Laurie
était prête pour repartir dans sa jeunesse. D'une voix douce, calme, mesurée,
elle se raconta avec davantage de détails à son amant. Née à Paris, elle y
avait passé sa jeunesse et son adolescence. Elle avait débuté sa scolarité
à l'école Notre-Dame des Oiseaux d'Auteuil, quartier où ses parents
habitaient puis son père avait tenu qu'elle suive les cours à l'école
alsacienne. Enfin elle avait traversé le jardin du Luxembourg pour faire des études
de psychologie à la Sorbonne. Son père avait été militaire puis journaliste.
Membre d'un commando OSS durant la guerre, il avait servi durant la campagne de
France à l'état-major du général Bradley. Sur sa demande, il avait gardé
des liens étroits avec les forces françaises issues de la résistance et
fondues dans la Première Armée française. Il avait demandé à se battre en
Alsace durant l'hiver 1944-1945 à côté d'anciens camarades de maquis et il
avait été un des premiers officiers alliés à visiter le camp d'extermination
nazi du Struthof. Longtemps conseiller militaire à l'ambassade américaine à
Paris, il n'avait pas voulu quitter Paris lors de la sortie de la France de
l'OTAN pour rejoindre Heidelberg où un poste l'attendait. Il écrivit pour des
journaux et c'est à ce moment qu'il avait pris femme en la personne d'une jeune
fille d'une famille amie depuis longtemps de la sienne à Philadelphie. Un an
avant de mourir, il était parti s'installer à Philadelphie et Laurie qui
venait d'achever ses études, avait suivi ses parents.
A
Philadelphie, un ami de son père, psychologue vieillissant, lui avait proposé
un peu par boutade de mettre en pratique leurs connaissances psychologiques à
l'aide de sa jeunesse et de ses charmes féminins indéniables... tout ceci au
cours de thérapies secrètes à la magie sensuelle et pour le bien des malades.
Les liens avec ce vieil ami s'étaient vite transformés en complicité
clandestine. Ce vieil homme éclairé avait compris certaines choses de
l'existence humaine et il cherchait une complice pour mettre en pratique ses leçons
de vie. Par défi, elle avait accepté de devenir une "surogate".
Elle était devenue la partenaire d'hommes qui devaient faire des exercices
pratiques pour vaincre des inhibitions, des obsessions ou des problèmes sexuels
: éjaculation précoce, pédophilie, pulsions sexuelles anormales, etc... Cela
faisait quelques mois qu'elle exerce cette activité qui lui permettait de vivre
tout en continuant de vagues études supérieures avant qu'elle ne rencontre
Dan. Elle avoua à Pierre qu'elle avait appris à aimer ces moments intimes où
la vérité des êtres se recherche plus intensément et qu'elle aimait sentir
le pouvoir qui était capable de s'exprimer de son corps, de sa nudité, de son
entière féminité. Cette expérience lui avait permis ce soir d'aller sans
crainte à la rencontre de Pierre et de lire posément à travers les profonds
regards de son amant. Elle lui redit que sans cette expérience préalable,
comme bien d'autres femmes, elle aurait été choquée d'un tel contact et outrée
d'une telle intromission dans les recoins les plus secrets de son âme.
Dan
était venu consulter le psychologue à la suite d'un accident au champ de tir.
Il venait de sortir de West Point et dirigeait la formation de recrues. Lors de
l'entraînement au lancer de grenades, les soldats devaient jeter l'explosif
derrière un mur dans une fosse. Une détonation ne s'était pas produite après
un lancer et en tant qu'officier, c'était à Dan muni d'une baïonnette au bout
d'un long bâton de marcher sur le mur à la recherche de cette grenade pour la
faire exploser à l'aide d'une nouvelle. Ce jour là, un sergent voulut se
charger de l'opération et Dan le laissa faire. A peine avait-il commencé la
recherche que la grenade explosa l'entraînant dans la fosse et le tuant. Dan se
sentit coupable pour avoir laissé faire un sous-officier aussi inexpérimenté.
Cela le marqua profondément surtout qu'il ne s'était pas complètement remis
du stress emmagasiné au cours de ses études pour sortir parmi les premiers de
sa promotion. Très vite, il perdit toute motivation. Il ressentait cette mort
comme une tâche sur un uniforme qui devait un jour briller sous les plus hautes
responsabilités militaires. Cette attitude commençait à compromettre sa carrière
lorsqu'on lui conseilla d'aller rencontrer un psychologue. Il choisit l'ami du père
de Laurie car ce psychologue était connu pour s'être occupé d'anciens
militaires. Le psychologue à bout d'expédients, se risqua à lui proposer une
séance de relaxation avec Laurie. Elle l'attendit dans la chambre du motel
habituel, toute nue comme de coutume, lui ouvrit la porte et se suspendant à
son coup, elle entraîna le bel officier jusqu'au lit. Elle eut juste le temps
de lui dire qu'ici, c'était elle qui commandait, que Dan s'avoua vaincu et il
lui fit l'amour de toutes ses forces, en se livrant totalement sans plus aucune
honte de lui. Laurie, en riant, attestait qu'en quelques minutes Dan avait chassé
ses idées noires et s'était découvert la femme de sa vie. En rougissant cette
fois-ci, Laurie avoua qu'il avait pour elle suffi de croiser une seule fois, une
seconde, le regard de Dan sous sa casquette d'officier pour qu'elle en tomba
amoureuse. En riant, elle expliqua qu'après le départ de Dan, elle s'était
demandée si elle ne lui avait pas déchiré son uniforme car elle ne savait pas
comment il s'était retrouvé nu aussi vite. Il était revenu une seconde fois
pour poursuivre le traitement et cette fois là, il l'avait fait se rhabiller
pour aller passer l'après-midi sur une terrasse d'un café en bord de mer. Il
avait parlé de son idéal de jeune officier américain et en bonne psychologue
diplômée de la Sorbonne, elle lui avait cité Pavese : "
il n'y a rien de plus traumatisant que de ne pas avoir atteint son idéal, si ce
n'est de l'avoir réalisé ". Dan avait convenu assez vite avec elle
qu'avoir un idéal, c'est une façon de rêver et que le rêve est maya. Elle
lui avait parlé de son chemin spirituel éclairé selon les enseignements
orientaux et elle lui avait aussi raconté ce qu'elle avait perçu de l'idéal
militaire de son père. Cette discussion au bord de l'atlantique leur avait
beaucoup plu et Laurie avoua à Pierre qu'elle avait, cette fin d'après-midi là,
aimé escalader derrière le bel officier les rochers de la côte jusqu'à une
petite plage déserte où elle s'était laissée déshabiller et aimer comme
jamais cela n'avait été le cas auparavant. Il avait accepté qu'elle continuât
son activité pour soigner des personnes dans le besoin tant il était convaincu
des pouvoirs salvateurs d'une surrogate. En Europe, lorsqu'elle avait suivi son
officier, bien entendu, Laurie n'avait pas repris cette activité, ce qu'elle
regrettait car elle estimait pouvoir ainsi mieux soigner ses malades qu'en leur
donnant des médicaments. Elle s'était intéressée aux mœurs des allemands et
avait trouvé l'adresse de ce club. Les soirées ici chez Amadeus et Regina lui
avaient de suite beaucoup plu et aujourd'hui, elle était heureuse d'avoir fait
la connaissance de Pierre. Elle poursuivit tout aussi sereine :
-
je travaille dans un hôpital militaire près d'ici, du côté de Pirmasens où
nous habitons. Je m'occupe surtout des traumatismes psychiques qui suivent les
chocs nerveux dus à la violence, à la douleur provoquée par des tortures, des
scènes de massacre. Les premières thérapies pour faire se raconter les
malades n'ont rien donné de positif et nous leur faisons suivre des traitements
plus lourds. Je suis aussi en liaison avec des neurologues qui font les électroencéphalogrammes
ou parfois les trépanations.
Chez
certains, le choc a été trop violent et le malade est irrécupérable, il part
pour l'asile des fous. L'armée américaine fait soigner par ici pas mal de
monde avant de les faire revenir dans leur famille aux States. Ils sont déposés
à Ramstein ou directement à Francfort. Parfois je suis appelée pour des
consultations à Wiesbaden... ici, nous sommes au calme, je peux mieux travailler
avec mes malades mais je n'ai pas le droit d'utiliser certaines pratiques. Je ne
peux pas travailler avec eux comme une surogate ou leur faire des danses de
Shiva ! Actuellement je collabore à un groupe de travail international qui
tente de soigner les victimes du drame de l'ex-Yougoslavie, nous en recevons un
certain nombre ici en Allemagne et avec Dan, durant ses permissions, nous sommes
allés trois fois à Zagreb et je dois y retourner plus souvent dans les mois à
venir. J'ignore si cette démarche relève de l'idéal humanitaire et donc pour
une large part, du rêve ou bien si un traitement médical est possible pour atténuer
dans ces milliers d'esprits, les horreurs vécues. Tous les jours, je côtoie
les atrocités commises par les criminels et les terroristes alors, tu
comprends, je ne vais pas encore revivre tout cela avec toi. Ensemble je veux
connaître la lumière, la vie, le bonheur de trouver notre éternité. Je ne
peux pas demander ceci à Dan ou à d'autres amis car ils n'ont pas encore été
au bout de leur chemin. Par contre j'ai déjà accompagné mon père et quelques
malades sur la route qui part de cette existence terrestre et maintenant j'ai
envie d'y aller et d'y aller tout de suite du moment que je t'ai trouvé car je
crains de ne plus pouvoir supporter toutes ces cruautés. Tu vois, Pierre, je
travaille dans la misère des hommes et je ne peux pas y changer grand chose,
c'est très loin du tantrisme !
-
Tu transformes quelques malheurs en guérison, ce n'est pas aussi loin que tu
dis.
-
Tu crois que j'en guéris beaucoup avec les méthodes imposées ?
-
Est-ce que Dan pratique avec toi ces disciplines orientales ?
-
nous faisons souvent de la sophrologie ensemble, tu en as déjà fait ?
-
non, jamais. J'en ai entendu parler. De ce côté là, je suis un vrai ignorant
mais j'ai envie d'apprendre !
-
eh bien ! Faisons une descente sophronique... C'est la première fois que Françoise
et toi venez ici, n'est-ce pas ? Nous, c'est la sixième ou septième fois
depuis un an que nous sommes en RFA. A cette heure-ci, vers 1 heure du matin, la
plupart des couples se reposent avant de s'en aller. Ils sont au restaurant.
Bientôt ne resteront plus que les couples qui dorment ici et quelques-autres
particulièrement excités. Entre 1 heure et deux heures du matin, tu vas voir
aussi bon nombre d'hommes seuls investir les chambres. Leurs femmes, fatiguées
et déjà repues de sexe, discutent entre elles au salon ou au restaurant et
autorisent leurs mâles à courir auprès des quelques femmes encore en action.
Ces dernières ont généralement attendu ces heures tardives pour enfin entrer
dans la danse. Elles savent qu'elles vont avoir à leur disposition tous ces
hommes seuls et qu'elles ne seront plus que quelques-unes unes par chambre.
Parmi cette assistance réduite, elles pourront d'autant plus laisser libre
court à leur sexualité débridée. Crois-moi, ce sont les heures les plus
chaudes du club. Je n'ai découvert cette pratique que depuis nos deux dernières
soirées passées ici. C'est après la première expérience de ces heures
particulières que j'ai écrit dans le registre des invités les lignes que tu
as lues... C'est magique, toutes ces mains qui vous caressent, ces sexes qui
vous touchent, te pénètrent partout où ils peuvent. En général, deux femmes
se couchent l'une à côté de l'autre et elles s'excitent mutuellement dans une
sorte de concours où gagne celle qui aura été le plus loin dans son plaisir
et aura donné du plaisir au plus grand nombre d'hommes et de femmes. Tu vois,
Pierre, nous n'avons pas perdu notre temps ensemble et une bonne descente
sophronique nous mettra définitivement d'aplomb pour tout à l'heure exploser
parmi tous ces plaisirs charnels... Quoi ? Tu boudes déjà la première
offrande de ta shakti ? ...Laisse-toi aller un peu sur mon chemin à moi ! Tu
resteras près de moi et je veux te voir baiser toutes les femmes présentes
dans la chambre où nous serons ! Nous prendrons pas mal de préservatif dans la
boîte à l'étage devant les chambres et je te les poserai moi-même avec ma
bouche... si, tu verras, je suis certaine que toi, tu ne sais pas les mettre !
Tu vois, mon loup, je suis plus directe et rapide qu'Hermine et Maria réunies
mais c'est normal ! ... je suis ta shakti, ta déesse de l'amour et toutes les
peines que tu mettras à faire l'amour à toutes ces femmes deviendront un de
tes meilleurs remèdes de vie... si....si !
Laurie
s'écarta de Pierre mais ils restèrent assis en tailleur sur la grande table
ronde. Laurie prit une voix posée et mesurée pour inviter Pierre à la suivre
dans une descente sophronique. Françoise et Dan avaient perçu le
ralentissement du rythme de la soirée et délaissant les deux autres couples,
ils s'étaient mis à la recherche de leurs conjoints respectifs. Françoise se
plaisait en compagnie de Dan et elle s'efforçait de dialoguer avec lui en
parlant anglais. Il l'avait massée sensuellement après la douche ce dont elle
raffolait et elle avait accepté de le suivre dans la chambre obscure aux
masques diaboliques pour de nouveaux moments d'intimité troublante. La
disparition momentanée de Pierre l'inquiétait toutefois. Elle savait qu'il
n'avait pas l'habitude de faire les premiers pas en ce genre de circonstances;
était-il sous la coupe de cette Laurie et qu'en avait-elle fait ? Après un bon
quart d'heure de recherche dans la maison et autour de la piscine, Dan eut l'idée
de les chercher à la lisière de la forêt sous le grand chêne. Il fit signe
à Françoise de s'approcher en silence. Ils restèrent dans l'obscurité pour
écouter ce que disait Laurie. Au bout de quelques minutes Dan expliqua à Françoise
que Laurie et Pierre faisaient des exercices de sophrologie. Il sortit de
l'obscurité pour se montrer à son épouse et celle-ci abrégea l'exercice pour
revenir en état de perception normale.
Dan
vint prendre par la taille sa femme et Françoise interrogea d'un air soupçonneux
son mari sur ce qu'il avait fait. Laurie vint à la rescousse de Pierre pour,
admirative, raconter à Françoise et à Dan leur discussion sur les sages
orientaux. Pierre félicita Laurie et Dan pour leur engagement dans la cause
humanitaire et leur action en faveur des victimes du conflit de
l'ex-Yougoslavie. Françoise, étonnée, avoua qu'avec Dan, ils n'avaient pas
cherché à se connaître davantage. Laurie, taquine, sauta sur l'occasion pour
la pousser à raconter qu'elle s'était laissée aller à refaire l'amour avec
Dan. Elle poussa son intervention jusqu'à prédire que Dan l'avait prise en
levrette dans la chambre noire. Françoise, un peu confuse, répondit
affirmativement. Laurie prit un ton professoral pour lui expliquer qu'avant une
heure du matin, il n'y avait que dans cette chambre noire où les couples
prenaient des positions voyantes. Par contre, maintenant, ils pouvaient tous
quatre aller dans la chambre bleue ou dans celle au hamac et faire ce qu'il leur
plairait.
Françoise
exprima sa satiété et son début de fatigue. En entraînant Pierre et Dan par
la main, Laurie se mit à rire. Françoise fit appel à son amour propre pour
les suivre. Dans la chambre bleue, trois jeunes couples s'aimaient ; les filles
chevauchaient les unes à côté des autres leurs hommes. Elles montraient leurs
dos à ceux qui entraient dans la pièce comme aux hommes seuls qui regardaient
derrière les vitres de la porte battante. Comme ces couples étaient au fond de
la pièce, Dan, Pierre, Laurie et Françoise se couchèrent le long du mur,
perpendiculairement aux trois couples. Ils respectèrent l'intimité des
premiers occupants de la pièce et en les regardant, ils attendirent qu'ils
prissent leur plaisir. Françoise était couchée à côté de Laurie. Lorsque
la fille du milieu se jeta en arrière pour observer ses deux copines et de sa
main, alla caresser au vu de tous, les fesses des deux autres ainsi que les
sexes sur lesquels elles s'activaient, Laurie se tourna vers sa compagne pour
l'embrasser délicatement et partager le trouble agréable qui l'avait saisie
devant ce spectacle secret. Puis elle donna le signal du départ et tirant son
mari vers elle au milieu de la pièce, elle se plaça la tête face à Françoise
pour être prise en levrette par son homme. Les trois autres couples changèrent
de position. Les filles se placèrent comme Laurie en arc de cercle. L'une
d'elles tira sur les jambes de Françoise jusqu'à placer son sexe à hauteur de
leurs bouches. Elle leur ouvrit grand ses cuisses. Un jeune homme fit signe à
Pierre de prendre sa place devant les fesses offertes, il lui donna un préservatif
puis il vint s'agenouiller devant le visage de Françoise après avoir protégé
son sexe lui aussi d'un préservatif. La fête dura plus d'une heure ; à chaque
fois Laurie demandait une gradation dans les postures, les ébats amoureux. Elle
s'empressa à plusieurs reprises de guider un pénis dans le sexe de son amie
puis, de ses doigts, elle lui ouvrit le cul pour qu'elle se fasse prendre ainsi
par les hommes présents. Alors que les trois couples de jeunes s'en étaient
repartis épuisés, Laurie tint à ce que Dan et Pierre se mettent debout devant
elles. Il n'y avait plus personne ni dans la pièce, ni derrière la porte
d'entrée. Elles les sucèrent tour à tour jusqu'à les faire éjaculer une
dernière fois sur leurs visages, dans leurs bouches puis satisfaites, dans un
dernier baiser, elles se partagèrent ce cadeau magnifique en gage d'une amitié
profonde qui n'avait plus besoin d'une protection quelconque contre un manque
cruel de confiance. Rompus de fatigue, tous quatre allèrent se coucher en se
donnant rendez-vous au petit déjeuner. Laurie tira Pierre par le bras jusqu'à
son lit et Dan prit Françoise par la taille pour la conduire dans sa chambre.
Pierre la vit disparaître au bout du couloir. Dan, tout en marchant, d'une main
lui massait les fesses.
"
Nous reviendrons vendredi dans quinze jours, j'espère que nous nous reverrons
". Au moment du départ, Laurie avait dit cela sans inquiétude, d'un air
presque détaché. Pierre ne répondit pas, il la regarda monter dans la
voiture.
Jour après jour Françoise et Pierre s'étaient confiés les sentiments qui ce soir là s'étaient manifestés. Françoise comprit et admit tout ce que Pierre lui disait au sujet de Laurie mais dans un premier temps, elle ne voulut pas revenir à cette date chez Amadeus et Regina. C'était trop tôt pour elle. Elle n'aurait pas fini de digérer, de complètement assimiler tous ces moments là. Jouisseuse, elle faisait durer le temps de la maturation des souvenirs dans son esprit. Lorsque Pierre comprit cela, il lui fit un rapide cours sur l'appréhension du temps, lui brossa un exposé comparatif sur la manière de mesurer l'espace et le temps et en bonne intellectuelle, ancienne de Sciences Po, ayant découvert un soupçon de bon sens voire de logique dans les propos fulgurants de son poète de mari, elle accepta de revenir le vendredi convenu.