TRAVAIL, ŒUVRE, ACTION POLITIQUE : VITA ACTIVA
pour
un développement actif de la vie et des réseaux de vie
Sur notre site fileane.com, le fil conducteur du développement de l’organisation en réseau repose sur les trois niveaux de travail ou les trois contrats qui fondent l’organisation en réseau ( ou tout simplement un groupe humain organisé et pas encore dominé par un système de pouvoir ) : le niveau interpersonnel, le niveau commun à un groupe, le niveau social qui organise les échanges entre les groupes. Ces trois niveaux de travail génèrent trois formes de propriété : individuelle, commune, collective. Notre société industrielle d’économie libérale capitaliste a choisi de privilégier la propriété individuelle, d’interdire la propriété commune ou de la limiter le plus possible, sachant que la propriété collective gérée par l’état ne peut que venir défendre et favoriser la propriété individuelle des agents économiques, en particulier celle des possesseurs des moyens de production sur qui pèse la mission de produire les biens matériels capables de satisfaire en partie les citoyens et de ce fait, d’éviter l’explosion sociale.
Cette propriété individuelle, acquis de la révolution de 1789, à travers le développement industriel a fait naître la condition sociale du salariat et la généralisation du statut de salarié est devenu le moteur de notre économie capitaliste : le choix et la possibilité d’échapper au salariat n’existe plus et le statut de travailleur indépendant signifie le plus souvent précarité et incertitude de revenus lorsqu’il ne s’agit pas de professions libérales servant l’intérêt du pouvoir en place ou neutres par rapport à lui. Le citoyen doit rentrer dans le moule, trouver sa place dans le fonctionnement du système sachant que selon le principe d’efficacité qui gouverne ce système, le titulaire d’une fonction doit quitter sa place dès que cette fonction devient inutile ou non rentable et ce, sans avoir droit d’office à une autre place. S’enrichir passe par l’utilisation du travail de ses salariés, surtout si l’on peut réduire le coût de ce travail et n’utiliser que le capital technique source d’amortissements financiers. Comme l’indique J. Freyssinet, le chômage est bien la conséquence de la généralisation du salariat car celles et ceux qui en sont exclus ne peuvent plus trouver d’autres sources de revenus à travers d’autres relations de travail. Cette restriction abusive dans l’emploi de la notion de travail fait naître depuis longtemps une contestation mais celle-ci peine à trouver une solution capable d’assurer une nouvelle période de développement florissant et de plein emploi, de réduction de la misère et d’épanouissement général.
Parmi
toutes ces contestations, nous en retenons une qui est très proche de nos
positions : celle de Hannah
Arendt. Nous n’allons pas reprendre ici toute
sa philosophie mais aller à l’essentiel pour montrer l’avancée de cette
pensée, ses limites et comment de notre côté nous franchissons ces limites
dans le cadre d’une organisation en réseau. Jusqu’à présent ces
philosophes sont restés dans le cadre de systèmes de pouvoirs. Ils n’ont pas
contesté ces régimes politiques plus ou moins démocratiques. Un poète ne se
limite pas à ce cadre institutionnel et peut mieux poser le débat à travers
le choix entre ces deux grandes manières d’organiser la vie en société :
vivre dans le cadre d’un système de pouvoir ou bien vivre en développant un
réseau de vie et une culture capable de répondre à nos raisons de vivre et de
mourir. Pour un poète ce choix atteint un paroxysme effroyable lorsque des
dirigeants d’un système de pouvoir ordonnent à leurs citoyens d’aller
combattre et mourir au front dans des guerres aux intérêts étrangers à ceux
de la population : détruire un empire, conquérir de nouvelles ressources
sur de nouveaux continents, imposer par les armes une idéologie quelconque et déjà
criminelle, participer à un génocide au nom d’idéologies purificatrices
abjectes, etc. Mais l’occupation d’un poète ne se limite pas à dire
« Non », en particulier aux seigneurs de guerre et aux faiseurs
d’injustices et de crimes économiques et de crimes contre les personnes. Il
sait aussi sur quelles braises souffler pour raviver la flamme de l’espoir
dans l’humanité car le souvenir des peuples qui édifièrent des
organisations en réseau reste indélébile tant leurs chefs d’œuvre sont
encore souvent aujourd’hui inimitables. Hannah Arendt n’a pas caché que la
source de sa réflexion se trouve dans l’organisation du travail de la Grèce
antique. De cet exemple, elle propose l’expression « vita activa »
pour désigner trois activités fondamentales : le travail, l’œuvre et
l’action. Nous suivrons chacune d’elle pour décrire la position et les
critiques d’H. Arendt puis nous exposerons la nôtre. Nos propos ont ici pour
but de sortir nos concitoyens de la morosité et de la sinistrose ambiante qui
correspond à une fin du système de pouvoir économique capitaliste ou libéral.
A force de trop vouloir théoriser sur des notions déshumanisées ne servant
que la maximisation d’un profit réduit à n’être que financier, les
lacunes de ce système de pouvoir appèlent une nouvelle conception de la place
de l’être humain dans l’organisation d’une société, une nouvelle définition
de nouveaux rapports entre les êtres humains et le travail producteur de
richesses et de bien vivre matériel et spirituel dont ils sont capables.
Dans
« La condition de l’homme moderne » H. Arendt s’attaque au problème
du travail et de sa place dans la hiérarchisation des activités humaines. Ses
analyses inspirent largement les ouvrages récents sur la fin du travail. La
philosophe s’en prend à Marx pour élaborer son propos comme nous, nous nous
en prenons à Hannah Arendt pour développer les nôtres. Elle nous servira d’éclaireuse
avant de tracer notre propre chemin vers une organisation en réseau de nos sociétés.
Elle écrit : « Plus proche, également décisif peut-être, voici un autre événement non moins menaçant. C’est l’avènement de l’automation qui, en quelques décennies, probablement videra les usines et libérera l’humanité de son fardeau le plus ancien et le plus naturel, le fardeau du travail, l’asservissement à la nécessité. Là, encore, c’est un aspect fondamental de la condition humaine qui est en jeu, mais la révolte, le désir d’être délivré des peines du labeur ne sont pas modernes, ils sont aussi vieux que l’histoire. Le fait même d’être affranchi du travail n’est pas nouveau non plus ; il comptait jadis parmi les privilèges les plus solidement établis de la minorité. A cet égard, il semblerait simplement qu’on s’est servi du progrès scientifique et technique pour accomplir ce dont toutes les époques avaient rêvé sans pouvoir y parvenir ».
voir
: http://perso.wanadoo.fr/denis.collin/Arendt.htm
Laissons
de côté la querelle sur le point de savoir si les égyptiens dans l’antiquité
la plus haute utilisaient ou non des esclaves, notamment pour bâtir des
pyramides. Pour nous la réponse est négative. Par contre, même si le paysan
des bords du Nil, lors des inondations, se mettait à peindre avec raffinement
les hiéroglyphes, il est clair que ces sociétés vivaient sur un clivage
social fondamental entre le groupe social astreint au travail de production des
biens alimentaires et matériels indispensables à tous et le groupe des privilégiés
occupés à la réalisation d’œuvre ou à la conduite politique des
institutions. Ces sociétés ne savaient pas faire autrement pour assurer la
survie de leurs peuples. Le contrat social dans cette organisation repose sur
les hommes libres, libérés de la contrainte du travail. Ils doivent savoir
user judicieusement des travailleurs s’ils veulent conserver leur temps libre,
leur loisir au sens noble (la skolé), pour la philosophie et la vie publique.
Dans ce contexte, la liberté n’est possible que lorsqu’on mène une vie libérée
de la contrainte du travail. Cette idée servira aux classes dominantes pour
conforter leur pouvoir de classe. Ce pouvoir reposera idéologiquement sur le dénigrement
du travail, ignoble par nature. Les pouvoirs civils et religieux vont utiliser
abondamment cette première division de la société pour conforter l’idée
d’une classe dirigeante et d’un peuple astreint au travail. Certaines sociétés
contemporaines poursuivent toujours cette division sociale en classe : l’Inde
avec la caste des intouchables. Et la question se pose de savoir si certains
dirigeants de nos sociétés économiquement développées, justement pour
renforcer leur pouvoir alors que les chances de faire fortune se raréfient et
que leurs fortunes sont menacées par de nouveaux krachs financiers, ne
s’activent pas pour revenir à une telle situation, créant de nouvelles
aristocraties super privilégiées et dédaigneuses du labeur des autres.
L’intervention du progrès technique et du machinisme est alors ressenti de deux manières :
- pour les tenants de la classe des hommes libres et des philosophes conduisant
les peuples avec ou sans une dictature du bien, avec ou sans un despote éclairé,
la critique d’un monde moderne soumis à la rationalité technicienne sera
facile. Nietzsche et bien d’autres cultiveront cette nostalgie du passé grec
( alors qu’ils ignoreront encore l’organisation première de la civilisation
égyptienne, imparfaitement copiée par la suite en Grèce).
- Pour les partisans du progrès technique et de l’ère industrielle, la machine
rend possible la construction d’une organisation sociale libérée du travail,
d’une société dans laquelle, loin d’être un privilège pour une minorité
dirigeante, le temps libre, la skolé, serait accessible à tous : ce
serait le temps de la skolé pour tous.
Hannah Arendt ne partage pas cet optimiste de la réalisation du temps libre pour tous. Elle prend acte de la société industrielle et capitaliste ainsi que de l’histoire du travail qui mène à la généralisation du salariat et donc au phénomène du chômage. Les salariés exclus du travail n’ont pas le bénéfice du temps libre, ils sont exclus de la source principale de revenus dans notre société et sombrent dans la misère. Pour les salariés, Hannah Arendt constate que le fonctionnement du système de pouvoir économique à partir du principe d’efficacité, définit à chacun une place dans le système. Cette place devient primordiale et tous les autres repères sociaux disparaissent devant elle : l’être humain se définit par la place qu’il occupe dans le système de pouvoir économique, sa dimension politique, culturelle et sociale devient secondaire voire superflue. De ce fait, prisonnier du système, tant qu’il utilise son énergie et son intelligence pour garder sa place ou pour obtenir une place meilleure dans ce système, il se prive des moyens pour réaliser des œuvres ou pour participer à l’action politique et faire progresser la société dans laquelle il vit. Il ne se libère pas, au contraire il renforce sa dépendance à un système qui le condamne à servir d’autres intérêts que les siens.
En
ce sens , ce passage de la philosophe : " L'époque moderne
s'accompagne de la glorification théorique du travail et elle arrive en fait à
transformer la société tout entière en une société de travailleurs. Le
souhait se réalise donc, comme dans les contes de fées, au moment où il ne
peut que mystifier. C'est une société de travailleurs que l'on va délivrer
des chaînes du travail, et cette société ne sait plus rien des activités
plus hautes et plus enrichissantes pour lesquelles il vaudrait la peine de
gagner cette liberté. Dans cette société qui est égalitaire, car c'est ainsi
que le travail fait vivre ensemble les hommes, il ne reste plus de classe, plus
d'aristocratie politique ou spirituelle, qui puisse provoquer une restauration
des autres facultés de l'homme. Même les présidents, les rois, les premiers
ministres voient dans leurs fonctions des emplois nécessaires à la vie de la
société, et, parmi les intellectuels, il ne reste plus que quelques solitaires
pour considérer ce qu'ils font comme des œuvres et non comme des moyens de
gagner leur vie. Ce que nous avons devant nous, c'est la perspective d'une société
de travailleurs sans travail, c'est-à-dire privés de la seule activité qui
leur reste. On ne peut rien imaginer de pire. "
Bien avant que l'expression soit à la mode, Hannah Arendt peut apparaître, ici, comme la véritable théoricienne de "l'horreur économique". Elle perçoit, avec un sens très aigu de la réalité historique, que le développement sans fin de la base productive du mode de production capitaliste, loin de mener au bonheur et à la satisfaction des besoins dans une société de loisirs et de consommation, ouvrira au contraire la voie à une crise qui ne sera pas seulement une crise économique classique mais une véritable crise de la vie humaine elle-même.
Sur notre site, à travers l’histoire du travail, nous avons montré comment notamment en France, le pacte républicain s’est noué entre salariés, employeurs et l’état après 1860. La pacification de la vie sociale s’est faite à travers le choix d’écarter les querelles politiciennes, monarchistes, religieuses ou morales pour préférer un système de production de biens matériels capable de satisfaire les besoins élémentaires des individus. Ce choix de la société de consommation n’a permis que quelques périodes de croissance forte et régulière, uniquement après des guerres mondiales lorsqu’il a fallu reconstruire des continents entiers. Autrement « l’horreur économique » qui aliène l’être humain au travail sème le mécontentement, la démotivation voire la révolte devant tant de gâchis des ressources humaines et financières. A la suite d’économistes tels qu’Alfred Sauvy, Rifkin et de biens d’autres, nous savons que nous vivons la fin du déversement social et que l’ouverture d’un troisième secteur, d’une économie quaternaire est indispensable pour éviter l’explosion sociale et écarter cette perspective absurde après deux siècles d’industrialisation et de tertiarisation de la société : une société de travailleurs sans travail ! Le financement de ce nouveau secteur, à la charge des états dans un premier temps, représente un défi colossal à la logique de l’économie capitaliste et libérale et la réponse d’une marchandisation à outrance des services relationnels et des services aux personnes dans l’esprit du système de pouvoir actuel mène tout droit à un appauvrissement général des classes moyennes alors que l’avènement de ces classes moyennes peut représenter jusqu’ici un rare succès pour notre système de pouvoir économique avec le fameux ascenseur social qui a pu fonctionner pour deux à trois générations et qui depuis vingt ans est en panne.
En
2005, le comportement des dirigeants français : employeurs, classe
politique, décideurs, s’apparente de plus en plus aux comportements archaïques de la
classe des « hommes libres » de l’antiquité, rejetant la classe
des salariés sans compter celle des exclus du salariat, dans une fin de non
recevoir, un mépris et une fracture sociale qui ressemble de plus en plus à
l’enfermement des salariés dans une astreinte au travail pour conjurer les
contradictions et les insuffisances de notre système de pouvoir économique
libéral dont nos politiciens professionnels ne veulent plus entendre parler
hormis à travers leurs incantations à un libéralisme ultra dogmatique.
La substitution exagérée du capital technique au capital humain, les
politiques de l’emploi que les gouvernements ont du mettre en place pour
accompagner les politiques sociales patronales : mise en pré retraite,
refus de participer à l’emploi des jeunes et allongement de la durée des études
aux seules fins économiques et sociales, désintérêt pour la création
d’emplois de manière à résorber le chômage structurel, investissements
insuffisants et aléatoires, etc., doivent-elles se payer pour les salariés par
les nouvelles contraintes récentes ? Le sort de la classe des salariés ne
doit-il être supporté que par eux seuls et à travers leur bulletin de
salaires ? La question du partage de la valeur ajouté devient-elle
subsidiaire par rapport à la volonté de la classe dirigeante de jouir de ses
privilèges aussi ouvertement et librement que les anciennes classes des
« hommes libres » ? Le salariat doit-il seul s’occuper de
payer la réforme des
retraites, de la sécurité sociale, et la classe
dirigeante avec ses politiciens aux ordres, peut-elle par des politiques plus répressives
qui visent tout le monde tenter de renforcer son pouvoir de minorité en forçant
les citoyens à accepter des mesures au caractère fascisant. Dans une inflation
législative proprement inconséquente le gouvernement de droite actuel agite le
chiffon pour tenter de montrer qu’il s’occupe du malaise social : les
« hommes libres » travailleraient à l’amélioration de la vie en
société et le mal viendrait que les autres n’obéissent pas correctement,
qu'ils refusent la loi universelle de la liberté des marchés, qu’ils ne seraient pas correctement punis pour être obligé de revenir dans
le droit chemin : l’obéissance aux règles de fonctionnement de ce système
de pouvoir, la soumission à ces utopies républicaines mal fondées en 1790 et
par la suite !
N’y
a-t-il pas au contraire, une volonté chez les salariés d’utiliser les méthodes
de résolution de problèmes avec lesquelles ils ont modernisé leurs
entreprises pour se constituer en groupes de résolutions de problèmes pour
intervenir dans la vie publique et éliminer ses dysfonctionnements ? Et
ce, dans le cadre d’une organisation en réseau utilisant entre autre le bon
vieux principe de subsidiarité dont se réclame la constitution européenne ?
Recourant aux divers degrés d’expertise disponible jusqu’à optimiser la
solution et éliminer les dysfonctionnements ou les insatisfactions ? La
question des 35 h est alors symptomatique de ce refus du clivage entre société
« des hommes libres » et société du salariat qui elle même doit
prendre en charge la société des exclus du salariat. Dans le premier cas, pour
arriver à la résolution des problèmes publics, il faut poursuivre la réduction
du travail salarié et arriver rapidement à ces 15 à 20 heures de travail par
semaine dont parlait Keynes dès 1925 et qui suffisent pour permettre à tous la
satisfaction de leurs besoins matériels essentiels. C’est la voie de la démocratie
directe et de l’organisation en réseau qui a côté du travail source de
revenu minimal en monnaie étatique, organise d’autres manières de résoudre
les difficultés de la vie en société, d’autres manières de satisfaire les
besoins économiques et sociaux, d’autres manières de travailler à des œuvres
ouvrant droit à des revenus exprimés en d’autres monnaies ou termes d’échanges
qu’étatiques. La réduction du temps de travail se conjugue alors avec le
développement du temps de la skolé pour tous. C’est elle que nous développons sur ce site web. Dans le
second cas, le salariat doit revenir à 40 heures ou 45 heures de travail par
semaine et au moins à 40 années de travail car sinon il n’arrivera pas dans
le système actuel à subvenir seul au financement de la protection sociale pour
celles et ceux qui ont un travail ou en sont exclus, voire à financer la
protection sociale de la classe des « hommes libres ». Si la classe
dirigeante arrive à s’afficher à la télévision, elle et ses serviteurs dévoués,
les people qui confortent ses valeurs, nous autres nous travaillons sur l’Internet,
sachant que dès aujourd’hui nous pouvons avoir l’Internet sur notre écran
de télévision, il ne reste plus qu’à briser le monopole de diffusion sur
les chaînes de TV. Mais ici nous dépassons le cadre du travail pour toucher à
celui de l’œuvre.
Cette
production se rattache à une dimension de travail de groupe. Volontaires et
cooptés selon leurs compétences et leurs capacités à apprendre, les membres
du groupe de travail se donnent comme objectif la réalisation d’une
production qui sert au développement du groupe et de leur société. En
principe l’œuvre porte un message, elle a un sens qui dépasse le seul besoin
individuel, la seule volonté d’une personne. Le travail pour réaliser une œuvre
est limité dans le temps : une fois l’objectif atteint, le groupe se
dissout et chacun repart dans un autre groupe pour de nouvelles œuvres. Diriger
de tels groupes de travail pour une minorité au pouvoir n’est guère
possible. Au contraire cette minorité dirigeante préférera interdire ces
groupes de travail réalisant des œuvres selon leurs volontés pour en rester
au clivage des classes populaires astreintes au travail et de la minorité libérée
de cette astreinte. Récupérer à son profit le travail des autres est bien
plus aisé que récupérer des œuvres sans lien direct avec les besoins
alimentaires ou matériels nécessaire à la vie quotidienne et guère propice
à une captation dans une propriété individuelle car d’un entretien trop
ruineux pour un seul propriétaire.
Pour
Hannah Arendt, dans l’antiquité, les penseurs négligeaient cette différence
entre travail et œuvre parce qu’ils retenaient davantage l’opposition entre
le domaine public et le domaine privé : l’œuvre faisant partie du
domaine public. Dans la société moderne, elle tente de distinguer l’animal
laborans de l’homo faber. L’homme qui fabrique se distingue de la personne
astreinte au travail pour subvenir aux besoins de la survie. Mais cette
distinction n’existe quasiment plus dans le monde moderne : le travail
qui se complique pour produire des équipements complexes ou des ouvrages
colossaux reste un travail. Cette complexité est acquise grâce à la puissance
des machines et des ordinateurs qui calculent et mesurent tout au millimètre près.
Sans ces technologies, la réalisation de ces objets n’aurait pas lieu. Hannah Arendt
transforme l’opposition entre travail et œuvre en une
opposition absolue entre la nature et le monde de l’homme. Pour elle, la
domination moderne du travail amène une destruction du monde de l’homme et
une remise en cause de son appartenance au monde. C’est l’impasse du monde
moderne à moins d’arriver à restaurer une notion d’œuvre à côté du
travail. Mais la transformation qu’il y a lieu de retenir et que ne retient
pas la philosophe, est celle de la transformation des rapports sociaux : le
travailleur indépendant possesseur de ses moyens de production a disparu devant
la généralisation du salarié moderne contraint de se vendre pour vivre :
il y a eu expropriation du travailleur individuel au profit du capitaliste. Pour
Hannah Arendt, si le monde moderne a réduit l’homme d’action politique et
l’homme de métier au travailleur salarié, c’est la destruction même du
monde qui se profile à l’horizon, à travers le développement d’une société
de consommation. Nous ne retenons pas ce point de vue bien trop rigide et
parcellaire. Visiblement la philosophe, comme d’autres philosophes, reste
prisonnière de son système de pensée face aux systèmes de pouvoirs de nos
sociétés. Elle ne prend pas en compte les périodes de l’humanité dans
lesquelles des groupes sociaux, des peuples ont mis en place des civilisations
organisées en réseau qui se sont caractérisées par la réalisation d’œuvres
gigantesques. Alors que sur notre site fileane.com, nous tenons justement à présenter
ces civilisations et leurs vestiges : Tiahuanaco,
Dendérah et l’Égypte
antique, etc.
Sur
notre site web, nous disons que la suprématie accordée en 1789 à la propriété
individuelle est responsable du développement de la propriété individuelle
des possesseurs des moyens de production et de la disparition de la propriété
commune obtenue par le travail d’un groupe. Sous prétexte d’éliminer
l’influence politique de l’Église romaine, les dirigeants révolutionnaires
de 1789 ont commis l’erreur de concevoir une égalité stricte entre toutes
les formes de propriété individuelle quelles que soient les bases de cette
propriété individuelle : vêtements, maison, terrain, animaux, machines,
usines, etc., cette erreur est la cause de l’uniformisation de la société à
travers la généralisation du salariat. La distinction entre biens de
consommation et bien de production ou d’équipements n’existe pas au regard
du droit de la propriété individuelle : tout est propriété individuelle
et rien qu’individuelle. Sortir de cette impasse consiste donc à corriger les
erreurs de 1789 dans la gestion du droit de propriété pour restaurer le
domaine de la propriété commune, notamment pour les biens d’équipements et
de production résultats du travail de groupes sociaux.
Pour
nous, l’œuvre est le socle de la propriété commune. Travailler pour un résultat
qui sera partagée en commun requiert le sens de certaines valeurs et ces
valeurs n’ont rien à voir avec « l’horreur économique » de
notre société. C’est là le point de séparation entre deux conceptions des
valeurs humaines. Les philosophes, et Hannah Arendt reste fidèle à son école,
conçoivent un monde quasiment sans Dieu ou tentent d’expliquer le monde sans
recourir à l’idée de Dieu et de ce fait ne se pose même pas la question de
la démarche initiatique spirituelle : tout savoir provenant de cette
source est ignoré ou rejeté car non scientifiquement ou philosophiquement
rationnel. Certes cet effort philosophique est louable dans un premier temps
pour briser les dogmes religieux mais n’en rester qu’à ce postulat nous
prive de tout un monde de connaissances et d’expériences, peut-être pas
religieuses mais au moins spirituelles. Le poète est en contact avec les mystères
de la vie, il crée un dialogue de l’âme pour l’âme et découvre en voyant
d’outre-tombe qu’il est devenu, la sur réalité de notre condition humaine
terrestre. Sur ce site nous parlons de nos rencontres avec les mystères et le
point de départ pour Pierre fut bien l’écriture d’un poème qui dérapa
d’une séance de visualisation positive en une décorporation involontaire, état
de perdition auquel mit fin celui qui vit en nous pour l’aider à regagner son
corps charnel. Tout ceci ne sont pas des idées mais des expériences de vie. Éliminer
l’influence des systèmes de pouvoirs religieux est aussi notre but
sur ce site mais rejeter en même temps la démarche initiatique qui représente
notre première source de connaissance est bien l’erreur que font les
philosophes. C’est là une ligne de séparation nette entre philosophes et poètes
et initiés.
La
traduction de cet indicible né de la rencontre avec les mystères de la vie sur
Terre est d’abord réalisée à travers une oeuvre d’art, une production
chargée de sens d’abord hermétique et compréhensible que par son auteur et
quelques initiés à l’art de cet auteur, puis s’élabore une traduction
moins symbolique qui emprunte davantage le langage courant. André Malraux a défini
l’art comme la traduction du divin, des mystères de la vie. En ce sens pour
Malraux, l’art est primordial dans une société, seul l’art est capable de
la faire évoluer vers davantage d’humanité d’où la première nécessité
de sauver les œuvres d’art des peuples qui sont nos aînés sur Terre. La
plupart des personnes qui ont vécu une expérience aux frontières de la mort
ou une expérience de mort immédiate ( near dead
experience), se mettent à écrire
ou à peindre pour tenter de donner du sens à l’expression de ce qu’elles
ont vécu. La relation entre art et œuvre est évidente
même si toute
production artistique seule n’est pas encore une œuvre ou si une œuvre peut
recourir plus ou moins à une dimension artistique dans son élaboration ou sa
forme. Les œuvres civilisatrices dans l’humanité ont été amenées par des
maîtres spirituels et des initiés aux mystères de la vie et de la mort
humaine, par des personnes de foi capable de susciter l’adhésion des autres.
L’œuvre dérange, surtout les groupes sociaux qui n’ont pas participé à
sa réalisation et qui devant elle se mettent soit à la jalouser soit à la
craindre, pensant devoir se soumettre devant celles et ceux qui l’ont réalisée
et ont démontré grâce à elle la supériorité d’un savoir technique ou
d’une volonté politique. L’œuvre d’inspiration spirituelle a aussi
d’ordinaire été récupérée par les pouvoirs religieux et figée dans des
dogmes imposteurs. Imposer à un peuple la réalisation d’une œuvre
chargée d’un sens humanitaire servant le progrès est inconcevable : le
groupe de travailleurs soumis à l’autocratie des dirigeants, au bout d’un
moment va se révolter et tout détruire. Les expériences menées de 1938 à
1952 sur les styles de commandement par Lewin, Lippit et White, ont démontré
ce mécanisme dans la dynamique des groupes. Lorsque chaque groupe se met à élaborer
une œuvre sur un thème commun, certains pensent de suite à une rivalité coûteuse
et dangereuse, voire à une guerre de clans. Cette critique est systématiquement
avancée par les militants des systèmes de pouvoirs qui effectivement se
conduisent ainsi, menant des guerres de conquêtes pour voler les richesses des
peuples voisins. Au contraire, ces réalisations organisées en réseau vont
faire naître logiquement un besoin d’échange et de partage de savoir et de
mise en communs de moyens pour maximiser la réussite de chacun des groupes. Ce
partage est le socle d’une civilisation qui rayonne sur la terre : la
civilisation des mégalithes dans l’antiquité, le temps des cathédrales en
Europe et des longues maisons au bord des Grands Lacs en Amérique du Nord tout
comme le temps de la reconstruction de Tiahuanaco par des architectes de
l’ordre du Temple…
La
confiance qui cimente ces réalisations, nous savons où elle prend source :
dans le premier et deuxième contrat de l’organisation en réseau, en
utilisant la démarche initiatique et la rencontre avec les mystères. Cette
confiance ne se travaille pas à partir d’un but futur, d’une utopie placée
là comme un idéal en partie jamais réalisable. Elle se travaille dans
l’organisation en réseau à partir d’un vécu ancré indélébilement dans
la vie d’êtres humains et qui se partage à travers la production de
relations humaines sacrées. Ce vécu échappe à toute minorité dirigeante
d’un pouvoir civil ou religieux, il développe l’autorité personnelle mais
refuse d’être asservi par des systèmes de pouvoirs aux intérêts contraires
aux valeurs spirituelles, culturelles produites par ce vécu. Ce vécu refuse
d’être capté dans des dogmes capables de conforter un système de pouvoir
dirigé par une minorité ou une élite. C’est aussi la raison pour laquelle
les dirigeants de nos systèmes de pouvoirs civils et religieux ont interdit la
voie initiatique et que cette traduction personnelle des mystères reste encore
tabou actuellement même si des auteurs, des sites web, des poètes et autres
artistes ont maintenant les moyens technologiques de communiquer sur cette démarche
initiatique spirituelle sans censure politique ou économique. Le renouveau de
la spiritualité dans nos sociétés occidentales participe bien de cette élimination
du tabou et de la restauration de la première source de savoir.
Nous
développerons davantage sur d’autres pages de ce site web fileane.com le sens
qu’il est possible d’accorder aux vestiges des œuvres antiques ou
historiques. Dans un premier temps nous pouvons dresser un inventaire des
grandes catégories d’œuvres qui ont éclairé l’humanité :
1)
la préservation d’un savoir sur le cosmos, notre univers, la course des planètes
et les dangers et autres cataclysmes apocalyptiques qui frappent ponctuellement
la planète Terre. Ce savoir préservé particulièrement à travers les Lois
divines et les mathématiques célestes dans le Cercle d’Or de la Double
Maison de Vie du temple de Dendérah, sur les bords du Nil, a été transmis par
les survivants du dernier grand cataclysme qui vit la planète Terre basculer
sur son axe et le soleil se lever là où autrefois il se couchait. Ce savoir
permet de surveiller la course des astres, de mesurer la déformation de la
navigation céleste de la Terre par rapport à la ceinture zodiacale et l’avènement
d’une catastrophe lors du passage accidentel d’une autre planète ou d’un
astéroïde. Le savoir de Dendérah concerne les évènements cosmiques liés au
changement de positionnement de la planète Vénus appelée aussi l’étoile de
la Merica et à l’arrivée sur terre d’habitants de Venus, les ancêtres du
peuple atlante. Ce savoir permet aussi de comprendre la vie de la planète Terre :
la précession des équinoxes, la force de rétrocession qu’emmagasine la planète
terre au cours de sa navigation dans un cycle théorique de 26 000 ans. Ce
savoir fait état des apocalypse qui régulièrement détruisent la vie sur
terre. D’où le choix de fonder un peuple dans une région moins exposée à
ces destructions, d’utiliser la mer comme refuge quand les terres sont détruites
par les séismes et les inondations, d’utiliser les montagnes qui poursuivent
leur soulèvement comme ultime refuge sachant que le poids de ces montagnes tôt
ou tard fera qu’elles sombrement dans le magma terrestre alors que d’autres
terres surgiront.
Autour de ce savoir gravitent ce qui aujourd’hui ne sont plus que les légendes de l’Atlantide, les légendes des dieux ou demi-dieux descendus des hauts plateaux de la Terre sur lesquels, a plus de 4 000 mètres d’altitude, les êtres vivants venus se réfugier sur Terre lors de la destruction de la vie sur leurs planètes originelles, avaient pu trouver des conditions de vie proches de leurs régions d’origine. Ce corps de savoir a été principalement interdit et détruit lorsque l’église chrétienne romaine et le pouvoir temporel papal a voulu imposer le pouvoir de ses dogmes et les prétendues vérités de la Bible, faisant de Jésus un fils de Dieu théologiquement parfait et qui n’avait plus rien à voir avec le fils de Dieu Jésus sorti du temple de Dendérah qui comme les autres initiés, suivant la voie des pharaons et des grands prêtres, celle qui suivirent aussi les étrangers comme Pythagore, les savant grecs, Moïse et tant d’autres, furent capable de parler du mystère de la vie sur Terre, de l’amour de Dieu et de la fraternité humaine à travers celui qui vit en nous et nous fait ressusciter à la vie, celui que la plupart des êtres humains acceptent d’appeler le Christ pour parler de celui qui vit en eux. Cette œuvre fut en dernier celle du mouvement bénédictin et des ordres chevaliers, essentiellement de l’ordre du Temple. L’accomplissement de cette œuvre représente le temps des cathédrales en Europe. Sur le plan politique, elle abouti à l’affaiblissement, voire à la mise à l’écart des pouvoirs et du roi de France et du pape de Rome jusqu’à ce que ces deux pouvoirs s’allient pour détruire l’ordre du Temple puis l’œuvre des abbayes bénédictines afin d’asseoir leur pouvoir absolu. Aujourd’hui, sous prétexte d’éviter un retour de ces guerres de religion ou ces guerres contre la prétention absolutiste d’un roi, la voie initiatique reste toujours interdite. Alors que le rationalisme scientifique de l’ère industrielle ne peut plus cacher ses insuffisances et ses erreurs et qu’aucun contre pouvoir efficace ou qu’aucun mouvement spirituel organisé en réseau n’existe pour contrer les fanatismes religieux et les entreprises fascistes, les retours à l’obscurantisme des replis sur son clan, sur son égoïsme primaire, sur l’opposition de valeurs archaïques pour justifier des prétentions nationalistes ou sectaires.
Chaque peuple conserve dans sa tradition le récit de la Genèse de d’humanité et les récits de la survie des êtres humains à travers les déluges ou les grands cataclysmes même si ces catastrophes naturelles sont moins bien expliquées que chez les égyptiens.
2)
le développement de la voie initiatique pour permettre à chaque être humain,
quel que soit le savoir intellectuel dont il dispose, de trouver ses raisons de
vivre et de mourir. Utilisant le vécu des expériences de mort immédiate, ces
groupes d’initiés développèrent des techniques de décorporation pour
permettre à un initié d’aller chercher les pouvoirs des mondes supérieur et
double.
La
jonction de cette œuvre avec l’œuvre primordiale de la conservation du
savoir hérité des êtres humains venus d’autres planètes, est simple. Ayant
perdu les moyens technologiques et les ressources énergétiques pour partir
vers les planètes où résident d’autres êtres vivants, les survivants et
leurs descendants terrestres peuvent toujours préserver un lien minimal avec
les mondes supérieur et double qui sont communs à tous les êtres vivants doués
en principe d’une âme qui assure la liaison entre la vie sur une planète et
le monde supérieur éternel et originel.
L’obtention
de ces pouvoirs surnaturels permet à un initié dans son évolution humaine de
guérir, se guérir ou guérir d’autres, de voir le monde et les autres selon
le regard de l’amour absolu qui s’est révélé à lui, d’utiliser les
forces du monde double pour au cours d’une guerre vaincre ses adversaires. Ces
pouvoirs sont exposés dans le roman que nous avons mis en ligne sur ce site
web, Pierre et Laurie vont les mettre en œuvre comme autrefois le firent les
pharaons, les druides, les mages et tant d’autres initiés servant la cause de
l’humanité. Le point ultime dans l’utilisation de ces pouvoirs consiste
pour un initié à accepter la mise à mort par des dirigeants criminels d’un
système de pouvoir puis consiste à venir apparaître à ses bourreaux dans son
corps dédoublé pour leur montrer la futilité et le scandale de leur crime au
regard des valeurs spirituelles conduisant le développement fraternel de
l’humanité. En principe ce retour du mis à mort suffit à convertir ces
bourreaux et ces dirigeants criminels à une foi nouvelle dans les mystères de
la vie et de la mort. C’est ce que Jésus réalisa, après bien d’autres
avant lui, sauf qu’il n’y a plus beaucoup d’initiés qui après lui,
s’engagèrent dans une telle démarche spirituelle radicalement libératrice.
Dans notre roman sur ce site web, Pierre s’engagera résolument dans cette
voie. Laurie et les autres membres du mouvement auront bien du mal à comprendre
et à suivre jusqu’au bout le poète, certains vont l’abandonner, voire vont
le trahir.
3)
complémentaire et indispensable pour réaliser les deux niveaux d’œuvres précédents,
les groupes organisés en réseaux vivant de l’initiation spirituelle vont bâtir
des maisons de vie, des édifices plus ou moins importants pour rassembler leurs
membres ou réaliser les moments d’initiation. Parmi ces édifices, se
trouvent principalement :
- le temple qui rassemble des lieux de vie, d’échanges et de formation au
savoir global, des lieux de pratique de ce savoir : observatoire des étoiles,
etc. Au centre du temple se trouve le saint des saints : le lieu où repose
le corps charnel de l’initié parti dans les mondes supérieur et double.
Personne n’a le droit de pénétrer dans ce lieu car il dérangerait l’initié
et l’obligerait à écourter sa mission pour regagner son enveloppe charnelle
et sauver le lien qui l’unit à ce corps charnel. L’ensemble du groupe pâtirait
de l’échec de cette mission car l’initié va disposer de moins de pouvoirs
surnaturels ou d’une foi humaine pas assez forte.
- Les lieux d’initiation :
nous indiquons sur notre site web la technique
de décorporation la plus utilisée : après avoir séjourné longuement
dans un endroit froid et humide voire occulte, la personne est mise rapidement
dans un lieu surchauffé et à l’air sec et à la lumière forte ( plonger ses
yeux dans la flamme d’un feu suffit ). La dilation des bronches provoque la
syncope à l’origine de la décorporation. Les cavernes et grottes sont des
lieux naturels adaptés à cette technique. La construction des pyramides
correspond aussi à ce besoin à côté de leur utilité première :
pouvoir calculer rapidement le déplacement de l’axe de la terre lors du
prochain grand cataclysme ( la pyramide est orientée actuellement exactement
selon les 4 points cardinaux : nord, sud, est, ouest ). Pour l’initiation
à l’amour humain et à l’utilisation constructive de la sexualité pour éliminer
les violences individuelles et collectives, des lieux particuliers dans la
nature peuvent servir sinon les groupes construisent des immeubles adaptés, en
général avec des pièces permettant l’utilisation de l’eau plus ou moins
chaude sortant de terre.
- Les lieux de vie quotidienne : pour la fabrication et la conservation des
biens de subsistance matérielle. Ces lieux servent également à des réunions
de groupe. Ils sont fortifiés pour la sécurité et la défense en cas de
guerre déclarée par des dirigeants de systèmes de pouvoir.
4)
l’œuvre nouvelle crée par une génération et qui vient s’ajouter aux œuvres
transmises par nos aînés. Les organisations en réseau s’enrichissent
rapidement car chaque génération s’emploie à réaliser sa propre œuvre
pour compléter celles transmises par les aînés.
Les
interventions de ces œuvres nouvelles empruntent le plus souvent les mêmes
domaines d’intervention, les mêmes progrès du savoir :
- la mise en œuvre de nouvelles énergies : hydraulique, solaire. Nous ne
savons toujours pas actuellement avec quelle énergie furent produites les
vestiges métalliques remontant aux Atlantes, les alliages des peuples des
Andes, les opérations au cerveau attestées par certaines momies égyptiennes,
etc.
- la mise en œuvre de nouvelles monnaies pour développer les échanges et le
commerce : les égyptiens utilisèrent l’or qui se ramassait « à
la pelle » en Nubie pour échanger avec les peuples voisins, y compris les
celtes du nord de l’Europe. Les Templiers mirent en place de premiers réseaux
bancaires, ils introduisirent le métal argent venu des mines des Andes pour
financer notamment la majeure partie des 80 cathédrales et bâtir plus de 500
abbayes en un siècle uniquement sur le sol français ( alors qu’ils avaient
conquis militairement la Grande-Bretagne, s’était implanté dans toute l’Europe
et dans l’empire inca… sans oublier la Palestine ).
- La découverte de nouvelles technologies de fabrication : la liste est
longue pour celles développés par les moines : forge, vinification du
vin, fabrication de la bière, transformation des aliments, fromage, etc. Ce
travail pour améliorer la nourriture des êtres vivants a un sens évident :
améliorer la santé, éviter les famines, donner une nourriture convenable à
chaque membre de la société et ce, sans développer des magasins pour ceux qui
peuvent payer d’un côté et des centres de secours alimentaires pour les
exclus de l’autre. Tous mangent car il y a du travail pour tous dans le cadre
d’une organisation en réseau ( qui justement ne fonctionne pas sur le
principe de l’exclusion alors que ce dernier reste le principe moteur d’une
système de pouvoir )
5)
enfin le partage de la réalisation des œuvres précédentes amène la
transformation ou l’enrichissement de relations sociales plus pacifiées et
fraternelles, solidaires.
Les
principes moteurs de l’organisation en réseau résident dans l’absence
d’une organisation hiérarchisée. Chacun assume sa part de responsabilité et
celles et ceux qui ont été amenés à assumer les plus hautes responsabilités
spirituelles ou intellectuelles, ne peuvent en tirer un ascendant politique
quelconque. Le mouvement bénédictin et les ordres chevaliers qui vers 1200
–1300 gérèrent 90% de la propriété foncière en France furent dirigés par
des abbés ou des maîtres qui pour être élevés à ces fonctions faisaient vœu
de pauvreté. Le pharaon en cas de disette recevait la même ration que
l’ensemble des membres de la communauté. Certes tout pouvoir aussi démocratique
soit-il au début va se corrompre dans un système dont l’élite dirigeante
aura tendance à abuser de ce pouvoir pour son profit particulier surtout si ces
dirigeants veulent rivaliser de prestige face aux rois et dirigeants des systèmes
de pouvoirs civils et religieux voisins.
L’œuvre
sociale des organisations en réseau utilisant la spiritualité pour développer
la confiance et les liens relationnels se caractérise aussi par l’absence de
groupes d’exclus, par l’absence de catégories de personnes rejetées dans
la misère. La manière de faire est connue : pour préserver le développement
des familles et leur permettre de conserver la propriété de la terre sans que
cette dernière soit éparpillée lors des héritages, les fils venant après
l’aîné soit étaient interdits d’héritage soit s’il était difficile de
les nourrir, étaient confiés au monastère voisin. Ne travaillant plus la
terre de la famille, il travaillait sur le plan intellectuel pour devenir
capable d’aider la communauté comme prêtre mais aussi comme médecins,
architecte, techniciens du bâtiment ou quittaient ensuite le monastère pour
entrer dans le compagnonnage. Les enfants peu capables d'études longues
restaient à l'abbaye et y travaillaient. De même le surcroît de naissance dans une
famille n’était plus synonyme de massacre des bébés nés vivants. Les
enfants une fois nourris par leur mère étaient pris en charge par la communauté
et la servaient tout au long de leur existence humaine. Il n’est pas question
ici de vocation religieuse surtout imposée par un système de pouvoir
religieux. Le jeune peut choisir de rentrer dans l’ordre religieux si sa
spiritualité l’y pousse mais il peut aussi se marier ou rester frère ayant
droit à vivre une sexualité épanouie. L’œuvre requiert bien entendu des
bras et des esprits éclairés pour se développer, c’est elle qui va prendre
celles et ceux qui ne trouvent pas leur place dans la société et ceci non pas
pour les réduire à une caste astreinte aux travaux les plus vils, non, mais
pour les faire participer pleinement à la réalisation de l’œuvre commune,
au développement de la communauté. Écartés du travail de la propriété foncière,
ces personnes étaient appelées au travail intellectuel et spirituel pour développer
le savoir et mettre ce dernier au service de l’enrichissement commun. Cette
pratique qui assura le développement des abbayes entre l’an 500 et 1 500
environ en Europe, est toujours en pratique en Asie parmi les monastères
bouddhiques, lamaïstes, hindouistes, etc. Il est clair que le développement de
la société à la mode occidentale modifie cette organisation mais il est tout
aussi vrai que cette mutation fait apparaître des groupes d’exclus et de miséreux
qui n’existaient pas auparavant.
En
Europe, après 1307 et la destruction de l’ordre chevalier du Temple, la mise
au pas de l’ordre bénédictin, la société a été très vite confrontée à
des calamités aggravées par la désorganisation des réseaux de soin et
d’aides sociales : la peste survint et les organisations royale et papale
furent complètement inefficaces car personne n’avait remplacé les moines et
les chevaliers qui assuraient auparavant ces services sociaux. Lorsque vers
1500, le roi de France et le pape furent obligés de créer des ordres religieux
pour s’occuper des pauvres afin de calmer la révolte populaire, ces ordres
soumis aux dirigeants des systèmes de pouvoir ne purent que prodiguer la charité
aux miséreux sans remettre en cause le fonctionnement de la société, sans
critiquer l’absolutisme du pouvoir royal et du pouvoir papal et prêcher un
retour à une organisation en réseau. Face aux revendications des protestants
pour une lecture sociale des évangiles, le pouvoir royal et catholique instaura
des ordres de bienfaisance à sa solde. Le brave Saint Vincent de Paul s’en était-il
tendu compte ? Les associations d’aide aux chômeurs ou aux exclus qui se
rangent sous la coupe des administrations étatiques s’en rendent-elles compte
aujourd’hui en suivant scrupuleusement les politiques sociales et
fiscales ?
De
même, nous avons ici une porte d’entrée dans la question du choix entre la
formation technique au service de la production matérielle et la formation à
la production d’un savoir capable d’assurer le développement des peuples
dans la dignité de chacun et la paix sociale. Notre système de formation inféodée
à la production de futurs salariés dévoués à la satisfaction des
responsabilités dans leurs postes de travail, n’offre plus de choix. Le choix
originel étant remplacé par la sélection et l’orientation tout au long des
études qui détermine les mérites qui donneront droit aux plus hautes places
dans le système et la garantie que ces personnes ne viendront pas remettre en
cause son fonctionnement sauf pour l’améliorer et accroître ainsi davantage
la domination du système et les risques d’exclusion. La diminution des
emplois salariés et l’échec des créations d’emplois dans le tertiaire
pour tendre vers le plein emploi nous obligent à revoir de fond en comble la
structure de la formation et de l’éducation dans nos sociétés
post-industrielles. Il y place pour la formation à la production de savoirs de
manière à ce que de plus en plus de personnes prennent en charge la résolution
des problèmes de vie dans notre société, prennent la responsabilité de résoudre
les dysfonctionnements de nos systèmes de pouvoirs civils et religieux en développant
des réseaux citoyens de vie. L’œuvre est là, a toujours été là encore
faut-il que la volonté politique y soit aussi.
Il
est clair que le choix entre développer un système de pouvoir ou développer
une organisation en réseau est un choix politique de société.
Pourquoi
nos sociétés ont-elles choisi de s’asservir sous le joug de minorités au
pouvoir ? Hannah Arendt apporte sa réponse : elle distingue dans
l’histoire de l’humanité des âges sombres et des périodes de Lumière
bien plus éphémères et moins fréquentes. Pour elle le totalitarisme est
assombrissement total, car il empêche l’accès des citoyens et de la
population à l’agora de la Cité qui est Lumière. Cette pensée pessimiste
est contemporaine des années 1900 lorsque les penseurs sont obligés de considérer
que plus rien pour le moment ne viendra empêcher l’essor de l’ère
industrielle et de ses utopies matérialistes. L’histoire ne serait qu’un
long processus de dépérissement des forces vitales et d’assombrissement.
Nous
disons sur ce site web que depuis plus de 2000 ans, à partir surtout de
l’empire romain, nous assistons au triomphe des systèmes de pouvoir sur les
anciennes organisations en réseau. Lorsque des dirigeants romains se décidèrent
à piller les richesses de leurs voisins à la force de leurs légions, il est
évident que seules des armées plus puissantes auraient pu les faire changer
d’avis. Les coalitions des peuples organisés en réseau ne purent vaincre
l’organisation militaire du système de conquête romain. Ni Hannibal et les
peuples méditerranéens, ni Vercingétorix et les peuples gaulois ne purent
briser cet appareil de conquête par les armes. Seule l’invasion de peuples
« barbares » y parvint lorsque la société romaine minée par les
abus de pouvoir de sa classe dirigeante et les injustices, se fut considérablement
affaiblie. Il n’y a là aucune fatalité. Il est évident que les dirigeants
des systèmes de pouvoir savent y faire pour défendre leurs privilèges et leur
pouvoir, surtout lorsqu’ils élaborent des idéologies criminelles et
maintiennent les populations dans l’ignorance. Hannah Arendt caractérise
notre époque comme celle du choix entre l’assimilation ou la marginalisation :
se noyer dans le flux de la modernité et de la société capitaliste ou libérale
ou alors devenir un paria. La philosophe opte pour le « Deviens ce que tu
es » de nietzschéenne mémoire et prône le retour à l’action
politique.
Pour
Arendt, la substance même de l’humain est l’action, au sens où l’agir
est la faculté de commencer du nouveau. Il faut restaurer cette capacité
d’inaugurer quelque chose qu’aucun préalable ne peut récupérer et qui est
l’essence même du politique.
«
L’action, la seule activité qui mette directement en rapport les hommes, sans
l’intermédiaire des objets ni de la matière, correspond à la condition
humaine de la pluralité ». Jamais cette pluralité ne doit être perdue
de vue. L’action politique « qui met directement en rapport les hommes »
ne vise même pas à une unanimité. A la fois première et ultime, cette
pluralité humaine, qui n’est jamais sacrifiée à un absolu, interdit même
de concevoir un Bien commun ( sauf à considérer que ce Bien est la pluralité
même ). Mais toute action concertée, toute prise d’initiative en commun ne
suffit pas encore à délimiter la sphère politique. Celle-ci se définit
encore par sa raison d’être : la liberté, cette liberté qui est une réalité
d’expérience révélée dans le commerce des hommes.
Arendt
est très proche de l’organisation en réseau dans laquelle aucun système de
pouvoir n’impose une uniformité ou sous prétexte d’une démocratie, impose
la règle de l’unanimité pour conforter un Bien public. Nous allons au delà
de la pensée d’Arendt pour préciser qu’à la place du Bien public et
de cette utopie des systèmes de pouvoir, nous avons le mariage des cultures et
l’alliance des contraires dans l’organisation en réseau. La liberté pour
nous aussi est une réalité d’expérience révélée dans le partage de la
traduction des mystères. L’initié devient bien plus libre dans sa condition
humaine lorsqu’il entreprend son évolution après avoir rencontré
l’illumination. Cette évolution commence par le partage de contrats
interpersonnels et sacrés puis par le développement d’œuvres et de groupes
sociaux organisés en réseau. Pour l’initié, la liberté représente cette
possibilité nouvelle de gérer son temps de vie humaine ou cette possibilité
de vivre encore ces moments de vie d’après la vie humaine. Dans l’antiquité
des temples d’Égypte, l’initié devenait libre lorsqu’il renaissait,
ressuscitait à la vie et devenait un fils, une fille de Dieu. La liberté est
donc bien la réalité d’une expérience spirituelle qui brise les limites de
notre condition humaine mortelle.
Celui
qui est devenu libre est poussé à agir, est mené au partage de la parole
indicible. Celui ou celle qui aime ne peut vivre en condamnant sa parole au
silence, en privant son regard de la personne aimée. Cette action est bien
entendu politique car elle est productrice de relations entre les êtres
humains. Selon Arendt, le politique ne suppose que le rassemblement
d’hommes égaux décidés à l’action ( c’est la définition d’un cercle
de qualité ou d’un groupe de résolution de problèmes, aujourd’hui, y
compris dans le management d’entreprise ), la puissance qui surgit de ce
rassemblement étant exclusive de tout acte d’allégeance. Nous ne disons rien
d’autre : les groupes organisés en réseau de vie n’acceptent plus de
se soumettre à un système de pouvoir. Lorsqu’un cercle de qualité résout
un dysfonctionnement dans une entreprise, la direction n’a plus qu’à signer
le bon de commande des pièces, des équipements nécessaires à la disparition
de ce problème, elle ne sert plus à rien d’autre !
Arendt
en arrive donc à concevoir une désobéissance civile, non pas dans une lutte
violente contre le pouvoir en place mais comme le fait de minorités organisées
unies par des décisions communes plutôt que par une communauté d’intérêts.
La désobéissance civile ne peut se manifester qu’au sein d’un groupe, dont
la dissidence prend la forme d’un défi public à une politique sur la base
d’un commun accord.
La désobéissance civile ne ressemble donc pas à l'objection de conscience qui
relève de la morale: ce n'est pas au nom d'une protestation de la conscience
individuelle, mais fort d'opinions politiques partagées, qu'on est en droit de
s'en prendre soit à des lois jugées en retrait sur des aspirations
collectives, soit à un gouvernement "engagé dans une action dont la légalité
et la constitutionnalité sont gravement mises en doute" (MV, p. 80-81).
Arendt ne s'inscrit donc nullement dans une tradition qu'on pourrait dire cartésienne
et qui fait du moi un sol ontologique et un foyer de vérité; il n'est pas
question d'opposer une liberté qui siégerait au fond des cœurs aux
tracasseries de l'État, et tout l'accent est sur le pouvoir de la réflexion
plurielle qui ne cherche pas à se protéger du politique, mais à le prendre en
charge par une action à longue portée. Si Arendt propose de
"constitutionnaliser la désobéissance civile" (M V, p.90) aux États-Unis, c'est afin de garantir plus fermement le droit d'association reconnu
de façon trop imprécise dans le premier Amendement de la Constitution américaine,
qui évoque seulement le droit du peuple à s'assembler pacifiquement et à
"pétitionner" le gouvernement.
Cet
éloge de la désobéissance civile n'indique pas à notre sens une
"radicalisation" de la réflexion arendtienne, dont le but n'est pas
d'institutionnaliser la transgression. Il se situe dans le droit fil de la défense
énergique des droits des minorités dissidentes présente dans tous les textes.
Déjà en 1953, en plein maccarthisme, un article affirmait qu'"à cette réalité
vivante (que sont les États-Unis), le dissent appartient autant que le
consent" (17). En outre, les nombreuses clauses restrictives dont est
assortie la proposition de constitutionnalisation témoignent de la prudence
d'Arendt, particulièrement sensible aux dangers d'idéologisation qui menacent
les associations dont elle veut encourager l'action.
Son souci est d'empêcher qu'une majorité, même revêtue de l'autorité de la
loi, puisse imposer une suprématie capable d'étouffer des revendications
concurrentes; mais la manifestation de cette opinion dissidente ne doit pas
entraîner la rupture du pacte, le droit à la dissidence étant consubstantiel
au consentement premier et devant en conséquence être seulement reconnu comme
tel par la loi. Il en va comme si la possibilité de désunion était la marque
d'une appartenance plus profonde.
On voit à quel point Arendt est éloignée du civisme rousseauiste. Il n'existe
pas d'évidence du bien commun; qui s'écarte de la volonté victorieuse ne se
trompe pas et nul n'est tenu d'oublier ses particularités pour se dévouer au
corps politique. De façon plus surprenante, elle apparaît bien peu grecque et
peu kantienne en acceptant qu'un mouvement de désobéissance civile puisse
corriger les lois. Qu'on ne croie cependant pas que la légitimité populaire
prime tout bonnement sur la légalité juridique loin de battre en brèche un
cadre législatif modifiable au gré des circonstances, la désobéissance
civile apparaît plutôt comme une surenchère légaliste qui ne corrige la
lettre que pour abonder dans le sens de l'esprit des lois, en tout cas des lois
de la "République américaine". Par la désobéissance civile, la loi
devient ce qu'elle est !
L’histoire
du roman « D’Éleusis à Dendérah, l’évolution interdite » mis
en ligne sur notre site web peut se résumer à l’histoire d’une désobéissance
civile commencée par sept couples qui se rencontrent dans un club allemand et
qui s’achèvera par une organisation en réseau qui vaincra les systèmes de
pouvoirs occidentaux. Il est clair autant de notre côté que de celui d’
Hannah Arendt que la désobéissance civile ne mène pas directement et inévitablement
au désordre social. Un mouvement de désobéissance civil ne peut se développer
qu’en gérant l’autorité. Sur ce site, nous avons expliqué les notions
d’autorité-pouvoir-commandement. C’est bien dans le cadre de la
restauration de cette autorité que nous nous situons.
La
contribution d’Hannah Arendt que nous retenons encore ici porte sur le
fonctionnement actuel du pouvoir et son utilisation de l’utopie.
« L’utopie se définit traditionnellement comme la construction imaginaire et rigoureuse de la société, qui constitue, par rapport à celui qui la réalise, un idéal total. La politique, quant à elle, se fixe pour but que l’ensemble des membres d’une même société puissent cohabiter du mieux possible. Mais la politique se définit également comme la construction d’un modèle de société permettant d’atteindre au mieux cet objectif. De fait, la politique contemporaine recouvre ces deux dimensions : la pratique de la politique en ce sens qu’elle correspond à la pratique du pouvoir politique vise à assurer une gestion optimale de la société.»
Selon
Annah Arendt, l’action politique diffère de l’ingénierie sociale et
c’est cette dimension qui rend l’utopisme en politique dangereux. Néanmoins,
les utopies politiques, entendues dans leur sens premier, ont peu à peu intégré
le pragmatisme nécessaire à leur réalisation temporelle. Il est donc nécessaire
de voir dans quelles conditions la nature de l’utopie s’oppose à celle de
la politique.
Le
philosophe Alain désigne
justement la politique comme l’art de la gestion des passions humaines alors
que l’utopie tend à vouloir nier leur existence, quand celle-ci s’exprime
à leur encontre. In fine, au-delà des incohérences qui tendent logiquement à
exclure l’utopie de la sphère politique, celle-ci représente donc surtout un
danger pour l’existence même de la politique. En effet, la dimension absolue
de l’utopie la rend totalement exclusive d’une réalisation dans un contexte
politique. Présentée comme un modèle à suivre, l’utopie se caractérise
par un collectivisme homogénéisateur. En ce sens, elle n’admet pas que
l’adhésion à ses valeurs soit partielle. En cela, l’utopie est en général
totalisante, dans la mesure où elle prétend organiser l’harmonie sociale au
moyen d’une théorie générale qui embrasse tous les aspects de la vie
collective et privée
La
dimension définitive de ses normes et de ses principes interdit donc que l’on
puisse y apporter une objection ou une critique. A cet égard, elle ignore les
problèmes suscités par le devenir. En ce sens, la perfection du régime
qu’institue l’utopie implique la fin du politique. En cela, elle va à
l’encontre des principes transcendantaux de la politique moderne et nie la
pratique même de la politique. Celle-ci n’a d’existence réelle que dans
une société dans laquelle les libertés fondamentales d’opinion sont
effectives. Par conséquent l’utopie nie la politique dans la mesure où son
caractère totalisant exclut la possibilité de critiques et de modifications
qui sont pourtant le fondement du débat politique démocratique. Les conséquences
de l’utopie trouvent une illustration flagrante dans les totalitarismes du
vingtième siècle, avec lesquelles elle partage le caractère absolu de l’adhésion
au modèle social. La particularité et la gravité des totalitarismes sont
justement dues au fait que leur application dépasse le cadre de gestion
traditionnelle de l’espace public pour prétendre à une adhésion totale de
l’opinion de tous. En cela, ils ont prétendu faire exploser la barrière qui
sépare débat politique et liberté d’opinion.
Imaginer
un monde future fait appel à l’imaginaire et l’imaginaire est donc un ingrédient
indispensable à la subsistance de la politique. L’ennui dans les systèmes de
pouvoir provient du fait que l’imagination de la minorité au pouvoir devient
le dogme fondateur de son système de direction de la société. Défendre son
système de pouvoir consiste donc à empêcher l’intrusion de nouvelles idées
ou de nouvelles imaginations et donc à interdire le débat démocratique, à
cultiver l’immobilisme protecteur des dogmes fondateurs. La dimension de
l’idéal doit être présente dans le fonctionnement d’un système politique
mais cet idéal n’est plus discutable tant que la minorité dirigeante défend
son pouvoir. « A cet égard, la désaffection actuelle pour la politique
peut être imputée à l’absence de projet novateur. L’importance de
l’utopie est visible dans la désaffection actuelle pour une sphère politique
qui peine à définir un projet susceptible de susciter l’adhésion des
citoyens. En ce sens, une redéfinition de l‘utopie est indispensable, dans le
respect des règles démocratiques ». Nous disons sur ce site web que rien
ne sert de définir de nouvelles utopies pour actualiser nos systèmes de
pouvoir. Il convient bien mieux de quitter nos systèmes de pouvoirs civils et
religieux pour développer de nouvelles organisations en réseau. « Si le
citoyen a toujours besoin de s’orienter dans le territoire de l’inconnu il a
aussi besoin de donner au futur une signification concrète, pour se reconnaître
dans le temps qu’il vit et qui se transforme en présent ». Plutôt que
de souscrire à des utopies qu’il ne pourra pas critiquer, le citoyen, pour
nous, a intérêt à agir dans un groupe pour définir des objectifs réalisables
et résoudre les problèmes de son environnement. Condamné encore à la désobéissance
civile face aux systèmes de pouvoirs actuels, il trouvera dans l’organisation
en réseau le cadre d’un travail sur le mariage des cultures lui procurant
prospérité et paix sociale bien plus qu’en invoquant fébrilement la raison
des utopies actuelles qui par définition resteront toujours la part irréalisable
dans le fonctionnement d’une organisation en système.
Lorsque les utopies n’entraînent plus l’adhésion des citoyens, les dirigeants d’un système de pouvoir en sont réduits à stigmatiser celles et ceux qui n’y croient plus sans poser la question légitime de la cause de ce rejet. Au lieu d’engager un processus de résolution de problèmes, les dirigeants multiplient les lois, tentent d’imposer une discipline et des sanctions nouvelles, se dirigent droit vers l’abus de pouvoir fatal qui soulèvera le peuple et sera la cause de leur remplacement.
Prenons en France l’exemple des dysfonctionnements de la circulation routière dont nos dirigeants en ont fait une source de communication omniprésente sur leur volonté de faire avancer les choses au point de diffuser une nouvelle utopie : faire baisser la vitesse sur les routes par des mesures répressives peu contestables en justice et peu critiquables à travers des associations de victimes de la répression pénale, et ce pour apprendre aux français la discipline et la soumission aux autorités publiques. Alors que la pagaille et l'encombrement de la circulation n'ont jamais été aussi dangereuses et alors que les pouvoirs publics ont besoin de faire rentrer de l'argent dans les caisses vides en cherchant de nouveaux moutons à tondre. Le tout est enveloppé de sentiments généreux : diminuer le nombre des victimes de la route alors que les autres causes de mortalité inacceptables bien plus importantes sont passées sous silence : les vagues prochaines de décès liés au tabac, l'extension régulière du sida, la montée des suicides chez les jeunes et les personnes âgées, chez les chômeurs de longue durée...
Si le but est discutable au regard des priorités réelles de santé publique, les moyens mis en place surtout à travers les radars automatiques sont dangereux pour la cohésion sociale car engendrer des foules d'obnubilés du radar qui savent bien qu'il suffit une seule fois que la route soit libre et l'attention tant soit peu égarée pour dépasser de 10 ou 20 km/h la vitesse prescrite. La faute à ce stade est-elle si grave qu'il faille déclencher l'arsenal judiciaire ou mieux qu'il faille éviter de le déclencher à travers une procédure automatisée de sanction ? Rouler seul sur une route 10 à 20 km/h de plus est-il plus grave que rouler à une vitesse plus faible parce que l'on suit des camions ou des autos sans tenir compte des distances de sécurité, rendant au moindre freinage brusque les risques de collisions extrêmes ? Certes dans ce cas les radars actuels sont inopérants et utiliser les satellites et le GPS ou les altimètres radars des services secrets qui mesurent tout à 2 cm près, même si techniquement c'est possible, n'est pas généralisable à toutes les routes. Faut-il alors se rabattre sur la seule possibilité technique : mesurer la seule vitesse quelle que soit l'état de la circulation ? Vouloir prendre des mesures définitives et répressives sur de telles questions aboutit à imposer des utopies totalisatrices alors que seul des groupes de résolutions de problèmes locaux sont à même de prendre les mesures de prévention qui elles s'imposent ! Les chauffards existent et ils sont connus au moins de leur entourage. Pourquoi embêter tout le monde à la moindre incartade alors qu'il faut changer le comportement de quelques obscurantistes dangereux ? L'exagération des moyens mis en oeuvre tourne à la manipulation des gens : rendre les gens obnubilés par la perte de leur permis de conduire, les rendre frustrés par la sanction alors que les chauffards sans permis rouleront toujours, sont des mesures à la portée fallacieuse car le résultat tangible aboutit à rendre encore plus docile la majorité des gens et à rendre révolté les autres qui comprennent le caractère utopique de ces mesures. L'utopie est de vouloir dissimuler les dysfonctionnements de notre société en stigmatisant un seul problème pour cacher les autres. Entre autres celui de la montée d'une catégorie de gens coupés de tous repères sociaux et qui croient bon de faire exactement ce qu'ils veulent sans se soucier des règles communes, y compris au volant. Sur notre site nous avons indiqué qu'il ne faut pas confondre l'organisation en réseau et les réseaux de résistances ou de désobéissance par rapport au pouvoir en place. Combattre ces derniers en imposant la répression pour tous représente un amalgame indigne d'une démocratie qui entend s'affirmer davantage. Il y a bien ici, en France, la preuve que les partis de droite n'ont pas abandonné leurs réflexes ataviques d'ordre et de discipline imposés par la classe des dirigeants (et nouveaux hommes libres) à la masse populaire, forcément de gauche. La sanction pour "purifier" les conducteurs appartient bien au domaine latent du totalitarisme. Elle est à l'opposée du travail de prévention mené par des groupes de résolution de problèmes organisés en réseaux. Non, les français ne comprennent pas que la sanction qui fait mal ; ils comprennent aussi que leurs dirigeants sont en train d'abuser de leurs pouvoirs et ils ont compris que ces derniers leur refusent la solution de l'organisation en réseau pour se prendre en charge plus constructivement. La sanction automatique n'appartient plus au domaine juridique mais uniquement au domaine politique, c'est en cela que l'utopie fixée par les dirigeants comme but à atteindre ne sera pas atteinte car se couper du droit est le signe de l'abus de pouvoir, la marque perceptible d'une fin de règne quand on ne sait plus quoi faire d'autres et que l'on refuse de partager son pouvoir avec des groupes de citoyens, quitte à changer le fonctionnement des institutions de la société. Il y a là la preuve de la professionnalisation de la politique : les professionnels font avec leurs moyens les règles pour résoudre des problèmes sociaux et économiques, les salariés ne pouvant que se soumettre vu que justement ils ne sont pas des professionnels de la politique. Les relations politiques arrivent alors au stade bien connu dans notre système de pouvoir : les experts décident, les non experts n'ayant rien à dire et ne pouvant d'ailleurs rien dire parce qu'ils ne sont pas possesseurs de ce savoir. Cette question du niveau culturel de la population française se retrouve à propos de la règle du code de la route relative à la priorité à droite.
La FFSA (Fédération Française des Sociétés d'Assurance ) en 1981 dans sa revue interne publiait une étude de plus sur les conséquences financières pour les Assurances de la règle de la priorité à droite : le coût s'élevait à 6 milliards de francs rien que pour les sinistres causés par une mauvaise observation de la priorité à droite. L'étude concluait que cette règle est largement critiquable et qu'il serait plus sécurisant de passer à la priorité à gauche comme dans d'autres pays. Le rédacteur de l'étude indiquait que la population française n'était pas prête intellectuellement pour changer une telle habitude au volant sauf si cette priorité à gauche était mise en place dans le cadre d'un aménagement des carrefours en ronds-points. Le rédacteur soulignait le coût important de la transformation d'un carrefour en rond-point : emprise au sol, éclairage la nuit, etc. mais il ne voyait pas d'autres solutions car il estimait que les français, même avec une formation sur la question, étaient trop individualistes pour changer cette habitude de la priorité à droite et faire un effort commun pour améliorer la sécurité routière. La facture de 6 milliards de francs n'allait pas baisser dans les prochaines années et elle allait même augmenter pour les pouvoirs publics en prenant en compte le coût de l'aménagement inévitable des ronds-points pour les carrefours les plus fréquentés. Bref mis à part le fait de devoir payer plus, le dysfonctionnement n'allait pas être éliminé à cause du manque de culture générale et du niveau intellectuel de la majorité de la population française. Dans cette étude, il restait à préciser si ce manque de niveau intellectuel était bien réel ou si c'était le propos avancé par les décideurs politiques pour ne pas prendre une telle mesure qui pourrait s'avérer impopulaire dans un premier temps : faire un effort pour respecter la priorité à gauche est plus conséquent que pour la priorité à droite mais aussi bien plus sécurisant et cela interdit les comportement négligents qui sous prétexte d'avoir pour soi la priorité à droite, s'engagent dans un carrefour à vitesse trop élevée sans avoir une visibilité suffisante ( voire aucune visibilité du tout !). Bref cette question est et reste tabou dans notre pays, aucun plan d'amélioration de la sécurité routière n'envisage l'abandon de cette règle éminemment discutable... et les ronds-points se multiplient comme les déficits publics par ailleurs aussi. Mais l'utopie de la sécurité routière est développée avec de plus en plus d'insistance. Les groupes de résolutions de problèmes sur la circulation : non, ils ne sont pas admis dans le fonctionnement de ce système de pouvoir ( la raison officielle avouée ou non est toujours, semble-t-il la même : le niveau intellectuel de la population française est trop faible pour se prendre elle même en charge ; ne posons même pas la question suivante : à quoi sert le budget de l'Éducation Nationale depuis 1945 voire avant 1945 ?)
Toujours
dans ce chapitre des dysfonctionnements de la circulation routière, nos routes sont reconnues pour être un dédale de pièges ou de
contraintes incalculables. Les causes sont connues : extension de la propriété
privée le long des routes qui transforme une route sans danger en une voie semée
d’embûches : sorties de véhicules sur la voie publique souvent sans
grande visibilité, présence d’enfants qui jouent sur les trottoirs ou
traversent, multiplication des feux, des ronds points pour permettre aux
habitants d’accéder à la route principale déjà surchargée en trafic,
travaux en tous genres pour desservir les habitations et qui empiètent sur la
route, etc. Que dire aussi de ces maisons construites depuis des siècles et qui
depuis un siècle au moins forment des goulets d'étranglement pour la circulation
et des virages en S dans lesquels deux grandes voitures ont du mal à passer
ensemble et dans lesquels il est impossible de faire passer ensemble deux
camionnettes. Quel élu ou décideur se décidera à exproprier l'un ou les deux
propriétaires pour que tous les usagers circulent en sécurité et qu'il n'y
ait pas à cet endroit les 10 à 12 accidents plus ou moins graves annuels ? Le
respect de l'article 17 de la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen
de 1789 est-il la seule réponse effective à ce laisser-faire ? Les maires en
donnant des permis de construire sans vue d’ensemble sur une urbanisation de
leur région n’en sont pas les moins responsables et la plupart de nos
villages sont devenus des villages-rues, la plupart des maisons construites le
long de la route principale jusqu’à toucher, le cas échéant, le village
voisin, sachant que cette route principale dans un souci louable de sécurité a
été mise par les élus à 50 km/h et nous pourrions dire surtout dans les
lignes droites, là ou les prétendus chauffards s’ingénient à doubler.
D’où rapidement la pose de lignes blanches continues dans ces lignes droites,
ce qui permet à la gendarmerie zélée de faire carton plein pour le chauffeur
roulant à 60 km/h qui franchit la ligne blanche pour dépasser un cycliste, un
tractopelle, un engin de chantier roulant à 30 km/h ou une voiture roulant à
la même vitesse… Cela peut coûter du quart à la moitié des points de votre
permis de conduire en un seul procès-verbal sur lequel mis à part votre
signature, vous ne pourrez rien marquer d’autre de vos mains Pour les
contraventions, les droits de la défense sont réduits au minimum afin d’éviter
l’engorgement des juridictions, autre économie indispensable à la survie du
fonctionnement du pouvoir étatique actuel. Il ne vous restera plus qu'à
débourser en plus de l'amende des droits d'inscription à une formation et à
prendre deux jours de congé pour récupérer une partie des points perdus alors
que sur les routes rien n'aura été modifié, au contraire les endroits dangereux
devenant toujours plus nombreux.
Lorsqu’il s’agit d’ouvrir de nouvelles routes adaptées au trafic, les élus rechignent à recourir à l’expropriation et à des choix dérangeants qui menacent leurs re élections. Ils investissent le minimum dans la nouvelle route attendant des autres collectivités de l’état une aide financière, préférant garder un budget conséquent pour des subventions et des actions sociales électoralement plus rentables. Bref, nombre de routes qui étaient prévues à 4 voies restent des dizaine d’années à 2 voies et toujours limitées à 90 km/h alors que les usagers roulent habituellement à 110 km/h car il n’y a pas d’obstacles ou de dangers liés aux infrastructures. Prenons le cas de l’installation de radars sur ce genre de routes de contournement d’agglomérations toujours à 2 voies et limitées à 90 km/h. Combien faudra-t-il de chauffeurs sanctionnés pour avoir roulé à 100 ou 110 km/h avant qu’un mouvement de contestation ne s’élève et mette en place la résolution du problème en souffrance depuis des dizaines d’années, après avoir chassé les décideurs incompétents de leurs responsabilités actuelles ? Que dire des élus et qui tiennent à mettre des silhouettes noires aux endroits des accidents mortels ? N’y a-t-il que l’obéissance à leurs pratiques politiciennes qui vaille ? Utiliser le recours à des valeurs moralisatrices pour occulter le problème de fond pêche par l’hypocrisie qui à la longue devient révoltante. Ce n’est là qu’un malheureux exemple et nous pouvons en dresser des listes bien plus conséquentes. Nous ne faisons qu'évoquer le financement des travaux publics, l'encombrement des routes et autoroutes par les camions qui sont l'expression visible des nouvelles méthodes de production fort rentables pour les industriels et leurs actionnaires tout comme pour les nouveaux actionnaires qui ont investis dans les sociétés très rentables de transports routiers, etc.
Si l’état n’a pas suffisamment d’argent, qu’il le dise ! Une société
n’est jamais limitée par le manque de monnaie étatique, elle peut et doit développer
d’autres termes de l’échange entre ses membres. Lorsqu’elle refuse ces
autres manières d’échanger et principalement le travail dont sont capables
et sont volontaires ses membres, elle s’inscrit dans une démarche qui mène
à l’abus de pouvoir chez ses dirigeants. La défense de la monnaie nationale
dans l’ère industrielle a toujours été la première cause des crises économiques
majeures, la crise de 1929 servant de cas d’école ! Défendre ainsi des
intérêts de minorités au pouvoir au lieu de développer les groupes locaux de
résolution de problèmes dans le cadre d’une organisation en réseau, n’est
plus supportable. Toute crise prolongée dans le commandement traduit
l’inadaptation des règles édictées par le pouvoir. La solution du recours
à l’autorité détenue par les citoyens ne peut plus se limiter à un nouveau
et seul vote pour d’autres équipes dirigeantes voulant toujours travailler
dans le cadre du même système de pouvoir, de la même constitution. Ceci
n’est qu’usurpation de l’action politique, ce n’est qu’actionner à
nouveau le mécanisme technique de la délégation de pouvoir sans plus. Il
n’y a là aucune remise en œuvre de l’autorité pour définir une nouvelle
organisation du pouvoir capable de solutionner les questions inhérentes à la
vie en société dans la dignité de chaque être humain, de chaque espèce
vivante nécessaire à l’équilibre de la vie sur notre planète. Un nouveau
cercle infernal aura été mis en place, entretenu par une bureaucratie nouvelle
contraire à toute l'évolution du management dans les organisations travaillant
à une qualité totale ou tout au moins globale. L'utopie se sera transformée
en règles vexatoires facilement imposables sans discernement à l'ensemble des
citoyens toujours condamnés à obéir et à se taire face aux lois stupides
d'une minorité politicienne en mal de représentativité nationale. C'est
véritablement le signe de la fin d'un régime politique incapable de se
surpasser pour développer les conditions d'une démocratie encore plus directe
et qui préfère rebrousser chemin vers les horizons des tyrannies et des
fascismes que tous imaginaient rangés au placard de l'histoire pour toujours.
La professionnalisation de la politique fait bel et bien partie de l’horreur
économique et sociale dont parle Hannah Arendt et dont sur ce site web, nous
voulons sortir pour développer de nouvelles organisations en réseau.
Le
premier travail, la première action politique pour sortir de « l’horreur
économique », consiste donc à briser les utopies de nos systèmes
actuels. C’est l’acte libérateur auquel travail le poète sur ce site web
tant il est vrai que les philosophes n’arrivent pas à décider les dirigeants
des systèmes actuels des pouvoirs civils et religieux pour qu’ils créent de
nouvelles utopies qui soit dit en passant ne modifieraient en rien
l’importance de leurs pouvoirs et de leurs statuts sociaux présents. Nous
n’allons pas jouer les bateleurs de foire et installer nos tréteaux à côté
de celui des philosophes pour voir qui des deux, la foule va choisir
d’applaudir. Le poète agit pour libérer l’action et la mener vers des périodes
non pas d’assombrissement mais bien vers un âge de Lumière… A la place des
utopies stériles et des dogmes et idéologies fallacieuses, le poète parle à
ses frères du partage d’un espoir de vivre, d’un chemin pour satisfaire nos
raisons de vivre et découvrir l’amour, la confiance qui transforme le partage
d’un acte imposé et générateur de crainte en un acte semant pour l’avenir
la sérénité et la minimisation de la violence pour ne pas dire la paix. Sa
source poétique est connue et s’il passe beaucoup de temps à l’entretenir,
elle ne lui est pas réservée. Tous accèdent à cette source lorsqu’ils
sondent leur cœur à la recherche de ce qui vit en eux. Le poète agit ainsi et
c’est logique puisqu’il fréquente la lumière qui éclaire la vie d’après
la vie humaine. Il agit, son action est aussi politique que l’action dont
parle Hannah Arendt et il n’a pas besoin de l’unanimité des autres. IL
AGIT… c’est toute son œuvre.
remarque : ce texte sert d'entrée en matière pour élaborer les articles de la déclaration et de la constitution des réseaux de vie relatifs à la propriété commune et au travail sur le niveau de l'organisation des groupes sociaux en réseau de vie.
voir : http://perso.wanadoo.fr/denis.collin/Arendt.htm,
site que nous avons utilisé à propos des idées de Hannah Arendt
Les politiques sociales en France le chômage l'histoire du travail
les nouvelles positions intellectuelles et politiques sur le travail