la pression de rapports de forces locaux. La république ne nie pas les particularismes mais elle exige des citoyens de les dépasser pour se retrouver dans l'intérêt public commun à tous. De même le savoir, la culture universelle ne peut pas se diviser entre sphère des croyances et sphère des connaissances car les croyances appartiennent au particularisme et au communautarisme alors que les connaissances sont universelles, partageables et communes à tous. L'école laïque ne développe que les connaissances et exclu de parler des croyances. La laïcité se suffit à elle même : la liberté de conscience n'existe que par rapport à un intérêt public commun à tous, du moment que chaque individu choisit dans sa conscience ce qui est le mieux pour contribuer à l'intérêt commun, la république existe et réalise des progrès, nourrit un savoir universel pour le bien de l'humanité.

réfutation :

nous adoptons une définition de la culture différente, plus micro que macro pourrait-on dire. Dans l'organisation en réseau, dans la vie d'un groupe, dans une entreprise, la culture regroupe les normes de vie du groupe. Ces normes s'opposent à celles de règles ou de loi établies par une autorité hiérarchique supérieure et auxquelles il faut obéir. La norme est une règle discutée et définie librement par le groupe pour atteindre les objectifs qu'il s'est fixés. Il est évident que l'adhésion du groupe à ces normes est naturelle, ce qui développe la motivation du groupe dans son travail. Nous avons participé à la mise en place d'une telle culture d'entreprise dans les entreprises où nous travaillons mais très vite, cette culture destinée à développer la motivation et la productivité du travail s'est heurté aux intérêts divergents des actionnaires et les dirigeants pour obéir aux actionnaires ont du mettre en place des plans de licenciements et de réduction de la masse salariale, mesure plus rapide et efficace à court terme pour dégager de la productivité dans le facteur travail. Cette culture d'entreprise a plus servi à mesurer le fossé entre salariés et actionnaires depuis les années 1990 qu'à faire progresser une justice sociale et une émancipation des salariés. Libérer cette culture fondée sur les normes de vie des groupes suppose donc l'élimination des systèmes de pouvoirs fondés, pour le cas des entreprises, sur un droit de propriété individuel sans limites par rapport aux moyens de production.

La distinction entre communautarisme fondé sur une définition de la culture limitée au respect des traditions et communauté appartenant à une organisation en réseau est en effet fondamentale et nous y souscrivons pleinement. Le communautarisme qui cherche à légitimer son action à travers des traditions religieuses ou culturelles n'a strictement rien à voir avec l'élaboration des cultures de groupes et leur mariage dans une organisation en réseau. Une fois de plus, c'est au niveau des moyens qu'il y a divergence.

Pour qu'une personne qui appartient à une communauté dont les traditions l'empêchent d'exercer sa liberté de conscience et son choix personnel de vie, se libère, elle rejoindra dans une organisation en réseau soit une communauté aux mêmes origines mais ne suivant pas ces traditions ou elle créera elle même une nouvelle communauté. Pour contrer le rapport de force inévitable entre une communauté ancienne ou nombreuse et une jeune communauté à l'effectif moindre, il y a le travail sur l'élaboration des règles du troisième contrat, le contrat social qui ouvre le travail communautaire sur la dimension humaine, mondiale, globale voire universelle. Ce travail porte sur l'objet, les buts poursuivis et il comprend bien une part de recul par rapport au vécu de chaque groupe. Il cherche à atteindre de nouvelles frontières, des progrès rendus possibles par l'apport de chaque communauté pour une meilleure justice sociale et la paix. Ce travail se réalise depuis plus d'un demi-siècle à travers les organisations internationales sauf que jusqu'à présent, il dépend exclusivement des intérêts de certains états qui peuvent bloquer ou nier ce travail humanitaire ou à la dimension de l'humanité. L'organisation en réseau supprime cette barrière des états. Le réseau des communautés ou des peuples peut prendre une forme au minimum fédérale, une forme semi directe avec des représentants aux mandats express, voire une forme directe sur certaines questions. En réalité les groupes sociaux, peuples, communautés vont créer entre eux une nouvelle organisation communautaire dont la mission déléguée par le réseau va consister à travailler sur le niveau social afin de marier les cultures et de minimiser les violences au sein du réseau. L'organisation du travail repose sur l'alliance des contraires : la communauté qui émet une initiative doit chercher un groupe à l'avis opposé ou divergent. Le partage et la création d'une norme de vie commune à plusieurs groupes respecte le particularisme de chaque groupe. La richesse provient des diversités d'approches et des diverses solutions capables de nourrir la liberté de choisir sa propre voie, ses propres raisons de vivre, quitte à changer de groupes à l'intérieur du réseau. Nous le répétons, il n'y a pas dans cette démarche recherche d'une synthèse, d'un syncrétisme pour intégrer des éléments particuliers dans un élément général sans venir affaiblir et contredire cet élément général car cette démarche impose une soumission à un groupe, réclame l'abandon de certains éléments particuliers. A terme, le seul choix est d'accepter ou non la soumission au corps de règles dominant. Une fois la synthèse réalisée, le système peut à nouveau se reposer dans un immobilisme de bon aloi pour ses dirigeants.

Cela ne pose aucune difficulté pour une communauté dont la culture est dynamique et progressiste qui s'oppose à une communauté traditionaliste refusant la différence ou l'évolution. Ces deux groupes sont invités à trouver un compromis allant dans le sens du progrès, c'est à dire garantissant une meilleure minimisation de la violence et des risques de conflits civils ou religieux, garantissant l'élaboration d'un savoir global reposant sur un mariage de leurs cultures ou du moins une complémentarité de leurs valeurs. A défaut de trouver ce compromis, ces deux groupes appèlent un arbitrage par d'autres groupes ou par une institution internationale regroupant des experts de la question. L'objectif commun se trouve dans l'exclusion des entreprises fondées sur le droit à un particularisme de dicter ces règles à d'autres groupes ayant d'autres valeurs. L'apprentissage des moyens de libération des êtres humains développe les deux sources de savoir : la source initiatique tout comme la source intellectuelle ne pouvant seules ou ensemble revendiquer une dimension universelle, seulement une dimension humaine, dimension comprenant notre condition terrestre charnelle et mortelle ainsi que les dimensions rencontrées à travers notre cheminement spirituel et qui nourrissent notre espoir de vie après la vie. Ce savoir en restant humain  reste aussi dans l'humilité de notre condition humaine face aux mystères de la vie et il évite à cette humanité de commettre des folies destructrices de la vie et de son environnement. Ceci permet une évolution du savoir humain plus régulière, non remis en cause par l'ignorance ou la folie de certains dirigeants de systèmes de pouvoir qui ont déjà fait régresser ce savoir de plusieurs millénaires, comme cela est le cas dans notre civilisation occidentale en jetant un tabou sur la source de savoir initiatique et personnelle.

 

En conclusion, l'alternative de l'organisation en réseau parce qu'elle n' a pas recours à des fictions, qu'elle n'entretient pas d'idéaux et qu'elle rejette les utopies inhérentes aux systèmes de pouvoir, est bien l'organisation à la base des périodes florissantes qu'a déjà connu l'humanité. Nous connaissons le grand tord de cette organisation en réseau pour nos minorités dirigeantes actuelles : sa capacité à produire et à répartir des richesses en excluant l'appropriation de ces richesses par une minorité. Nous connaissons aussi la faiblesse des organisations en réseaux : celle de leurs organisateurs qui préfèrent la mort plutôt que d'utiliser les armes pour tuer leurs semblables, celle d'avoir des personnes ayant fait vœux de pauvreté pour gérer la propriété communautaire dans l'intérêt de tous. Ce fut le cas pour les premières communautés chrétiennes comme ce fut le cas pour les chevaliers de l'ordre du Temple mais si ces femmes, ces hommes, ces enfants ont été massacrés par les tyrans et les dirigeants des systèmes de pouvoir utilisant la force militaire pour satisfaire leur soif de richesses matérielles, les témoignages architecturaux sur tous nos continents,  tout comme les oeuvres artistiques de ces civilisations et de ces époques fondées sur des organisation en réseau, témoignent aujourd'hui encore d'un savoir dont nous avons peine à soupçonner l'existence. Ce savoir restera incompréhensible pour qui se limitera à ses seules connaissances intellectuelles même poussées à un stade universel tant qu'il ne les aura pas complétées avec des connaissances tirées de sa propre confrontation et rencontre avec les mystères de sa vie et de sa condition humaine, tant qu'il n'aura pas élaborer son savoir global. Jadis les difficultés de communications, l'ignorance de ce que faisaient les peuples des contrées éloignées rendaient ce travail sur le troisième niveau impossible et pour combler ce manque, ce vide, les peuples les plus cultivés, aux motivations les plus humaines, purent créer la notion d'intérêt public commun à tous car cette dimension existe bel et bien dans l'esprit de qui veut espérer et éliminer les causes de malheur parmi l'humanité. Aujourd'hui nous possédons ces nouvelles technologies informatiques de communication, cette révolution technologique a comme principale conséquence sur le plan politique, économique et sociale de réduire sinon d'éliminer ce recours à des fictions et à des dogmes abscons. Nos bases de données, les groupwares, les workflow de traitements de l'information sont capables de mieux nous faire connaître les uns les autres, de mieux sélectionner qui oeuvre dans l'intérêt commun et qui cherche à maintenir son système de pouvoir sur un groupe en légitimant sa perversité soit par le respect d'une culture ancestrale ou d'une religion devenue archaïque à force de maintenir des dogmes désuets, soit par l'invocation stupide d'un particularisme niant la généralité même de notre condition humaine et le fait que nos rencontres avec l'indicible, les mystères de la vie, se déroulent de la même manière partout sur terre quelque soit l'être humain, quelque soit l'être vivant. C'est ce travail de réduction et d'élimination des fictions et des utopies qui cimentent artificiellement nos systèmes de pouvoir, qui est entrepris sur ce site web afin de faire s'écrouler la cohérence fallacieuse de ces systèmes et laisser place à de nouvelles organisations en réseau. C'est la place que nous voulons occuper parmi les nouveaux révolutionnaires français qui travaillent pour un changement profond des manières de nous organiser en société. Nous supprimons cette fiction de la laïcité pour valider à la place le travail sur les trois contrats sociaux en perpétuel devenir car jamais ils n'atteindront l'universel. Les mystères resteront des mystères, le sort de notre humanité ne dépend heureusement pas de la résolution scientifique de ces mystères. Notre devenir est bien sur terre dans une complémentarité entre nos deux sources de savoir mais notre culture globale restera humaine, complètement humaine pour servir tous les êtres humains. Pour quitter la terre momentanément, quitter notre enveloppe charnelle, établir un dialogue de l'âme pour l'âme, franchir le puits de lumière et obtenir les pouvoir des monde supérieur et double, c'est une autre aventure mais qui ne peut vivre que dans le but de servir son prochain et l'humanité. Cette voie même très particulière ne s'oppose pas à la précédente. Elle vient seulement l'éclairer comme tout éclaireur indique le meilleur chemin pour le groupe dont il fait partie et qui suit à distance derrière lui. Au final, tous se retrouveront ensemble mais pas sur terre, probablement davantage du côté de Shambhala et peu importe le nom de cet endroit où bon nombre parmi nous sont déjà passés pour renaître à la vie durant leur vie humaine.

La distinction communautarisme et organisation en réseau de communautés repose bien sur un choix entre deux conceptions de la culture et de nos raisons de vivre et de mourir. La culture enfermée sous le poids des traditions correspond à un système de pouvoir civil ou religieux despotique et dogmatique : c'est le communautarisme avec son ferment de terrorisme, d'obscurantisme et de refus du partage et d'ouverture aux autres êtres humains, aux autres formes de vie. La culture rassemblant les choix de vie et les manières de vivre et de s'aimer ensemble, est le résultat du travail sur le deuxième niveau de contrat dans une organisation en réseau. Un système de pouvoir luttera nécessairement contre une autre culture que la sienne qui cherchera à imposer ses traditions étrangères et la fiction de la laïcité est un moyen de combattre ces entreprises intellectuelles étrangères au système mais un système ne peut souscrire à la définition dynamique et vivante de la culture que tant qu'elle préservera le fonctionnement de son système et n'aura pas besoin d'être censurée. La laïcité est bien une fiction républicaine dont le but, dans une idéologie empreinte de Jean-Jacques Rousseau et d'autres, est de faire le vide sur le plan culturel et religieux entre les citoyens et la Nation gérante de l'intérêt commun. Elle est bien au cœur des erreurs commises en 1789 et qui depuis, empoisonnent la vie politique  économique et sociale française. Dans cette entreprise, rester sur l'interdit de la voie initiatique prononcé en 320 au Concile de Nicée, lui convient parfaitement pour écraser tout débat entre spiritualité et religion même lorsqu'elle peut admettre que les grands maîtres spirituels ont tous brisé ou fait évolué les religions de leurs époques (et en sont morts pour la plupart !)

L'organisation en réseau à travers ses communautés produit des cultures diverses qui cherchent à se dépasser en permettant des échanges entre ces communautés pour leur enrichissement réciproque matériel et immatériel. Cette culture n'est plus alors un instrument de domination intellectuelle au service d'un système de pouvoir, elle est ce qu'elle ne devrait jamais cesser d'être : un lieu d'échange capable d'élargir les rapports humains dans des communautés toujours plus vastes s'enrichissant de la traduction des une et des autres de tout ce qui restera mystère et pourtant si source d'espoir et de vie pour l'humanité. Malraux l'écrivait : " nous ne savons pas encore ( plus ) ressusciter les morts mais voilà que nous sommes capables de ressusciter nos rêves ", notre espoir et nous ajoutons, parce que nous savons à nouveau franchir les frontières de notre petitesse de condition d'êtres humains et boire à la source de ce qui vit en nous, utiliser notre dimension spirituelle créatrice de liberté. Notre liberté de conscience nourrit des partages au sein d'une communauté mais alors il est clair qu'un système de pouvoir hiérarchiquement supérieur devient superfétatoire et inutile. Ce que nos dirigeants des systèmes de pouvoirs savent très bien dans leur entreprise d'occulter ceci à leurs populations et dans leurs entreprises pour ne pas l'enseigner dans nos universités, nos IEP ou dans les cours d'ECJS des lycées... sauf qu'il y a toujours des poètes pour intervenir et briser ce genre de fables anti démocratiques ou simplement inhumaines et stupidement causes de disputes.

Pour le poète, à la suite de Rimbaud, tout comme pour chaque voyant, ces phrases du poète voyant peuvent être dites et redites  sur les terrasses du temple à l'adresse des défenseurs des systèmes de pouvoir engoncés dans leurs fictions et leurs dogmes au point d'exiler les dissidents qui refusent de penser comme le voudrait le fonctionnement de leurs institutions : " Exilé ici j'ai eu une scène où jouer les chefs d'œuvre dramatiques de toutes les littératures. Je vous indiquerais les richesses inouïes. J'observe l'histoire des trésors que vous trouvâtes. Je vois la suite ! Ma sagesse est aussi dédaignée que le chaos. Qu'est mon néant, auprès de la stupeur qui vous attend ? "

Les religions sont des systèmes de pouvoir tout comme nos systèmes de pouvoir politiques, économiques et sociaux. Que ces derniers pour exister rejettent toute dépendance envers les religions, soit... mais ce ne sont que des querelles entre élites dirigeantes des systèmes de pouvoir pour justifier la légitimité de leurs utopies, ces parts qui ne seront jamais réalisées dans leurs systèmes. Le poète ne peut limiter sa vie aux limites de ces systèmes, il a une autre scène pour construire un savoir global englobant toutes les littératures. Il passe son temps à franchir les frontières qui limitent les hommes dans une petitesse contre nature. Il n'en a que faire du fanatisme religieux des uns et de la laïcité des autres qui cherchent à se prémunir des excès des premiers. L'organisation en réseau repose sur la complémentarité des trois formes de propriété et aujourd'hui nous devons restaurer la propriété communautaire et pour ce faire développer le niveau de confiance parmi les membres des groupes sociaux. Au delà des progrès possible en communication non violente, le développement de la spiritualité a pour vocation de nous permettre de trouver nos raisons de vivre et de comprendre qu'elles sont les mêmes que nos raisons de mourir. L'espoir repose sur le partage de nos raisons de vivre et de mourir. 

Ce partage au cœur de l'organisation en réseau n'a rien à voir avec la défense d'une laïcité et l'exclusion des tentatives communautaristes qui inévitablement cherchent à déstabiliser tout système de pouvoir lorsque les exclus du système montent leurs réseaux de résistance face au système. Lorsqu'un système de pouvoir s'organise pour gérer la dimension spirituelle de sa culture en l'organisant comme un commerce de biens et services religieux le plus matérialiste possible, alors l'initié, celui qui a achevé son involution et commence son évolution humaine, peut se présenter dans le temple et en chasser les marchands.... et si un jour cela fut fait dans le temple de Jérusalem, ceci concerne aussi tous les autres lieux de culte où pour marchander des bénéfices religieux, des prêtres-marchands imposent l'obéissance à des rites qui n'ont rien d'une quête spirituelle mais bien d'une marque d'obéissance à un système de pouvoir religieux ou politique. Lutter contre ces fanatiques religieux avec la fiction de la laïcité ne peut mener bien loin. Il faut rentrer dans le temple et en chasser les marchands. Le rationalisme scientifique ne prépare guère à ce genre d'ouvrage, nier le divin ne sert à rien sur ce point ! Il faut posséder une foi capable de renverser les montagnes... et les étalages des marchands du temple ! Non pas pour exclure une religion et en mettre une autre à la place mais pour briser toute religion qui se présente devant vous, casser ses dogmes abscons, remettre en lumière la part de spiritualité présente à ses origines et marier celle-ci aux autres traductions spirituelles des autres groupes sociaux. 

La laïcité défend un système de pouvoir politique, elle ne constitue pas une base capable de marier les cultures. Nous souhaitons supprimer la fiction républicaine de la laïcité non pas pour libérer les tentations communautaristes et donner raisons aux mouvements de résistance contre nos systèmes de pouvoirs mais bien pour faire entrer dans la pratique le mariage des cultures, chacun quittant ses anciens dogmes, ses anciennes traductions des mystères de la vie pour élaborer un savoir global toujours plus nouveau, plus humain, capable de rassembler un partage entre des groupes toujours plus nombreux car au départ le contrat interpersonnel entre deux êtres humains est toujours le même, l'amour humain se nourrit des mêmes sources, les gestes d'amour les plus intimes et les plus profonds sont toujours les mêmes et portent le même espoir de vie.

La spiritualité apporte une réponse claire et nette face aux manœuvres des religions pour imposer leurs systèmes de pouvoir sur tous les plans de l'organisation aussi bien politique qu'économique et sociale.

 

pour compléter cette page, nous copions ci dessous deux interventions de Pierre fin novembre 2003 sur le forum de www.e1789.com :

1er message :

Ce sont les maîtres spirituels qui ont brisé les religions de leurs temps pour apporter un progrès, une libération dans la condition humaine de leurs contemporains et jamais un dirigeant d'un système de pouvoir politique. Ces derniers ne savent faire que de la récupération, du syncrétisme, de la synthèse pour intégrer de force un mouvement dissident dans le fonctionnement de leur système de pouvoir.

La laïcité est une fiction républicaine destinée à faire le vide entre le citoyen et la nation pour tenter de nous protéger des guerres de religion, tout comme sur le plan social le décret d'Allard et la loi le Chapelier ont fait le vide entre le citoyen et la nation ce qui a provoqué la misère de la condition humaine tout au long du 19ème siècle, voire aujourd'hui encore.

Sur le plan religieux, il ne suffit pas de vouloir interdire, il faut briser une religion, lui enlever les dogmes et le corps de savoir rationnel construit pour développer ce système de pouvoir.

Toute religion a dans ses fondements une part de spiritualité originelle qui provient d'une confrontation d'êtres humains avec les mystères de la vie et de la mort. Mohamed a été confronté à ces mystères et sa parole vaut d'être écoutée tout comme celle des autres maîtres spirituels mais comme à chaque fois, il faut la distinguer des corps de règles que ses disciples ou les dirigeants suivants ont établis pour échafauder un système de pouvoir religieux. En 320 au concile de Nicée lorsque l'empereur romain est devenu le chef de la religion chrétienne, l'interdit a été posé sur l'organisation en réseau des premières communautés chrétiennes, organisation incontrôlable par un pouvoir central. Pour se développer les dirigeants chrétiens de cette époque ont préféré un système de pouvoir centralisé et militarisé. Les descendants de Mohammed feront pareil et les mouvements spirituels qui ne sont pas devenus des pouvoirs religieux impérialistes sont très rares.

C'est au niveau de ces racines spirituelles que l'actualisation d'un partage de démarches spirituelles doit se faire, que le mariage de nos cultures se réalise car notre livre des morts et du passage à l'autre vie est le même chez tous les peuples de la terre

Reste à éliminer chez nous cette entreprise rationnelle qui s'est faite le champion de la négation de la vie après la vie. Tant que notre laïcité républicaine ira de mèche avec le rationalisme scientifique qui rejette la vie après la vie, la laïcité restera une fiction très difficile à appliquer et devant laquelle des religieux cherchant à étendre leur système de pouvoir ne reculeront pas.

Au lieu du glaive de la justice et de la loi, brisons l'interdit qui sévit en Europe depuis le concile de Nicée (an 320) sur la source de savoir initiatique.

Tant que nos politiciens, à la suite des empereurs de Rome après 320, se serviront de cet interdit pour croire museler le pouvoir religieux qui leur fait concurrence, nous ne sortirons pas de ces guéguerres de religions à répétition.

nous, sur fileane.com, regardons d'une manière attristée ces querelles éculées et la myopie des dirigeants de nos systèmes de pouvoir civils et religieux et nous travaillons à une autre organisation humaine bien plus soucieuse de faire fructifier les enseignements tirés de la première source de savoir, source personnelle et intime qui n'a pas besoin forcément de maîtres et de dirigeants extérieurs à notre espoir, à nos raisons de vivre et de mourir.

Chaque période de l'humanité a connu des religions rétrogrades assises sur des dogmes erronés et criminels et la religion catholique s'est distinguée à plusieurs reprises par son fanatisme. Aujourd'hui c'est incontestablement la religion musulmane qui nourrit le fanatisme religieux. Aux initiés de briser ces dogmes et de faire évoluer la part de spiritualité à la racine de l'enseignement musulman... Ce travail a été fait jadis au Mont Cassin, à Cluny, mais aussi à Tolède et dans d'autres centres culturels arabes, il n'est pas perdu et nous pouvons aller beaucoup plus loin. Il y a toujours une religion à briser avant une autre de part le monde. Interdire, c'est facile et ne mène à pas grand chose mais il est vrai que s'il faut d'abord reconnaître la source spirituelle de notre savoir... en France aujourd'hui et se dire qu'il y a toujours des poètes et des initiés sur le sol de notre beau pays... et qui briseraient vite fait également au passage les dogmes politiques et surtout économiques de notre système de pouvoir "libéral" ?

 

 2ème article : en réponse à un internaute qui en lisant le mot initiation, nous a pris pour un franc-maçon jacobin quelque peu énervé de ne pouvoir museler facilement des mouvements religieux.

 

l'initiation ne se limite heureusement pas à la pseudo initiation des francs-maçons .

 il y a surtout les expériences de mort immédiate, les Nde, le dialogue de l'âme pour l'âme dont parlent Rimbaud et les poètes, le Samadhi des bouddhistes, la baraka, les récits sur la lumière d'un au delà.

Cette traduction des mystères se partage dans des groupes organisés en réseaux et le message porte sur une humanité qui n'a rien à voir avec un systèmes de pouvoirs civils et religieux aux mains d'une minorité dirigeante qui s'enrichit au détriment des peuples.

C'est pourquoi ce message a toujours fait l'objet d'une récupération systématique par les dirigeants des systèmes de pouvoir en dogmes religieux capables d'être imposés à des peuples. Cette récupération se complète d'une interdiction de la voie initiatique personnelle qu'un système de pouvoir ne peut contrôler. C'est bien notre situation actuelle en occident.

C’est de cette lutte entre système de pouvoir et organisation en réseau dont nous parlons sur notre site www.fileane.com. Les francs-maçons, à notre connaissance, défendent le système de pouvoir républicain. Nous ne sommes pas de leurs côtés ni de celui des sectes qui tentent d'imposer leurs dogmes et leurs gnoses dans d'autres systèmes religieux fanatiques.

Certes l'éducation laïque de notre pays nous a fait oublier la réalité de la source initiatique de savoir ou l'a rendue si confuse qu'il est fréquent de ne dire par ignorance, que des bêtises lorsque l'on évoque ce sujet.

Sortons de cet interdit. Pour briser les dogmes d'une religion, nous touchons forcément aux dogmes et valeurs des systèmes de pouvoirs, c'est la même racine, les mêmes méthodes pour imposer des règles à une majorité de gens. Parce que la laïcité protège un système de pouvoir civil, elle protège qu'elle le veuille ou non les systèmes de pouvoirs religieux, d'où son embarras séculaire. Éliminer l'un c'est s'éliminer soi-même, nier sa propre organisation.

La parole tirée par les êtres humains de la rencontre avec les mystères de la vie est ni modeste ni ambitieuse, elle est ! Elle fait partie des tréfonds de l'humanité. A nous de la gérer autrement que dans des organisations en systèmes de pouvoir dirigées par des minorités et des élites au service de leurs propres intérêts de dirigeants d'un système de pouvoir.

Vouloir régler le cas d'un système de pouvoir religieux particulièrement fondamentaliste nous renvoie aussitôt aux autres systèmes de pouvoir religieux plus ou moins actifs ou en sommeille. Et les dirigeants des systèmes de pouvoirs n'en ont pas fini avec leur propre sinécure !

 

         

   

le développement spirituel       english translation