La responsabilité politique

 

mise à jour 2 mai 2007 :

les évènements confirment nos craintes émises depuis bien longtemps : les partis politiques poursuivent imperturbablement leurs courses électorales et sont incapables de provoquer le changement et la rupture. Le parti centriste et les autres partis éliminés après le premier tour, ne songent qu'aux élections législatives. Leur objectif essentiel est d'obtenir le plus possible de sièges de députés et grâce à ces résultats, une source de financement permanente et une participation assurée à la vie politique. L'élaboration d'un projet pour une nouvelle manière d'organiser nos sociétés reste toujours aussi secondaire par rapport aux priorités politiciennes. Ces élections 2007 confirment l'immobilisme de nos institutions politiques : l'aménagement du calendrier électoral pousse encore plus loin la logique de la domination du pays par un seul parti. La simultanéité des élections présidentielles et législatives empêche la mise en place de programmes communs ou de coalitions larges et puissantes. Un petit parti ne peut pas s'effacer lors des élections présidentielles car justement celles-ci lui offrent la tribune pour montrer qu'il existe et sa présence sert de préparation aux élections législatives dans lesquelles il doit absolument obtenir quelques sièges de députés, gage de sa survie pour 5 ans. Cette obligation politique pour les petits partis de refuser une alliance lors des élections présidentielles renforcent la domination des deux grands partis et l'affrontement gauche-droite. Les dirigeants de ces deux partis ont atteint un niveau de cynisme incompatible avec l'esprit républicain : peu importe les agitations partisanes ici ou là, les citoyens seront obligés de se prononcer sur les deux seuls candidats des deux seuls grands partis, peu importe d'ailleurs la qualité des programmes avancés par ces partis. Nous ne sommes pas prêts de quitter les arcanes despotiques de la 5ème république. Seule une alliance avec un parti centriste fort peut sortir le pays de cet affrontement stérile, encore faut-il que l'un des deux partis dominants veuille quitter ce système de pouvoir qui étouffe la vie démocratique en France.

La deuxième leçon que nous tirons de ces élections porte sur le caractère de plus en plus insupportable de ce système de pouvoir politique représentatif. Le suffrage universel atteint une perversité maléfique de plus en plus manifeste lorsqu'il s'agit de voter non pas pour un projet politique mais pour une personne, un représentant des citoyens. Depuis 1962, le rôle de la personnalité du candidat a été primordial et le jeu électoral a consisté depuis 1962 a essayé l'un pour ensuite le remplacer par l'autre avec au final le constat navrant qu'aucun de ces candidats n'a réussi à redresser le pays et à le sortir de la crise, à éliminer la fracture sociale, à réduire significativement et durablement la montée permanent des inégalités dans notre pays. Nous avons déjà montré sur ce site web, le jeu politicien dangereux qui joue avec le feu : entretenant des violences ici et là pour pouvoir démontrer le moment venu toute son autorité, sa fermeté et la force de ses convictions. Cette utilisation sur le plan politique du style de direction paternaliste voire autocratique joue encore à plein en 2007 : les vieilles dames qui ont peur des voyous même s'ils n'en existent aucun dans leur entourage, ces citoyens qui veulent un président autocrate pour sanctionner durement et éliminer ici les poseurs de bombes indépendantistes, là les incendiaires de voitures, là encore les oisifs qui préfèrent l'économie souterraine à l'économie marchande libérale, bref les gens apeurés qui sont incapables de comprendre que ce sont eux au niveau local qui ont la mission d'autorité pour minimiser les violences et maximiser la paix publique et le progrès durable, ces gens font régulièrement basculer les élections vers des partis populistes qui utilisent ces peurs pour développer des systèmes de pouvoir autocrate et despotique utilisant la dérive sécuritaire pour dominer un système policier et répressif. Pour être élu, il suffit alors de cultiver continuellement ce terreau de peur, de haine, de jalousie pour diviser les citoyens entre les bons et les méchants, de faire croire que l'on va aider les bons à se défaire des méchants. Rassembler les bons suffit alors à gagner les élections sachant que n'importe qui peut estimer faire partie des bons et peut avoir des griefs envers ses voisins pour les suspecter de faire partie du clan des méchants. La vie politique atteint alors des niveaux de stupidité records qui poussent les citoyens nettement moins stupides à se révolter contre les affres d'un tel système de pouvoir. Nous sommes revenus au 17ème siècle lorsque quelques princes, rois et tzars demandaient ardemment principalement aux philosophes français comment mettre en place une monarchie éclairée, comment lutter contre le despotisme dont pourtant pas mal de populations s'accommodent. Comprendre comment au 20ème siècles les pires dictateurs et les systèmes de pouvoirs fascistes et nazis ont été élus démocratiquement, va dans la même préoccupation. Refuser que des populations miséreuses accèdent au droit de vote pour suivre aveuglément des partis religieux fanatiques qui prêchent la guerre sainte et une justice inique et sanglante comme actuellement en Turquie, au Moyen-Orient ou en Asie, participe toujours autant de ce même débat : l'ignorance et la corruption peuvent-elles être admises dans la vie politique alors que dans le Préambule des Droits de l'homme de 1789, elles sont fort justement condamnées comme étant la source principale des malheurs des peuples ? Ce sont ces mécanismes électoraux qui permettent ces horreurs politiques. Nous avons montré sur ce site web que la mise en place d'une organisation en réseau est incompatible avec ces dérives fascisantes et populistes. Dans notre roman "D'Eleusis à Dendérah, l'évolution interdite" nous avons montré que le mouvement des héros organisé en réseaux refuse d'entrer dans le jeu électoral des systèmes de pouvoir. En utilisant une démocratie directe fondée notamment sur le principe de subsidiarité, ce mouvement va s'affranchir des logiques économiques et politiques des systèmes de pouvoir pour développer de nouvelles organisations de vie florissante. Notre roman s'achève sur un combat remporté par les chevaliers qui défendent les organisations en réseau. L'histoire de France n'est qu'une longue succession de batailles et de combats, de grèves et de luttes sociales qui traduisent une incapacité manifeste à quitter des systèmes de pouvoir hypercentralisés et source à bien des tentations despotiques dont le pays n'a pas été capable d'éviter les ennuis et les drames. Le progrès social et politique a toujours été le résultat d'une victoire après un combat de rues. Le plus souvent les acquis ont été très parcellaires et incertains car les luttes ont rarement été préparées et conduites efficacement : la plupart du temps, ce furent des révoltes spontanées après des décennies de souffrances et de renonciation. Un grand nombre de citoyens en 2007 veulent briser ce cheminement tortueux et sanglant pour ouvrir une nouvelle démocratie plus participative, apaisée et florissante dans le partage des richesses produites. Ces citoyens se sont manifestés massivement lors du premier tour de l'élection présidentielle de 2007. Cela fait 5 ans que sur ce site web nous diffusons la manière de quitter nos systèmes de pouvoir civils, religieux ou militaires pour développer l'alternative d'une organisation en réseau. Il est inutile d'attendre plus longtemps que les dirigeants de notre système de pouvoir politique changent alors que nous constatons une fois de plus qu'ils ont réussi à développer une pratique électorale efficace pour protéger leurs intérêts politiciens. Au delà du droit au refus et d'un mouvement de désobéissance civile, nous pouvons retirer notre délégation d'autorité aux élus de ce système de pouvoir pour l'exercer nous-même directement dans des organisations en réseau sur le plan local et sur le plan des confédérations de nos organisations en réseau. Cet exercice de l'action politique concerne toutes les formes de pouvoir : législatif, exécutif, judiciaire, militaire pour établir une nouvelle culture républicaine avec ses valeurs, ses normes et ses modes de vie.

23 avril 2007

Les résultats des élections présidentielles de 2007 en France nous présente un cas supplémentaire de responsabilité politique.

Pour la première fois depuis 1945, en effet, une troisième force politique vient se mêler à l’antagonisme sans fin entre la gauche et la droite. En 2007, le pari de ces élections présidentielles consiste à mettre en place enfin un changement profond, une rupture dans la manière de gouverner le pays. Ce pari prend une importance cruciale alors que le pays s’enfonce dans une crise politique , économique et sociale dont la classe politique porte la principale responsabilité. Son incapacité à présenter des réformes et des choix de sociétés, sa répulsion à sortir de ses positions partisanes pour cultiver l’art de la négociation et du consensus, à ouvrir des majorités fortes capables de rassembler les citoyens, sa manie à préserver des avantages électoraux et des places dans les institutions, son culte des arrangements plus ou moins occultes pour se débarrasser des questions qui fâchent et se complaire dans une pensée unique et un immobilisme coupable, toutes ces attitudes et ces comportements qui expliquaient le profond rejet des électeurs vis à vis de leurs représentants et la lente mais puissante montée de l’abstention aux élections, devaient être balayés en 2007 pour laisser place à une pratique gouvernementale plus participative, directe et en phase avec les besoins des Français.

Une petite partie du chemin a été réalisée ce 22 avril 2007 : la participation record démontre une volonté de voir changer les choses et un rejet de la bêtise politique du 21 avril 2002. Mais rien n’est joué et nombre d’erreurs ou de renoncements sont là, devant nous. La classe politique peut se satisfaire de cette participation retrouvée pour poursuivre ses vieilles chimères électoralistes et ses querelles de boutiquiers. Elle ferait alors la preuve indiscutable de son incapacité à changer et peu importe la victoire de l’un ou l’autre camp, elle serait la première responsable de la révolution civile et brutale qui comme à chaque fois depuis 1789, est la seule capable de changer nos constitutions et d’amener une nouvelle constituante pour définir de nouvelles règles politiques.

A droite, la principale erreur est de croire qu’une rupture dans la pratique de la monarchie républicaine suffira : le président se fait plus proche du peuple, utilise un parler plus direct et franc, réussit mieux que ses prédécesseurs ses entreprises communicantes. Il ne suffit de loin pas de rêver de rassembler les français, il faut changer les règles de l’économie libérale, mettre fin au centralisme insupportable de nos institutions, redistribuer les richesses pour assurer le financement du pacte social républicain et du modèle de société à la française. Sinon, il faut être franc et dire ouvertement qu’il s’agit de briser ce pacte et de s’aligner sur le modèle des sociétés anglo-saxonnes. L’actualité nous apporte des arguments toujours plus repoussants sur ce point : nous savons depuis quelques semaines que la bulle spéculative immobilière aux USA a éclaté et que les premières institutions de crédit qui sont ruinées, sont connues. Le fonctionnement de ce système économique et financier est parfaitement transparent : pour s’enrichir, il faut ruiner d’autres agents économiques. C’est très simple, il faut sortir d’un marché spéculatif avant qu’il ne soit trop tard pour placer ses gains sur d’autres marchés plus calmes mais moins attractifs du point de vue des bénéfices. Comme au casino, on ne peut pas gagner à tous les coups, il faut savoir rester modestes dans ses plus values et sentir avant les autres, le vent tourner. Comment un président de la république français pourrait-il rêver de moraliser ces mœurs financières impitoyables. Mis à part le fait de rêver, il n’ira pas plus loin. Pour ruiner la spéculation financière et l’éliminer, la solution est connue et elle a déjà servie à ruiner le roi de France et la papauté au 13ème siècle en France et en Europe : il s’agit de mettre en place une organisation en réseau fondée sur la complémentarité des trois formes de propriété, sur la primauté de la propriété commune au plan local et sur la complémentarité des économies marchandes et non marchandes ainsi que la complémentarité des deux sources de savoir. Le programme de la droite n’est donc que du vent pour convaincre l’électeur qu’il est possible et nécessaire de poursuivre le fonctionnement de l’économie libérale. Certes le maître du jeu se veut plus autoritaire pour sanctionner plus durement les mauvais joueurs, c’est un discours on ne peut plus populaire et populiste mais au final, rapidement tous se trouveront bernés et défaits.

 Les exemples dans l’histoire sont nombreux. Prenons quelques rois : commençons par le fameux Saint Louis que la papauté se hâta, une fois n’est pas coutume, de déclarer saint tellement ce roi sans pouvoir s’ingénia à servir fidèlement les volontés papales : il ordonna à la suite de la volonté du pape, de détruire par le feu tous les livres saints des juifs, les exemplaires du Talmud. Il alla à la croisade avec une armée incapable de vaincre car les ordres chevaliers ne le soutenaient pas et cherchaient à éliminer la royauté en Europe. Son petit-fils, Philippe le Bel, vola les juifs pour pouvoir se payer une armée de mercenaires et détruire l’ordre du temple. Le pape qu’il nomma en Avignon fut le premier à imposer l’étoile jaune aux juifs dans la principauté papale. Lorsque le peuple se révolta bien plus tard, ce furent les massacres des paysans par les troupes royales ou fidèles au roi puis ce fut le mouvement religieux du protestantisme, bref des guerres civiles et militaires incessantes et la misère pour une grande partie de la population. Après 1789, depuis la Terreur puis la révolte des canuts de Lyon jusqu’à aujourd’hui, la population n’a pas su se libérer du pouvoir absolu centralisé et seules les luttes sociales puis plus tard après 1860, les politiques sociales ont cherché à maintenir coûte que coûte un minimum de paix civile. Des hommes politiques qui ont rêvé et promis le progrès, il y a en eu en permanence et les uns se sont voulus plus justes que les autres, plus déterminés à lutter contre les injustices que leurs voisins sur les bancs de l’Assemblée. Vous pouvez tous les sortir des armoires de l’histoire : pour nous, ils ont commis l’erreur fondamentale de croire dans des systèmes de pouvoir plus ou moins hiérarchisés et élitistes sous prétexte que le peuple n’était pas capable de participer à la gouvernance de ses organisations. C’est le paradoxe de la France républicaine qui célèbre le siècle des Lumières et qui suit aveuglément les premiers bonimenteurs politiques qui se présentent : bonapartistes, royalistes, action française, pétainistes et il s’agit d’ajouter à cette liste, les bonimenteurs communistes et gaullistes, notamment au vu des conditions dans lesquels le parti gaulliste manipula les évènements d‘Alger en 1958 pour instaurer la 5ème République. Alors en 2007, va-t-on une fois de plus se faire avoir par ces élites qui nous gouvernent et écrivent leur histoire sans nous ?

 Si la droite tient une victoire possible au vu de ses capacités à manipuler des citoyens aux idées courtes qui, comme à chaque fois, ne veulent qu’un peu plus d’ordre pour pouvoir rêver paisiblement à la réussite de leurs affaires privées, à gauche et au centre, la responsabilité politique en 2007 est bien plus importante. Le parti socialiste ne peut pas gagner la Présidence avec les seules forces de gauche. Quelque soit la valeur de son pacte républicain et l’audace d’oser parler d’une 6ème république, les citoyens savent que les programmes ne sont rien si les hommes qui les portent n’ont pas changé. Au centre, le problème est encore plus complexe et l’erreur grossière serait de croire qu’une nouvelle force politique est née et qu’il suffit de la développer comme un parti classique et traditionnel. Le fort taux de participation peut laisser croire que le vote de protestation a diminué au point de devenir négligeable. Pour nous, il s’est déplacé des extrêmes vers le centre. C’est tout mais il est devenu plus compact et puissant, il n’est plus éparpillé. Ce vote au centre ne correspond pas à une stratégie à long terme. C’est un vote opportuniste car pour une fois, un leader politique crédible et sincère a pris la responsabilité politique de se couper de son camp traditionnel pour dire qu’il faut mettre fin à l’antagonisme sclérosant de la droite et de la gauche. Les dirigeants de l’UDF n’ont pas à tomber dans l’erreur de croire que cette aubaine va redonner un coup de jeune à leur parti. Les nouveaux électeurs du centre attendent que leur candidat aille au bout de sa démarche et qu’il fasse émerger enfin un nouveau projet de société avec l’un ou l’autre des candidats en lice pour le vote final. Tout jusqu’ici indiquait qu’il y a de nombreux points de convergences entre la candidate socialiste et le candidat centriste et qu’au Parlement européen de Strasbourg, les députés de ces deux partis votent la plupart du temps ensemble. Les électeurs qui savent ceci attendent donc que ces deux candidats exercent pleinement leur responsabilité politique devant le pays.

 La rupture et le changement profond, pour fileane.com, doivent prendre forme dans les prochains jours dans un programme commun de gouvernement qui définit, dans le cadre d’une nouvelle République, les changements majeurs apportés à nos institutions et aux règles et aux valeurs de notre société. Il y a suffisamment de points de convergence pour présenter un programme solide et cohérent capable de mettre en place une démocratie participative semi-directe au sein de nos institutions publiques et de nos entreprises. Cet effort largement accessible à qui le veut bien, permet de dépasser définitivement les anciens clivages obsolètes des partis de gauche et de droite. Les citoyens veulent un débat sur un projet : le délai est court mais il n’y a pas de difficulté d’ordre cognitif et du domaine du savoir : c’est uniquement une question de volonté et de responsabilité politique. Nous savons que cet effort passe par le renoncement des anciens cadres des partis politiques à défendre leur statut et leur place, ce qui n’intéresse d’ailleurs qu’une minorité de militants et presque aucun citoyen. Les nouveaux militants ont participé largement à la désignation de la candidate socialiste tout comme au succès du candidat centriste. A droite, les nouveaux ont l’avenir tout tracé : ils ambitionnent ardemment d’occuper les places qui seront libérées grâce à ce changement de générations dans la classe politique. Mais à gauche et au centre ? Ils doivent d’abord gagner les élections et ils savent que seul un projet de société claire et plus démocratique, socialement juste va permettre cette victoire. Il n’y a pas là l’ombre d’une tractation quelconque mais la volonté de deux partis de sortir de l’antagonisme politique dont les français ont maintenant horreur pour débuter une alliance en vue d’une majorité nouvelle pour une république nouvelle dans laquelle les électeurs se regrouperont dans des organisations nouvelles qui ne seront pas uniquement et forcément des partis politiques.

 Sur fileane.com, nous souhaitons que cette 6ème république devienne réalité d’ici deux semaines. Nous poursuivons notre mouvement pour ce qui semble être une 7ème voire une 9ème République car ce régime davantage parlementaire destiné à mettre fin à la monarchie républicaine reste très éloignée d’une sortie de nos systèmes de pouvoirs et de la mise en place d’une organisation en réseau. Notre programme d’action pour les deux premiers jours suivant la prise de pouvoir est publiable : nous fermons le Sénat et réservons l’hémicycle pour les réunions de résolutions de problèmes dans le cadre de la subsidiarité : les experts désignés par les groupes locaux et régionaux viennent temporairement travailler dans ces locaux. Nous veillerons à l’agenda de ces réunions pour laisser place à des groupes traitant des questions du statut de la femme et des enfants. Nous fermerons ensuite L’Assemblée Nationale pour laisser place d’abord au travail d’une Constituante chargée de préciser le fonctionnement des organisations citoyennes de vie puis, ces locaux auront la même affectation de ceux de l’ancien Sénat : une spécialisation entre les deux locaux peut s’établir sur le critère interne/externe : un local accueillant davantage les questions liées à nos relations avec l’Europe et les autres pays. Le jour suivant, probablement, nous irons fermer l’Académie Française pour ouvrir une nouvelle institution chargée d’assurer la complémentarité entre les deux sources de savoir et de garantir le mariage des cultures au sein des citoyens français tout comme au niveau des peuples de la planète Terre, voire de l’Univers. Nous allons décrire dans les prochains mois la mise en place de tels réseaux citoyens de vie.

 Pour un poète, il n’y a ici aucun rêve plus ou moins philanthropique ou mégalomaniaque sur l’amour du rassemblement du peuple de France. Nous avons montré sur notre site quel est le travail du poète et l’objectif de ses exercices de visualisation positive pour arriver à la rencontre initiatrice. Nous avons pris nos responsabilités de poète et trouver l’aide nécessaire pour franchir les arêtes de la mort. Nous n’avons plus peur de la mort. Ce qui signifie sur le plan politique une chose que nous allons évoquer en citant de mémoire la phrase prononcée par de Gaulle à propos de Leclerc lorsque ce dernier, avec une troupe peu nombreuse, réussit à rallier à la France libre, l’Afrique française équatoriale : « une cause n’est jamais perdue d’avance si un homme libre debout consent à mourir pour elle ». En 2007, le changement de génération n’affecte pas uniquement la classe politique. La génération des candidats actuels depuis au moins trente ans a participé à la profonde modification du pays, à son informatisation jusqu’à internet, au succès du mouvement qualité totale dans nos grandes industries, à la richesse de ses activités artistiques et culturelles, au développement des valeurs de la réforme de la vie sur le plan écologique, biologique, médicale. Nos parents sont souvent devenus amers et votent à l’extrême droite car ils font le constat que le travail et les efforts de leurs jeunesses n’ont servis à pas grand chose sinon à rien : leurs usines ont été rasées ou sont devenus des magasins ou ont fait place à des ensembles immobiliers ; leurs service militaire dans les guerres n’a pas protégé le pays contre le terrorisme et l’arrivée de communautés étrangères souvent ennemies hier. Leur travail de reconstruction du pays a laissé place à un assistanat social qu’il ne peuvent admettre. La génération des candidats actuels a vu la prise du pouvoir des actionnaires souvent étrangers et la stagnation sinon la perte de son pouvoir d’achat, la fin du fordisme, la montée de la précarité et l’arrêt de l’ascenseur social pour ses propres enfants. Sans parler d’autres problèmes, la liste est longue et affligeante. Cette génération est probablement l’une des dernières a avoir fait son service militaire et elle est encore capable de prendre les armes et de savoir manier un canon. Ses enfants ne l’auront plus appris. Pour elle, l’enjeu est clair et crucial : c’est sa retraite qui est en jeu, c’est à dire 20 à 30 ans de sa vie. Cette génération prendra inéluctablement sa responsabilité politique surtout si la les partis politiques ne sont pas capables de changer en profondeur notre société. Dès 1980, nous avons transformé nos grandes entreprises avec les méthodes japonaises de cercles de qualité, avec les méthodes américaines de gestion des ressources humaines. Nous les avons adaptés au cadre de nos entreprises et déjà, nous n’avions plus confiance dans nos dirigeants trop liés à des hommes politiques affairistes. Dès 1984, nous disions que ces méthodes qui marchaient dans nos entreprises devaient s’appliquer aussi aux administrations et des ministres sont venus devant nous nous signifier leur refus. Souvent l’audace de se projeter en avant n’est que la conséquence d’un refus devenu insupportable d’accepter encore et encore la gabegie, le gaspillage, le mensonge et la manipulation dont on est victime. Nous avons amassé cette dose insupportable de soumission à des ordres décadents et injustes et cette révolte, il faudra bien la voir dès aujourd’hui et dans ce taux élevé de participation et dans cette progression des résultats du parti centriste. La contestation et la révolte est au centre de la vie politique française. Elle ne va pas pouvoir y rester très longtemps sans éclater de plus bel. Nous devons réussir ce que nos aînés n’ont jamais su réussir : la révolution de velours, le changement de constitution sans guerre civile.

 Le dernier poète a être au pouvoir fut Lamartine lors de la révolution de 1848. Un après-midi d’automne, en vélo, je suis monté par Juliénas et Fleury sur la ligne de crête du Beaujolais et par Tramayes, j’ai rejoint le vallon de Saint Point. Au bord de l’étang ( pas tout à fait un lac…), devant le mausolée de Lamartine, en tant que jeune poète, j’ai fait le serment de ne jamais commettre l’erreur qu’il a commis en 1848 et qui mis fin à cette révolution. Puis en revenant par Milly, j’ai regagné mon domicile d’alors. Inutile ici de revenir sur les propos de Marx par rapport à 1848. Lamartine n’a pas pris sa responsabilité politique, à notre avis, il a du se fourvoyer dans la doctrine de Rousseau et l’expression du libre consentement des citoyens. Depuis 50 ans en Europe de l’ouest, les poètes n’ont plus été chassés et assassinés. Avec un peu de ruse, un jeune poète a pu grandir en vivant parmi les siens, en travaillant comme eux et en publiant ou en s’exprimant selon les opportunités sans être condamné au silence. De son regard perçant, il sait observer celles et ceux qui dirigent les autres en les manipulant ou en les réduisant à la passivité. Chanter à tue tête des chants patriotiques ne l’intéresse guère même s’il sait l’effet que ces chants provoquent parmi un groupe de combattants qui montent au combat. Plutôt que de former des bataillons et de verser du sang impur dans nos sillons, il y a le chant du départ : au moins là c’est clair et net : «  tyrans descendez au cercueil » ! Le propre du tyran est de conserver pour lui le pouvoir politique ; civil, religieux ou militaire. L’horreur dans ces élections de 2007 serait de devoir constater que des dirigeants de partis politiques pour défendre leurs places refusent de coopérer pour mettre en place une nouvelle république et de nouvelles règles capables de changer nos sociétés étouffées par la tyrannie de l’oligarchie financière anglo-saxonne. Leur manque d’audace va trahir non seulement leur faiblesse mais aussi leur penchant inavoué pour la tyrannie qu’une minorité se permet d’exercer sur les peuples. A ce moment là, la responsabilité d’un poète est engagé : il va libérer les peuples de leurs tyrans. Cela s’est déjà fait, cela se fera demain et cracher à l’homme plus petit que nature, n’est pas un manque de respect mais le geste d’un poète qui veille à ce que les voix de ses aînés ne se perdent à jamais. Pour cette mission, il n’y a pas besoin d’urnes ni de votes : il suffit que des gens de bonnes volontés se serrent les coudes et agissent dans le cadre d’un but commun en organisant une gestion des ressources pour réaliser leurs objectifs. A chacun de prendre ses responsabilités pour garantir un développement durable de la vie sur terre.

 

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