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La réunion de Strasbourg (2)

 

suite de la réunion de travail du groupe au Parlement européen de Strasbourg

 

211)      le cloisonnement social :

 Le cloisonnement social qui se répand pour se prémunir contre ces peurs et cette fracture sociale active des risques graves de troubles sociaux : 

Dan indiqua que leur mouvement devait s’emparer de ces situations pour donner à ces groupes une perspective constructive dans l’organisation de réseaux de vie. Au lieu d’affronter quotidiennement les armées et les polices des systèmes de pouvoir, ces désirs de vie meilleure, d’intégration, de justice économique et sociale, doivent chaque jour travailler au développement d’organisations en réseaux capables de marier leurs cultures. Leur mouvement devait apporter à ces groupes dissidents cette perspective d’une nouvelle société, cette réalité de changer la vie. Dan ajouta que ce travail de communication s’adresse aussi aux soldats et policiers au service des systèmes de pouvoirs actuels pour leur montrer l’absurdité de leurs efforts dans le contexte de la faillite de nos systèmes de pouvoir. Ces efforts trouvent d’autres raisons d’être et d’autres sources de satisfaction dans la protection des réseaux de vie qui vont se développer à la suite de leur mouvement.

 

(a)  les " gated communities "

 

Dan se leva pour se placer devant le paper-board. Il présenta d'abord le phénomène de la création des villes de haute sécurité, sujet qui interpellait sa mission de soldat. Il en avait visité quelques unes. Pour exposer les faits, il cita plusieurs exemples de ces villes nouvelles :

 

 Depuis 1980, dix villes semblables se sont construites dans la vallée de San Fernando. Huit millions d'américains se sont retranchés dans les " gated communities " et ce phénomène touche toutes les couches de la population et se répand en Europe, en France.

Les causes, Dan les trouva dans le désir des gens de tromper leur peur de l'imprévisible. Tous ces projets portent sur une maîtrise de l'environnement. Tout doit rester dans l'ordre prescrit au départ. Pour que le quartier ne change pas, qu'il n'y ait pas d'étrangers, que tous ceux qui vivent dans l'enclave respectent méticuleusement la même conformité, qu'il n'y aura pas d'infiltration venant de l'extérieur, ces nouvelles communautés édictent des règlements internes si restrictifs que beaucoup seraient déclarés inconstitutionnels si une municipalité les prenait. Tout véhicule doit être mis dans un garage. Par exemple, lorsque des amis viennent dîner, ils doivent obtenir un permis spécial pour stationner au bord du trottoir. Tout doit être propre, tranquille. Il n'y a jamais de nids-de-poule sur les routes. Nulle part ailleurs, on ne voit cela ! Ces villes tentent de récréer une Amérique idéale sans bruits et sans voisins de couleur. Les américains disent moins d'État mais créent des mini-états ou plutôt de petites dictatures. En fait ces personnes échangent leur liberté contre la certitude de pouvoir contrôler ce qui les entoure : rien ne viendra faire baisser la valeur de leur propriété, pas même des voisins peu fréquentables ou pire, des voisins de couleurs. Aucun chômeur ne traîne dans les rues. 

Dan reprit les propos de Gérard et de Barbara. Lorsque le phénomène du déversement économique et social s'arrêtera, derrière ces murs, la question de savoir quelle nouvelle économie il faudra mettre en place sous peine d'explosion sociale et de misère, s'arrêtera dans l'esprit de ces résidents à l'extérieur de leurs murailles. Dan insista pour préciser que leur entreprise allait combattre cette manière de rassurer les gens, cette manière de satisfaire le besoin individuel de sécurité en créant de la certitude en échange d'un abandon de liberté. Pour répondre à ce besoin de sécurité, leur entreprise allait créer de la confiance dans un environnement qui resterait toujours incertain, par un partage de valeurs humaines, partage seul capable de nourrir le travail de conciliation des savoirs nécessaires au règlement des problèmes matériels. Leur entreprise ne devait pas figer l'environnement matériel et sacrifier les valeurs humaines, elle devait faire l'inverse et baser son éducation sur la maîtrise de l'imprévisible, véritable réponse au besoin de sécurité !

Les conséquences de ce phénomène des " gated communities ", en plus de la création de ces mini-dictatures librement acceptées, sont la balkanisation de l'espace urbain. Les municipalités autorisent l'entrave de la circulation pour enrayer la délinquance. Conséquence : des quartiers entiers sont aujourd'hui barricadés. D'énormes barrières de béton interdisent tout trafic avec les autres quartiers. Seul reste possible la communication virtuelle sur l'Internet et encore, chaque communauté peut avoir son propre site avec ses propres codes d'accès. Ce phénomène signe la mort de l'esprit civique et un état ne peut pas prétendre gérer une telle juxtaposition de communautés repliées sur elles-mêmes et refusant l'ouverture au monde extérieur. Ce phénomène est une manifestation spectaculaire de la mentalité d'assiégés qui croît aux U.S.A.. Les voyageurs du nouveau monde, les émigrants vers le pays de la Liberté, une fois leurs valises posées et les indigènes massacrés ou placés dans des réserves, sont devenus des maniaques de sécurité et d’un ordre nouveau au point de créer entre eux des ferments de discorde et d’injustice plus énormes encore. Incapables de concilier propriété individuelle, communautaire et collective, pour se protéger des abus de la propriété individuelle, ils édifient des espaces de propriété communautaire qui codifient et limitent leurs propriétés individuelles sans pouvoir éliminer les abus qui se poursuivent à l’extérieur de leurs espaces de vie emmurés et surveillés mieux que dans des prisons. Dan leur fit remarquer que le seul point positif qu'il trouvait dans ce phénomène, est ce désir de vivre en communautés plus réduites que les villes, les états d'autrefois. Ce désir peut rejoindre le contrat du deuxième niveau, le contrat communautaire inscrit dans l'organisation de leur entreprise. La solution que leur entreprise peut apporter à ces " gated communities " est d'apprendre à leurs membres à réaliser entre eux des contrats interpersonnels, à produire du sacré dans leurs relations humaines. Le sacré qui nourrissait jusqu'ici les institutions s'est perdu à travers les pratiques souvent contestables des pouvoirs. Leur entreprise devait inscrire à son programme la destruction des murs de ces gated communities !

Le groupe valida la proposition de Dan, ci-joint une liste de liens vers des sites web présentant ces gated communities :

http://www.registryone.com/

 

 

(b) le cloisonnement culturel

 

Cette revendication pour le retour des valeurs morales qui ont servi de base à la religion, à la Constitution, à l'affirmation des droits et devoirs des citoyens devant le pays ou devant Dieu, constituent le fondement des mouvements aussi différents que ceux des " Promiss keepers ", des " women of faith " ou ceux des milices patriotiques aux USA. 

L'affirmation de valeurs, de droits et devoirs protégeant l'individu aux origines divines, s'oppose aux règles politiciennes toujours bafouées par des gens corrompus ou par une organisation étatique qui s'empresse de restreindre les libertés individuelles pour assouvir son désir de puissance. Dan expliqua que les " gated communities " se répandaient surtout dans les populations urbaines alors que les milices patriotiques étaient davantage d'origine rurale, composées de propriétaires fermiers qui se replient sur leur sécurité locale et leur droit à être libre sur leurs terres afin de ne pas y subir les contrecoups de la vie mouvementée des villes et de l'économie mondiale. Ces deux mouvements vont dans le même sens : la balkanisation de l'état, de la société traditionnelle avec l'apparition de communautés éparses incapables de se structurer autour de nouvelles valeurs humanistes, incapables de remplacer le dialogue social impossible entre riches et pauvres par le dialogue indispensable entre chaque être humain et sa source de vie, son mystère d'être interpellé par le surnaturel, par Dieu.

L'officier américain présenta brièvement les revendications de certains montagnards du Montana :

 

Dan admit qu'il est impossible de créer un dialogue social entre les riches et les pauvres. Le riche a besoin du travail du pauvre pour continuer à s'enrichir et il a besoin de ne pas payer au prix juste ce travail. Maintenir le niveau de vie d'un état centralisé nécessite la réglementation et l'imposition des communautés locales, leur condamnation à la passivité et à la non revendication d'autonomie. L'officier raconta la détermination de ces fermiers revenus du Vietnam qui se souvenaient parfaitement du serment de ne pas trahir leur pays avant leur envol vers l'Asie. Au prix du sang et des larmes, ils avaient tenu ce serment pour constater après coup l'inutilité de leur engagement. Aujourd'hui, comme pour se venger de ce combat inutile, ils étaient prêts pour s'engager dans un vrai combat servant parfaitement leur dignité d'êtres humains, refusant le diktat d'un pouvoir politicien et financier et ce combat, ils étaient d'accord pour le refaire les armes à la main comme ces politiciens leur avaient demandé de le faire contre les Vietnamiens ! 

 

Dan conclut son propos. La recherche de racines sacrées et inviolables est légitime mais le combat de ces mouvements américains porte une lacune grave : ils recherchent le sacré dans le passé, ils font l'amalgame entre leur révolte et la révolte des patriotes qui se soulevèrent contre les colonisateurs anglais. Les barrières de leur ranch ne deviendront jamais de nouveaux champs de batailles comme celui de Lexington ou de tant d'autres. Non, la solution venait de la capacité à créer aujourd'hui et demain du sacré. Il n'est pas question de brandir à nouveau le fusil comme l'ont fait les insurgés qui ont chassé les colonisateurs anglais, les cow-boys ou un soldat d'une armée régulière. Par contre, il est urgent de mettre le fusil sous la garde d'un chevalier, d'un soldat qui défend d'abord le sacré. Dan constata une fois de plus que leur entreprise devait de suite s'implanter aux États-Unis pour prendre contact avec ces mouvements et les transformer en ordre chevalier moderne en leur apportant l'organisation de leur mouvement. Il fallait leur faire prendre conscience qu'ils ne tireraient rien de bon du passé qu'ils avaient pris comme référence. Même l'organisation égyptienne, les ordres templiers, la chevalerie avaient commis des erreurs qu'il ne fallait plus reproduire. 

Dan évoqua encore le mouvement des " Promiss keepers " rassemblant uniquement des hommes cherchant à recouvrir leur mission masculine d'autorité morale et citoyenne dans la conduite de la société en bon père de famille. Faisant le pendant de ce mouvement masculin, celui des " women of faith " rassemble des femmes désespérées par leurs échecs familiaux, parentaux, professionnels ou personnels dans de vastes conférences pour leur faire partager un comportement de foule propice à la transmission d'émotions et tenter de les convaincre que Dieu les aime moyennant un ticket d'entrée de 50 dollars pour un show de 48 heures. Ces mouvement centrés sur une vision toute particulière de leur résolution de problèmes, parut être une entreprise directement en concurrence avec celles de leur mouvement pour une alternative de l’organisation en réseau. Un premier partage existe mais il manque une vision constructive d'une société où l'être humain aurait la primauté. Ces mouvements ne remettent pas radicalement en cause les cloisons sociales. Ils se sont créés comme des marchés restreints d'aide et d'assistance sociale sur lesquels leurs dirigeants développent avec la même culture capitaliste des affaires, de nouvelles et bien réelles entreprises commerciales. Ce n'était pas le but de leur mouvement et Dominique le souligna doublement dans son compte-rendu.

 

( c )- le cloisonnement éducatif 

 

Gérard donna d'autres exemples des conséquences de cette peur. Il rapporta le cas d'un de ses collègues professeur dans un lycée voisin du sien. Situé près d'un quartier difficile, une année en classe de Seconde, tout un groupe de filles arriva du collège et s'installa au lycée en clan pour poursuivre des comportements inacceptables que le collège n'avait pu éradiqués. Gérard précisa que le Principal de ce collège était connu pour donner des avis favorables au passage au Lycée pour des élèves ayant des moyennes générales trimestrielles de six ou sept sur vingt. Ce principal écrivait dans ses remarques que ces élèves avaient malgré tout un potentiel et qu'avec l'âge, dans les conditions de travail du lycée, la situation ne pouvait que s'améliorer, qu'il ne pouvait pas priver d'une chance d'études de telles élèves. Cette position lui permettait une solution de facilité en plaidant la poursuite normale d'études et en le dispensant de justifier devant ses supérieurs et les parents l'arrêt des études secondaires pour entrer dans des formations professionnelles. Le lycée professionnel étant plus éloigné de ce quartier difficile et ayant moins bonne réputation, il était clair que les enfants pour des questions de commodités et de valorisation personnelle préféraient aller au lycée juste à côté de chez eux. Les parents préféraient également voir leurs enfants dans ce lycée secondaire plutôt que dans un lycée professionnel où ces derniers fréquenteraient des élèves d'autres quartiers difficiles avec tous les risques de bagarres que ceci pouvait comporter. Sur le plan social, la situation pouvait se justifier mais absolument pas sur le plan pédagogique.

Alerté de suite par certains professeurs, le Proviseur n'avait pas voulu suivre les recommandations de son Proviseur-adjoint et sanctionner ces filles par des mesures d'exclusion temporaires puis le cas échéant, définitives. Une altercation avait eu lieu dont les professeurs avaient été mis au courant à la fin de l'année lorsque ce Proviseur-adjoint qui avait entre temps demandé sa mutation, partit dans un autre établissement de la région. Ces filles se sont retrouvées en classe de Première. Quelques professeurs de Seconde ont tout de même averti certains professeurs de Première de se méfier de ces élèves car eux avaient eu du mal à contrôler la situation et avaient passé une année scolaire très éprouvante. Ces élèves les avaient faits tourner en bourrique mais avec leur expérience de professeur, ils avaient su ne rien faire voir de la situation à la Direction du Lycée, ceci pour préserver les bonnes appréciations de leur notation annuelle. En classe de Première, ces élèves jusque là dispersées dans plusieurs classes de Secondes mais ayant choisi la même option d'études, se retrouvèrent toutes dans la même classe et en furent ravies au point de recommencer leurs anciens chahuts et leurs comportements agressifs vis à vis des professeurs qui tentaient de les remettre au travail. Le collègue de Gérard décida de mettre le holà à cette situation et après des exclusions de classe décida de demander des sanctions pour ces élèves qui contestaient ouvertement toutes remarques sur leur comportement inacceptable. Il alerta les autres professeurs de cette classe qui vivaient des événements semblables quoique d'une manière plus discrète car certains s'arrangeaient pour distribuer des bonnes notes à ces élèves à travers des devoirs très faciles et plutôt que de faire cours, distribuaient le plus souvent des exercices à faire en groupe qui étaient plus ou moins ramassés. Ces exercices ralentissaient la progression dans le programme mais permettaient aux élèves de discuter entre eux, le plus souvent d'autres sujets que ceux des exercices. Ainsi les bavardages passaient inaperçus et l'ambiance pouvait prêter à du travail.

Le collègue de Gérard comprit qu'il avait tord de réagir face à ces élèves car maintenant elles faisaient bloc contre lui pour l'intimider et le persécuter, le dévaloriser. Ce professeur décida de ne pas céder. Le Conseiller principal d'éducation prit le parti de soutenir le professeur mais le Proviseur s'en tint à une position simple : ce professeur n'avait pas d'autorité vis à vis de ses élèves car le calme ne régnait pas dans la classe. Gérard passa sur les autres péripéties de cette histoire. Lors d'une réunion de professeurs, une pétition circula pour demander des sanctions. Le lendemain, la moitié des professeurs qui avaient signé, reprenaient leurs signatures. En fait, ils avaient peur des réactions du Proviseur qui pouvait également les sanctionner pour manque d'autorité vis à vis des élèves. 

A la fin de l'année, une des filles se fit prendre en flagrant délit de vol dans les casiers des élèves. Sa bande possédait en fait un double du passe de ces casiers, double du passe qui avait été volé dans les bureaux de la vie scolaire du lycée, vol qui n’avait pas été signalé jusque là. Par ailleurs, le comportement désinvolte de ce Proviseur vis à vis d'une personne de l'administration du lycée avait soulevé un mouvement de protestation parmi l'ensemble du personnel et devant un constat unanime de harcèlement moral de sa part, il avait été sanctionné par une mutation de la part du Rectorat. Ce Proviseur devait toutefois finir les quelques semaines de l'année scolaire sur place. Dans ces conditions, un conseil de discipline avait pu se tenir fin juin et sanctionner ces élèves. A la rentrée suivante, ces élèves avaient compris la leçon et ont passé une année en classe de Terminale satisfaisante sur le plan du comportement. La plupart ont pu obtenir leur bac et l’année suivante, ces jeunes filles s’étaient inscrites dans des études supérieures à la grande ville voisine. Elles louaient ensemble un grand appartement et s’entraidaient pour obtenir leurs diplômes universitaires. 

Une explication avait alors circulé parmi les professeurs : l'ancien Proviseur avait eu peur des représailles que ces filles et leurs copains du quartier voisin auraient pu commettre contre le domicile du Proviseur et sa voiture. En fait, il avait eu peur moyennant quoi ses réactions incompréhensibles avaient communiqué la peur parmi les professeurs et les seuls qui n'avaient pas eu peur et profitaient de la situation étaient ces élèves vivant en clan dans le lycée. Les professeurs avaient écouté les élèves de ce quartier dire que plus personne ne se parlait dans cette cité, que la peur régnait. Personne au lycée ne savait ce que comptait faire la mairie, si des médiateurs sociaux du conseil général allaient un jour s'occuper de ce quartier. Chacun restait dans son coin et les élèves semaient le trouble quand bon leur semblait, assurés d'une confortable impunité, s'amusant même de voir certains de leurs professeurs faire les frais d'une telle situation. Leur argument principal résidait dans le fait qu’ils étaient démotivés car leurs études ne servaient à rien vu que les entreprises ne les embaucheraient pas au niveau de leurs diplômes, qu’elles étaient racistes et que seuls les petits boulots payés au Smic les attendaient à la sortie des études. Gérard indiqua que ce point de vue n’était pas du tout faux, qu’il était bien réel et que ces décideurs dans les entreprises, à travers leur racisme, constituaient bien un obstacle à la bonne motivation des élèves immigrés mais que cette question ne pouvait pas se limiter à ce seul aspect. Le professeur souligna que des peuples comme le peuple juif, avait depuis des millénaires une tradition bien établie faisant que chaque individu sache lire et écrire, sans compter le peuple de l’Égypte antique qui savait dessiner et peindre les hiéroglyphes au mois six mois par an quand les travaux des champs n’étaient plus possible, alors que d’autres peuples, comme les peuples de langue arabe s’étaient contentés d’une simple tradition orale pour la plupart de leurs populations. Cette explication était, aux yeux de Gérard bien plus fondamentale et nécessitait un tout autre dialogue avec ces communautés que la simple obligation de suivre un enseignement en langue française imposée par la république dans son souci d’égalité des chances. Pour terminer cette anecdote, Gérard indiqua que quelques années plus tard un nouveau proviseur plus ferme et dirigeant efficacement ce lycée avait vu sa voiture incendiée dans son garage, à l’intérieur du domaine du lycée. Il n’avait pas porté plainte et le rectorat non plus. Si l’ambiance de travail s’était amélioré, les menaces et les troubles venant de l’extérieur s’étaient aggravés sur le plan matériel, la frontière avec les coups et blessures volontaires ou un assassinat n’avait pas été franchie mais qui pouvait dire pour encore combien de temps ?

Gérard signala d'autres exemples aberrants de peur dans un lycée. Une élève après un BEP veut poursuivre ses études pour obtenir un Bac. Ses professeurs de BEP lui ont dit que ce serait pour elle difficile car elle a du mal à raisonner et à manier des idées. Ils l'encouragent à passer un Bac professionnel plus concret et davantage dans la filière de formation du BEP. La fille veut tout de même aller au Lycée car cette perspective la valorise dans son entourage. A la fin de la classe de Première, le conseil de classe émet un avis défavorable pour un passage en Terminale vu les résultats insuffisants et recommande, comme les professeurs de BEP, l'inscription en Bac professionnel. La fille refuse cet avis et demande son inscription en Terminale. De plus, ayant maintenant ses vingt ans, elle décide de travailler les mercredi après-midi et les samedi pour subvenir aux besoins de son ménage. Cela fait quatre ans qu'elle vit avec un compagnon qui ne travaille pas et semble-t-il ne cherche pas de travail. Souvent absente aux cours et aux devoirs, elle trouve tout de même le moyen de venir la dernière heure de cours avant l'épreuve du Bac blanc de février, réclamer devant toute la classe une heure de révision car elle n'a rien compris au cours et aux devoirs et devant la remarque du professeur consistant à lui dire que les autres élèves ont déjà avec lui achevé ces révisions alors qu'elle était absente, elle trouve toujours le moyen de s'emporter en invectivant le professeur parce qu'il n'écoute pas les élèves et n'est qu'un pauvre imbécile. Sur quoi, dans sa crise, elle profère des mots grossiers pour dévaloriser avec une rare agressivité ce professeur qui s'énerve et s'emporte à son tour devant la classe. Bien entendu, cette élève ne s'est pas présentée lors de l'épreuve du bac blanc. Gérard conclu que la peur et la panique de cette élève la veille d'un examen ne pouvait être que compréhensible mais pourquoi avait-on laisser les choses en arriver là. Va-t-on une fois de plus rétorquer que ce professeur manque d'autorité vis à vis de ses élèves ? Pourquoi cette élève avait-elle eu peur pour ne pas aller trouver en début d'année ses professeurs et lui exposer sa situation ? Parce qu'elle savait qu'elle n'avait pas accepté l'avis du conseil de classe, qu'elle avait peur que ses professeurs allaient lui faire remarquer cela pour ne pas l'aider ? Parce qu'elle savait tout comme les professeurs et l'administration du lycée qu'aucune solution de pédagogie différenciée et personnalisée n'était possible dans les moyens disponibles au lycée ? 

 

Pour Gérard, la peur provient le plus souvent d'une perception d'un manque de moyens disponible pour satisfaire un besoin de sécurité. Il n'y a là qu'une évidence simpliste voire inutile à faire remarquer. Il ne s'agit pas d'enfoncer des portes ouvertes mais bien de satisfaire enfin à travers une organisation durable et souple, ces besoins élémentaires de sécurité qui jour après jour s'évaluent à des millions et des millions de cas et c'est en cela que chacun est concerné et participe à la mission d'autorité : minimiser la violence collective en évacuant chaque violence individuelle avant qu'elle ne se regroupe avec d'autres. Pour achever son anecdote, Gérard indiqua que secouée par cette affaire, cette élève travailla d’arrache-pied jusqu’à la fin de l’année, peut-être pour prouver au lycée qu’elle valait mieux que ce qu’elle avait montré de négatif en cours d’année et fut reçue à l’oral de rattrapage du bac.

Gérard s'emporta contre la fiction sur laquelle repose son institution : prendre n'importe quels élèves jusqu'à un effectif de trente, trente sept dans une salle de classe, les faire asseoir, leur imposer le silence et une absence de bavardages sur des sujets extérieurs au cours et capter leur attention pour les instruire. Aucun groupe humain ne peut fonctionner de la sorte durant des années et à fortiori une classe d'élèves. C'est contraire à toute dynamique de groupe restreint. Par contre cette fiction illustre bien les incapacités d'une organisation fondée sur le principe d'Autorité et dont le style de direction reste résolument autocratique même si tempéré par les lourdeurs bureaucratiques. Le recours en dernier lieu au mythe républicain de l'égalité des chances devant l'éducation et la formation, ne faisait plus sourire quiconque tant les méfaits de ce système sont patents. Ne plus pouvoir aujourd'hui imposer cette fiction avec ses cortèges de sanctions et d'exclusions ne peut qu'aboutir à un style de direction laisser-faire. Il faut laisser le jeune se construire lui-même son propre savoir ! Gérard souligna la confusion qui règne dans le système actuel de l’Éducation nationale française : devant les preuves patentes de l’échec du système scolaire et éducatif, le système tout en restant lui-même sur le plan de l’institution et de son fonctionnement administratif, impose le recours à des pédagogies qui sont le propre des organisations en réseaux, en particulier l’utilisation de la source initiatique de savoir et de l’expérience de vie de chaque être humain. Oui, la solution réside bien dans l’établissement d’un savoir global réunissant les deux sources de savoir mais alors l’une ne peut être trafiquée ou réduite aux seuls fins de l’acquisition d’un savoir intellectuel retenu par les dirigeants d’un système de pouvoir. Cette tentative de récupération de la force de la source initiatique de savoir représente bel et bien une imposture de plus à mettre à l’actif des dirigeants de nos pouvoirs éducatifs. Cela ne peut pas marcher sauf à laisser ce cadre pédagogique s’emparer en entier de la source initiatique pour que ce savoir personnel aide, donne du sens au savoir intellectuel produit par l’humanité à travers son histoire et que ce travail sur le savoir global aboutisse au mariage de nos cultures, à leur transformation, dépassement dans une nouvelle culture produite par aujourd’hui au moins trois ou quatre générations d’êtres humains !

A ce stade, cette toute l'institution qu'il faut changer voire la république et ses fictions de liberté, égalité et fraternité jamais réalisées deux siècles plus tard! Gérard s'emporta plus violemment lorsqu'il exposa que cette situation avait pourtant été clairement voulue par le pouvoir politique. Après une étude de 1986 qui démontra que les salariés japonais avaient pour 93% d'entre eux un niveau de qualification égal ou supérieur au niveau Bac+2 en France, en 1988, le gouvernement lança le mot d'ordre : en l'an 2000, 80% d'une classe d'âge doit au minimum avoir un bac. Le professeur ne voulut pas s'étendre sur le choix français d'ouvrir grandes les portes de l'Université sans donner au préalable à cette institution les moyens matériels de faire face à cette nouvelle donne. Certes, l'allongement de la durée des études était une bonne chose du point de vue de ces politiciens pour restreindre la population active et donc faire diminuer le chômage mais que dire aujourd'hui si cette politique d'allongement de la durée des études se complète par un rallongement de l'âge de départ à la retraite ? Les progrès dans l'allongement de la durée de vie doivent-ils aussi être confisqués par les décideurs de l'économie libérale sous prétexte que les gains de productivité n'ont pas en partie à financer le progrès social, que le niveau élevé des impôts sur les bénéfices suffit déjà et ne permet plus d'autres prélèvements et d'autres répartitions ? Et comment oublier dans nos sociétés industrielles cette forte croissante des travailleurs pauvres ? Les objectifs du système de formation ne sont-ils pas en pleine contradiction avec l'évolution de la réalité sociale ? Et la progression du taux d'illettrisme à plus de 20% ? Comment continuer à dépenser 20% du budget national dans l'éducation et la formation alors que le taux d'illettrisme ne cesse de croître ? N'y a-t-il pas là, un nouveau tonneau des Danaïdes ?

 Dans les lycées, une des solutions mises en place fut le travail acharné des professeurs pour faire tout de même passer les programmes scolaires à cette catégorie nombreuse des nouveaux lycéens, de ces jeunes qui autrefois seraient aller à l'usine avec un CAP et qui aujourd'hui, comme les autres catégories sociales, doivent étudier selon un travail intellectuel pour lequel leur environnement familial et social ne les avait pas préparé. Puis de réformes en réformes, les programmes furent allégés de certaines difficultés. Gérard se proposa pour apporter une autre fois sa collection de manuels pour prouver ce point. L'institution scolaire résista pour maintenir l'idée de donner les mêmes chances aux jeunes lors de leur entrée au lycée, en classe de seconde. Dans cette classe indifférenciée, tous, quelques furent leurs parcours au collège, suivent exactement les mêmes programmes. Le professeur ne contesta pas le fait qu'un jeune puisse se découvrir subitement en classe de seconde, des affinités avec les mathématiques pour envisager une possibilité de présenter le concours d'entrée à Polytechnique. Mais la réalité des faits est toute autre. Les lacunes et le manque de motivation accumulés au collège vont ressortir dès le premier trimestre face aux élèves très bons dans les matières scientifiques et qui vont poursuivre cette voie, face aux autres élèves très bons dans les matières littéraires et qui poursuivront une voie également connue depuis plusieurs années. Les élèves qui auront accumulé les mauvaises notes dans ces domaines face à des camarades parfaitement motivés n'auront plus comme choix pour rester au lycée que d'envisager une filière d'études courtes à Bac+2 en technologies, principalement en technologies tertiaires. Arrivés en classe de Première, les professeurs de technologies devront les re motiver et en premier lieu, leur expliquer ce qui s'est passé en classe de seconde et à quelle sélection ils ont été confrontés. Si la plupart se remettent au travail, ils resteront cependant soit démotivés, ne cherchant que l'obtention du bac avec juste ce qu'il faut comme point, soit vindicatifs à l'égard d'un système qui ne les aide pas à se former selon leurs objectifs mais leur impose un principe républicain d'égalitarisme qui ne fait qu'accentuer leurs faiblesses et handicaps scolaires et sociaux face à des objectifs qui ne sont pas les leurs. Pour légitimer la sélection et le cloisonnement social, Gérard déclara, dépité, qu'il n'y avait pas mieux que son travail de professeur. 

 

Il ajouta pour conclure sa position, qu’une solution se développait : ayant pris conscience que la France est classée dernière sur les 29 pays de l’OCDE pour le taux d’activité de la classe d’âge des 15-24 ans, nos dirigeants favorisent largement l’ouverture de BTS par alternance, financés grassement par les Régions pour des classes de 5 à 6 élèves souvent, 10-12 au plus. Gérard, enseignant dans ces classes, précisa que les élèves ont été soit apeurés soit refusés par le système de formation initiale, qu’ils ont donc pour la plupart de grandes lacunes dans leurs connaissances de base ou un profond dédain pour le travail intellectuel ( pour les jeunes gens ). Ceci transparaît inévitablement dans leurs travaux professionnels et le taux d’échec important pour ces élèves à l’examen du BTS ( qu’ils passent dans les mêmes conditions que les étudiants de la formation initiale, égalité du diplôme oblige ! ), décourage aussi les tuteurs de ces élèves dans les entreprises, entreprises qui pour la plupart ne veulent plus accepter d’autres stagiaires de ces formations chez elles, ayant suffisamment donné pour peu de résultat. Mais il est clair que l’Allemagne et les pays scandinaves sans oublier tous les autres pays de l’OCDE font bien mieux que nous sur le plan du taux d’activité des jeunes de 15-24 ans ! L’orientation reste valable à condition de changer notre système éducatif pour l’ouvrir sur une organisation en réseaux de construction de savoirs.

Pour Gérard, travailler au succès de leur mouvement se présente comme une revanche sur ce qu'il n'avait jamais eu la possibilité et le droit de faire dans son lycée. Il termina son propos en s'excusant de ne pas vouloir de suite s'interroger sur le devenir de ces formations tertiaires après ce qui venait d'être dit par Barbara sur la révolution des nouvelles technologies informatiques de communication. Ces élèves ne pouvant pour la plupart pas avoir le degré d'excellence qui leur permettrait de garder un emploi dans les entreprises actuelles et nouvelles. Tôt ou tard, leur travail aurait lieu dans une autre économie. Gérard enleva de son esprit l'idée qu'une société pourrait continuer à les maintenir des dizaines d'années dans le chômage ou la précarité comme elle venait déjà de le faire. Ce n'était plus du cloisonnement social mais de l'immobilisme et du conservatisme d'Ancien Régime, un véritable corporatisme des élites.

 

Le groupe accepta le propos de Gérard mais fut surpris par le ton qu'il avait employé pour s'exprimer. Gérard, en parlant de son métier de professeur, venait de laisser sourdre un malaise encore peu perceptible mais bien sous-jacent, facile à deviner et cela les inquiéta. Ils admirent que vouloir éduquer et former dans un système perverti par la peur ne pouvait qu'être démotivant. Il y avait là incontestablement un champ d'activité important pour leur entreprise : monter des centres d'éducation au sein desquels la peur ne pourrait pas pénétrer parce qu'ils seraient défendus contre cette peur par des gens à l'esprit chevaleresque. Gérard interpella Laurie. Elle devait expliquer dès demain aux candidats à l'école d'amour que celle-ci allait fonctionner sur le principe d'une peur zéro, d'un risque de peur zéro car il n'était plus question de prendre leurs connaissances en défaut par rapport à un savoir confit de certitudes. Comment décliner dans le détail d'une organisation, une éducation à l'amour à travers l'extase physique et sexuelle sans peur et sans reproche ? Après cette intervention, le groupe recentra son activité. 

 

22 ) la sélection des CAUSES à la peur et à la fracture sociale faite par le groupe :

 

Certains qui auront placé leur épargne-retraite dans une bonne société financière, avec les intérêts obtenus, pourront partir, par exemple, plus tôt en retraite avec les mêmes rentes que celles espérées au départ. Tel salarié pourra partir en retraite dès 54 ans et touché ce qu'il avait d'abord espéré lors d'un départ à la retraite à 60 ans. La logique commerciale a pris le dessus sur l'aspect social de cette garantie de revenus lors de la retraite. Dans cette même logique, certains fonds peuvent réaliser de mauvais placements ou être victimes de krachs financiers. Lorsque l'on connaît la vitesse de propagation d'un krach financier à travers les marchés financiers, la logique doit aussi admettre que des millions de retraités peuvent se retrouver sans ressources. Frantz assura que le choix de placements éthiques dans des sociétés respectant les valeurs sociales peut être un niveau de précaution suffisant.

Pour contrer le phénomène démographique de nos sociétés industrielles, ces organismes de gestion vont chercher les placements les plus bénéficiaires et faire ensuite que leur rentabilité s'améliore encore car l'objectif de ces organismes de gestion des fonds de pension consiste à assurer dès aujourd'hui leur pérennité quand d'ici une vingtaine d'année, du fait du vieillissement des populations occidentales, il deviendra très difficile de garantir les niveaux actuels de retraite. Conséquence : ces fonds vont s'investir dans les sociétés les plus rentables, ne servent que très peu à redresser des secteurs économiques en crise et dans les sociétés les meilleures, ils poussent les autres actionnaires à travers des mouvements de bourses à exiger d'autres mesures pour accroître encore la productivité. Celle-ci ne peut s'obtenir alors qu'avec un renforcement du machinisme, un dérèglement des horaires et des salaires pour garantir la flexibilité maximale de l'outil de production et la juste adéquation de la masse salariale aux besoins de production. Enfin, ces investissements massifs sont à très court terme et sur les marchés boursiers, peuvent du jour au lendemain changer d'entreprises.

 

 Frantz conclut que la présence de ces fonds considérables de pension au cœur du système capitaliste constitue une source grave de contradiction rendant stériles les mesures publiques de luttes contre le chômage et ne solutionnant en rien les perspectives économiques et sociales découlant des réalités démographiques. Frantz alluma le rétroprojecteur pour appuyer son propos à l'aide de quelques chiffres qu'il avait mis au point avec Gérard. Si le budget d'un pays comme la France est d'un peu plus de 1 700 milliards de Francs ( MdF ) pour un Produit National Brut d'environ 7 300 MdF[1], les seules institutions financières américaines gèrent 160 000 MdF à travers le monde. Un fonds d'épargne américain gère à lui seul 1 920 MdF et un fonds de pension retraite : 630 MdF[2]. Au niveau des marchés à terme, le développement des placements sur anticipation aboutit à un encours de ces produits financiers dérivés de 30 000 MdF en 1989 et de 84 000 MdF en 1995. Les engagements hors bilan des banques américaines, c'est à dire leurs engagements spéculatifs, dépassent largement leurs fonds propres[3]. L'endettement brut des particuliers américains atteint après 1995 les plus hauts niveaux historiques : deux tiers des acquisitions d'actifs financiers par les ménages sont passés par un recours au crédit. Cette folie spéculative se traduit par une progression du Dow Jones plus forte et plus rapide qu'en 1928-1929. Elle profite surtout aux sociétés informatiques liées à l'Internet.[4] Frantz passa rapidement sur les causes de ce phénomène car en fait leur entreprise luttait contre ces mêmes causes. Au niveau des conséquences, il ne voulut pas jouer les Cassandre et il se borna à rappeler ce principe d'évidence : plus le phénomène spéculatif grossit, plus l'évolution de l'économie financière s'éloigne de l'évolution de l'économie réelle et plus l'explosion devient fatale et les effets de cette déflagration destructeurs. Frantz présenta un dernier transparent pour illustrer son propos d'un des récents cas : la société d'informatique Oracle, très engagée en Asie, a perdu en Bourse 270 MdF en 24 heures parce qu'elle a annoncé un bénéfice moindre que celui qui était attendu. D'autres sociétés sont dans le même cas. En 2000, le krach financier des valeurs de la nouvelle économie, l’e-économie, viendra éliminer ces bulles spéculatives.

 

Pour achever son intervention, Frantz leur rappela la puissance colossale actuelle des institutions financières contre laquelle leur entreprise allait lutter, leur chance de lancer leur entreprise alors que le système financier est dans une surchauffe dangereuse. Après les échecs des spéculations boursières, la politique américaine de laisser le dollar se déprécié face à l’euro, les pressions américaines pour que la Chine réévalue sa monnaie, démontrent que les dirigeants de la première puissance économique mondiale n’entendent pas voir les profits du système de pouvoir économique leur échapper. Frantzl demanda à chaque membre présent de bien ancrer dans son esprit qu'ils devaient concevoir une organisation de leur entreprise capable de gérer l'équivalent de milliards et de milliards de richesses et non plus seulement le budget d'un ou plusieurs petits clubs. Dans leur mouvement, la confiance et la production du sacré qui cimentent les relations d'échanges de biens économiques et des services matériels ou immatériels, allaient s'évaluer autrement que sous forme de monnaie étatique mais la somme des richesses individuelles, communautaires et collectives qu’ils allaient gérer dans leur organisation en réseau serait du même niveau.

 

Le groupe accepta la position de Frantz soutenue vivement par Barbara et Gérard.

 



[1] valeur 1994 : 7 376 Milliards de Francs, Comptes de la Nation, INSEE. Le PIB mesure la richesse crée par l'économie.

[2]respectivement le fonds d'épargne Fidelity et le fonds de pension Calpers

[3] exemples : en 1995, la Bankers Trust possède plusieurs centaines de milliards de dollars d'engagements hors bilan contre 5 milliards de dollars de fonds propres. La banque J.P. Morgan : 108 000 milliards contre 30 milliards.

[4]Nescape Communication, principal éditeur de logiciels d'accès l'Internet totalisait en 1995 une capitalisation boursière de 32,4 MdF pour un chiffre d'affaires de 282 millions de F seulement.

 

      

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