le malaise au pouvoir ou le pouvoir du malaise
à propos du référendum sur la constitution européenne
Le
mécontentement qui s’exprime largement dans un refus de voter oui au référendum
est lié au marasme économique. L’Europe, le marché unique puis la monnaie
unique devaient et doivent d’ailleurs toujours nous mener vers une économie
florissante, enfin vers une réussite. La
sortie de l’ère industrielle, la fin de l’état Providence, la
mondialisation de l’économie, les atteintes à la nature, les impuissances de
nos pouvoirs publics et religieux à réduire et canaliser les violences économiques,
physiques, morales, nous dressent actuellement un tableau bien inquiétant. Ce
n’est pas nouveau mais la somme de nos connaissances amassées ces dernières
années sur la question, n’y change rien pour le moment. Sauf à reprendre la
question en l’examinant d’une manière complète selon les deux façons de développer
des organisations sociales : le développement sur la base d’un système
de pouvoir dirigé par une
minorité investie du pouvoir et du commandement ou le développement à travers
une organisation en réseau des groupes sociaux qui adapte les prises de décision
à chaque particularité locale de ces groupes. A ce moment là, une fin du
malaise est envisageable.
Une
étude du malaise dans la civilisation date de 1929 et Freud y fait découler ce
malaise du conflit entre le principe de plaisir et le principe de réalité.
Pris individuellement, chaque être humain cherche son plaisir mais pour vivre
et survivre, il doit satisfaire des besoins individuels et donc produire des
biens matériels, d’où la nécessité du travail et de la division du travail
pour optimiser cette satisfaction économique. Dès qu’il trouve des biens
pour survivre, d’autres questions viennent le tarauder, principalement celle
de sa mort, secondairement les conséquences sur sa vie des forces de la nature
et des violences commises par autrui. Bref «L'univers entier - le macrocosme
aussi bien que le microcosme - cherche querelle à son programme (celui du
principe du plaisir). Celui-ci est absolument irréalisable; tout l'ordre de
l'univers s'y oppose; on serait tenté de dire qu'il n'est point entré dans le
plan de la «création» que l'homme soit heureux.» Là, il y a malaise. Alors
que l'homme cherche son bonheur, son bien, tout s'y oppose et sa constitution
propre aussi, le fonctionnement même du principe de plaisir ne rend pas le
plaisir continuel possible ». Face à ces dangers, la civilisation est une
tentative de réduire la souffrance. La civilisation est pourtant bien souvent vécue
comme responsable d'une grande partie de la misère. En effet, celle-ci réclame
de grandes restrictions pulsionnelles et l'homme sera toujours enclin à défendre
son droit à la liberté individuelle contre la volonté de la masse. D'autre
part, les apports de la civilisation ne viennent pas réduire toutes les
souffrances et en créent même de supplémentaires. Par ailleurs, si l'homme
tente d'éviter les souffrances, il cherche aussi le bonheur et là, il bute sur
un impossible constitutionnel C'est dans «Au-delà du Principe de Plaisir» que
Freud développe ce point de vue constitutionnel. Quelque chose à l'intérieur
même de l'homme empêche le bon fonctionnement du principe du plaisir. C'est
sur ce point de structure que Lacan apportera une grande contribution à ce que
nous appelons «malaise». Pour Lacan, ce qui est structurel, c'est
l'inscription de l'être humain dans le signifiant et sa conséquence : la
division du sujet. Quelque chose de l' être ne peut pas se dire et insiste à
vouloir être dit. Ce quelque chose, c'est la jouissance. L'inscription dans le
signifiant rend la « jouissance toute » impossible et fait de
l'homme un être de désir, manquant toujours à être. La « jouissance toute
» impossible de structure est vécue individuellement sur le plan imaginaire
comme impuissance. Cette impuissance est vécue comme faute. Soit la faute est
prise sur soi et nous voyons apparaître la culpabilité; soit la faute est
rejetée sur l'autre. C'est l'autre qui vole la jouissance, lui, il y a accès.
C'est là que peuvent apparaître des violences. Cette chose qui ne peut se
dire, elle ne peut pas davantage s'agir; il y a là une autre limite, celle de
la mort…
Nous
n’allons pas poursuivre davantage l’exposé de cette doctrine freudienne. Et
un poète répugne d’ordinaire à suivre ce vocabulaire de philosophe. Nous
savons qu’une fois à Londres, Freud a rejeté la plupart de ses théories et
notamment le rôle de la mort dans son oeuvre. Malinowski a beaucoup aidé Freud
dans cette démarche en lui apportant l’exemple des sociétés matriarcales,
en particulier son étude sur les indigènes des îles Trobriands en Mélanésie.
D’autre part, sur ce « quelque chose de l’être qui ne peut se dire »,
Freud a eu l’intuition d’écouter les poètes, justement ces traducteurs de
l’indicible qui ont eu contact avec les mystères, avec la surréalité et qui
tentent de répondre à ce Dieu qui parle. La
distinction entre société patriarcale et matriarcale est arrivée dans la vie
de Freud à la veille de sa mort et peu de ses disciples ont écouté leur vieux
maître pour poursuivre dans cette voie leurs travaux. Pourtant un parallèle,
voire une corrélation existe entre patriarcat et système de pouvoir d’un côté
et de l’autre côté : matriarcat et organisation en réseau. Tout
n’est certes pas aussi schématique mais il faut reconnaître que les sociétés
qui ont vécu des siècles et plusieurs millénaires dans une paix sociale fort
acceptable et une suffisance économique toute aussi louable, ont largement
emprunté au mécanisme du matriarcat. Si nous prenons comme exemple
le peuple Iroquois dans la région des Grands Lacs en Amérique du Nord, l’union
des six peuples indiens dans la Grande Loi qui Lie, cette première Confédération
de peuples étudiée « scientifiquement » par les pères de la Déclaration
d’Indépendance des Etats-Unis d’Amérique, accorde le pouvoir suprême, en
dernier recours, au clan des mères. Elles ont le pouvoir de destituer un chef,
un de leurs fils, qui outrepasserait le cadre de ses fonctions et elles seules
ont le pouvoir de nommer un nouveau candidat. De même, ce sont elles qui
nomment le chef de guerre en choisissant parmi leurs fils, le plus vaillant et
courageux. C’est la suite de la pratique des Celtes et en particulier des
Gaulois chez qui seules les femmes votaient ou non l’entrée en guerre. Chez le
peuple Moso, en Chine du Sud, l’autarcie choisie pour vivre à l’écart
des autres peuples rend inutile ces questions de guerre : les hommes
n’ont pas à devenir des guerriers et le peu de gibier dans ces hautes
montagnes désertiques les dispense aussi du rôle de chasseur. Les armes
n’ont pas lieu d’être dans les maisons et elles n’ont pas à servir pour
conforter le pouvoir de quelques uns sur le groupe.
La
question du pouvoir n’est donc pas unique et unique aussi la solution pour
l’organiser, sauf si l’on ne prend en compte que la seule organisation de la
société en système de pouvoir. Dans un système de pouvoir, le
problème crucial est de faire
admettre à la majorité du groupe les privilèges accordés à la minorité
pour qu’elle accomplisse son travail d’édicter les règles et qu’elle
puisse les faire respecter. D’où peuvent provenir ces privilèges et
quelle doit être leur étendue ? Lorsque les
conditions de vie en groupe et principalement les capacités de communication
sont restreintes, l’expression d’un choix par un vote du groupe
n’est guère possible, en tout cas il prend énormément de temps et il est
peu fiable. Le pouvoir a tendance à remplacer ce choix
du groupe par une source qui pour être acceptée de tous, est extérieure et au
groupe et à ses dirigeants : la volonté divine est toute trouvée et
devient naturelle dans ces conditions. Nous savons que les puissants de ce monde
durant des millénaires dans la plupart des contrées de notre planète, ont
abusé et justifié les pires crimes et génocides au nom de cette volonté
divine. Les peuples qui ont souffert sous ces tyrannies ne veulent
plus de cette source de pouvoir ni de ce Dieu trafiqué en grand maître de la
criminalité et père de toutes les injustices. La France a beaucoup subi sous
une telle tyrannie des dogmes religieux alliée au développement de
l’absolutisme royal. Les règles, dans le cadre d’un tel pouvoir, sont la
transcription de dogmes religieux et imposent la soumission sinon l’obéissance
à la minorité au pouvoir qui s’enrichit sans limites jusqu’à épuiser le
peuple et généraliser la misère pour la plupart des gens. La révolution
populaire reste la seule issue pour renverser ces régimes au pouvoir dévoyé.
Comme Freud l’a indiqué, l’être humain est obligé d’intérioriser les
interdits produits par les dirigeants et diffusés à travers la culture gérée
par cette minorité dirigeante. N’en rester qu’à cette manière
d’organiser le pouvoir provoque un profond et indélébile pessimisme.
Ce
pessimisme vis à vis de nos possibilités d’organiser une société plus
humaine et juste s’est renforcé depuis un siècle et surtout ces dernières décennies
lorsqu’il est devenu patent que le développement des sciences et des
techniques n’a pas servi à modifier le pouvoir pour passer d’un système
autocratique à un système bien plus démocratique. L’état
en instaurant puis en gérant un contrat social a tenté de limiter
voire de réduire les inégalités produites par le système économique fondé
sur la primauté certaine du droit de propriété individuelle et fondé idéologiquement
sur la liberté des marchés, l’un découlant forcément de l’autre.
L’asservissement des technologies au droit de propriété individuel a fait
l’objet de contestations plurielles qui ont toutes échouées. Seule l’union
des populations pour constituer des marchés les plus vastes possibles reste la
règle toujours valable : les entreprises trouvant dans ces vastes marchés
les moyens d’une concurrence idéale pour, à partir des économies d’échelles,
avancer à marche accélérée vers la constitutions de monopoles de fait, ou
tout au moins juridiquement d’oligopoles puissants et assurer leur devenir
florissant jusqu’à la prochaine révolution technologique. A elles de créer
les emplois, à elles de financer le niveau de vie du pays et aux salariés à
travers la généralisation du salariat, de consommer y compris et surtout à crédit
sinon c’est le risque d’exclusion de l’emploi pour une grande partie
d’entre eux. La mondialisation de l’économie pousse les peuples de chaque
continent à s’organiser dans de vastes réseaux d’échanges de zone, l’Europe
n’y faisant pas exception. Le pouvoir économique ne peut trouver sa légitimité
qu’en assurant la croissance, c’est à dire la domination de son économie
sur celle des autres. Lorsque l’Europe ne peut plus assurer cette domination
face aux nouveaux géants d’Asie et d’Inde, tout le cœur de son pouvoir
perd de sa crédibilité : les emplois disparaissent dans l’économie
marchande alors que le développement des nouvelles technologies à base de télécommunications
et d’informatique accélère la suppression des emplois intermédiaires dans
les secteurs privés et publiques. Le malaise freudien
est devenu horreur économique. Le malaise a pris le pouvoir et le peuple
gronde. Il entend rediscuter les termes initiaux, originels, de sa délégation
d’autorité à la minorité au pouvoir. Le développement des
moyens de communication, la communication en temps réel multimédia permet
maintenant à des millions de personnes de décider rapidement, de se prononcer,
d’ouvrir un débat si tant est qu’une volonté des dirigeants politiques le
décide. Or nous sommes arrivés à ce stade également de malaise : les
moyens de communication sont présents et opérationnels, les débats
n’existent guère et une réelle volonté politique de débattre n’est pas
la marque du gouvernement français actuel. Donc il s’agit bien de rediscuter
les termes fondateurs de la délégation d’autorité des citoyens envers leurs
représentants… de combler le fossé qui les sépare.
La
question de l’organisation du pouvoir dans une constitution européenne prend
ainsi deux directions pas forcément opposées mais bien différentes dans leurs
approches. Les dirigeants et politiciens actuels veulent poursuivre
à pas mesurés mais concrets l’édification des institutions communautaires
et demandent une adhésion majoritaire à ce traité constitutionnel au vu des
progrès démocratiques prévus dans le fonctionnement de ces institutions. La
raison souscrit à ce genre de projet. Les populations et principalement les
citoyens concernés par la généralisation
du salariat, la population active salariée, demandent que
l’organisation du pouvoir, d’ailleurs à quelque niveau qu’il se trouve,
en l’occurrence ici au niveau européen lors de ce référendum, les protège
contre cette horreur économique, ce malaise qui gouverne leur existence de
salariés. La raison souscrit également à ce genre de projet. Sauf que cette
deuxième raison empêche la première de se réaliser… et que le malaise
s’empare de nos institutions européennes, bref se généralise encore plus
car jusqu’à présent, force est d’admettre que la construction européenne
est un signe positif fort pour les relations entre les peuples et l’établissement
d’une zone géographique à l’abri des guerres. Alors que faire ?
Incontestablement
nous restons en présence de systèmes de pouvoirs, c’est à dire en présence
d’organisations dirigées par une minorité dont les intérêts peuvent
diverger par rapport à la majorité des citoyens. Cette divergence dans les
systèmes de pouvoir a toujours la même face, la même présentation. Freud
l’indiquait lui aussi : c’est la culture, le cadre de référence, les
connaissances employées qui marquent la séparation entre le groupe des
dirigeants et la majorité du groupe social. Celui
qui sait lire et écrire dirige, c’est l’homme libre de l’antiquité.
L’ignorant réalise le travail obligatoire pour la survie de tous et il s’épuise
à la tâche. Cette vieille distinction sert encore à valider des
conceptions politiques élitistes ou dévoyées dans une synarchie mal comprise.
Lorsque chaque membre du groupe accepte les valeurs prônées par la minorité
dirigeante, le système fonctionne, bien évidemment. Exclure les dissidents va
de pair avec cette logique mais lorsqu’une majorité du groupe refuse d’obéir,
c’est la révolution et le changement de système de pouvoir. Il n’en reste
pas moins que cette difficulté peut être minimiser par des efforts de
communication et d’organisation pour faire coïncider les valeurs des uns et
des autres. C’est le rôle des élites au pouvoir que de gérer les utopies fédératives
et les fictions unificatrices de la doctrine dominante. La
liberté des marchés et la concurrence sont plus des utopies qu’une réalité,
aujourd’hui même les prix Nobel d’économie l’admettent.
Appliquée à nos concurrents asiatiques, l’utopie bénéfique pour
l’humanité veut que ces pays en voie de développement vendent leur
production légèrement en dessous du niveau des prix de revient des pays
industrialisés, ceci pour maximiser leurs profits et en faire profiter leurs
populations qui vont consommer davantage et donc soutenir durablement
l’emplois et le progrès social chez eux. Dès lors, les pays industrialisés
peuvent s’attaquer au comblement de cet écart concurrentiel relativement
minime ou du moins le justifier par des avantages comparatifs significatifs et
un retour à quelque chose d’équilibré peut se produire. Ceci, c’est de
l’utopie : c’est la part jamais réalisée du système mais vers
laquelle tous doivent tendre pour que le système fonctionne. La pratique
actuelle de la Chine ne va pas dans le sens de cette utopie puisque les
dirigeants de ce pays maintiennent des prix bas à l’exportation en refusant
de payer mieux les salariés et de financer une protection sociale semblable à
la nôtre. L’intention de dumping est alors manifeste et menace le
fonctionnement du système économique libérale. Lorsque l’on ajoute que pour
maintenir la primauté du parti sur le plan politique, les dirigeants dans le
passé n’ont pas hésité à massacrer avec des chars quelques milliers d’étudiants
en une heure au centre de Pékin, nous devons admettre que cette politique
correspond à une stratégie bien établie. Si au cours du 20ème siècle, le
capitalisme a du faire la guerre au fascisme, au nazisme et au communisme, à
toutes ces utopies contraires aux siennes, l’affaire n’est visiblement de
loin pas terminée et de nouvelles horreurs restent envisageables sans sombrer
dans un pessimisme typiquement freudien.
Les
utopies finissent toujours par être abandonnées lorsque la majorité du groupe
sociale est forcée d’admettre leur inutilité et leur caducité. Lorsque les
élites formées par la minorité au pouvoir n’arrivent plus à créer de
nouvelles utopies, le fossé se creuse entre les dirigeants et les citoyens, il
devient fracture sociale. C’est la fin d’un système de pouvoir : le
constat que le manque de confiance envers les dirigeants est devenu majoritaire.
Le malaise est au pouvoir et le pouvoir doit changer.
L’organisation
en réseau fonctionne tout à fait différemment : le groupe se met en
phase de résolution de problème face à une difficulté et le cas échéant,
si ce problème est commun à d’autres groupes, il envoie un délégué
participer à un groupe de résolution de problème avec les autres délégués
de groupe. Ces experts vont élaborer une solution que les délégués
exposeront à leur groupe et chaque groupe va adapter cette solution à ses
particularités. Cette procédure
porte le nom de principe de subsidiarité. Ce principe figure comme un
des piliers de la constitution européenne soumise à notre référendum. Les décisions
sont ainsi adoptées à l’unanimité. Cette manière de décider a été
appliquée dans les entreprises françaises entre 1980 et 1990 lors du développement
des cercles de qualité et du mouvement qualité totale. Chiffrée à 300
milliards de Francs en 1980, la non qualité a ainsi été réduite des 2/3 dans
les entreprises françaises durant cette décennies avec l’appui, certes, de
l’automatisation et de la modernisation de l’outil de production industriel.
Ce n’est qu’un exemple et il reste très partiel puisque ces groupes de résolution
de problèmes ont été supprimés et remplacés par la direction qualité, un
service fonctionnel bien spécialisé. Ils n’ont guère été utilisés dans
la fonction publique qui n’a toujours pas le droit d’expression des salariés
instauré en 1982 pour le privé, droit qui servit de point de départ pour le développement
des cercles de qualité. Cette pratique n’a pas été non plus mise en place
pour résoudre la montée du chômage dans notre pays. Actuellement le
coût de la peur dans les entreprises françaises peut s’évaluer
entre 400 et 500 milliards de Francs ( entre 60 et 80 milliards d’euros ) par
an et aucun groupe de résolution de problème ne s’attaque à ce gisement de
productivité ou tout au moins d’économies. Seule la loi sur le harcèlement
moral est intervenue en 2000. Nous voulons dire qu’en cas de difficultés sérieuses,
naturellement le bon sens nous amène à mettre en œuvre ce principe de
subsidiarité qui génère synergie et efficience. Mais recourir à cette
pratique ne peut être que ponctuelle tant que nous laissons nos dirigeants défendre
le système de pouvoir dans lequel nous sommes sinon la généralisation de
cette pratique nous amène dans une organisation en réseau et nos dirigeants ne
servent plus à rien car les décisions se prennent autrement, ailleurs.
Une
description plus complète de la plus récente organisation en réseau toujours
en fonctionnement, se trouve dans la Grande
Loi du Lie du peuple Haudenosaunee et qui représente la Constitution de
la Confédération des six nations du peuple iroquois ( la nationalité
haudenosaunee a été reconnue en 1977 à l’ONU par dix-sept pays dont la
France). Instruits par des moines venus d’Irlande via le Groenland au cours de
leurs voyages vers l’Amérique centrale et la
région de Tiahuanaco, ces indiens vécurent en paix et dans la prospérité
depuis les années 1150 jusqu’à l’arrivée massive des colons anglais et
français vers 1620. En 1754, au Congrès d’Albany, Benjamin Franklin propose
l’union des treize colonies américaines, à l’image de la Confédération
des Six Nations. C’est la base de la future Déclaration d’Indépendance et
de la Constitution des Etats-Unis. Cette pratique politique et juridique bien
supérieure à celle de l’empire romain représente le dernier vestige de
l’organisation en réseau mise en place en Europe par les ordres monastiques
et chevaliers, principalement par les moines bénédictins et les chevaliers du
Temple avant 1307, cette période appelée depuis le temps des cathédrales en
Europe. Une organisation similaire avait été mise en place par les Templiers
dans l’empire inca, elle disparut avec la destruction de cet empire ordonnée
par la papauté et exécutée par les conquistadores.
L’organisation
en réseau présente deux grandes difficultés lorsque nous en prenons
connaissance pour la première fois. La première concerne le temps mis pour
obtenir l’unanimité lors d’une décision. Il faut comprendre que
la solution engage l’avenir et ceci pour une période fort longue justement
parce qu’elle règle un problème de fond. Ce problème concerne la manière
de vivre ensemble. Pour des questions pratiques de techniques ou de manière de
produire des biens, l’ingéniosité de l‘artisan ou du technicien suffit.
C’est une question de bon sens ; donc la mesure technique est applicable
immédiatement si elle amène un progrès. Par contre la répartition des
richesses produites, les accords commerciaux, les valeurs culturelles, les
litiges entre peuples ou groupes sociaux ne peuvent pas être tranchés unilatéralement
et immédiatement. Ces questions font bien l’objet d’une résolution en
utilisant le principe de subsidiarité. Le groupe d’experts ne devient pas
permanent et le délégué du groupe lors de son retour n’a aucune supériorité
hiérarchique sur le groupe. Dans le groupe, la démocratie directe n’est pas
mise entre parenthèse, au contraire elle se renforce à travers cette pratique.
Nous sommes ici sur le plan purement rationnel, scientifique, dans une logique
juridique et constitutionnelle avec on ne peut plus de bon sens. C’est aussi
la distinction entre directives et règlements communautaires.
La
deuxième difficulté que rencontre celui qui aborde l’organisation en réseau
tient dans cette absence de hiérarchisation du pouvoir. Le pouvoir est exercé
par le groupe sans recourir à un système électoral représentatif. Par contre
au niveau du commandement, des chefs sont élus ou désignés pour diriger
l’application des règles de fonctionnement du réseau. S’ils
viennent à commettre des abus de droit, nous avons vu que dans la constitution
de la Confédération iroquoise, le peuple n’a pas à procéder à un vote,
source de conflits et de discussion. Ce sont les mères qui vont nommer un autre
candidat et le proposer à l’adoption par le groupe. Cette manière de procéder
est elle aussi emplie de bon sens et d’humanité : qui connaît mieux un
homme ou une femme que sa mère ? Du moins sur son caractère, sa
personnalité, la manière dont il ou elle s’est éduqué(e) ? Il n’y a
ici sur la question de la source du pouvoir suprême aucun appel à un dieu
quelconque. Et venant de moines qui ont enseigné ce principe, il y a une compréhension
claire et nette de cette parole des Evangiles : « rendez à César ce
qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Aucun article de la
Grande Loi qui Lie ne comprend le mot Dieu. Dieu n’est pas invoqué pour
manipuler les gens et les rendre passifs au point d’obéir docilement Les cérémonies
religieuses sont prévues à l’article 99 : « les rites et les cérémonies
de chaque nation doivent se perpétuer, car, nécessaires au bien des hommes,
ils furent donnés par les ancêtres ». Si le mot « religion »
n’est pas utilisé, par contre le mot « spiritualité » l’est
dans l’article 104 : « toutes les fois qu’un homme fait preuve
d’une vie exemplaire et connaît ce qui est bien, il est naturellement en état
d’enseigner. Les chefs le reconnaissent alors comme un professeur de paix et
de spiritualité que le peuple devra écouter ». Ceci n’a rien de
surprenant lorsque l’on relie cette constitution du peuple iroquois avec le
travail bénédictin fait en Europe pour établir une doctrine chrétienne à
partir du mariage des cultures celtes, hébraïques, hellénistes (et égyptiennes)
et musulmanes. Restaurer et développer la spiritualité pour façonner des
hommes et des femmes artisans de paix constitue bien la base du succès d’une
organisation en réseau. La production permanente d’un haut niveau de
confiance est indispensable dans une organisation en réseau alors que le système
de pouvoir ne suppose qu’une obéissance docile à des utopies élaborées par
les élites de la minorité dirigeante. La spiritualité représente une démarche
personnelle pour trouver ses raisons de vivre et découvrir que ses raisons de
vivre sont les mêmes que ses raisons de mourir. La manière d’y arriver
consiste à entrer en contact avec les mystères de la vie : la naissance,
l’amour, la mort, la vie d’après la vie humaine, bref, les temps forts
d’une vie humaine que tous ont à traverser. Lors de ces contacts avec les
mystères de la vie, l’initié découvre une nouvelle façon de voir son
existence humaine terrestre et il découvre une présence qui vit en lui et lui
veut du bien, l’aime au point de le ressusciter à la vie, de lui faire
franchir la mort de son corps vers une autre dimension de la vie ( notre culture
nomme cette présence « le christ », d’autres cultures la nomment
autrement). Cette expérience de vie, l’initié la traduira à travers un art
et il cherchera surtout à la partager en faisant le bien autour de lui, en
faisant vœu de pauvreté lorsque les autres le placeront aux responsabilités
pour gérer le groupe social. Le contact avec les mystères ne permet pas de déchiffrer
toute ou partie de ceux-ci et l’initié ne ramène aucun savoir intellectuel
particulier, il garde juste un sentiment de bonheur, de paix et d’amour.
C’est tout mais c’est essentiel pour découvrir ses raisons intimes de vivre
et sa manière d’aimer durant sa vie humaine…
Un
esprit critique verra ici la constitution également d’une élite et qui plus
est parfaitement suspecte car s’il est facile d’évaluer les connaissances
académiques d’un étudiant avant de lui confier des responsabilités de
gestion ou de production, il devient plus délicat d’évaluer le niveau
spirituel d’un être humain. C’est exact sur le plan de l’évaluation des
connaissances sauf que ce n’est pas sur ce plan qu’une évaluation doit
avoir lieu. L’évaluation ne peut valablement porter que sur les résultats
atteints, les actes, la capacité à agir pour réaliser le bien et minimiser
les violences. Souhaitons que nos deux responsables parviennent au même résultat
positif, il y aura tout de même un risque de différence notable : l’étudiant
modèle dans notre système éducatif aura appris à justifier le fonctionnement
de son système de pouvoir. Même sans utiliser les théories économiques car
il aura compris la fin des utopies du système libéral, il restera un « Yes
man » ou « Yes women », un cadre disant toujours oui à sa hiérarchie,
oui car patient dans l’espoir que sa hiérarchie va trouver bientôt de
nouvelles utopies pour faire croire les gens aux vertus de ce système de
pouvoir et avec ce « oui » il (elle) garde ses chances de progresser
dans la hiérarchie du système. L’initié depuis de lustres apprend à vivre
en marge des systèmes de pouvoir, ce n’est pas forcément un « No man »
car il sait la vanité de vouloir proposer un autre système à la place du système.
Il se tourne naturellement vers l’alternative de l’organisation en réseau
et comme chez les Iroquois, va chercher à se présenter comme un professeur de
paix et de spiritualité que les chefs qui commandent vont reconnaître et le
peuple écouter. Et nous en restons ici strictement au plan de la spiritualité ;
pas question d’élaborer des
dogmes servant à établir un système de pouvoir religieux qui vivra en
parallèle avec le système de pouvoir civil et économique ou pire, viendra
supplanter le système de pouvoir civil. C’est très différent de la doctrine
républicaine française sur la laïcité qui est plus une utopie qu’un
principe réaliste fédérateur d’actions politiques. Dans
l’organisation en réseau, aucun système de pouvoir religieux n’a de place
et le propre des initiés, des grands maîtres spirituels a toujours été de
briser les religions de leurs temps. Aucun n’y a fait exception même si la
plupart ont été mis à mort pour cela. Mais c’est une étape indispensable
pour sortir d’un système de pouvoir et développer une organisation en réseau
plus pacifiée et civilisée. Cette position reste très freudienne :
Freud ne voyait aucune place pour les religions dans une civilisation digne de
ce nom ; il ne fut pas le premier ni le dernier sur ce point.
La
constitution européenne soumise à référendum est loin de nous amener à une
organisation en réseau. Le débat actuel ne nous livre pas
l’esprit de ses concepteurs et il semble qu’aucune référence à la Confédération
qui servit de base à la Constitution des Etats-Unis n’est faite. Elaborée
par des techniciens du fonctionnement des institutions européennes à la seule
fin de mieux faire fonctionner ces institutions, elle appartient aux productions
d’une élite technocratique européenne et ne recoupe pas les préoccupations
citoyennes des salariés. Entre le fonctionnement des institutions et les
citoyens, il n’y a aucun rêve européen nouveau, aucune utopie sinon
l’affirmation de droits fondamentaux déjà inscrits dans la Déclaration de
1789 et pour lesquels les français savent comment ces utopies républicaines
ont été si peu réalisées. Reste la réalité européenne dont l’élaboration
doit se poursuivre. Mais l’heure du choix politique
sonne : confédération de peuples, fédération avec un pouvoir
autonome central par rapport au peuple, le tout dans le maintient des systèmes
de pouvoirs civils et religieux actuels sans vouloir et pouvoir intervenir
profondément dans leurs fonctionnements nationaux ? Ou évolution vers une
confédération de peuples et de groupes sociaux organisés en réseau
produisant et répartissant les richesses mieux que dans le système libéral ?
Disposant d’ordres militaires capturant les criminels sans tenir compte des
barrières hypocrites des états ? Restaurant la complémentarité entre
les trois formes de propriété : individuelle, commune et collective ?
Restaurant les trois niveaux de travail : travail astreinte pour produire
les biens nécessaires à la survie, œuvres communes transmises aux générations
futures, action politique pour agir et développer les valeurs porteuses du
mariage des cultures et rapprocher les peuples dans un développement durable de
la vie sur terre ? Restaurant les deux sources de savoir : initiatique
et intellectuelle, pour développer un savoir global capable d’assurer le
partage de l’espoir, cet espoir qui est la somme de nos raisons de vivre ?
Agissons sur le plan local puis regroupons nos organisations dans une Grande Loi
qui nous Lie. Poursuivons notre travail. Ne laissons
pas le pouvoir du malaise nous diviser dans des querelles stériles sur le
fonctionnement des systèmes de pouvoirs civils et religieux obsolètes. Plaçons
l’espoir au pouvoir !
PS :
le 21ème siècle sera spirituel.
poursuite du propos, le 7 mai 2005
Le
malaise lors de ce référendum, pour nous, et pour poursuivre sur ce
thème, tient aussi au fait, qu’une fois de plus, il
va s’agir de voter oui pour éviter le désastre du non. A croire
que les conseillers en communication de nos politiciens sont parvenus à leur
faire mettre en pratique cet art de la guerre qui pour convaincant qu’il soit,
tourne très vite à la supercherie et à un sentiment de colère contre ces menées
anti démocratiques ...lorsqu’il ne s’agit pas de vaincre à la guerre. C’est
un exemple de plus de cette théorie du T.I.N.A. : there is no alternative,
il n’y a pas d’alternative à ce que l’on vous demande : c’est ça
ou la pagaille, voire la chienlit !
Et
ce n’est pas qu’une question de forme, cela touche au fond de la question et
souligne un manque de perspective pour préparer l’avenir. A
force de pratiquer l’option du plus petit dénominateur, on en vient à ne
plus intéresser personne et, à coup sûr, à faire perdre du temps à celles
et ceux qui veulent avancer et résoudre ce malaise propre à la fin de l’ère
industrielle et aux abus de pouvoirs de la propriété individuelle
des possesseurs des moyen de production et du capital. Plutôt que de proposer
la transcription des grands principes de la Déclaration de 1789, nos dirigeants
français auraient du prendre la peine de corriger les erreurs commises en 1789
dans cette rédaction. Principalement l’erreur de sacraliser la propriété
individuelle, erreur qui est la base du système économique capitaliste puis
libéral. L’autre question, pour nous, fondamentale consiste à savoir où
l’on se place pour organiser une société. La question du choix entre le système
de pouvoir et l’alternative de l’organisation en réseau n’est toujours
pas évoqué. Contrer la propriété individuelle par un système de pouvoir qui
tente d’imposer la propriété collective s’appelle faire du communisme et
plus grand monde n’en veut !
La
question qui taraude certains militants de gauche en France est bien celle de
savoir où se situe le mouvement ATTAC. Pour nous, comme nous n’avons pas eu
de réponse et que nous sommes bien obligés de nous faire une opinion, ATTAC
est bien à la poursuite d’un système de pouvoir d’inspiration communiste
sinon néo communiste. Que dans les années 1990, Jacques Nikonoff
ait tenté et semble-t-il pas mal réussi à mener une OPA sur une frange du
parti communiste, soit ! Pour développer un mouvement autant s’appuyer
sur les restes d’un parti existant et utiliser sa structure bureaucratique
voire ses finances. Mais il semble tout aussi que cette initiative soit restée
engluée dans les marasmes du communisme le plus primaire. J’ai assisté dans
les années 1997 à une réunion dirigée par Jacques Nikonoff et organisée par
la section locale du parti communiste dans une ancienne maison de la jeunesse et
de la culture d’un quartier. A chaque fois qu’il présentait un point que je
qualifierais de « nouveau », un groupe de dames à la retraite s’évertuait
à prendre la parole pour clamer que jamais elles n’abandonneraient, je crois
me souvenir qu’elles ne renieraient jamais leur engagement de leur jeunesse
communiste. J’ai levé la main bien longtemps pour leur répondre.
L’animateur m’avait vu et connaissant la promptitude de certains de mes
propos, ne m’a jamais donné la parole. Ma réponse est simple, même sans
recourir à une veine poétique : à plus de 60 ans, il s’agit de parler
de ses réalisations et c’est humain, de regretter qu’elles ne soient pas si
accomplies que lorsque durant sa jeunesse nous les avons rêvées. Ce soir là
il ne s’agissait pas de rêves, encore moins de réalisations mais
d’engagement, seulement d’engagement dans un mouvement politique comme
d’autres s’étaient engagés dans d’autres mouvements politiques qui se
sont combattus entre eux dans le paroxysme de la seconde guerre mondiale puis
dans les conflits de la guerre froide et de la décolonisation. Moi , en tant
que poète, je commence par rêver ! C’est ma nature et je ne m’engage
dans aucun mouvement pour remplacer mes rêves !
Il est vrai que l’homme qui rêve beaucoup n’est pas gérable sur le plan
politique. C’est faux ! Reste à savoir quel plan politique ? Sur le
plan d’un système de pouvoir : oui ! Les poètes dans leur
inclinaison première refusent d’être embrigadés sous un système de pouvoir..
et je ne vais revenir au testament d’Essenine écrit de son sang avant de
mettre fin à ses jours alors que la Gepéou vient l’assassiner, à peu près
à la même époque où Hitler faisait assassiner Muhsam et d’autres
intellectuels dans ses camps de concentration. Arrêtons là le bilan !
Par
contre dans une organisation en réseau, il faut rêver ! La réalité
du rêve, c’est le partage et la partage du rêve nous mène au bonheur, au
moins à un espoir, à une réunion de nos raisons de vivre. Sur notre site nous
présentons ce travail
sur les 3 niveaux d’une organisation en réseau et il n’est pas
achevé. Le mouvement que nous menons sur fileane.com
n’a donc rien à voir avec ATTAC. Nos buts sont différents. Par contre bon
nombre de nos analyses sont identiques. Il n’y a là rien de
particulier. Sur notre site nous avons presque fini de présenter nos sources,
nos racines. Lorsque nous indiquons que la Grande Loi qui Lie les six peuples
iroquois est un exemple important d’une constitution organisant une confédération
de peuples sur le principe d’une organisation en réseau, nous savons qu’après
Benjamin Franklin et les pères de la Déclaration d’Indépendance des
Etats-Unis, Marx et Engels ont étudié cette Grande Loi qui Lie et ils se sont
montrés emballés par cette pratique de paix et de respect de la dignité des
êtres humains. Certes, si Franklin avait écouté les grands chefs iroquois lui
dire de faire comme eux et de regrouper les 13 colonies dans une confédération
identique à la leur, Marx et Engels n’ont pas discuté avec ces grands chefs
iroquois et ces bons sauvages à la Voltaire. Mais cela ne leur aurait servi à
rien. Engels a admiré cette pratique politique mais il
a considéré qu’elle n’était plus applicable en Europe car les états
avaient été mis en place et pour lui, il n’était plus question de les
supprimer pour laisser la place à ce genre d’organisation en réseau.
C’est
le choix de Marx et d’Engels. Nous faisons le choix contraire : nous
entendons quitter nos systèmes de pouvoirs étatiques pour restaurer en Europe
une nouvelle forme d’organisation en réseau. Laissons maintenant
le cas de Lénine dont Marx n’arrêtait pas de se plaindre dans les tavernes
londoniennes tant il craignait déjà les conséquences néfastes de ce mauvais
élève. La source est la même mais qui nous oblige à
suivre dorénavant le choix de Marx et d’Engels ? Ils ont cru aux utopies
des systèmes de pouvoir et ont espéré qu’en plaçant leur idéologie au
pouvoir, ces systèmes produiraient le développement social et économique
harmonieux. Les poètes brisent les utopies pour faire place au droit de rêver
pour chaque être vivant. Et rêver une société sans la direction d’un état
n’a rien de difficile. Même sans rêver, les traces des organisations en réseau
sont nombreuses dans notre passé et notre présent. La trace que
j’ai retenue dans mon environnement géographique est la flèche de la cathédrale
de Strasbourg ( d’autres l’ont aussi prise comme point de repère dans leurs
actions publiques et militaires )... sinon je rêve sur les photos de la grande
pyramide de Khéops et sur celle du peuple Maya.... Et je salue toujours la
statue de Kléber, cet architecte membre des Philadelphes francs comtois qui sut
initier Bonaparte justement à ces organisations en réseau et justement dans
cette grande pyramide de Khéops. Le général corse ensuite s’était empressé
d’organiser ainsi sa Grande Armée... à défaut d’organiser déjà aussi
l’Europe de cette manière.
Alors
bon, votons oui à ce traité constitutionnel car la France ne va tout de même
pas bloquer l’Europe... la politique de la chaise vide pouvait se
comprendre mais aujourd’hui, nous n’avons pas le choix. Voter
Oui, bien sûr, mais ne pas avoir de choix, c’est crier Non ! C’est
devenu trop facile de faire de la politique de cette manière en capitulant
devant la complexité. d’un système que l’on ne maîtrise plus ! La
constitution européenne peut être neutre et laisser des politiques de droite
comme de gauche se réaliser. Encore heureux ! Mais elle n’est pas neutre
pour nous : elle perpétue les systèmes de
pouvoirs en place politiques et économiques et ce n’est pas elle qui nous
sortira du malaise économique libéral et des méfaits de la mondialisation de
ce système économique. Faire des économies en réduisant la
protection sociale, réduire les frais de personnel pour maintenir à un niveau
élevé la rentabilité financière des entreprises : il ne faut tout de même
des années d’études de commerce et de gestion pour le comprendre !
C’est enfantin mais si c’est la seule solution pour maintenir à flots ce
système de pouvoir économique, alors ces enfants mal éduqués vont retourner
à l’école et apprendre à lire par exemple la signification de l’unique flèche
des cathédrales achevées après 1307, juste avant que ne commence la série
des rois maudits à Paris ! L’Europe a connu des périodes florissantes
et certains ont même voulu les faire renaître... à la Renaissance ! Pas
d’amnésie et de tabous intellectuels sur notre passé !
Nous voulons poursuivre le développement de l’Europe et pas uniquement d’elle, d’ailleurs ! Sur fileane.com, nous travaillons à une autre déclaration et à une autre constitution et pour accélérer ce développement, contrairement à d’autres, nous n’avons pas jeté notre dévolu sur un parti politique en déclin pour profiter de ses structures. Capter l’adhésion de militants qui oeuvrent consciemment ou non à la prise du pouvoir dans des systèmes de pouvoirs civils ou religieux pour ensuite les entraîner vers une organisation en réseau, à part représenter un challenge considérable en terme de manipulation d’opinions publiques et battre à plate couture les précédentes et criminelles manipulations des peuples du 20ème siècle, ne présente aucun intérêt sinon de graves désavantages. Alors nous développons une organisation en réseau pour réaliser le partage de nos espoirs... et nous avons rêvé de bâtir autre chose que des cathédrales puisque c’est déjà fait et qu’elles nous émeuvent toujours des siècles après.
du peuple Iroquois