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 4ème partie : les réseaux citoyens de vie

 1ère oeuvre : La culture humaniste

 

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précédemment : 1ère Partie : les valeurs de la culture humaniste dans les réseaux de vie

 

Deuxièmement : les normes de la culture humaniste dans les réseaux de vie

 

Nous venons de préciser les valeurs de la culture humaniste, principalement les valeurs économiques car nous verrons plus loin les valeurs d'amour et de paix dans la deuxième oeuvre : le savoir global. Nous avons vu également que le système de pouvoir économique capitaliste libéral repose sur deux normes la propriété privée des moyens de production et le droit de créer de la monnaie à partir de rien pour contrôler les échanges commerciaux qui distribuent la production des biens et services, qu'il n'a pas de valeurs spécifiques car celles-ci sont destinées plutôt à occulter, cacher, masquer la réalité de ce système de pouvoir conçu pour permettre aisément l'enrichissement sans limites de la minorité sociale la plus riche et qui le plus souvent était déjà riche avant le développement phénoménal de la société industrielle. Nous abordons donc ici les deux normes, les deux règles qui fondent le système libéral et dont les tabous, les interdits, nous l'avons dit, sont aussi les bases du fonctionnement des réseaux de vie.

Nous verrons d'abord la norme de la complémentarité entre les trois formes de propriété et particulièrement l'utilisation de la propriété commune dans la culture humaniste des réseaux de vie. Ensuite nous préciserons la norme de la monnaie souveraine, la monnaie pleine que les réseaux de vie utilisent pour favoriser la rémunération du travail, les échanges commerciaux et le financement des projets de vie. Les autres normes culturelles, la liberté sexuelle et la liberté de suivre une démarche initiatique par exemple, seront abordées au niveau du savoir global.

Première norme économique : la complémentarité entre les 3 formes de propriété.

 

Le tabou principal à briser lorsque nous quittons le système de pouvoir économique libéral capitaliste est l'interdiction de la propriété commune pour défendre la sacralisation de la propriété individuelle depuis 1789 et l'article 17 de DDHC du 24 août 1789. Nous avons abordé l'histoire du droit de propriété et présenté la complémentarité entre les 3 formes de propriété, propriété individuelle et privée, propriété commune gérée par le groupe lui-même, propriété collective gérée par des représentants du groupe. Il s'agit maintenant de décrire sa mise en oeuvre dans le cadre des réseaux citoyens de vie.

 

I La propriété commune dans la culture humaniste des réseaux de vie

 

La propriété commune est la gestion par le groupe lui-même des projets de vie qui réalisent et utilisent les biens communs, les biens ou services qui sont définis, réalisés et partagés par l'ensemble du groupe social. Nous verrons lorsque nous aborderons l'action politique (3ème oeuvre) que cette gestion en commun repose sur l'utilisation de la subsidiarité et sur l'alliance des contraires. Pour le moment, nous allons examiner l'origine de la propriété commune, ses enjeux, la complémentarité entre les trois formes de propriété, puis nous verrons les biens communs qui permettent aux réseaux de vie d'élever le niveau de vie et d'assurer un développement durable.

 

1) la source de la propriété commune

Le mot " commun " suppose un contrat réunissant plusieurs personnes, un contrat multilatéral. En droit des sociétés, les associés peuvent fonder leur entreprise, et s'ils participent au capital en possédant des actions, ils peuvent développer de très grands sociétés commerciales. Le seul ennui est que chaque associé reste propriétaire de son apport ou de ses actions. La dimension commune repose sur le partage d'un but commun. La propriété commune participe forcément également d'un but commun mais sa principale caractéristique est que tout est mis en commun dès le départ et qu'aucune propriété individuelle n'existe et viendrait s'ajouter à d'autres. Ceci pour la simple et bonne raison que les associés, les citoyens ont compris que seuls ils ne pourront parvenir aux valeurs d'amour et de paix, à une vie d'abondance en toute justice sociale. Pour devenir riches et être capable d'assurer ce niveau de vie dans le temps en toute quiétude et en réussissant à écarter les menaces de pillage et de vol provenant des groupes sociaux voisins, la règle économique à utiliser est connue : assurer la complémentarité entre les rendements décroissants et les rendements croissants.

Nous avons expliqué cette règle, cette norme qui a permis aux pays riches de devenir riches et qui, lorsqu'elle est interdite par les pays riches aux pays pauvres, expliquent pourquoi ces pays pauvres restent pauvres. Nos utilisons cette explication à partir du livre d'Erik Reinert " Comment les pays riches sont devenus riches Pourquoi les pays pauvres restent pauvres "

Certaines activités dont principalement l'agriculture ont toujours des rendements décroissants. Plus il y a des personnes qui travaillent sur une surface de terrain donnée, moins ces personnes n'auront de richesses pour elles seules. Le rendement à l'hectare stagne à un moment donné et donc il ne faut plus ajouter d'ouvriers agricoles sinon le travail de ces derniers n'améliorera plus la production, au contraire le coût unitaire de production va baisser à cause de ces charges supplémentaires. D'autres activités sont toujours à rendements croissants. Plus vous mettez dans un petit village d'artisans et de commerçants, plus ils vont produire des biens et services à forte valeur ajoutée. Avant de songer à exporter le surplus de production locale, ils vont commencer par satisfaire leur besoin de sécurité. Maçons, charpentiers, menuisiers, forgerons vont construire des remparts et des fortifications. Ils seront aidés par les tanneurs, les fabricants de vêtements. Ils auront besoin de cuisiniers, de bains, de lieux de repos et de divertissements. Mais pour se nourrir, ils devront trouver dans la campagne environnante des cultivateurs et des éleveurs capables de les ravitailler et de les aider avec leurs attelages de chevaux ou de bœufs. Les richesses produites en ville vont aussi servir à payer mieux les productions agricoles. L'agriculture se portera mieux car elle fera travailler juste le nombre optimal d'agriculteurs par rapport aux surfaces cultivées. Les personnes en trop, les jeunes qui ne doivent pas rester dans l'exploitation familiale sous peine de l'appauvrir, partent à la ville. Au départ de ces villes, il y a eu en Europe après l'an 500, des abbayes et les moines formaient ces jeunes des campagnes et des villes à des métiers "non agricoles " : copistes, médecins, artisans, vigneron, fabricant de fromages, musiciens, érudits, etc. Nous savons que l'époque médiévale en Europe fut deux siècles de prospérité : l'éclosion des villes et l'enrichissement des campagnes et de leurs villages.

 Cette complémentarité entre rendements croissants et décroissants pour éliminer les inégalités de richesses et les troubles sociaux qui en découlent est ainsi le fondement de la subsidiarité : la solution optimale fondamentale, la solution optimale N° 1. La propriété commune est la conséquence logique de l'enrichissement d'un groupe social au niveau local, villes et campagnes. La volonté individuelle ne suffit pas. Il faut impérativement ajouter une connaissance politique, économique et sociale : les bienfaits au niveau de l'enrichissement de tous de la norme économique fondamentale : la complémentarité entre rendements croissants et décroissants.

Comme Keynes le faisait lui aussi remarquer : la production doit rester le plus possible au niveau local, bien entendu pour atteindre le plein emploi mais avant tout pour être en mesure d'assurer cette complémentarité entre rendements décroissants et croissants afin d'éviter le développement des inégalités de revenus et de patrimoine. Comme nous l'avons mis en évidence dans notre introduction au niveau des valeurs de la culture humaniste, les progrès technologiques peuvent nous permettre d'agrandir cet espace local de vie et d'échanges économiques. La mondialisation de l'économie permet le développement du commerce équitable entre des pays développés et des agriculteurs ou des artisans de pays émergents ou encore peu développés. Mais ce commerce lointain équitable ne peut satisfaire les besoins en denrées de base pour la nourriture de millions d'êtres humains.

 

2) les enjeux de la propriété commune

La propriété commune est la forme de propriété la mieux adaptée à la production de richesses et surtout à la répartition des richesses. Elle est interdite dans le système économique capitaliste justement pour cette raison parce qu'elle empêche quelques producteurs de devenir riches et puissants au point d'asservir tous les autres à leur volonté exclusive de s'enrichir toujours plus.

Les réalisations produites et gérées en propriété commune développent les biens communs, les biens produits et gérés en commun. Nous reviendrons plus loin au niveau du savoir global sur la distinction claire et nettes entre Biens communs provenant de la propriété commune et le Bien commun, notion définie et utilisée par la religion chrétienne qui reste plus un idéal à atteindre que le moyen " chrétien " pour éradiquer la misère, la pauvreté et les injustices. En effet la religion chrétienne, pour celles et ceux qui commettent des péchés, ne peut que leur montrer les conditions pour accéder un jour au Bien commun, certainement plus après le décès de leur corps charnel, qu'ici bas dans ce monde corrompus par tant de péchés... commis massivement sur les autoroutes du péché (Internet en fait partie). Au niveau des vertus à développer pour marcher vers le Bien commun chrétien, nous trouvons l'approche d'Amartya Sen et son développement sur l'économie du bien-être, et spécialement comment les exclus, les victimes régulières de famine, peuvent accéder à un certain niveau de bien-être... sans utiliser si possible les biens communs gérés en propriété commune pour rester un économiste célèbre au service du système de pouvoir libéral.

Avant d'examiner cette question du développement des Biens communs et pour déjà l'illustrer, nous devons montrer comment autour de la propriété commune, se met en place la complémentarité entre les 3 formes de propriété.

 

3) la propriété collective

Dans les systèmes de pouvoir, notamment le système économique libéral capitaliste qui dirige les républiques qui se sont succédées en France, l'utilisation de la propriété collective est une suite de la propriété privée royale, monarchique qui gérait les infrastructures du pays. Puis elle est devenue le moyen pour limiter les effets destructeurs du capitalisme sur le plan politique, économique et social à travers les services publics et les entreprises publiques gérés par l'état. Cette mission assignée aux politiques publiques pour éviter l'explosion sociale n'existe pas dans les réseaux de vie.

La propriété collective porte essentiellement sur des biens immatériels, sur des savoirs. La particularité de l'utilisation des connaissances confrontées dans un savoir global qui utilise nos deux sources de savoir est que ce savoir global se décline d'abord en champs de compétences, d'expertise et de savoirs être. Ce sont les porteurs de ce savoir global qui ont pour mission le mariage des cultures depuis les réseaux locaux de vie jusqu'au niveau des confédérations des réseaux de vie. Ensuite il y a le partage, l'échange avec les groupes sociaux qui sont encore soumis à des systèmes de pouvoir économiques, théocratiques, policiers et militaires. Ces porteurs de savoir sont rémunérés dans le cadre d'une propriété privée ou d'une propriété commune, c'est à dire dans le cadre d'un projet de vie. Ils ne sont pas des représentants séparés d'un projet de vie et qui seraient nommés par des concours, des élections, etc. Chacun a droit à l'accès au savoir certes, encore faut-il qu'il puisse rencontrer le porteur de savoir qu'il cherche et qu'il le trouve dans un lieux propice. Ces conditions matérielles et humaines font l'objet d'une gestion dans le premier niveau d'activité et nous avons décrit ces réseaux qui assurent la mission d'autorité et la démarche initiatique. Les locaux qui conservent ce savoir et qui offrent un cadre d'apprentissage adapté sont aussi, le cas échéant, une oeuvre gérée dans le deuxième niveau d'activité, la réalisation des oeuvres qui élèvent le niveau de vie et sont transmises aux générations futures. Ainsi, nous le répétons, la propriété collective est essentiellement immatérielle et ne requiert aucun corps de fonctionnaires, d'élus ou de représentants des citoyens. Dans le cadre des réseaux de vie, il n'y a pas d'économie marchande régie par le droit de propriété individuelle et d'économie non marchande régie par le droit administratif et la propriété matérielle collective. Il n'y a pas de salariés et de fonctionnaires, les uns ne sont pas soumis à un lien de subordination envers un propriétaire privé, les autres ne sont pas soumis à un système de pouvoir représentatif et à des règles qui varient selon les résultats électoraux. Ils sont membres d'un ou plusieurs groupes de projets, d'équipe de travail sur l'un ou l'autre niveau d'activité humaine. Ce sont des compagnons, des équipiers, des participants, des acteurs qui se nomment en fonction de leurs métiers, de leur niveau d'expertise. Il y a donc ici une différence essentielle avec l'utilisation de la propriété collective dans les systèmes de pouvoir qui sert de fondement juridique à l'existence de l'état et à sa gestion des administrations et des services publics ou des entreprises nationalisées.

 

Pourtant dans le système de pouvoir économique libéral actuel, la propriété collective est très utile pour lancer et financer des activités en économie participative qui représentent les débuts des biens communs. Nous prenons l'exemple des villes ou villages en transition, particulièrement l'exemple d'Ungersheim en Alsace près de Mulhouse. Les 21 initiatives pour le développement d'une économie locale et fraternelle reposent sur un cadre juridique légal constitué de deux piliers : le cadre associatif loi de 1901 avec ses bénévoles mais aussi le cadre de la régie communale. La commune et son maire, son conseil municipal sont habilités pour recevoir des subventions publiques, des recettes communales et pour acquérir des biens communaux, pour gérer des activités économiques au nom de la commune. Encore faut-il que le maire ait la volonté puis la compétence pour mener à bien le développement de cette économie locale participative. 

A Ungersheim, l'origine de cette démarche exemplaire provient de la fermeture des mines de potasses. Le maire est un ancien mineur qui a eu des responsabilités syndicales et la culture sociale, la fraternité des mineurs et des cités, des villages de ce bassin potassique, ne sont pas de vains mots mais une réalité vivante et dynamique qui ne pouvait pas disparaître avec la fin des puits de mine. Les terrains sont mis en friche par la société propriétaire des mines et la mairie d'Ungersheim achète à prix modeste une centaine d'hectares pour transformer ces friches industrielles en jardins maraîchers et en centrale solaire, en éco village. Le sol est en effet comme ailleurs dans la plaine d'Alsace du loess fertile. La nappe phréatique abondante assure l'approvisionnement en eau pour les cultures. Les particularités locales sont donc très favorables aussi bien au niveau des sols que des relations sociales étroites et anciennes liées à la culture des mineurs et de leurs familles.  La stratégie retenue est le développement d'une filière allant des semences jusqu'à la distribution de repas à partir des légumes cultivés sur les terrains communaux, la filière de la graine à l'assiette pour assurer une souveraineté alimentaire (en management : l'intégration amont et aval correspond au développement d'une filière de production et de distribution de biens et de services). Très vite les bénévoles de l'association du village dirigée par le maire, sont rejoints par des stagiaires en insertion professionnelle qui apprennent le métier de jardinier. Ils sont donc payés par des organismes publics. 

Les solutions optimales pour la production de légumes et de céréales ne sont pas à inventer. Elles existaient dans l'agriculture locale avant sa transformation en agriculture intensive au cours du XXème siècle. Par exemple, pour le blé, la sélection des semences a permis d'utiliser la semence " Alsace ", déjà solution optimale en 1900 : elle est haute et étouffe les mauvaises herbes ; elle n'a pas besoin d'engrais ou de composte et inutile de labourer la terre. Pour l'adapter à la particularité locale : la présence de la forêt et de ses troupeaux de sangliers, l'agriculteur croise cette semence optimale pour la rendre "barbue" et indigeste à la consommation des sangliers et animaux. Nous sommes ici au niveau de l'alliance des contraires : l'adaptation aux particularités locales. Pas besoin de chasseurs de sangliers pour protéger les champs de blé à la lisière de la forêt (au départ, les sangliers sont "contraires" au développement des champs de céréales ou de maïs). Le pain est sans gluten et a du goût. D'autres solutions optimales sont mises ou remises en pratique. Cet exemple d'économie locale participative permet de mieux comprendre l'impact de la subsidiarité et de l'alliance des contraires et le développement en même temps d'un haut niveau de relations sociales. Les bénéfices obtenus par la vente des légumes et des repas pour les cantines scolaires du village et des villages environnants permettent de salarier et rémunérer environ 70 travailleurs agricoles auxquels s'ajoutent une trentaine de stagiaires en insertion professionnelle. La centrale solaire, la plus importante d'Alsace, permet d'alimenter 20 000 habitants hors chauffage et elle assure une indépendance énergétique. La monnaie locale destinée aux échanges locaux chez les artisans commerçants du village a un taux d'utilisation de 7% par rapport aux 2 200 habitants du village et ce taux d'utilisation est important comparé à l'utilisation des monnaies locales dans d'autres communes ou villes.

Dans ce village il subsiste cependant une question politique, mais cette question politique est valable pour l'ensemble des citoyens Français. Pour le moment, une cinquantaine de bénévoles et ouvriers communaux travaillent quotidiennement ensemble sur les chantiers menés par la mairie.  Tous les citoyens du village ne sont pas associés à cette démarche exemplaire et n'y tiennent d'ailleurs pas. Et ceci est compréhensible en l'état de notre droit français. Le problème est connu pour les lecteurs de fileane.com. Pour développer ces projets de vie, en dehors du cadre légal actuel : bénévolat, régie communale, qui fait que seule une minorité de passionnés agit alors que les autres regardent (en cessant de critiquer et de rigoler ... du moins dans ce village et ceux aux alentours qui commencent à comprendre que c'est la solution du mieux vivre ensemble), il est nécessaire d'utiliser la propriété commune et les biens communs. La propriété commune se gère sans élus ou représentants. C'est ce que j'ai fait remarquer au maire de cette commune dernièrement. Avec des élus, nous sommes en propriété collective gérée par des représentants des citoyens. Sauf que la propriété commune est interdite depuis 1790 et totalement étrangère, comme la subsidiarité, aux constitutions républicaines françaises depuis 1790. Conséquence : bon nombre d'habitants salariés ne peuvent contribuer au développement de cette démarche citoyenne qu'en achetant les légumes ou en utilisant les services proposés par la commune mais ils ne peuvent pas en plus de leurs emplois salariés, venir travailler comme salariés dans ce réseau en économie locale participative. De même la complémentarité entre rendements croissants et décroissants n'est pas possible dans le contexte juridique actuel qui interdit la propriété commune. La culture locale pour se développer dans ce contexte politique et juridique défavorable doit donc utiliser la valeur de résilience pour rester positif malgré le risque grave d'une issue négative et pour développer une capacité à réagir aux crises et à être autonome. Nous sommes loin d'un abandon de nos systèmes de pouvoir pour restaurer nos réseaux citoyens de vie dans lesquels la résilience n'est pas utile et n'a pas sa place.

La réussite du village en transition d'Ungersheim est saluée par tous les connaisseurs mais les dirigeants du système économique libéral et les partis politiques qui soutiennent la doctrine libérale n'ont rien à craindre tant que les citoyens n'auront pas restauré la complémentarité entre les trois formes de propriété et restauré le pouvoir citoyen sur la création de la monnaie souveraine, bref, en ayant quitté nos systèmes de pouvoir, ce qui est très différent d'adopter une démarche de résilience. Mais uniquement dans le cadre du droit associatif de la loi de 1901 et du droit administratif des attributions de la commune, il est possible pour les 36 000 communes de France de commencer cette première étape vers les biens communs et une économie locale réellement participative. Et ce n'est pas rien... Donc, qu'est-ce qu'on attend ?

Pour mieux découvrir cette réussite sensationnelle à Ungersheim, le film de Marie-Monique Robin "Qu'est-ce qu'on attend ?" est disponible. Il est possible de le louer pour 300€ la journée. Le budget pour projeter ce film dans une salle de 340 places était ce soir là de 1 000€ : 300 pour la location du film, 450 pour celle de la salle et 200€ pour les frais de déplacements de Monsieur le Maire et d'un de ses adjoints.

 

4) la complémentarité entre propriété commune, individuelle, collective

 

Nous avons déjà observer l'utilisation de la propriété commune chez les Moso, les indigènes des îles Trobriands en Mélanésie étudiés par Malinowski, et durant la période médiévale avant 1307 puis dans les cités états d'Italie du Nord étudiées après 1307 par Erik Reinert.

La propriété individuelle n'existe pas ou bien est reléguée au second plan dans le matriarcat. Les femmes gèrent leurs familles et le village en s'occupant elles-mêmes de la production agricole. Chez les Moso, les hommes sont dispensés du travail et dans les îles Trobriands, les hommes n'ont pas le droit d'aller dans les champs sous peine d'être violentés par les femmes, ils doivent s'occuper de la garde et de l'éducation des enfants. Le village est géré à travers la propriété commune. La propriété individuelle n'existe pas chez les Moso et elle est limitée aux cadeaux que s'échangent les couples d'amoureux chez les Trobriandais. Mais ce qui cimente les communautés dans le matriarcat, ce n'est pas le droit de propriété qui a toujours une forte propension à diviser et à semer la discorde dans un groupe social, y compris au niveau de la propriété commune. Le ciment social dans le matriarcat est la liberté sexuelle qui justement met en pratique le fait qu'un partenaire sexuel ou amoureux, un être humain, ne puisse pas devenir la propriété de quelqu'un d'autre. Pour s'enrichir de ses amours, but principal chez les Moso, il faut commencer par abandonner toute volonté de propriété individuelle. Au bord du lac Lugu, un homme jaloux est traité pire que l'idiot(e) du village. La jalousie est tabou et chacun veille à respecter ce tabou. Au lieu d'être jaloux, l'homme doit chercher à séduire au moins une nuit la femme qu'il convoite sinon, il doit s'en remettre à la chance lors des fêtes orgiaques pour trouver enfin son bonheur (s'il sait contenter sa partenaire, cela va de soi) . Sur les îles Trobriands, les familles sont propriétaires de leurs champs même si ces derniers sont cultivés ensemble par les femmes et les récoltes sont réparties en proportion de la surface agraire de chaque famille. Cette reconnaissance d'une propriété individuelle au niveau des familles trouve sa raison d'être logiquement dans le travail difficile de défrichement de la jungle par les hommes d'une famille. C'est la récompense d'un travail qui intéresse l'ensemble du village et cette récompense doit motiver les hommes d'autres familles à réaliser d'autres défrichages afin que la communauté vive dans l'abondance et évite les famines.

Dans ces deux exemples de matriarcat, il n'y a pas de complémentarité entre rendements décroissants et croissants parce que la communauté se limite à un seul village qui s'organise en auto suffisance pour mieux profiter de sa liberté sexuelle et de ses loisirs, une fois le travail indispensable à la vie et survie réalisé. Les échanges avec les autres villages existent mais pas pour développer un commerce fructueux. La liberté sexuelle permet et encourage des relations avec des partenaires des autres villages pour éviter le risque biologique de la consanguinité capable de détruire à long terme les communautés. Elle favorise aussi les échanges et la solidarité lorsqu'un village a connu une mauvaise récolte ou une catastrophe naturelle. Les femmes ont des amants et les hommes des amantes dans les villages environnants qui vont organiser cette solidarité pour la survie de tous.

La propriété commune qui fonctionne bien dans un village vivant en autarcie et mieux encore dans le cadre du matriarcat est aussi la solution optimale lorsque des villages sortent de l'auto suffisance. Le développement des régions, le défrichement des contrées, notamment par les moines après l'an 500, s'est réalisé à partir de l'expérience de vie des civilisations antiques, principalement l'Égypte pour le continent européen. Les moines et les dirigeants politiques formés par les moines (Charlemagne entre autres), savaient qu'il faut construire les villes sur des terres impropres à la culture et à l'élevage. Ceci pour réserver les meilleures terres à l'agriculture mais aussi pour faciliter la défense des villes grâce à des marécages, des rivières, des rochers, une montagne, etc. Dès l'aménagement d'une nouvelle région, ils ont mis en pratique la solution optimale fondamentale de la subsidiarité : la complémentarité entre rendements croissants et décroissants. Inutile de défricher une campagne si vous ne trouvez pas à proximité le lieu optimal pour bâtir une ville qui va donner du travail et des moyens d'existence à la population qui est en trop à la campagne et va rendre les rendements de l'agriculture décroissants. A l'époque médiévale, entre l'an 900 et l'an 1300, la France et l'Europe s'étaient développées selon ce mode de fonctionnement optimal à partir de la subsidiarité et de l'alliance des contraires. Il est vrai, nous l'avons dit et nous le répétons, qu'un roi n'avait pas à ce moment les moyens de transports et de communication pour gouverner d'une manière absolue un ensemble de régions ou un pays tout entier. Après 1307 et la destruction de l'ordre du Temple, le roi de France ne pourra pas étendre sa domination, sa volonté d'absolutisme royal sera contestée d'abord à travers la guerre de cents ans, les guerre de conquête militaire du royaume pour étendre ses frontières, les guerres de religion, etc. Le remplacement de la propriété commune installée au niveau régional par la propriété collective mise en place au niveau national ou au niveau d'un empire rassemblant plusieurs pays a pris plus de 5 siècles, des siècles de guerres et de misère pour satisfaire la volonté de conquérir un pouvoir politique absolu sur des espaces les plus vastes possibles afin d'enrichir ces monarchies ou ces empires. Le niveau de population des années 1300 en France ( Froissart : la France est pleine comme un oeuf à la fin de l'époque médiévale) ne sera retrouvé qu'après 1850.

Nous savons en ce début du XXIème siècle où nous ont mené toutes ces entreprises politiques, économiques, militaires, théocratiques pour étendre la propriété collective jusqu'au gouvernement mondial actuel de l'oligarchie financière anglo-saxonne. Nous avons montré que ce sont les progrès technologiques des transports et des communications qui ont permis aux monarchies puis aux républiques bourgeoises d'étendre leurs pouvoirs sur les populations. Le résultat accablant est connu : l'exclusivité donnée à la propriété individuelle, y compris pour les moyens de production s'est développée en interdisant la propriété commune depuis 1789 et depuis la domination du système économique capitaliste et libéral, en réduisant l'importance de la propriété collective des états. Après la crise de 2006-2008, le niveau d'endettement public des états a placé ceux-ci sous le joug des maîtres de la finance anglo-saxonne.

Nous en sommes là et le premier qui conteste cette exclusivité accordée à la propriété individuelle, surtout à la propriété individuelle des moyens de production est soit un dissident dangereux, soit un illuminé qui pousse les principes économiques dans des perspectives folkloriques risquées et dangereuses. Nous n'allons pas en rester là ! Les mêmes progrès technologiques qui ont permis à la minorité dirigeante du système capitaliste d'étendre sa domination mondiale, sont capables de nous aider à remettre en place une complémentarité entre les propriétés individuelle, commune, collective. Bien entendu la solution simpliste qui voudrait que la gestion des biens et des services soit répartie entre 3 tiers si possible égaux pour satisfaire chacune des trois formes de propriété, cette solution simpliste relève du délire intellectuel. 

 

Pourtant les règles d'organisation entre ces 3 formes de propriété sont connues et sont logiques depuis également l'Antiquité :

1ère règle : au niveau local et régional, la propriété commune est optimale pour garantir soit l'auto suffisance soit la complémentarité entre les rendements décroissants de l'agriculture et les rendements croissants des cités artisanales et commerciales ou des villes actuelles.

2ème règle : au niveau d'un pays, d'un continent, le développement des connaissances et l'utilisation des savoirs à partir du principe de subsidiarité et de l'alliance des contraires est géré par la propriété collective, les institutions qui regroupent les experts et sont chargées d'arbitrer les litiges nés de la contestation des solutions optimales ou de l'interprétation des savoirs.

3ème règle : au niveau individuel ou d'une famille, la propriété individuelle récompense des travaux, des réalisations particulières qui participent fortement à la sécurité du groupe social sur l'un des trois niveau d'activité humaine : travail indispensable à la vie et survie, réalisation des oeuvres qui élèvent le niveau de vie et sont transmises aux générations futures, action politique. La propriété individuelle est un facteur de motivation pour développer le groupe social. Cette propriété individuelle s'achève et redevient propriété commune lorsque les réalisations particulières qui en sont l'origine ont perdu ce caractère particulier et exceptionnel dans le cadre de la sécurité du groupe social. L'effet d'expérience, les compétences particulières se sont banalisés et ne requièrent plus un avantage social particulier.

Nous avons montré que ces trois formes de propriété ne sont pas exclusives l'une de l'autre. Chacune utilise les trois éléments du droit de propriété : le droit d'usage (usus), le droit d'en obtenir des fruits ou des revenus (fructus), le droit de disposer de la chose, de le vendre ou le détruire (abusus). Un citoyen dispose du droit d'usage bien entendu dans le cadre de sa propriété privée mais évidemment aussi dans le cadre d'une propriété commune ou collective. Lorsque le régime politique d'un groupe social ne retient que la seule propriété privée, le propriétaire privé interdit l'usage de son droit de propriété aux autres. Dans la cadre de la propriété commune, le citoyen peut disposer du droit d'usage et le cas échéant, du droit d'en recueillir un revenu. Mais le droit de disposer d'un bien relève de la gestion commune, de l'action politique comme nous le verrons, appartenant au groupe social. De même au niveau de la propriété collective. En clair, les citoyens ont des droits d'usage et des sources de revenus bien plus nombreux dans les organisations en réseaux fondées sur la complémentarité entre les trois formes de propriété.

Il reste la question de l'utilisation directe de la nature. La nature ne fait pas l'objet d'une forme de propriété, en particulier d'une propriété privée ou d'une propriété collective. Les produits, les richesses consommées à partir de la nature sont des biens communs et au sein des réseaux de vie, l'échange de biens naturels, nous le verrons plus loin, se pratique dans l'économie du don

 

II les Biens communs dans les réseaux de vie.

 

Nous avons abordé les biens communs au niveau de la production des richesses matérielles dans le DAS 1 en utilisant le livre de Erik Reinert " Comment les pays riches sont devenus riches Pourquoi les pays pauvres restent pauvres ". L'auteur mentionne comment les cités états d'Italie du Nord après 1307 ont redécouvert et utilisé les biens communs.

Extrait du livre de Reinert « Comment les pays riches sont devenus riches. Pourquoi les pays pauvres restent pauvres »

« Vers le XIIIe siècle, les Florentins, les Pisans., les Amalfitains, les Vénitiens et les Génois ont commencé à adopter une politique différente afin d'accroître leur richesse et leur puissance, ayant remarqué que les sciences, la culture de la terre, l'application des arts et de l'industrie, ainsi que l'introduction du commerce extensif, pouvaient leur permettre d'engendrer une population importante, subvenir à leurs innombrables besoins, maintenir un haut niveau de luxe et acquérir d'immenses richesses, sans avoir à conquérir de nouveaux territoires. » Sebastiano Franci, réformateur des Lumières milanaises, 1764. (page 205)

Très tôt, il a été clair, pour les gens, que la plupart des richesses se trouvaient dans les villes, et plus particulièrement dans certaines villes. Les villes abritaient des citoyens libres ; à la campagne, les gens étaient généralement des serfs qui appartenaient à la terre et au seigneur local. À partir de ces observations, des investigations ont été menées pour parvenir à comprendre quels facteurs rendaient les villes à ce point plus riche que la campagne. Peu à peu, la richesse des villes a été perçue comme le résultat de synergies : des gens venant de nombreux et divers commerces et professions et formant une communauté. L'érudit Florentin et hommes d'État, Brunetto Latini (1220 - 1294) a décrit cette synergie comme étant « il ben commune », c'est-à-dire ouvrir " le bien commun ". La plupart des premiers économistes, les mercantilistes et leurs homologues allemands - les caméralistes - ont utilisé ces synergies comme élément fondamental pour comprendre la richesse et la pauvreté. C'est le bien commun qui rend les villes grandes, répète Nicolas Machiavel (1469 - 1527), presque 300 ans après Brunetto Latini. (page 207)

Par le biais de cette compréhension sociale de la richesse qui ne peut être comprise que comme un phénomène collectif, la renaissance a redécouvert et souligné l'importance et la créativité de l'individu. Si on ne tient pas compte de ces deux perspectives - le bien commun et le rôle de l'individu - on ne peut comprendre ni la vision de la société à la Renaissance ni le phénomène de croissance économique. (page 207).

Fin des extraits du livre de Reinert.

 

1) la caractéristique fondamentale des biens communs

 

Nous avons déjà abordé le développement des Biens communs en nous référant aux travaux d'Elinor Ostrom, première femme à obtenir un Prix Nobel d'Économie en 2009 pour ses développements sur la théorie des communs. Elinor Ostrom et son mari Vincent vont approfondir les études sur les communs. Plutôt que de se livrer à des jeux mathématiques comme Hardin, ils vont examiner ce qui se passe réellement dans les communs existants. Et montrer que des formes de gouvernance autres que privation ou étatisation sont possibles, et qu’elles sont concrètement mises en œuvre par des communautés pour protéger et maintenir les ressources partagées qui leurs sont confiées. Ils découvriront ainsi que la gestion de ressources partagées passe par la constitution d’arrangements institutionnels, souvent informels, mais néanmoins dotés d’une force de réalisation par l’implication des acteurs directement concernés. Loin du modèle de Hardin, dans lequel les éleveurs pouvaient faire paître leurs animaux dans un même champ sans jamais se parler, au point d’en épuiser la source même de nourriture, les chercheurs découvrent la grande variété et l’inventivité des communautés réelles pour gérer les ressources communes. Elinor Ostrom répondra ultérieurement souvent à ceux qui lui demandent des « recettes » que « chaque commun est un cas particulier », qu’il faut analyser à la fois en lui-même (quelle est le type de ressource offerte en partage) et en regard de la communauté qui en a la charge. Ce qu’elle fit avec pédagogie lors de son dernier séjour en France en juin 2011.

On voit clairement dans l’approche d’ Elinor Ostrom que, à la différence de nombreux économistes, elle ne considère pas les biens pour eux-mêmes, mais dans leur relation avec les groupes sociaux qui participent à leur production ou maintien. Les communs ne sont donc pas des « biens » particuliers, mais également des systèmes de règles pour les actions collectives. Ce qui est alors ouvert au partage n’est pas seulement une ressource, mais bien un agencement social particulier ; en conséquence, la préservation de la ressource passe par la prise de conscience des interactions sociales qui permettent ce partage.

 

2) les systèmes de règles pour les actions collectives.

A partir de l'approche d'Elinor Ostrom, nous pouvons définir ce cadre de normes dans lequel vont se développer les biens communs des réseaux de vie. Il s'agit de préciser, de compléter une approche économique par une approche juridique. Elinor Ostrom a mis en place un cadre d’analyse et de développement institutionnel destiné à l’observation des communs. De ses observations concrètes elle a tiré huit principes d’agencement que l’on retrouve dans les situations qui assurent réellement la protection des communs dont ces communautés d’acteurs ont la charge. Nous pouvons donc compléter ces principes d'agencement pour arriver aux normes de la culture humaniste des réseaux de vie qui permettent le développement des biens communs. Nous allons commencer par suivre l'ordre des 8 règles précisées par Elinor Ostrom puis nous les regrouperons selon les principes de fonctionnement des réseaux de vie.

 

2.1 la norme des groupes aux frontières définies

Nous retrouvons ici la solution optimale de base de la subsidiarité : l'aménagement d'une région pour développer la complémentarité entre rendements décroissants de l'agriculture et rendements croissants de l'artisanat, de l'industrie, des services et du commerce.

Nous sommes également ici au niveau du Travail objectif qui utilise l'élévation des compétences, la créativité et les initiatives individuelles pour résoudre les problèmes de but ou de causes qui surviennent dans l'activité humaine sur chacun de ses trois niveaux. L'utilisation des Cercles de Qualité, des groupes d'amélioration de la qualité ou tout simplement des groupes de résolutions de problèmes a largement fait ses preuves dans l'Industrie, y compris en France dans les années 1980 lorsqu'il s'est agit d'informatiser, d'automatiser l'outil de production.

La taille du groupe optimal dans une démarche de résolution de problème ou de qualité totale est d'une douzaine de membres. Chaque groupe à son objectif et le plus souvent c'est le groupe lui-même qui définit son objectif une fois qu'il s'est rassemblé pour éliminer un dysfonctionnement (problème de causes) ou pour définir un nouvel objectif à atteindre (problème de but). Nous sommes alors ici dans l'utilisation de la subsidiarité

 

2.2 la norme et les règles régissant l’usage des biens collectifs qui répondent aux spécificités et besoins locaux. 

Cette norme nommée ainsi par Elinor Ostrom correspond au principe de l'alliance des contraires qui est complémentaire au principe de subsidiarité.

Lorsque nous avons commencé la description du fonctionnement des réseaux de vie, nous avons précisé ce principe. L'alliance des contraires intervient pour améliorer la gestion de l'autorité et du commandement.  Il s'agit de vérifier l'adhésion à la solution optimale et d'examiner les particularités locales qui vont nécessiter des interprétations de cette solution optimale pour des ajustements ponctuels et locaux. Elinor Ostrom s'en tient à l'observation des situations réelles et elle a parcouru le monde pour aller à la rencontre de ces communautés de vie qui gèrent autrement les ressources dont elles disposent. A notre connaissance, elle n'a pas relié ses déductions et ses analyses avec le fonctionnement millénaire des civilisations florissantes fondé sur la subsidiarité et l'alliance des contraires. Ce qui ne signifie pas que cette relation n'existe pas, bien au contraire. Le groupe de projet, en même temps qu'il cherche à mettre en place un groupe d'experts avec les autres groupes qui ont le même problème ou le même projet, doit également chercher à identifier les groupes qui pour le moment ne seront pas d'accord avec la solution optimale envisagée et ce, pour différentes raisons : ils utilisent une autre solution plus ancienne, leurs intérêts seront menacés, ils font partie d'un système de pouvoir qui refuse le développement de ce réseau, etc. Les groupes qui peuvent avoir des intérêts différents et contraires sont connus : les hommes et les femmes, les générations : enfants, parents, grands parents, les différentes nationalités, cultures, religions, les métiers, etc. Lorsque les délégués des groupes locaux partent pour se réunir et travailler à l'obtention d'une solution optimale, les autres membres des groupes locaux rassemblent les différents enjeux et intérêts en relation avec ce problème. Au niveau local, compte tenu des ressources disponibles et des contraintes de l'environnement local, une délibération commune fait apparaître les points de convergence pour arriver à une majorité qualifiée. Lorsque la solution optimale est connue, son adaptation aux particularités locales est prête et selon le haut niveau de qualité de cette solution optimale, la délibération finale peut aisément évoluer d'une majorité qualifiée à une unanimité.

Sur le plan pratique, il est surtout question de l'ordonnancement de l'usage d'un bien commun par les membres, de la manière de le réaliser puis de l'utiliser à la satisfaction de tous. Il s'agit donc essentiellement de comprendre une manière de faire, d'accepter certaines limites et d'accepter un mode d'emploi, d'usage de ce bien commun. Bref le groupe à ce stade définit sa charte ou son règlement intérieur pour disposer d'un bien commun.

 

2.3 la norme de la capacité des individus concernés à les modifier. 

Nous sommes ici également au coeur de la subsidiarité. Nous reprenons ce que nous avons dit lorsque nous avons présenté le principe de subsidiarité. Pour le moment nous ne distinguons pas entre subsidiarité descendante et ascendante, nous y viendrons lorsque nous verrons l'action politique (DAS 3) .

Au fil du temps et des projets, chaque membre du groupe en fonction de ses aptitudes et de ses centres d’intérêts va participer plusieurs fois à ces groupes d’expertises. Il y rencontrera des formations, des études, des confrontations d’idées et des négociations qui vont élever son niveau de compétences jusqu’à devenir un expert local, régional, national ou mondial sur une question précise. Un membre peut également choisir l'autre possibilité, après avoir participé à un groupe d'expertises sur une question, il peut choisir une autre question est ainsi devenir davantage polyvalent. Il peut donc développer une compétence horizontale ou une compétence verticale en fonction de sa volonté ou en fonction des besoins du groupe. La pratique du travail de groupe, les voyages pour se rendre sur le lieu de la réunion de travail, la rencontre avec d’autres participants venant d’autres cultures et parlant d’autres langues, l’utilisation des nouvelles technologies informatiques et l’usage des plates-formes de travail collaboratif vont également permettre aux membres de ces groupes d’expertises d’acquérir une compétence horizontale dans l'utilisation des techniques de travail de groupe et de communication. Les relations humaines tissées au cours de ces groupes d’expertises et de ces voyages vont également enrichir le réseau, consolider les liens et mettre en place de nouvelles opportunités d’échange pour des projets qui seront le prolongement des précédents. La pratique du principe de subsidiarité est ainsi une des meilleures écoles de formation et de développement des compétences. Le compagnonnage reste un vestige de cette pratique capable d’assurer le développement d’un important savoir au bénéfice du groupe social et de l’humanité mais il se limite à une institution éducative et formatrice car l’organisation en réseau sur le plan politique, économique et social a été détruite pour permettre la suprématie du système de pouvoir royal puis bourgeois et républicain.

 

2.4 le respect de ces règles par les autorités extérieures

Ce principe d'agencement retenu par Elinor Ostrom correspond également à l'alliance des contraires. La difficulté est assurément minime avec des réseaux locaux de vie qui adoptent la même solution optimale mais qui l'ont mise en place différemment compte tenu de leurs particularités locales et de leurs ressources disponibles. Lorsque des réseaux de vie ont pour voisins des groupes sociaux qui veulent rester dans des systèmes de pouvoir, la situation peut devenir cruciale sur un plan politique si le niveau des échanges sociaux et commerciaux ne parvient pas à développer des compromis équilibrés et satisfaisants les parties prenantes externes aux réseaux de vie. Nous verrons cette situation particulière lorsque nous préciserons la troisième oeuvre, l'action politique qui gère et protège les réseaux de vie.

Les groupes sociaux environnants que ce soient des réseaux ou des systèmes de pouvoir participent aux activités menées par les réseaux de vie à travers la complémentarité entre les trois formes de propriété. Les membres d'un systèmes de pouvoir ne disposent que d'un droit d'usage des biens communs. Le paiement de cet usage sera réglé selon les règles qui organisent les échanges de monnaie, nous allons abordé cette question plus loin.

En cas de conflit, la Confédération des réseaux de vie intervient et nomme les chefs de guerre pour résoudre cette menace qui compromet la paix.

 

2.5 le contrôle du respect des règles par la communauté qui dispose d’un système de sanctions graduées.

Les réseaux fondés sur la subsidiarité et l'alliance des contraires développent une forte motivation et adhésion à leurs normes de fonctionnement. Cette démocratie directe participative, nous l'avons vu lorsque nous avons décrit les activités indispensables à la vie et à la survie (DAS1), met en place à côté des réseaux de production de biens et de services, des réseaux chargés de développer la mission individuelle d'autorité, c'est à dire chargés de la minimisation des violences en nous et autour de nous. Ces réseaux utilise le savoir global et particulièrement notre première source de savoir, la démarche individuelle initiatique et spirituelle.

Dans les réseaux de vie, il n'y a pas de système hiérarchique qui fonctionne avec une gradation de sanctions pour faire respecter l'obéissance à des règles élaborées par des représentants du groupe social. Il y a des parcours de formations, des activités d'orientation ou de réorientation. La sanction se présente comme une chance nouvelle, supplémentaire pour rester dans un réseau de vie. La plupart du temps, la prévention de troubles sociaux ou psychologiques personnels se déroule dans le cadre des réseaux initiatiques. La sanction définitive est l'aide au retour dans un système de pouvoir extérieur lorsque le comportement ou la volonté d'un individu est contraire à la vie des réseaux.

 

2.6 l’accès à des mécanismes de résolution des conflits peu coûteux et

2.7 la résolution des conflits. 

Le premier mécanisme de résolution des conflits, lorsque le respect des normes de vie n'est plus possible dans un ou plusieurs réseaux est de revoir la solution optimale à l'origine du conflit en utilisant la subsidiarité. Le cas échéant, un nouveau groupe de recherche de la solution optimale se met en place et au niveau local, les membres du réseau délibèrent pour examiner les nouvelles conditions d'une alliance des contraires. Cette résolution des conflits est d'autant plus facilitée par le fait que tous utilisent le savoir global, la deuxième oeuvre des réseaux de vie.

Nous revenons ici à l'alliance des contraire et aux procédures qu'il utilise pour résoudre les conflits. Pour illustrer l'alliance des contraires, nous allons utiliser l'exemple de la confédération des nations iroquoises, le cas de la Grande Loi qui Lie du peuple haudenosaunee qui vit dans la région des Grands Lacs en Amérique du Nord.

L'organisation repose sur un système de prise de décision fondé sur le principe de subsidiarité et qui veut que seules les questions ne pouvant être tranchées au niveau inférieur de décision soient portées devant l'instance supérieure. Le peuple iroquois appelé aussi peuple haudenosaunee est organisé en famille, clan, nation et confédération. Ce n'est pas un système hiérarchisé car les royaneh et autres chefs n'ont pas de pouvoir à exercer : ils sont seulement les porte-paroles des décisions populaires. Par contre ils doivent avoir des compétences humaines et une honnêteté  profonde pour discuter et négocier les problèmes qui sont portés devant les instances supérieures. Chaque niveau d'organisation a son propre conseil du feu au cours duquel les décisions se prennent selon un même processus : le conseil forme trois groupes, dont deux débattent et le troisième arbitre. Toutes les décisions doivent être prises à l'unanimité à chaque niveau d'organisation.

Ce fonctionnement présente des risques de blocage ou de dérapage. Le pouvoir ultime de trancher et le pouvoir de veto sur les décisions votées à l'unanimité est accordé aux Mères de clans, les royaneh femmes, les "citoyennes" les plus influentes de la Confédération. Elles détiennent aussi le pouvoir de nommer de nouveaux chefs ou de les destituer.

L'arbitre ne va pas à imposer sa solution, sinon nous retombons dans un système de pouvoir. L'arbitre est chargé de préparer le terrain, d'offrir une logistique pour recevoir les camps qui s'opposent afin que ces derniers puissent débattre dans des conditions optimales. La nation qui détient le rôle d’arbitre est chargée de veiller au respect des règles et des procédures, elle possède le pouvoir de contrôle et doit signaler les dysfonctionnements, les anomalies. Ce n’est pas à elle de trancher et de décider mais elle conserve les décisions antérieures, la jurisprudence pourrions-nous dire, et cette bibliothèque sert de base de travail pour les deux parties qui doivent trouver une entente capable d'éliminer le problème. Il s'agit là de la première tâche à mettre au point dans l'organisation. Vient ensuite la question des conflits extérieurs avec les peuples voisins. L'objectif du réseau et de nouer une alliance avec eux. Mais avant, il faut associer deux autres contraires : la nature davantage belliqueuse des hommes et leur savoir-faire guerrier avec la nature plus respectueuse de la vie des femmes. Pour limiter le penchant des hommes à se quereller, le pouvoir de déclarer la guerre et de nommer des chefs de guerre est donné exclusivement aux femmes dans la Constitution des nations iroquoises.

L'intervention des femmes dans la constitution de la confédération iroquoise est capitale : en cas de conflits entre le groupe et un de ses chefs, en particulier avec celui qui a été nommé chef de guerre, c'est le groupes des mères qui en dernier ressort a le pouvoir de le destituer avant de nommer un autre membre à cette fonction de chef. L'alliance des contraires est alors utilisée pour donner le droit de veto, la décision finale au groupe social le plus concerné par la décision : ici, le sort des femmes et des mères qui sont les plus concernées par les guerres, les viols, l'esclavage, la perte de leurs fils aux combats. Plus logique et humain que cette règle de bon sens, même Marx et Engels ont renoncé à chercher.

 

2.8 les activités de gouvernance organisées en strates différentes et imbriquées.

Les strates différentes correspondent aux trois niveaux d'activité humaine ou Domaine d'Activité Stratégique (DAS) : le travail indispensable à la vie et à la survie (DAS 1), la réalisation des oeuvres (la culture humaniste, le savoir global, la défense des réseaux de vie) (DAS 2), l'activité politique et la Confédération des réseaux de vie (DAS 3).

L'imbrication entre ces réseaux locaux et la Confédération, entre les activités de ces trois niveaux constitue justement la force des organisations en réseaux de vie.

Au niveau des activités indispensables à la vie et à la survie (DAS 1), il y a imbrication entre les experts et les participants aux différents réseaux. Ensuite les réseaux de ce DAS 1 sont gérés par le réseau de la démocratie locale participative qui regroupe donc le conseil de l'action politique des réseaux de la mission d'autorité et le conseil de l'action politique des réseaux des productions de biens et services indispensables à la survie. Il est aidé dans sa mission par les deux centres de gestion et de logistique : celui des réseaux d'autorité et celui des réseaux de production de biens et services.

Au  niveau de la réalisation des oeuvres qui élèvent le niveau de vie et sont transmises aux générations futures (DAS 2), l'imbrication  avec le DAS 1 repose sur le développement des compétences acquises dans le DAS 1 dans le cadre des projets qui réalisent une oeuvre et développent des biens communs. Les postulants à un groupe de projet pour réaliser une oeuvre ont démontré leur capacités et leurs expériences au niveau du travail indispensable à la vie, c'est une gestion des ressources humaines qualitative. La seconde imbrication porte sur une gestion des ressources humaines quantitative. Lorsque le plein emploi est atteint dans le DAS 1 et que la productivité est à son optimale à ce niveau de travail indispensable, les citoyens des réseaux de vie viennent participer au développement des oeuvres et plus ils sont nombreux, plus d'oeuvres sont mises en chantier simultanément. La réalisation des oeuvres dépend étroitement du nombre de compétences disponibles une fois atteinte l'activité optimale au niveau du travail indispensable, c'est un travail de Gestion Prévisionnelle de l'Emploi et des Compétences. Il est évident que l'automatisation des tâches en production indispensable à la vie, permet de libérer des citoyens à ce niveau d'activité pour leur permettre de participer à la réalisation des oeuvres (et surtout pas d'être mis au chômage, qui n'existe pas dans les réseaux de vie... enfin à ce stade de connaissance sur les réseaux de vie, tous en sont convaincus !)

Au niveau de l'action politique (DAS 3), l'imbrication est évidente et logique avec les DAS 1 et DAS 2. Le temps de travail est réparti de manière à permettre la tenue des conseils de l'action politique. Dans les institutions des réseaux de vie, les citoyens en fonction de leurs compétences, de leurs mérites et de leurs volontés vont progresser depuis les assemblées et les conseils locaux jusqu'aux institutions de la Confédération. Leur présence dépend des projets de vie qui y sont débattus et gérés. Lorsqu'un projet est achevé, les membres de ce projet se séparent et vont rejoindre d'autres projets ou fonder de nouveaux projets retenus dans le cadre de la subsidiarité et de l'alliance des contraires.

Ainsi durant sa vie, un citoyen des réseaux de vie pourra se choisir un parcours plus ou moins long sur chacun de ces trois niveaux d'activité et choisir quand, comment et où il voudra utiliser sa première source de savoir, sa seconde source de savoir et participer au développement du mariage des cultures à travers le niveau de savoir global qu'il aura acquis. Il exercera ainsi sa mission d'autorité dans le cadre de l'espace de liberté, de l'entendue de ses choix de vie, qu'il se sera donné. 

Tableau de synthèse des normes de gestion des Biens communs

 

Elinor OSTROM RÉSEAUX DE VIE

des groupes aux frontières définies

la capacité des individus concernés à les modifier

l'utilisation de la subsidiarité

les règles régissant l’usage des biens collectifs qui répondent aux spécificités et besoins locaux

le respect de ces règles par les autorités extérieures

l’accès à des mécanismes de résolution des conflits peu coûteux

la résolution des conflits. 

l'utilisation de l'alliance des contraires

le contrôle du respect des règles par la communauté qui dispose d’un système de sanctions graduées.

les activités de gouvernance organisées en strates différentes et imbriquées

la pratique de l'action politique au niveau local et de la Confédération

 

Les réseaux de vie constituent bel et bien un ensemble de biens communs, au sens donné par Elinor Ostrom... et par fileane.com. Nous sommes très loin de la recherche d'un bien commun capable de satisfaire l'intérêt général et d'autres notions, d'autres fictions intellectuelles à base de philosophie, de morale et de raisonnements hypothétiques et fallacieux, affabulateurs, tous propres à soutenir et légitimer des systèmes de pouvoir. Il est évident que le coeur d'une société est d'abord visible à travers les normes qu'elle se donne pour s'organiser. Les normes sont bien plus perceptibles que les valeurs mais les modes de vie surtout lorsqu'ils expriment des normes et des valeurs pas encore reconnues dans la culture d'un groupe social, sont bien davantage repérables à travers les contestations, les interpellations, les remises en cause qu'elles apportent. Les biens communs sont d'abord une manière d'organiser le groupe social là où il vit, en fonction des ressources disponibles et des contraintes, des opportunités de l'environnement. Sans un management participatif dans les groupes de projet, sans une démocratie directe participative fondée sur la subsidiarité et l'alliance des contraires (et non pas sur un système électoral légitimant une démocratie représentative), il ne peut y avoir de biens communs.

 

3) Les biens communs développés par les réseaux de vie

 

Nous n'allons pas dresser la liste exhaustive de tous les biens communs susceptibles d'être réalisés par l'ensemble des réseaux de vie mais nous commencerons par établir les projets en fonction de l'urgence et de la gravité des problèmes, des dysfonctionnements de nos société actuelles que nous devons éliminer.

 

3.1 la protection des ressources naturelles indispensables à la vie et à la survie

3.2 la réalisation des oeuvres immobilières

3.3 la réalisation des oeuvres matérielles

3.4 la réalisation des oeuvres immatérielles

Nous les mentionnons ici même si nous allons les aborder dans les deuxième et troisième oeuvres : le savoir global capable de marier les cultures, la défense des réseaux de vie.

 

Conclusion au niveau de la propriété commune et des biens communs.

 

L'utilisation de la propriété commune à travers la complémentarité entre les trois formes de propriété ouvre des possibilités puissantes de développement durable et de justice sociale, justement ce qui fait défaut dans le système économique capitaliste et libéral ou dans les systèmes théocratiques plus ou moins fanatisés sur le plan religieux. Les biens communs sont la mise en pratique des relations sociales à travers un management participatif des organisations et une démocratie directe participative fondée sur la subsidiarité et l'alliance des contraires. Les conséquences au niveau politique, économique et social, culturel sont la paix et la minimisation des violences et des conflits, la répartition équitable des richesses produite par l'activité humaine sur les trois niveaux d'activité, le développement d'une culture humaniste capable d'utiliser un savoir global pour marier les cultures des différents peuples qui composent l'humanité et capable d'apporter une réponse tangible à nos raisons de vivre sur la planète Terre.

Nous pouvons maintenant passer à la deuxième norme fondamentale de la culture humaniste après la complémentarité entre les trois formes de propriété que nous venons d'examiner. Nous pouvons définir pourquoi et comment les échanges entre les réseaux de vie utilisent une monnaie souveraine, appartenant aux citoyens, une monnaie pleine sans dette. Car la réalisation des biens communs, forcément, ne va pas être financée à partir d'emprunts sur les marchés financiers ou un emprunt à taux zéro (la planche à billet) auprès d'une banque centrale qui créée de la monnaie à partir de rien pour endetter ses clients et ainsi mieux les soumettre au gouvernement mondial de l'oligarchie financière anglo-saxonne... pour le moment dans le système de pouvoir économique capitaliste et libéral. Enfin après avoir montré comment le savoir global s'obtient et se développe, nous verrons dans la troisième oeuvre, le niveau de l'activité humaine utilisé pour l'action politique, comment cette action politique décide des objectifs, des oeuvres à mener, des normes de gestion des biens communs et du savoir global, autant au niveau local qu'au niveau de la Confédération des réseaux de vie. Car c'est bien à travers l'action politique des membres des réseaux que la culture humaniste et le savoir global sont mis en pratique, en praxis.

 

pour lire la suite : la Monnaie pleine, souveraine, au service des réseaux de vie.

 

Plan de la Partie 4 : les réseaux citoyens de vie

la déclaration des droits à la vie sociale pour les êtres humains

les réseaux citoyens : présentation générale

premier domaine d'activités stratégiques : le travail indispensable à la vie.

les réseaux qui développent la mission d'autorité, le niveau de confiance  et la minimisation des violences en utilisant la première source de savoir spirituelle : 

le réseau initiatique

le réseau de prévention et de lutte contre les violences

le réseau d'éducation à la citoyenneté et à la vie en groupe

le centre de gestion des réseaux d'autorité

les réseaux de production et de distribution des richesses matérielles et intellectuelles en utilisant la seconde source de savoir intellectuelle :

I) le cercle vertueux et les biens communs

II) la production des biens indispensables à la vie

III ) l'organisation d'un groupe de production de richesses

le centre de gestion des réseaux de production des richesses

le conseil de l'action politique des réseaux de production et de distribution

second domaine d'activités stratégiques : la réalisation d' oeuvres durables

la réalisation des oeuvres, présentation générale

1ère partie : l' oeuvre politique, économique et sociale.

Les 3 oeuvres développées par les réseaux de vie

1ère oeuvre : la culture humaniste

les valeurs 

1ère oeuvre : la culture humaniste, les normes 

I la complémentarité entre les 3 formes de propriété, les Biens communs

II la Monnaie pleine au service des réseaux de vie

1ère oeuvre : la culture humaniste

les modes de vie 

2ème oeuvre : le savoir global

à partir de nos deux sources de connaissance.

3ème oeuvre : la défense de la culture humaniste

les forces de l'esprit contrôlent la puissance des armes pour la transmission des oeuvres humanistes aux générations futures.

troisième domaine d'activités stratégiques : l'action politique

   
 
   
 

les ressources disponibles pour la mise en place de nos réseaux citoyens de vie

ressources en économie, société, droit, politique

de l'assurance à la solidarité

travail-oeuvre-action politique

Évolution culturelle ou culture de la révolution

L’éducation et la formation: pas dans un système de pouvoir mais dans un réseau de compétences

La perception du travail, depuis 1789

les biens communs

les ressources pour l'utilisation de la première source de savoir: la source personnelle et initiatique

la vie après la vie, le livre du Dr Moody

Les quatre situation pour connaître l'illumination et la rencontre surnaturelle

l'extase amoureuse

Colloque sur l'Expérience de Mort Imminente

DOSSIER France 3 sur le colloque du 17 juin 2006 à Martigues

La première rencontre et décorporation

SHAMBHALA, le rite de Kâlachakra

une technique de décorporation

la seconde décorporation

le développement spirituel

la troisième décorporation

TIAHUANACO, 10 000 ans d'énigmes incas, les dessins rupestres des Andes

Les traductions de la rencontre surnaturelle et des

 

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