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 2ème partie : les systèmes de pouvoir

Le système d'éducation et de formation

partie 2 : La mission de normalisation des savoirs dans le système éducatif

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«  L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde » Nelson Mandela

 

La mission de sélection des élites peut varier dans le temps à l’intérieur d’un système de pouvoir et elle prend moins d’importance lorsque le système arrive à reproduire ses élites dirigeantes comme dans les anciennes monarchies avec sa nouvelle aristocratie du monde des affaires et nous avons vu que cette reproduction des élites est un point fort dans le maintien de nos systèmes de pouvoir. Par contre la mission de normalisation des savoirs reste la mission de base qui doit constamment être mise à jour pour occulter la véritable nature du régime politique qui gouverne le système de pouvoir ainsi que pour interdire l’accès aux connaissances qui sont capables de le renverser.

 Nous verrons donc dans un premier temps comment le système de pouvoir impose au système éducatif la sélection des connaissances qui servent sa domination, c’est à dire comment se définit le savoir académique, et comment il impose l’interdiction d’autres connaissances capables d’éliminer nos systèmes de pouvoir. Dans un deuxième temps, nous verrons comment se déroule l’actualisation de cette normalisation des savoirs académiques au service du système de pouvoir, c’est à dire comment se construisent les mythes, les doctrines, les modèles, les théories qui vont écarter le rôle fondamental des êtres humains dans le développement durable d’une société florissante et équitable pour défendre la légitimité de nos systèmes de pouvoirs et renforcer le conformisme à l’égard des dirigeants du système, la soumission et si possible la soumission librement consentie à la domination actuelle de l’oligarchie financière anglo-saxonne.

 Notre lecteur sait maintenant par coeur que l'utilisation de la seule source intellectuelle de savoir dans un système de pouvoir s'accompagne inéluctablement de l'interdiction de la première source de savoir, la source spirituelle et initiatique. Nous avons montré que le fait de ne pas utiliser la complémentarité entre les deux sources de savoir correspond à la faiblesse des systèmes de pouvoir et la force des organisations en réseau. Nous n'allons pas établir la liste exhaustive des connaissances interdites par nos systèmes de pouvoir religieux, économique, militaire. Nous avons montré que le point crucial de ce savoir interdit correspond à la relation des événements liés au dernier grand cataclysme et à la survie des descendants de la colonie fondée par des gens venus d'une autre planète, tabou fondamental dans la culture judéo chrétienne fondée sur la Bible. Ce que nous allons examiner maintenant, c'est la manière dont notre système de pouvoir impose aux systèmes d'éducation et de formation la sélection des savoirs académiques et le respect de l'interdiction d'utiliser les connaissances taboues.

 La sélection des savoirs académiques et la mise en place des tabous dans le système d'enseignement et de formation.

 

Nous avons largement développé cette question dans les parties précédentes. Le savoir qui a été utilisé dans les civilisations les plus florissantes organisées en réseau, principalement l'utilisation des deux sources de savoir, est interdit par les dirigeants de nos systèmes de pouvoir car ses enseignements sont contraires à la domination d'une minorité dirigeante sur l'ensemble d'un peuple. Nous avons montré que les organisations en réseau savent mieux produire des richesses et surtout nettement mieux répartir les richesses, de sorte qu'une minorité ne peut pas accaparer les richesses pour satisfaire ses seuls intérêts personnels. Dans les systèmes de pouvoir, l’interdit essentiel porte donc sur l’existence de l’alternative des organisations en réseau de manière à ce que les populations ne puissent pas se libérer de cette domination. Le système éducatif et de formation va donc s’organiser pour ne jamais enseigner l’art et la manière de développer des organisations en réseaux. Par exemple, le principe de subsidiarité n’est pas enseigné en France car il est contraire au système centralisé de pouvoir et à la sélection des élites dirigeantes. Le modèle de base historique a bien été le modèle militaire qui ne s’est pas contenté de sévir dans les entreprises du 19ème siècle et du 20ème siècle mais qui a façonné dès 1800, l’enseignement public. Il est vrai qu’au départ, pour un élève le choix entre la discipline des ordres religieux et la discipline militaire, le choix n’était pas évident. Le modèle militaire dans l’enseignement pouvait se mirer dans le tableau avantageux du polytechnicien brillant ou du saint-cyrien audacieux et conquérant. Aujourd’hui ces modèles n’ont plus cours et le système d’éducation et de formation a perdu son monopole d’influence sur les populations et la jeunesse.

 Depuis le développement du web et d’internet, les dirigeants des systèmes de pouvoir ne peuvent plus exercer un contrôle stricte sur les connaissances et il devient plus facile d’apporter d’autres connaissances jusqu’ici interdites. En France, il est ainsi possible maintenant de contourner l’obstacle des maisons d’édition qui sont souvent la propriété de groupes d’affaires au service du capitalisme et du libéralisme. Prenons l’exemple de tout ce qui touche au temps des cathédrales, aux ordres monastiques et à l’ordre du Temple qui fut en mesure de ruiner et faire disparaître la royauté dans notre pays. Depuis 10 ans que notre site fileane.com est en ligne, vers les mois de janvier février, nous avons régulièrement chaque année de nombreux jeunes internautes qui viennent lire et utiliser nos pages relatives à la guerre de 100 ans et à Jeanne D’Arc. Un peu plus tard, ce sont des visites qui portent sur les pages relatives à la conquête du Nouveau Monde et à Christophe Colomb. Une année, une classe de collégiens de la région de Grenoble nous a contacté par messagerie pour demander de l'aide. Ces jeunes étaient intéressés par nos propos mais comme ils ne correspondent pas au savoir académique, ils étaient un peu perdus entre notre site web et leurs manuels scolaires. Nous les avons aidés et quelques semaines plus tard, une jeune fille s'est faite la porte-parole de leur classe pour nous envoyer un message de remerciements : « la compréhension de cette question d'histoire fut difficile mais maintenant que nous avons compris, nous sommes très contents d'avoir découvert cette histoire très intéressante de Jeanne D’Arc ». Le professeur avait ajouté quelques lignes pour nous remercier d'avoir bien voulu prendre du temps et correspondre avec les élèves de sa classe. Il est évident qu'expliquer le rôle de Jeanne D’Arc à partir de l'organisation du temps des cathédrales, des villes libres, des abbayes et de l'ordre Chevalier du Temple, est relativement plus aisé que l'inverse, en occultant totalement l'organisation en réseau de cette période florissante du Moyen Âge. Pour les dirigeants d’un système de pouvoir, Jeanne d’Arc est l’exemple d’un personnage qui n’obéit pas, qui fait nommer un roi pour aussitôt ne pas lui obéir et continuer les combats de son côté. Lorsque l’on rajoute les questions de la foi mystique de Jeanne qui va à l’encontre du pouvoir du roi et du pape, nous sommes en présence d’une folle dont il faut écarter et minimiser l’histoire car de tels exemples de gens qui n’obéissent pas et ne se soumettent pas, sont radicalement contraire aux finalités de soumission et de manipulation d’un système de pouvoir. Mais alors pourquoi cette folle a-t-elle pris une telle importance dans notre histoire ? Il est vrai que cette question dérangeante peut-être écartée si la réforme des programmes scolaires en histoire ne parle plus de ces personnages historiques ponctuels mais préfère souligner la structure, les grandes tendances du développement historique vers le sommet de cette réussite que nous vivons aujourd’hui….et qui doit impérativement se poursuivre demain et nous pourrions ajouter, pour les siècles des siècles.

 De même l'histoire de Christophe Colomb s'explique bien mieux lorsque nous prenons en compte toutes les relations humaines et commerciales qui existent depuis l'Antiquité entre le continent américain, l'Europe et le continent asiatique et surtout lorsque nous utilisons les preuves des relations maritimes et commerciales des vikings puis de la flotte templière entre le continent européen et le continent américain. Certes avant le dernier grand cataclysme et la fonte des glaces de la dernière grande glaciation, il était relativement plus facile de traverser à pied ces continents mais ces échanges entre les deux continents n’ont pas cessé après la fonte des glaces accélérée après le dernier grand cataclysme et basculement des pôles dont les survivants furent parmi d’autres les fondateurs de la civilisation égyptienne.. Encore faut-il vouloir s'intéresser à ce dernier grand cataclysme, aux lois divines et aux mathématiques célestes du temple de Dendérah qui a conservé ces vestiges du savoir ancien de la civilisation disparue, plutôt que de bourrer le crâne de nos jeunes écoliers avec la vision linéaire du progrès et de l'histoire qui fait qu'inévitablement ce sont bien leurs maîtres actuels qui sont les meilleurs et les plus instruits et qu'il faut donc leur obéir dans une logique imparable mais tellement fausse.

 L'utilisation des personnages historiques est d'ailleurs symptomatique de la pratique des dirigeants du système de pouvoir : lorsque les populations restent dans l'ignorance, il est très facile de créer des personnages qui seront les héros pour défendre le système de pouvoir et de créer d'autres personnages qui vont incarner le mauvais exemple, le traître, le dissident qui a bien mérité son exclusion et son châtiment. A partir de l’ignorance, il est facile de jouer sur les peurs pour terroriser les populations et leur faire admettre que le salut provient de l’observation fidèle et quotidienne des règles édictées par le pouvoir. Lorsque les populations sont plus instruites et ont accès à davantage de sources de savoir, la croyance dans les héros s’estompe et les faits historiques prennent davantage d'importance car chacun peut les analyser en fonction de ses intérêts. Le plus souvent ces faits historiques montrent que les personnages ont été manipulés ou n'ont été que des rouages d'une volonté dirigeante plus élevée au service d'intérêts mieux cachés et pourtant essentiels, voire qu’ils ont été inventé de toute pièce à des fins de manipulation. Depuis la crise financière de 2008, l'histoire des principales familles de banquiers qui ont pris le pouvoir sur les monarchies et l'ont conservé jusqu'à aujourd'hui, est largement diffusée sur le Web. Les livres qui ont été édités d'une manière discrète et n’ont pas obtenu une audience importante lors de leur publication, sont scannés, recopiés, analysés et mis en ligne sur des sites Web ou des blogs. Ainsi s'estompe la frontière entre ce qui est déclaré tabou par les dirigeants du pouvoir et ce qui est connu par les lecteurs avertis. L’enseignant peut dispenser son savoir académique, l’élève ou l’étudiant curieux et avisé est en mesure de connaître la connaissance interdite par le système éducatif et de formation..

 Cette nouvelle lecture de notre histoire affranchie des interdits posés par les dirigeants des systèmes de pouvoir, montre que la préservation et la conservation des connaissances interdites a toujours eu lieu à travers les siècles grâce à des gardiens érudits et fidèles et que ses connaissances secrètes ont permis à des dissidents, des minorités actives, la contestation de nos systèmes de pouvoir et la mise en place de nouvelles expériences d'organisation en réseau. Parmi ces défenseurs des connaissances interdites, nous rangeons volontiers notre professeur de droit constitutionnel à Strasbourg. Non seulement il s’agit, vu de Strasbourg, de prendre le meilleur de Paris et de Berlin mais une fois habitué à ce genre d’analyse comparative, le juriste doit s’évertuer à toujours connaître ce qui est légal et surtout ce qui est interdit car ce qui est interdit aujourd’hui a peut-être été permis hier et sera à nouveau une solution pour demain. C’est particulièrement vrai dans le domaine du droit constitutionnel et de l’organisation des régimes politiques. Sauf que ce professeur de droit ne nous a jamais parlé des systèmes de pouvoir civil, économique, théocratique, militaire ni des organisations en réseaux. Le lecteur de fileane.com sait que cette analyse comparative des deux grandes manières d’organiser un groupe social nous est venue en cherchant la relation historique d’abord puis intellectuelle et finalement spirituelle entre le Mont Sainte Odile et la cathédrale de Strasbourg, du haut de notre rocher d’observation au sommet de la montagne promontoire qui domine la plaine d’Alsace au dessus du village de la vallée. C’est à partir du Mont Sainte Odile que nous avons trouvé le point de départ de ce savoir, le temple de Dendérah sur les bords du Nil. A travers les livres, la méditation poétique, l’écriture, il fut alors aisé de nous affranchir des interdits et des limites de l’espace-temps.

 La lecture et la rédaction de l’histoire selon les interdits posés par le système de pouvoir se poursuit toujours avec une rigueur et une constance certaines. Les dirigeants du système de pouvoir suppriment assidûment tout ce qui est gênant pour leurs intérêts. Exemple en 2013, le film « Lincoln » de Steven Spielberg.

 Document :

" Pour Abraham Lincoln, « le travail précède le capital. Le capital est seulement le fruit du travail et il n’aurait jamais pu exister si le monde du travail n’avait tout d’abord existé. Le travail est supérieur au capital et mérite donc une plus grande considération (…). Dans la situation actuelle, c’est le capital qui détient tout le pouvoir et il faut renverser ce déséquilibre ».

Il va sans dire qu’aucun de ces éléments n’est relaté dans le film Lincoln, et qu’ils restent peu connus aux États-Unis. Mais, comme l’indiquent John Nichols et Robin Blackburn (autres auteurs ayant beaucoup écrit au sujet de Lincoln et de Marx), pour saisir le personnage de Lincoln, il est indispensable de comprendre l’époque et le contexte dans lesquels il a vécu.

Lincoln n’était pas marxiste, terme utilisé à l’excès dans l’historiographie et dénoncé par Marx lui-même. Il souhaitait non pas éradiquer le capitalisme, mais corriger l’immense déséquilibre entre capital et travail inhérent à ce système. Reste qu’il fut sans aucun doute fortement influencé par Marx et par d’autres penseurs socialistes avec lesquels il partagea des désirs immédiats, affichant une sympathie pour leurs opinions et adoptant une position très radicale dans son engagement démocratique. En ignorant ces faits, le film Lincoln déforme ainsi l’histoire.

Le communalisme qui caractérisait ces socialistes influença la conception de la démocratie de Lincoln. Il la considérait comme la conduite des institutions politiques par le peuple, un peuple dont les classes populaires constituaient la majorité.

Sa célèbre formule « La démocratie est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple » – devenue une magnifique maxime démocratique connue dans le monde entier – pointe sans équivoque l’impossibilité de faire triompher une démocratie du peuple – et pour le peuple – si elle n’est pas mise en oeuvre par le peuple lui-même.

C’est pourquoi Lincoln voyait dans l’émancipation des esclaves et des travailleurs des éléments indispensables à cette démocratisation. Sa vision de l’égalité était nécessairement en contradiction avec la domination des institutions politiques par le capital.

Terrible ironie de l’histoire : le Parti républicain est devenu l’instrument politique le plus agressif au service du capital."

http://www.medelu.org/Ce-que-le-film-Lincoln-ne-dit-pas

fin du document.

Cette mise au silence du rôle démocrate et social d'Abraham Lincoln s'accompagne également de la mise au silence de sa décision de créer directement de la monnaie au niveau de l'État sans passer par une banque centrale privée et les banques d'affaires, principalement la banque Rothschild.

 

Nous recopions ici le passage de notre page Web intitulée : chers ennemis, la conduite des guerres par les familles de banquiers.

En 1861, les États-Unis étaient de nouveau endettés de 100 millions de dollars. Le nouveau président Abraham Lincoln se joua lui aussi des banquiers européens en faisant imprimer les fameux “Lincoln Greenbacks” pour payer les factures de l’armée du Nord. Le président LINCOLN qui avait percé le jeu refusa, en 1862 et 1863, de leur payer les intérêts qui s'élevaient à des sommes colossales. Il chargea, peu après, peu après, le Congrès de faire imprimer les dollars "Green Back" pour payer les troupes de l'Union.

Le journal des Rothschild “Times of London” écrivit: “ Si cette politique malicieuse qui a son origine dans la république d’ Amérique du nord, devait devenir à la longue une réalité fixe, alors ce gouvernement pourra fournir sa propre monnaie sans coût. Il paiera ses dettes et sera sans dette. Il aura tout l’argent nécessaire pour subvenir à son commerce. Il deviendra prospère au-delà de tout ce qui a été vu jusqu’ici dans l’histoire des gouvernements civilisés du monde. Le savoir-faire et la richesse de tous les pays ira en Amérique du Nord. Ce gouvernement doit être détruit ou il va détruire toutes les monarchies de la planète.”

Bien entendu, cela ne s'accordait pas au plan des Rothschild : la conséquence fut qu'un de leurs agents, JOHN WILKES BOOTH, tua sur leur ordre Lincoln le 14 avril 1865. Celui-là fut, plus tard, libéré de prison par les "Chevaliers du cercle d'or" et passa le restant de sa vie très agréablement en Angleterre avec une somme rondelette offerte par les ROTHSCHILD.

source : http://secretebase.free.fr/complots/organisations/sectedollar/sectedollar.htm

Les interdits et tabous dans l’enseignement académique de l’histoire sont les plus faciles à dénoncer, ils existent dans toutes les disciplines : ceux posés par l’église catholique romaine dans le domaine de la physique du globe, de la cosmologie, de l’astrophysique ou de la biologie sont également connus sans oublier les mésaventures de l’ethnologie parmi les sciences, nous allons y venir. Parmi les tabous les plus récents mis en place par les maîtres du monde, il y a les moyens de contrôle et d’espionnage de la vie privée des citoyens ainsi que les méthode de repérage des menaces de violence ou provenant de dissidents. Les dirigeants du système de pouvoir développent ces moyens de contrôle mais le système d’éducation et de formation ne doit pas en parler.

 

Dans notre deuxième partie, les systèmes de pouvoir, nous avons largement évoqué les éléments de savoir utiliser par les dirigeants de nos systèmes de pouvoir, principalement au niveau de la doctrine libérale et du système capitaliste. Nous avons montré que pour renforcer la légitimation d'une minorité dirigeante au-delà de la simple propriété des moyens de production, de nombreux dirigeants américains et allemands ont financé des thèses racistes sur la supériorité de la race blanche ou de la race aryenne. Ils ont financé des travaux médicaux et scientifiques qui ont été au-delà de la simple préoccupation raciale pour d'une part explorer les capacités de résistance humaine à des fins militaires, notamment au cours de la seconde guerre mondiale en utilisant les déportés des camps de concentration nazie et pour d'autre part, développer les possibilités de sélection parmi des êtres humains en prenant en considération leur caractère de manière à pouvoir écarter les caractères dangereux et violents et ce, dès le plus jeune enfance, afin de protéger la société. La violence sociale, surtout celle qui s'exerce à travers des foules, représente un danger considérable pour les dirigeants du système de pouvoir. Les criminels, les voleurs et les délinquants constituent des charges sociales qui sont autant de manque de bénéfice pour les dirigeants du système. Sans compter que ces foyers de violence sont de nature à faire réfléchir les populations et leur permettent de critiquer le manque d'ordre et de justice de la part des dirigeants du système de pouvoir. Bref, au nom d’un meilleur contrôle des délinquants et dans le but de limiter les violences et d’augmenter la paix sociale, nos dirigeants actuels du système de pouvoir cherchent à étendre leurs moyens de sélection des indésirables et des futurs dissidents.

 Nous avons vu à travers le fonctionnement des systèmes de pouvoir, que les dirigeants aux 19ème et début du 20ème siècle ont largement utilisé les découvertes médicales et en sciences humaines pour afficher des thèses racistes et prôner l’eugénisme afin d’éliminer les délinquants et les sous-hommes. Ces thèses insoutenables servaient à légitimer l’exploitation colonialiste puis l’élimination des dissidents, en principe des ouvriers ou des gens sortant de la misère et qui avaient très bien compris que sans leur révolte, jamais ce système capitaliste ne leur viendrait en aide. Ces thèses n’ont pas disparu et prennent une forme nouvelle : dès l’école maternelle, une fois que le caractère est formé vers l’âge de deux à trois ans, il devient en effet possible de prédire quels seront les futurs inadaptés sociaux qui iront prendre le chemin de la délinquance, de la dissidence et qui donc vont obliger la société à se protéger contre eux. Cette sélection des futurs délinquants dès la plus tendre enfance est justifiée par ses militants pour des raisons de réduction des dépenses sociales. Le système éducatif et de formation français a été sollicité pour mettre en place ce dépistage des futurs dissidents et violents pour des raisons de prévention et d'économies de dépenses sociales.

 Cette volonté de maîtriser les sources de violence et les menaces contre le système, s'étend également maintenant au Web et au contrôle de l'Internet. La société américaine Raytheon s’illustre dans ce domaine sensible pour nos libertés mais écrasé par l’enjeu des guerres électroniques entre grandes puissances économiques et militaires. Comme cela touche au secret défense, évidemment le système éducatif et de formation ne va pas relayer ses connaissances.

 Document :

Le "Google pour espions" qui scanne vos activités sur les réseaux sociaux

Le logiciel RIOT (Rapid Information Overlay Technology) démontre, une fois de plus, les implications pour la sphère privée d’un Web où tout un chacun publie de plus en plus d’informations personnelles.

Ce programme, développé par la société américaine de défense Raytheon, permet de fouiller dans l’activité d'un internaute sur les principaux réseaux sociaux afin d’en savoir le plus possible sur ses us et coutumes.

La capacité prédictive de RIOT pourrait fortement intéresser des régimes autoritaires avides d’en savoir le plus possible sur les allées et venues d’opposants potentiels. “La technologie sophistiquée utilisée par RIOT montre comment ces mêmes réseaux sociaux, qui ont joué un rôle dans les printemps arabes, peuvent être utilisés à des fins de surveillance et de contrôle”, avance The Guardian.

Contacté par le quotidien britannique, Raytheon s’est défendu d’être en relation avec d’éventuels États peu démocratiques pour RIOT. En fait, ce logiciel n’a encore été vendu à aucun client, souligne la société américaine. “C’est un système d’analyse des données sur lequel nous continuons de travailler afin d’aider notre pays [les États-Unis, NDLR] a s’adapter à l’évolution rapide des besoins en sécurité”, affirme au Guardian un porte-parole de Raytheon.

 http://www.france24.com/fr/20130212-riot-google-espions-scanne-moteur-recherche-reseaux-sociaux-facebook-twitter-foursquare-cybersurveillance

fin du document

 Même si la plupart des citoyens s’en rendent compte et le savent, ce n’est pas demain que le savoir académique va enseigner le nouvel art de s’affranchir de ces contraintes électroniques qui livrent notre vie privée aux dirigeants de nos systèmes de pouvoir. Ce savoir académique va encore moins enseigner pourquoi nos dirigeants ont de plus en plus besoin de ces outils pour contrôler les populations et expliquer que la raison principale provient du capitalisme lui-même qui, à force de supprimer les emplois non rentables, crée le chômage structurel et en délocalisant les outils de production, crée de vastes zones de sous-emploi dans lesquelles les citoyens désœuvrés peuvent aisément se mettre à développer leurs propres emplois, tout simplement pour survivre sans le système de pouvoir capitaliste. Nous en sommes là et cette menace bien réelle, les dirigeants du système veulent l’écarter en apprenant à la jeunesse et aux citoyens adultes qu’il n’est pas possible d’échapper au système de pouvoir parce qu’ils font partie d’une structure, d’un processus de gestion du système qui détermine leur appartenance inéluctable à ces systèmes de pouvoir et parce qu’il n’y a pas d’autres alternatives, surtout pas l’alternative des organisations en réseaux de vie.

 

Le développement d'une idéologie capable de masquer la manipulation des peuples par les dirigeants du système et d’affirmer la supériorité de la structure des systèmes de pouvoir.

 

Nous sommes ici au niveau de la préoccupation quotidienne des dirigeants du système de pouvoir : arriver à masquer la nature véritable de leur système de pouvoir derrière des mythes, des utopies, des théories, des dogmes, des modèles dont le but est de minimiser et si possible d’écarter le rôle des volontés individuelles, des minorités agissantes, le rôle primordial du travail par rapport au capital pour légitimer leur usurpation du pouvoir à travers la fable qui raconte que toutes les sociétés ont une structure intrinsèque que seule une élite dirigeante peut conduire.

 

Il y a ici deux contradictions fondamentales à résoudre pour les dirigeants du système de pouvoir.

 Le constat est pour le moment accablant : les dirigeants du système parviennent à leur but et leur système d’éducation et de formation arrive à tenir ses objectifs de soumission, d’ignorance, de sélection pour éviter la révolte des populations qu’ils dominent. Les statistiques qui démontrent que le système éducatif français devient moins performant, que le niveau baisse, est de ce point de vue rassurant pour les dirigeants du système surtout vu depuis les pays qui hébergent les nouveaux maîtres du monde car l’esprit révolutionnaire français reste pour eux menaçant et les conquêtes sociales du passé sont autant de modèles de progrès qui n’ont pas encore été éliminés… sans compter qu’il aura régulièrement en France l’un ou l’autre poète pour défendre le savoir interdit par l’église et les dirigeants de nos systèmes de pouvoir, savoir sauvé depuis Dendérah et amené à Cluny lorsque le refuge du Mont Cassin se trouva menacé par la papauté de Rome.

 Cette idéologie a évolué en deux étapes pour tenter de surmonter ces deux contradictions inhérentes au fonctionnement de nos systèmes de pouvoir. La première étape correspond à la domination du management autocratique et paternaliste : la soumission à des méthodes de travail suffisait pour que le système industriel capitaliste fonctionne. La deuxième étape concerne ces dernières années durant lesquelles les citoyens ont compris non seulement comment fonctionne le capitalisme et ses crises aujourd’hui financières puis économiques et sociales, mais aussi comment nos démocraties sont incapables de corriger les excès du capitalisme et sont les valets des maîtres du monde en quête de toujours plus de puissance et de mépris pour les populations qu’ils exploitent avant de les jeter dans la misère et la pauvreté. La soumission doit se travailler alors avec des méthodes plus fines et subtiles, davantage abstraites et centrée sur la structure et les processus qui organisent logiquement et d’une manière compétitive un ensemble de tâches élémentaires.

 

La première étape : la soumission librement consentie repose sur des méthodes d’organisation du travail qui légitiment la fonction et le rôle des dirigeants du système de pouvoir.

 

C’est l’analyse fonctionnelle du fonctionnement de la société pour enseigner aux citoyens que leur travail ne peut que participer à l’exercice de rôles pour assurer des fonctions nécessaires à la satisfaction de nos besoins. Une volonté individuelle ne peut être que marginale et sans intérêt pour le fonctionnement du système et la réalisation des fonctions politiques, économiques et sociales.

 

Au départ les dirigeants du système de pouvoir sont obligés de rendre passifs les populations pour les soumettre à l'obéissance des règles imposées par le système. Ils utilisent l'attitude autocrate et l'attitude manipulatrice ainsi que le modèle militaire qui sert d’exemple de base pour faire fonctionner un système de pouvoir. Sauf que pour faire fonctionner un système économique et développer sa performance seule capable de multiplier les richesses au profit de quelques-uns, avant même de voler le travail des autres, il faut justement que ces peuples travaillent et du mieux possible. Il faut donc développer une véritable idéologie de l'action sans que celle-ci ne vienne contredire l'idéologie de la domination et de la soumission. Bref, il faut que les citoyens soient actifs tout en restant soumis dans le système. Lorsque les guerres servaient de principales occasions pour piller et s’enrichir ou pour placer des crédits chez les rois et les princes afin de les soumettre au pouvoir des financiers, il suffisait que les hommes partent au front et que la peur d’être fusillé pour désertion fasse son effet psychologique. L'idéologie dominante en est arrivée dorénavant à ce stade : il faut développer la soumission librement consentie car alors les gens sont moins passifs et sont susceptibles de travailler avec plus de motivation dans les entreprises du système économique pour le plus grand profit de la minorité dirigeante. Cette soumission librement consentie est devenue le must, le Graal, le moyen d’influence sociale le plus efficient pour la compétitivité du système capitaliste et libéral et les plus grands profits de l’oligarchie financière anglo-saxonne. Les formations à cette technique de manipulation se multiplient dans les locaux du patronat et le MEDEF s’y consacre avec un enthousiasme de jeune débutant, comme s’il avait oublié ses manigances et ses outrances d’hier. A l’ Université les thèses se multiplient elles aussi sur ce sujet puisque justement les dirigeants des systèmes de pouvoir en raffolent.

 Nous avons déjà abordé cette question sans toutefois prolonger nos propos dans cette direction. Il est maintenant temps d'approfondir cette vaste entreprise de manipulation des savoirs au profit des dirigeants du système et voir comment les acteurs du système d’éducation et de formation, principalement les acteurs de l’enseignement supérieur travaillent pour consolider les connaissances capables de légitimer cette manipulation et cette idéologie de la soumission au système de pouvoir.

 Parmi les différents points de départ possible pour notre analyse, nous allons reprendre nos propos sur Malinoskwi et son étude des peuples des îles Trobriand en Océanie. L'ethnologue qui mit en évidence l'intérêt des sociétés matriarcales pour les questions de production et de répartition des richesses ainsi que pour la question de la gestion des violences, est aussi le fondateur du fonctionnalisme.

 Document : le fonctionnalisme

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fonctionnalisme_%28sociologie%29

 

Théorie anthropologique formulée par Bronislaw Malinowski, le fonctionnalisme a constitué l'une des plus importantes théories sociologiques du XXe siècle. Elle consiste en une lecture de la société comprise à partir des fonctions qui assurent sa stabilité. Après un âge d'or marqué par les œuvres de Robert K. Merton et Talcott Parsons, le fonctionnalisme a largement perdu de son aura dans la communauté sociologique. Il constitue cependant une source majeure d'inspiration pour d'importants sociologues contemporains,

 Le fonctionnalisme est une théorie utilisée pour la première fois par Bronislaw Malinowski dans l'ouvrage Les Argonautes du Pacifique occidental, produit d'un long travail d'observation participante qu'il réalisa dans les îles Trobriand.

Elle constitue une alternative aux théories anthropologiques alors dominantes, l'évolutionnisme et le diffusionnisme. L'évolutionnisme analyse les pratiques des différentes sociétés comme les résultats de leur évolution. Postulant l'unicité du genre humain, les évolutionnismes rendent compte des différences entre les sociétés par leur degré de développement. Au contraire, le diffusionnisme considère que les sociétés sont fondamentalement diverses. Les pratiques qui y sont observées sont le résultat d'emprunts culturels aux sociétés voisines. Les diffusionnistes expliquent le fonctionnement des sociétés à partir de l'histoire des transmissions de connaissance entre différents groupes.

Malinowski rompt avec ces deux théories en affirmant qu'une société ne doit pas être analysée à partir de son histoire mais de son fonctionnement. Observant les rites magiques qui entourent la construction des pirogues, il refuse de les saisir comme des faits exotiques et irrationnels. Il fait observer que ces rites permettent aux trobriandais de combattre le stress qu'occasionnent les départs en mer. Les pratiques qui semblent les plus anodines ont donc une fonction. Et cette fonction correspond à un besoin humain : « Pour le fonctionnaliste, la culture, c'est-à-dire le corps complet d'instruments, les privilèges de ses groupes sociaux, les idées, les croyances et les coutumes humaines, constituent un vaste appareil mettant l'homme dans une meilleure position pour affronter les problèmes concrets particuliers qui se dressent devant lui dans son adaptation à son environnement pour donner cours à la satisfaction de ses besoins1 ». « Ayant trouvé chez Émile Durkheim une même mise en rapport des notions de fonction et de besoin, Malinowski en fit le père du fonctionnalisme ».

Le fonctionnalisme de Malinowski suppose donc que toute pratique ait pour fonction de répondre aux besoins des individus. Mais en même temps, c'est toujours la totalité de la société, et non ses éléments séparés, qui répond aux besoins individuels : « La culture est un tout indivis dont les divers éléments sont interdépendants2 ».

L'anthropologue britannique Alfred Radcliffe Brown proposera une analyse alternative en rapportant les différentes fonctions de la culture non aux besoins des individus mais à ceux de la société prise comme un ensemble : « La fonction d'un usage social particulier, c'est la contribution qu'il apporte à la vie sociale considérée comme l'ensemble du fonctionnement du système social3. »

Fin du document.

 

Malinowski a réussi à faire changer d'opinion Freud sur la question du patriarcat, notamment à partir de 1936 quand il a rencontré Freud à Londres avant de partir lui-même pour les États-Unis. Notre critique principale vis-à-vis de Malinowski porte sur une absence ou sur l’incapacité de cet ethnologue à comprendre ce qui se passait réellement chez les indigènes des îles Trobriand. Malinowski comprend que tout ce que font les indigènes correspond bien à une fonction sociale qui doit satisfaire les besoins individuels.

 Cela reste largement superficiel et incomplet. L'ethnologue trouve que l'appel aux sorciers et aux chamans, à la magie est quasi permanent et que cela empêche cette population de développer un savoir rationnel scientifique et de mettre en place un progrès économique susceptible de les rapprocher rapidement de l'Occident. Malinowski n'a pas réussi à apercevoir derrière cette pratique irrationnelle, l'utilisation de la première source de savoir, la source initiatique et spirituelle ainsi que la traduction de ces enseignements à travers les rites religieux ou chamanistes puisque ceux-ci reposent principalement sur les forces de la nature et le besoin de faire intercéder des dieux ou des défunts pour mieux apprivoiser cette nature dont ces peuples tirent leur nourriture et la satisfaction de leurs besoins individuels et sociaux. Un rite qui reste magique pour un ethnologue, peut également très bien se lire pour un poète ou un initié comme l'utilisation de la source spirituelle mystique, en clair l'utilisation de la prière et des rites de prières. Pour un initié qui a plusieurs expériences de prières réussies derrière lui, il est en effet tout à fait intéressant de demander une intercession d'un défunt ou d'une présence divine rencontrée au-delà du puits de lumière lors d'une décorporation. Malinowski n’a pas été plus loin dans ses observations pour remarquer que l’utilisation de la première source de savoir, la source initiatique et spirituelle favorise la cohésion du groupe, la minimisation des violences et qu’elle permet des interrelations puissantes et créatrices de confiance et de synergies.

 Cette remarque est particulièrement fondée au niveau de la sexualité : se limiter à ne voir que des fonctions sociales, principalement dans la minimisation des violences lors des rites orgiaques, signifie ne pas voir l’une des quatre voies qui mènent à la spiritualité : l’extase amoureuse. Certes les rites observés servent la fonction de reproduction sociale de la tribu en évitant les problèmes de consanguinité, en apportant une paix sociale. Il y a bien une volonté humaine qui s’exprime et se codifie dans la culture des tribus. La liberté sexuelle ne sert-elle qu’à éviter les querelles d’adultères, de jalousie et de violences sexuelles ? Reconnaître le droit fondamental à vivre libre ses amours pour optimiser ses moments d’extase amoureuse aurait entraîné certes Malinowski loin en dehors du système d’éducation dans lequel il a été formé. Malinowski décrit avec précision le rite des jeux de guerre : le camp des vainqueurs dispose à sa guise des vaincus, le plus souvent sur le plan sexuel. Le tabou de l'inceste ne porte alors que sur les relations frères et soeurs. Malinowski observe qu'une mère peut ainsi s'arranger pour s'occuper de son fils vaincu et vérifier elle-même ou par l'entremise d'une de ses amies que son fils est prêt pour le mariage et capable d'honorer dignement une femme car dans le cas inverse, la honte revient à la mère qui n'a pas su éduquer convenablement son fils. Malinowski passe pudiquement sur ce cas troublant sans se poser la question de savoir s'il s'agit uniquement d'une question de puissance sexuelle masculine et d'une maîtrise de techniques de copulation ou bien s'il s'agit d'aller plus loin vers la capacité à partager l'extase amoureuse en utilisant toutes les ressources du langage des corps pour obtenir une fusion des corps préalable à la fusion des âmes. La seule question qui reste possible est bien de savoir si Malinowski avait fait lui-même une démarche initiatique et un cheminement spirituel qui lui permettait de connaître l'extase amoureuse avec la fusion des corps et des âmes ? Apparemment non !

Dans une tribu sur une île, comme dans un village de l’ Himalaya, les membres vont vivre leur existence humaine ensemble et c’est ensemble qu’ils peuvent survivre. Vivre ainsi sous le joug d’un système de pouvoir autocratique devient rapidement insupportable, logiquement le fonctionnement du groupe, la fonction de propriété commune s’imposent mais que reste-t-il à un individu, homme, femme, enfant, comme part d’espace personnel si les biens matériels sont possédés en commun ? Comment afficher chaque jour un sourire, une joie de vivre à ses semblables qui partagent irrémédiablement chaque seconde votre communauté ? Comment échapper au groupe pour se développer, poursuivre son évolution humaine ? En vivant ses amours libres et en constituant des couples d’amoureux qui savent trouver et retrouver l’extase amoureuse chez leur compagnon de vie et certains autres compagnons d’aventures humaines, en vivant dans son réseau d’amants indéfectibles quelque soient les circonstances et les contextes de vie. Ces amours libres ne sont pas exposées en public chez les Moso et les Iroquois mais se vivent dans la discrétion d’un coin de nature ou de la chambre autour du petit feu. Par contre, chez les indigènes des îles Trobriand, les amours se vivent en public au milieu de la place du village et sinon, il y a les jeux de cache-cache dans la nature pour des rencontres plus intimes et personnelles. A ce stade, il est difficile de trouver mieux comme organisation des amours libres !  Nous sommes alors en plein dans le fonctionnement des réseaux de vie. Malinowski ne s’est pas aventuré vers les organisations en réseaux. C’est un scientifique qui a tenté de bousculer les limites de son champ cognitif scientifique ainsi que du savoir académique reconnu par son temps et les indigènes des îles Trobriand ont certainement raillé sa manière toute missionnaire de faire l’amour à une femme, manière de faire l’amour qu’ils jugeaient particulièrement offensante vis à vis des femmes et de leurs rôles essentiels dans l’obtention et le partage de l’extase amoureuse et la gestion des amours libres.

 Malinowski a innové en anthropologie sur beaucoup de points, notamment pour ce qui est de la méthodologie, prolongeant l'analyse par des séjours prolongés sur le terrain. L’anthropologie est bien une discipline scientifique dérangeante tant elle est transversale et touche à tout et de ce fait tant elle est incapable de déterminer son propre savoir. Malinowski pouvait bien déclarer que l’anthropologie est la science au dessus des autres sciences, son entreprise a vite été récupérée et détournée tant l’exemple heureux de ces sauvages qui savent si bien faire l’amour au point de trouver ridicule la position du missionnaire qui représente une réelle offense faite à la femme, tant l’exemple de cette propriété commune source de justice sociale, économique , politique est un affront à l’idéologie capitaliste.

 Dans le fonctionnement du système, l’individu ne doit pas avoir trop de place, surtout s’il est ignorant , pauvre, miséreux, fainéant, alcoolique, violent, bref, insignifiant par rapport à ceux qui sont tout son contraire et ont été choisis pour diriger les peuples. Pour légitimer le pouvoir conquis par une minorité, rien de mieux qu’une idéologie qui place en priorité le rôle d’une structure, d’une main invisible, bref d’une totalité qui s’impose aux individus membres de cette totalité et qui rejette loin derrière l’importance de l’analyse historique des personnes et des faits produits par ces personnes. Mais les indigènes des îles Trobriand sont heureux et ils n’ont pas besoin, absolument pas besoin de la civilisation occidentale et du capitalisme pour rester heureux, bien au contraire. Pour écarter Malinowski et ses indigènes des îles Trobriand bienheureux, c’est extrêmement facile.

 document : 

« L'anthropologue britannique Alfred Radcliffe Brown proposera une analyse alternative en rapportant les différentes fonctions de la culture non aux besoins des individus mais à ceux de la société prise comme un ensemble : « La fonction d'un usage social particulier, c'est la contribution qu'il apporte à la vie sociale considérée comme l'ensemble du fonctionnement du système social. ». 

fin du document

La manière la plus simple est d’abandonner l’individu pour donner la place centrale à la société. Les individus peuvent vivre en réseaux comme dans les îles Trobriand ou dans le Yunnan chez les Moso, mais ces tribus isolées ne forment pas une société dans son ensemble, société qui ne peut être organisée que sur des structures solides capables de soutenir un système de pouvoir lui même capable de soumettre des peuples entiers. Pour une minorité dirigeante d’un système, la dimension de quelques tribus ne compte pas, c’est facile à organiser quelques tribus, quelques familles voire quelques réseaux de vie mais ce modèle ne peut pas s’appliquer à des peuples nombreux. Pourquoi ? Excepté un raisonnement par l’absurde pour répondre à ce pourquoi, vous trouverez difficilement mieux. Pourquoi ? Allez savoir pourquoi ?

 Document :

« Pour ce qui est des concepts, le fonctionnalisme reste varié. Ainsi, pour Malinowski, tout repose sur la notion de besoin, et en particulier de besoins physiologiques : sexualité, nourriture, etc.… Et ce seraient ces besoins qui détermineraient des impératifs donnant naissance à des institutions et à des pratiques sociales, les institutions créant des fonctions que l'on peut isoler. Et, toujours selon Malinowski, ces fonctions seraient à peu de choses près les mêmes dans toutes les sociétés, d'où il en déduit que toutes les sociétés humaines seraient réductibles à un certain nombre de modèles précis liés à ces fonctions. »

 Pour certains, l'ambition réductrice du fonctionnalisme - finalement assez proche sur certains points de la déconstruction de Derrida - ne rend pas réellement compte de la diversité des cultures car si il existe des besoins généraux à l'espèce humaine ceci ne suffit pas à expliquer toutes les structures sociales. La notion de besoin serait ainsi trop restreinte.

Pour les marxistes, il y a dans le fonctionnalisme une méconnaissance totale du rôle de l'histoire, de la lutte des classes et de l'évolutionnisme, évolutionnisme dont le marxisme est l'une des formes les plus élaborées. Le fonctionnalisme est pour les marxistes une théorie erronée par nature.

D'autres auteurs, plus modérés, font eux aussi une critique de cette vision diachronique du fonctionnalisme. Le simple usage du mot diachronique dans le vocabulaire de l'anthropologie démontre les liens géniteurs de la linguistique dans le structuralisme, puisque est diachronique ce qui est relatif à l'évolution des faits linguistiques dans le temps. Ici, diachronique doit s'entendre au sens d'évolution des faits (sociaux, économiques, …) dans le temps. Mais, il faut se souvenir que l'on pensait à l'époque de Malinowski qu'il serait impossible de rétablir l'histoire des sociétés primitives, ce qui avait fait vite conclure à certains que ces sociétés n'avaient pas d'histoire. Malinowski a visiblement était influencé par cette idée.

http://serge-bs.over-blog.com/article-malinowski-bronislaw--41538087.html

 document :

 

Le paradigme fonctionnaliste décrit la société comme un organisme dont le processus est en évolution, les parties constituent un tout et ces parties remplissent des fonctions pour faire fonctionner ce tout. Les pères de la pensée fonctionnaliste en sociologie sont Comte, Spencer et Durkheim. Le premier conçoit la société comme un tout, gardé en toute harmonie par la contribution équilibrée des parties constitutives qui oeuvrent pour remplir les fonctions spécifiques du tout. Spencer vient compléter la pensée de Comte et montre que le développement de la société n’est pas la conséquence des idées mais du comportement des individus. Enfin, Durkheim conjuguent les propos de Comte et de Spencer. Il part en effet d’une vision holistique de la société, puis explique que la division et la spécialisation du travail sont des données inhérentes à l’évolution sociale. Il complète l’analyse fonctionnelle par une analyse causale. Le paradigme fonctionnaliste souligne les fonctions des parties comme éléments nécessaires à la bonne marche du système. L’explication sociologique est une analyse téléologique : les phénomènes sociaux sont expliqués par leurs effets et leurs conséquences.

 http://www.strategie-aims.com/events/conferences/10-xiiieme-conference-de-l-aims/communications/465-le-travail-du-dirigeant-vers-une-analyse-en-termes-de-role/download

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Pour aborder le point de vue de l’historien, nous reprenons ici l’affirmation de Marc Bloch : sans le passé, il est difficile d’éclairer le présent mais avec le présent, il est aussi possible d’éclairer le passé. Malinowski ne connaissait pas les Moso que n’avait pas trouvés en 1923 Alexandra David Neel avant de prendre le chemin de Lhassa, il ne connaissait pas les indiens d’ Amazonie, les nations iroquoises et tant d’autres peuples premiers. Aujourd’hui nous en savons davantage.

 Comme nous l’avons fait sur fileane.com, l’analyse du fonctionnement de l’organisation en réseau chez les Moso et sur les îles Trobriand, chez les nations iroquoises, montre des points identiques et importants, particulièrement le rôle central de la propriété commune, le rôle des biens communs, ainsi que le statut des femmes pour gérer la dimension sexuelle de l’être humain. Le processus de prise de décision est également similaire. Les réseaux utilisent les mêmes outils et accordent tous la place centrale à l’être humain dans sa totalité, c’est à dire un être humain qui utilise ses deux sources de savoir, la source intellectuelle et la source initiatique et spirituelle.

 Les systèmes de pouvoirs présentent effectivement diverses formes de domination en fonction des contextes et de niveau de domination, il y a donc différentes cultures en fonction des idéologies utilisées pour soumettre les peuples : idéologies politiques, théocraties, dictature militaire, idéologies économiques. Chaque minorité dirigeante agit à sa manière, de façon pragmatique et cynique et les formes de domination, les idéologies utilisées sont nombreuses et variées au fil des époques même si chacune d’elle a une tendance innée pour se proclamer la seule et unique véritable, la meilleure et sans comparaison possible et surtout l’unique et indispensable comme c’est le discours actuellement avec l’idéologie capitaliste qui affirme crânement et scandaleusement qu’il n’y a pas d’alternative possible au capitalisme. La réponse tient clairement dans la victoire du capitalisme qui a su conquérir, anéantir, transformé des milliers de cultures locales pour les normaliser, les standardiser dans le modèle de la société industrielle puis dans la société de consommation mondiale. Que peuvent valoir quelques tribus dissidentes aux cultures folkloriques par rapport aux milliards d’être humains conditionnés et soumis au système de pouvoir capitaliste et libéral ? Les Moso, les indigènes des îles Trobriand, combien de divisions, comme le demandait l’autre plus fameux dictateur et génocidaire du 20ème siècle ? Un raisonnement par l’absurde et complètement stupide !

 Cette affirmation tonitruante que le capitalisme est la seule solution repose au départ sur la conception holistique de la société chez Durkheim : la division du travail et la spécialisation du travail sont des données inhérentes au développement social. Nous retrouvons ici nos propos sur la thèse de Ricardo sur la spécialisation du commerce international comme base du développement économique. Ces idées sont contemporaines, elles sont de la même époque, fin du dix-neuvième siècle. L’une et l’autre sont fausses : nous avons montré à partir du livre de Reinert « Comment les pays riches sont devenus riches et les pays pauvres restent pauvres » que la richesse provient de l’obtention des synergies, c’est à dire de la complémentarité entre différentes sortes d’activités. Par exemple le développement des villes à partir de l’artisanat et de l’industrie ne peut se poursuivre sans les échanges avec les campagnes agricoles ; les rendements croissants obtenus en ville permettent aux campagnes d’éliminer les rendements décroissants des travaux agricoles et tous deux, villes et campagnes se développent ensemble. La ville se bâtit sur des terres incapables d’être cultivées mais qui offrent une défense naturelle redoutable et les terres cultivables ne sont pas réduites par le développement urbain. Nous avons montré comment cette thèse de la division et de la spécialisation du travail aboutit à légitimer la présence des élites dans nos systèmes de pouvoir pour arriver à faire fonctionner harmonieusement cette horlogerie du travail divisé et spécialisé. Ce fonctionnement harmonieux n’a jamais existé et n’existera pas dans un système de pouvoir car il est contraire aux intérêts de la maximisation des profits de l’élite dirigeante. Diviser pour mieux régner s’applique également dans la fonction de production d’une économie, c’est la recette incontournable d’un système de pouvoir mais ceci en reste là, dans le système, pas ailleurs !

 Pour le marxisme : il est surprenant de voir que les marxistes se réclament de l’évolution alors que Marx et Engels ont refusé d’admettre que la constitution de la grande loi qui lie les nations iroquoises était l’exemple à suivre et que donc, il fallait abandonner les systèmes de pouvoir et mettre à nouveau en place des organisations en réseaux de vie. Les marxistes considèrent que l’état et l’ère industrielle sont le sommet du développement de nos sociétés, que le capital permet de sortir les peuples de la misère à la condition que ce capital soit géré directement par les peuples à travers le parti communiste. Avant de songer aux contradictions intrinsèques du capitalisme, qui sont véridiques et scandaleuses, ils n’ont pas vu que leur idéologie reposait également sur une contradiction fondamentale : vouloir le développement des peuples à travers le parti communiste ou les soviets. Ils ont utilisé le moyen principal d’un système de pouvoir, l’état, l’arme majeure pour développer un système de pouvoir en faisant croire qu’ils poursuivaient le but d’une organisation en réseaux de vie en ce qui concerne la production et la répartition des richesses. C’est ce que nous nommons être une confusion grossière entre la propriété commune et la propriété collective.  Marx est resté prudent, il avait certainement compris que ses propos manquaient de cohérence ou bien il avait compris qu’il lui manquait une connaissance, certainement juridique et historique sur le droit de propriété,  pour consolider définitivement ses écrits. Nous avons dit que cette connaissance, que cette réponse, il l’avait eue pourtant sous ses yeux lorsqu’il étudia brièvement la confédération des nations iroquoises qui servit de base à la Déclaration d’ Indépendance puis à la Constitution des États-Unis d’Amériques. C’est pourquoi nous disons que cette erreur intellectuelle qui a eu des conséquences désastreuses, doit être dénoncée et écartée. Sauf que cette erreur a été utilisée à bon escient par l’oligarchie financière et les familles de banquiers internationaux anglo-saxons pour créer l’opposition, les rivaux du capitalisme qui finiraient le moment voulu par succomber pour le seul triomphe définitif du capitalisme et de l’oligarchie financière anglo-saxonne.

 C’est ainsi qu’une simple erreur intellectuelle servit de fondement à des guerres civiles et militaires, des génocides, non pas à cause des intellectuels qui ne comprirent pas cette erreur tant ils dédaignaient l’expérience politique des nations iroquoises, mais parce que cette erreur fut comprise et exploitée par les maîtres de la finance pour s’emparer du pétrole de Bakou et pour créer les conditions de la seconde guerre mondiale puis de la guerre froide et aujourd’hui des guerres chaudes au Moyen-Orient.

 Pour nous, l’erreur intellectuelle de Marx n’aurait pas eu tant de conséquences désastreuses si les dirigeants de l’oligarchie financière n’avaient pas financé les mouvements communistes et la révolution soviétique pour organiser la main mise sur les richesses russes puis une nouvelle guerre mondiale qui a renforcé leur domination mondiale. Utilisée de la sorte, la doctrine communiste ne pouvait que se développer sous la forme d’un système de pouvoir despotique et criminel dont les crimes sont autant de prétexte à la victoire du capitalisme. Aujourd’hui, ce ne sont plus les mouvements communistes qui servent d’alibi et de prétextes à des guerres neo coloniales, ils ont été remplacés par les mouvements islamistes intégristes et fanatiques : d’autres erreurs d’interprétation à propos d’un mouvement spirituel vite transformé en système de pouvoir théocratique et guerrier, militaire.

 Revenons à l’idéologie libérale et au système de pouvoir capitaliste. Dans l’évolution de nos sociétés occidentales au niveau intellectuel plus élevé, l’idéologie au service de la domination de la minorité au pouvoir doit être plus subtile et encore bien plus intellectualisée. Le système de pouvoir capitaliste même s’il a conduit comme prévu le communisme à la ruine, ne peut pas rester à une analyse historique qui a déjà depuis son origine démontré qu’il n’est qu’une vaste entreprise de vol et de corruption, de génocides et de crimes commis pour arriver à la domination de l’économie et de la finance mondiale. Il doit écarter l’analyse historique qui reste une menace sérieuse contre ses intérêts.

 A la suite de Malinowski, nous savons que l’étude prolongée et complète des peuples premiers ne peut pas simplement se conclure sur la stupidité des indigènes et des barbares par rapport à notre intelligence de gens civilisés. Ces peuples premiers posent un sérieux problème intellectuel car ils démontrent toute la validité dans l’humanité des organisations en réseaux qui savent utiliser les deux sources de savoir, surtout la source initiatique et spirituelle qui n’a pas besoin de savoir lire et écrire pour être suivie et qui donc existe sans système éducatif et de formation aux techniques de production et de distribution des biens matériels et des services. Non seulement il faut écarter ces exemples fâcheux parce qu’ils seraient non représentatif de la société toute entière, mais il faut encore asseoir la supériorité de cette société toute entière sur la vie des gens en particulier. Le fonctionnalisme, nous venons de le voir, n’est pas satisfaisant car il laisse quelques portes ouvertes pour se diriger droit vers les organisations en réseaux à travers la reconnaissance de la volonté des membres du groupe pour mettre en place telle ou telle fonction sociale ou pour utiliser telle ou telle culture pour mieux y parvenir, à défaut d’arriver aux organisations en réseaux, il conduit droit sur un débat quant à la lecture de l’histoire, des faits historiques, des contradictions du capitalisme qui sert les intérêts des 1% les plus riches au détriment des 99% autres et nettement moins riches.

 

La deuxième étape : la soumission librement consentie repose sur l’indispensable adhésion à la structure sociale qui fonctionne à partir des processus de gestion de la création des valeurs, fonctionnement qui ne peut être que compétitif.

 

Il n’y a pas d’autres alternatives et même si vous devenez pauvres, sans emploi, sans avenir, votre cas particulier reste marginal et ne peut pas venir contredire et menacer le fonctionnement du système de pouvoir qui organise la société toute entière.

 

Le structuralisme va être plus clair et net en posant ouvertement la notion de système, de modèle à suivre ainsi que la notion de processus de gestion et de création de valeur pour tenter de démontrer toute la légitimité et le caractère indispensable des systèmes qui fonctionnent bien et créent beaucoup de valeur ajoutée. Les fonctions ne dépendent plus de la volonté individuelle ou collective de satisfaire des besoins, voire des désirs. Les fonctions font partie intrinsèquement d’un ensemble global qui existerait dès qu’il y a la moindre activité humaine qui s’organise. Ces activités font partie d’une structure visible ou cachée qui contient sa logique et sa raison et cette structure est supérieure par rapports aux activités individuelles et s’impose à elles. L’homme, le mesureur des choses selon Nietzsche, n’agirait qu’en fonction des autres, de ce qu’ils pourront penser de nos agissements. Il n’agirait que pour trouver un terrain d’entente, un compromis avec les autres car il a peur d’être rejeté. De la sorte, l’homme se construirait des modèles de comportements et lorsque ces modèles , ces schémas mentaux, ces représentations mentales sont partagés par un groupe social, nous serions en présence d’une structure avec sa culture et ses normes. L’homme, le mesureur des choses selon Nietzsche, ne pourrait agir qu’à travers la mesure des ses attitudes et de ses comportements selon les contextes rencontrés dans sa vie. Donc, l’homme a besoin d’un système logique et ne peut pas vivre sans.

 Document :

 La structure est définie par Lévi-Strauss comme un ensemble de rapports invariants (corrélatifs ou antithétiques) qui expriment l'organisation du système. Selon ses termes, « la notion de structure sociale ne se rapporte pas à la réalité empirique, mais aux modèles construits d'après celle-ci ». Elle n'est donc pas observable directement, mais elle constitue le réel rendu intelligible sous forme logique, le modèle. Le modèle est un système symbolique qui permet d'accéder à la structure. Certains modèles appartiennent à une catégorie strictement logique, comme ceux que Lévi-Strauss utilise dans les Structures élémentaires de la parenté (1949) ; d'autres sont constitués de simples propositions ayant entre elles des rapports d'opposition, de corrélation, ou de génération. Ce sont ceux qu'on va retrouver dans sa série Mythologiques (1964-1971). Il existe des modèles conscients et des modèles construits, supposés inconscients : les premiers sont ceux que met en œuvre le système social de chaque peuple, les seconds sont ceux que (re)construit ou retrouve le chercheur qui étudie le peuple.

 Le structuralisme lévi-straussien repose sur quelques principes simples :

1° le principe d'immanence, qui fait que tout objet d'étude doit être regardé comme un système clos, dans son état actuel ;

2° la primauté du tout sur les parties ; les éléments de chaque ensemble n'ont pas de signification pris isolément, mais ne se conçoivent que dans leurs rapports réciproques ;

3° la primauté des rapports entre les éléments sur les éléments eux-mêmes. Par exemple, les mythes amérindiens mentionnent un arbre comme le prunier ou le pommier. Or ils ne sont pas substituables en tant qu'arbres, l'arbre n'a rien d'un support symbolique ; l'analyse montre que c'est la fécondité du prunier qui intéresse l'Indien, tandis que dans le pommier c'est la puissance et la profondeur des racines. L'univers du mythe, du conte, est analysable en paires d'oppositions, chaque élément est un « faisceau d'éléments différentiels » ;

4° la logique binaire est au point de départ de l'analyse mythologique ; mais elle inclut la complémentarité, la supplémentarité, la symétrie, et surtout la transformation.

 Le structuralisme a atteint avec Lévi-Strauss un sommet de perfection qu'il ne dépassera pas ; son analyse des mythes amérindiens demeure un modèle du genre. Mais en même temps, il a signé l'arrêt de mort de ce grand mouvement : face aux sociétés figées, l'analyse structurale a montré son efficacité, mais elle paraît tout à fait insuffisante à l'égard des sociétés complexes, telles que celle dans laquelle nous vivons.

http://www.larousse.fr/encyclopedie/nom-commun-nom/structuralisme/94130

 document :

 Le rôle est défini par les sociologues qui s’opposent au travers de deux principaux courants : le Structuralisme et l’Interactionnisme. Le structuralisme enferme le rôle dans des carcans de normes préétablies qui définissent des fonctions a priori. L’Interactionnisme remet en question ce positionnement épistémologique en montrant que le comportement est une fonction de l’individu et de son environnement, et donc que le rôle appartient à un système d’interrelations.

http://www.strategie-aims.com/events/conferences/10-xiiieme-conference-de-l-aims/communications/465-le-travail-du-dirigeant-vers-une-analyse-en-termes-de-role/download

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Le structuralisme , en privilégiant la thèse de la structure inhérente à toute activité humaine et ce, pour minimiser l’impact des volontés individuelles, les exemples historiques et le rôles des groupes sociaux dans l’évolution de nos sociétés, principalement les minorités actives mises en avant par l’approche psychosociale en management des organisations, conduit donc à poser le principe d’un déterminisme initial qui doit se retrouver dans les modèles qui décrivent le fonctionnement des structures et des systèmes de pouvoir.

 Le but du système éducatif et de formation devient ainsi très clair : l’élève n’a pas à apprendre des tonnes de connaissances qui ne serviront à rien pour la compétitivité du système de pouvoir mais qui seront au contraire de années d’études qui vont grever inutilement les dépenses publiques d’une part et d’autre part vont constituer une menace sérieuse car l’élève risque bel et bien de tomber un jour sur les connaissances interdites et taboues, surtout s’il a réussi à comprendre, à réfléchir, qu’il a un caractère contestataire, dissident et qu’il porte en lui une violence capable de nourrir les rebellions contre les dirigeants du système de pouvoir, à commencer contre ses professeurs qui ne lui apprennent rien sinon qu’à obéir et à se taire. Non, l’élève n’a seulement qu’à observer les situations qui lui sont mises sous les yeux et qui ont été sélectionnées de manière à ce qu’il découvre par lui-même le modèle de comportement et de fonctionnement qu’il doit comprendre pour pouvoir y adhérer librement du moins sur le plan intellectuel et scolaire, universitaire puis professionnel. La sélection des situations, comme toute sélection utilise le modèle de la casuistique, nous l’avons vu, ensuite il faut que l’élève admette qu’il ne sait rien, que ses représentations initiales sont fausses, surtout face au modèle qui lui est soumis à acceptation. Camouflée sous la qualification pédagogique de la théorie « l’élève acteur de son savoir », nous trouvons une fois de plus ici un mythe rassemblant des utopies pour occulter la finalité de ce management du système éducatif et de formation : faire rentrer les élèves et les étudiants dans des modèles de comportements, de pensée unique pour obtenir d’eux une soumission librement consentie au fonctionnement du système de pouvoir. Il ne s'agit surtout pas d'apprendre à créer de nouvelles structures en commençant par créer de nouvelles situations empiriques ; par exemple une économie sans banques centrales privées ayant le monopole de la création monétaire et qui plus est, serait capable de financer les projets de vie avec de la monnaie et serait également capable de gérer la capitalisation des droits sociaux car nous serions déjà en dehors du système de pouvoir et en train de détruire ses principaux fondements.

 Nous l’avons vu, la contestation des partisans des organisations en réseaux n’a jamais cessé même si elle a rarement depuis deux mille ans en Europe réussi à bousculer les dirigeants de nos systèmes de pouvoir. Vouloir encadrer les activités humaines dans des systèmes d’interrelations fonctions de l’environnement et des contextes de communication aboutit également à réduire considérablement le rôle de la volonté, les désirs humains et cette thèse ferme elle aussi la porte aux organisations en réseaux de vie. Les désirs sont certes reconnus mais à la suite de Bernays et du marketing, le désir fondamental de vivre, de trouver ses raisons de vivre et de mourir qui anime la démarche initiatique et spirituel est maintenant remplacé par les désirs de consommer davantage, mieux. Ces désirs sont pris en compte par le marketing, nous l’avons vu, pour échapper à la réalité de la surproduction qui nous amène à une période de profusion et d’abondance qui sur le plan idéologique nie et détruit le mythe de la rareté en économie sur lequel repose toutes les théories et les dogmes du capitalisme et du libéralisme.

 Malgré ces limites, la doctrine du structuralisme est d’une redoutable efficacité pour légitimer l’action de la minorité dirigeante dans le système actuel de pouvoir. C’est particulièrement vrai dans la reconstruction de notre histoire par l’élite dirigeante du système et les haut-fonctionnaires qui dirigent le sous-système éducatif et de formation. Si les structures sont invariables et inhérentes à nos sociétés, pour expliquer l’histoire dans le sens des intérêts des dirigeants, pour re écrire l’histoire selon les dogmes du libéralisme économique et du capitalisme, il devient possible et facile d’éliminer tous les évènements qui marquent la contestation des dissidents, des révolutionnaires contre le système de pouvoir capitaliste. Il faut expurger des manuels d’histoire, les révolutions ouvrières, la Commune de Paris, les révoltes des pays colonisés et noyées dans le sang elles aussi, sans oublier toutes les luttes menées par les partisans des réseaux de vie et de la démocratie directe participative.

 

Le structuralisme est également à la mode dans les sciences de gestion et de management à travers la théorie de la création de la valeur dans les processus de gestion. Le travail humain est rangé dans la catégorie des ressources humaines qui sont une ressources parmi d’autres ressources.

 Le processus est bien une suite d’activités divisées et spécialisées qu’il faut savoir bien organiser pour qu’il crée de la valeur ajoutée ; celles et ceux qui ne savent pas l’organiser n’ont rien à faire dans le pilotage de ce processus sinon ils ne peuvent que produire des gaspillages, des pertes de compétitivité et la liquidation d’une entreprise. A partir de cette liste des activités, il y a des entrants dans le processus (matières premières, etc.) qui sont transformés à l’aide des ressources (dont le travail humain) pour aboutir à des éléments sortants (le produit fini) et à des résultats qui apportent une création de richesse supplémentaire à la simple soustraction entre la valeur des sortants et la valeur des entrants : c’est la valeur ajoutée. Les élites vont donc définir comment les processus de gestion doivent fonctionner : les processus de réalisation ou de production, les processus supports (pour la logistique), les processus de pilotage pour la stratégie et le contrôle des activités. Les autres doivent se soumettre à ce mode de fonctionnement et de gestion et la soumission librement consentie est requise car il n’y a pas d’autre alternative. C’est ainsi que nous pouvons créer des richesses et seulement ainsi, tous les dissidents qui proposent une autre manière de faire sont à exclure du système et à mettre au silence. Ce sont les entrepreneurs qui achètent les entrants, paient les ressources et fixent le résultat à atteindre à travers la transformation opérée par le processus. La participation des salariés ne peut être que marginale afin de les motiver pour favoriser leur productivité mais cela s’arrête là ! Le processus de gestion dans la structure établie s’impose à eux, comment peut-il en aller autrement, dans le système ? Leur rôle et le rôle des dirigeants sont ainsi pré définis pour correspondre à l’optimisation du fonctionnement du système de pouvoir. Le rôle du dirigeant est particulièrement intéressant à examiner. Le dirigeant doit assurer le bon fonctionnement du système mais il doit aussi diriger l’action et particulièrement l’action créatrice qui va développer et renforcer le système, sans se tromper et faire par exemple évoluer le système de pouvoir en organisation en réseau qui viendrait remettre fondamentalement en cause le système pour le remplacer et… supprimer la minorité au pouvoir dans le système. Les dirigeants doivent donc élaborer une liste de modèles auxquels les dirigeants et futures dirigeants vont se rattacher pour savoir où aller et comment faire pour devenir un bon dirigeant. Bref, il faut créer un moule avec ses recettes pour produire une valeur conforme aux intérêts des dirigeants du système. Après avoir sélectionné les cadres à haut potentiel, il faut normaliser leurs connaissances, leur savoir-faire et leur savoir-être.

 Quel est la source de gains de productivité utilisée dans la gestion du processus ? Est-ce que la gestion du processus amène l’obtention de synergies ? L’élève et l’étudiant n’ont plus à se poser ces questions élémentaires en économie et en management. A la limite, la source de gains de productivité utilisée au départ par les dirigeants du processus est le changement de structure. A y regarder de près, c’est plutôt un retour au taylorisme. Les autres sources de gains de productivité ne concernent pas la gestion du processus dans lequel interviennent les salariés : économies d’échelle, modernisation de l’outil de production, élévation du niveau des compétences. Seuls les dirigeants du système ont le pouvoir d’utiliser ces sources de gains de productivité en fonction de leurs stratégies. Si cette stratégie supprime localement un processus de gestion de la création de valeurs, nous retrouvons ici le principe d’efficacité qui avec le principe d’autorité sont les piliers du système de pouvoir mais les salariés n’ont plus de place dans un quelconque débat politique, économique ou social. La compétitivité du système fait que ses dirigeants ont toute liberté pour gérer les processus de gestion de création de valeurs. Du moment qu’il y a création de valeur avec ou sans utilisation de la main d’œuvre, le but est atteint et la source de ce pouvoir dans le système politique, économique et social du capitalisme se trouve totalement légitimée. Il n’y a plus rien à redire et surtout rien, absolument rien à contester sauf s’il s’agit de prouver sa malhonnêteté intellectuelle, son esprit subversif , violent et destructeur, foncièrement anti système et donc anti social. Dénoncer l’imposture de la théorie de la création de valeur et réclamer le retour à l’utilisation des sources de gains de productivité par l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise devient un préalable avant toute négociation politique sur la reprise en main du système capitaliste pour qu’il cesse d’être une cause principale de nuisances politiques, économiques et social et laisse des marges de manœuvres pour développer conjointement les réseaux de production et de distribution des richesses et tout d’abord pour les biens indispensables à la vie et à la survie.

 

L’enseignement supérieur en sciences sociale regorge actuellement de travaux, de thèses, de mémoires, et de publications diverses sur ce thème de la gestion du processus et de la création de valeurs. Ceci n’est pas étonnant car les enseignants, les programmes sont sélectionnés par les dirigeants du système de pouvoir et sont mis en oeuvre par les dirigeants du système d’éducation et de formation. Savent-ils, ces enseignants, chercheurs et étudiants, qu’il travaillent dans le cadre de référence du libéralisme pour rendre cette idéologie bien plus présente, dominante et irrécusable ?

 La manière de manager correctement les organisations en distinguant les systèmes de pouvoir et les organisations en réseaux, n’est pas enseignée dans le système éducatif et de formation. Les enseignants sont chargés de diffuser des thèses absconses et obsolètes qui sont des miroir aux alouettes et des écrans de fumée pour masquer le fonctionnement véritable du système de pouvoir capitaliste et neo libéral. Toutes les disciplines sont nivelées à l’aune des dogmes libéraux et des théories utopiques à la Ricardo, à l’aune du fonctionnalisme et du structuralisme, de la théorie managériale et du management contingenté, à l’auto régulation des structures qui ne peuvent se développer qu’en créant forcément de la valeur même si la spéculation de quelques hedges funds aux ordres des banksters de Wall Street ruine des économies entières et des pays complets. Ces théories sont focalisées sur le résultat : seul le résultat compte surtout si c’est la maximisation des profits. Dans cette catégorie d’affirmations dévoyées nous pouvons prendre quelques exemples de cette littérature dogmatique :

 Document :

 M. P. Follet concentre ses études sur le pouvoir et l'autorité, et rappelle qu'on est responsable devant quelque chose et non devant quelqu'un.

Le pouvoir, étant lié à une fonction ou une tâche, est inaliénable car fonction et tâche sont inaliénable, contrairement, l'autorité est aliénable car celle-ci est déterminée selon les fonctions et plus l'organisation grandit, plus il y a un partage de l'autorité.

http://mehdichahi.blog.kazeo.com/index.php?idblogp=1023094

 NDLR : le management n’est pas responsable devant quelqu’un, surtout pas devant des salariés mais comme le management ce sont les actionnaires, ceux-ci ne sont responsables que devant leurs dividendes et leur enrichissement personnel. Si les dividendes ne sont pas assez élevés, il faut réduire les frais de personnel, les salariés étant les principaux bénéficiaires de la valeur ajoutée. La solution est connue : exploiter les pays à faible coût de main d’œuvre mais qui ont si possible un niveau de qualification non nul. Ces pays existent, nous les connaissons.

 Document :

P. Drucker s'est élevé contre l'objectif de maximisation du profit qui n'explique pas la réalité de fonctionnement des entreprises, et a déclaré que le premier but de toutes les entreprises est de créer la clientèle en se servant du Marketing et de l'innovation.

 NDRL : c’est la société de consommation, nous n’existons qu’en consommant, qu’en tant que client et nous serions rois puisque le client est roi ; roi d’une vaste comédie humaine orchestrée toujours par les actionnaires qui créent des désirs pour développer l’offre économique jusqu’au gaspillage des ressources.

 Document :

 J. W. Forrester a développé la théorie nommée « industrial dynamics », basée sur deux concepts principaux: le concept de simulation et le concept de système.

Le premier signifie que l'entreprise est un système ouvert possédant des entrées par lesquelles l'extérieur intervient et des sorties par lesquelles elle influence l'extérieur.

Ainsi, pour connaître le comportement du système, on aura recours à la notion de simulation.

Un modèle abstrait est figuré par un certain nombre d'équations qui sont toutes fonctions du temps et qui sont initialisées avec des grandeurs réelles puis recalculées à chaque intervalle de temps.

Dans la plupart des cas, le but des simulations est d'examiner le comportement de certaines variables comme le bénéfice, le chiffre d'affaires, l'endettement, croisé avec le changement.

 NDRL : les variables doivent entrer en équations à partir desquelles les simulations vont permettre de connaître le comportement du système afin de s’enrichir toujours plus. Le salarié est une variable d’ajustement comme les autres variables.

 Théorie du management contingenté

Ce management est fondé sur la théorie des contingences celle-ci découle d'une approche pragmatique.

Paradigme :

Tous les modèles d'organisation peuvent donner selon le cas des résultats soient satisfaisants soient décevants. Il faut les appliquer à bon escient de manière pertinente .Ainsi, le style de management, les structures n'offrent qu'une solution valables dans les circonstances données .si la configuration de ces circonstances se modifie alors d'autres structures deviendront nécessaires pour conserver l'efficacité antérieure. Ce qui réussit dans telle organisation peut conduire à l'échec dans une autre organisation. Aucun système à priori n'a plus d'efficacité que d'autres. Il n'y a pas de modèle idéal, prétendu universellement valable. La découverte et le choix de liaisons (contingences) pertinents s'imposent .Le processus s'articule sur les variables économiques, techniques, sociologiques, humaines, écologiques, etc. La situation doit être diagnostiquée, ses contraintes et ses exigences doivent être identifiées.

Ce management stipule que la méthode qui s'applique dans une situation peut ne pas l'être dans l'autre, car les situations diffèrent « tout dépend de tout » il dépend, l'expérience de la contingence ramène à la mémoire devant un adage célèbre attribué à SAINT EXUPERY, « droit devant soi, on ne peut aller bien loin », NDLR : sauf pour le poète qui voit au delà de l’horizon mais c’est grâce à sa démarche poétique, initiatique et spirituelle.

 Ainsi, lorsqu'une situation X se présente il convient de faire appel à la stratégie X1 tandis que la situation Y obligera à recourir à la stratégie Y1. LorsqueY1 n'est pas adapté, il faudrait une stratégie Y2. Les auteurs de cette catégorie recherchent davantage les voies et moyens pour répercuter l'incertitude et l'imprévue et assurer ainsi la continuité de l'action administrative.

http://www.memoireonline.com/04/11/4476/m_Lapport-du-management-dans-la-gestion-des-entreprises-financieres-en-RDC-cas-de-la-banque-centr11.html

 NDLR : comme un ou deux modèles sont incapables de régler la plupart des situations de gestion, il suffit de multiplier les modèles et les stratégies et forcément il y aura une bonne stratégie pour chaque situation, encore faut-il la trouver et rapidement, c’est évident. Plus il y a de modèles, moins il y a d’incertitude. C’est ainsi que les financiers de Wall Street avec leurs produits dérivés et la copule de Li qui devait minimiser les risques de crédits subprimes n’ont pas pris en compte que le géant mondial de la distribution, Wall Mart, à partir de 2004, avait demandé à ses fournisseurs de produire en Chine pour maximiser les marges commerciales et ses profits. Les délocalisations ont entraîner des fermetures d’usines en série et les chômeurs américains ont commencé à ne plus pouvoir rembourser, ce qui accéléra l’éclatement de la bulle immobilière, fit augmenter les taux d’intérêts des crédits, rendant des millions de foyers incapables de rembourser leurs crédits immobiliers et provoquant la chute des valeurs des biens immobiliers, etc. Les modèles mathématiques ont le don invariable de toujours oublier ou ignorer une variable qui justement va tout faire voler en éclats et en dégâts, une variable liée à la psychologie humaine et au comportement paradoxal des être humains qui s'étudient bien mieux à partir de la première source de savoir, la source initiatique et spirituelle.

 

Pour en arriver à une conclusion à propos de ces enseignements qui normalisent les théories et les modèles qui nourrissent l’idéologie libérale, nous pouvons dire que ces théories essaient de renforcer les structures du système de pouvoir capitaliste mais que le but recherché est seulement de pérenniser l’existence de ce système de pouvoir dans un conservatisme et un immobilisme de rigueur. Le système ne prend pas le risque de se développer au point de devenir ingouvernable par la minorité au pouvoir. Il s’agit de prendre les richesses produites par les autres pour maximiser ses profits personnels et il ne s’agit surtout pas d’optimiser l’utilisation des quatre source de productivité dans le but d’un développement durable qui repose sur des progrès constants et importants, les principes de solidarité, de précaution et de participation qui restent utopiques dans les systèmes de pouvoir. A terme, ce système développe la pauvreté pour la plus grande partie de la population et l’enrichissement d’une infime minorité : 99% en voie d’appauvrissement et 1% de riches toujours plus riches. Ce qui n’est bien entendu pas enseigné par les professeurs, ils n’en ont tout simplement académiquement pas le droit.

 A travers les modèles de gestion des processus et des structures, les élèves et les étudiants apprennent à accepter leurs places dans le fonctionnement du système et les plus brillants peuvent espérer franchir les différentes sélections pour devenir petits chefs et pour une minorité d’entre eux, grands chefs aux ordres des actionnaires et surtout des sociétés d’investissements financiers contrôlés par les familles de banquiers qui possèdent les banques centrales privées ou les dirigent.

 L’application de cette politique dans le système éducatif et de formation en France est particulièrement scandaleuse au vu de ses résultats :

Les salariés n’ont pas ainsi à participer au débat sur l’utilisation des quatre sources de gains de productivité. Principalement, ils n’ont aucun droit à discuter de la source de gains de productivité qui les concerne directement et en toute situation économique : l’élévation de leur niveau de compétences.

Exemple, dès le début de la crise de 2008, l’ Allemagne a utilisé la formation professionnelle durant les périodes de chômage technique (ce qui représente l’utilisation d’une des quatre sources de gains de productivité), en France, aucune source de gains de productivité n’a été utilisée exceptée les économies d’échelles négatives avec leur suppression d’emplois ou leurs accords de réduction de la masse salariale. Les fermeture d’usines et les délocalisation s’enchaînent, il n’y a même pas de possibilités de reprise en 2013

 Il en va de même pour les autres sources de gains de productivité :

 

En Conclusion :

 

le savoir académique reste figé dans le carcan imposé par le système de pouvoir sauf que les citoyens et les étudiants trouvent sur Internet des informations, des connaissances et des pratiques et expériences de gestion qui contredisent les manuels académiques. Bref, étudier souvent ne sert à rien qu’à devenir un acteur qui récite sa soumission librement consentie pour entrer dans le processus de son activité professionnel et dans le salariat, seul capable dans le système de pouvoir économique actuel de donner au citoyen une place et une identité sociale ; sinon celui-ci va s’exclure de la société. La normalisation des savoirs est complémentaire au travail de propagande et de normalisation des informations à travers les média (nous y reviendrons dans la mission de normalisation sociale du système d’éducation et de formation).

Avant d'aborder la mission de normalisation sociale puis les réseaux d'éducation et de formation, une remarque sur notre propos. Nous présentons une analyse froide, lucide mais pas nécessairement pessimiste. Nous observons le plus objectivement possible la situation que nous voulons éliminer et remplacer par l'alternative de l'organisation en réseau. Nous savons que les nouvelles technologies informatiques de communication (TIC) transforment le monde et qu'un nouveau monde est devenu possible et se met en place. Nous voulons ici confronter notre position à celles et ceux qui s'émerveillent devant ces possibilités nouvelles et souvent inconnues de communiquer et forcément, d'enseigner, d'apprendre au XXIème siècle. Nous avons archivé sur notre site, le très beau texte de Michel Serres " Éduquer au XXIème siècle ". Nous citons un extrait de son Envoi : 

" Face à ces mutations, sans doute convient-il d'inventer d'inimaginables nouveautés, hors les cadres désuets qui formatent encore nos conduites, nos médias, nos projets adaptés à la société du spectacle. Je vois nos institutions luire d'un éclat semblable à celui des constellations dont les astronomes nous apprirent qu'elles étaient mortes depuis longtemps déjà.

Pourquoi ces nouveautés ne sont-elles point advenues ? Je crains d'en accuser les philosophes, dont je suis, gens qui ont pour métier d'anticiper le savoir et les pratiques à venir, et qui ont, ce me semble, failli à leur tâche. Engagés dans la politique au jour le jour, ils n'entendirent pas venir le contemporain." 

 Sans venir ternir les espoirs de Michel Serres qui sont également les nôtres, nous venons de présenter non pas la réponse du philosophe, dont nous ne sommes pas, mais la réponse du poète que nous sommes : ces nouveautés à partir des TIC ne sont pas advenues et n'adviendront pas dans nos systèmes de pouvoir, elles adviendront lorsque nous aurons quitter nos systèmes de pouvoir pour nos organisations en réseaux citoyens de vie. Pourquoi ? Parce que les dirigeants du système de pouvoir capitaliste et libéral comme les dirigeants des autres systèmes de pouvoir théocratiques, militaires, savent bien utiliser la révolution de l'ordinateur et des TIC pour faire des affaires, spéculer en temps réel. Par exemple, les opérations de THF (trading haute fréquence) sont l'exécution à grande vitesse de transactions financières générées par des algorithmes informatiques. Les produits traités peuvent être des actions, mais aussi des obligations ou des produits dérivés. Ces opérateurs de marché virtuels peuvent ainsi exécuter des opérations sur les marchés financiers en un temps calculé en microsecondes. Alors que la vitesse de transaction du THF était encore de 20 millisecondes en 2010, elle serait passée à moins de 120 microsecondes en 2012. Il s'agit d'interdire ces pratiques qui sont responsables de la propagation à grande échelles des crises financières comme en 2008 après la fermeture le la banque Lehman Brothers. Comment ces dirigeants financiers pourront-ils laisser se développer dans leur système de pouvoir, un contre-pouvoir qui utilise les TIC pour éduquer et distribuer le savoir afin que les élèves et les étudiants comprennent pourquoi et comment se libérer de la domination qui s'exerce sur eux ? 

Le monde change et changera mais les dirigeants des systèmes de pouvoir ont un avantage concurrentiel puissant (nous utilisons le langage du management), ils disposent d'une rente énorme financière et technologique pour manipuler et transformer nos sociétés selon leurs intérêts, organiser les guerres mondiales du passé et pourquoi pas, si nécessaire, une troisième guerre mondiale dans laquelle les forteresses volantes de Boeing seront remplacées par les drones de Boeing qui tueront avec plus de précision et avec un coût moindre. Nous n'allons pas commencer cette guerre en poursuivant les escarmouches "classiques" entre poètes et philosophes, il vaudrait mieux qu'ils s'entendent enfin puisque Miche Serres admet que les philosophes ont aussi comme métier d'anticiper le savoir et les pratiques à venir. S'ils ont certainement failli à leur tâche, les poètes sont toujours là, certes dans leur athanor et sur leur ordinateur et pas sur les plateaux de télévision ou à travers les media, parce que les media sont la propriété des nouveaux maîtres du monde et que les media indépendants ou publics ne sont pas aussi libres qu'ils le voudraient. Les poètes utilisent également les TIC et aident les étudiants et les professeurs qui le souhaitent. Ils sont encore peu nombreux à travailler pour nos réseaux citoyens de vie mais ils vivent et travaillent dans ce but envers et contre tous les obstacles mis en oeuvre par les dirigeants de nos systèmes de pouvoir. Les professeurs de philosophie comme les autres professeurs font encore le spectacle devant leurs classes, certes c'est complètement dépassé à l'heure d'Internet mais quand les dirigeants du système de pouvoir ne donnent pas les moyens aux dirigeants du système éducatif et de formation afin de développer les imaginables nouveautés dont parle justement Michel Serres, est-ce un oubli, une incompétence liée à des modes de pensées et de gestion dépassés ou est-ce bien volontaire pour ne pas distribuer les connaissances, surtout les connaissances interdites qui circulent déjà fort nombreuses sur le web et les réseaux sociaux et poursuivre leur mission de normalisation des savoirs et les cadres, certes désuets, qui formatent nos conduites ? Le travail fait le progrès technique puis le capital financier mais le travail ne s'organise pas sans un modèle, une structure. Qui décide du modèle et de la structure ? Nous avons rappelé plus haut, l'affirmation d'Abraham Lincoln. C'est radicalement différent que l'on se trouve dans un système de pouvoir ou dans une organisation en réseau. A l'Académie Française, soyons quelque peu vachard et cynique nous aussi, nous avons avec ce texte de Michel Serres, une preuve supplémentaire que cette distinction, ce recul, cette analyse n'est toujours pas maîtrisée et reste absente ou ignorée. Pour clore cet échange avec le philosophe, comme lui, en tant que poète : " Je souhaite que la vie me laisse assez de temps pour y travailler encore, en compagnie de ces Petits, auxquels j'ai voué ma vie, parce que je les ai toujours respectueusement aimés ".

 

Dans le système éducatif et de formation, les élèves et étudiants ainsi que le plus souvent leurs professeurs, n’ont aucune formation ou sources de connaissances pour prendre du recul et développer un regard critique sur la manière et les conditions dans lesquelles ils reçoivent les connaissances et les modèles prescrits dans les programmes d’enseignements académiques. L’école et l’université ne préparent pas la nouvelle génération à un monde différent et possiblement meilleur ; les résultats obtenus par le travail intellectuel, toute création de valeur sont aussitôt financiarisés, affectés d’une valeur marchande capable de faire monter les valeurs en bourses et la capitalisation boursière d’une société commerciale. Au delà de ce court terme imposé par la logique de l’oligarchie financière anglo-saxonne, les résultats issus du système éducatif et de formation n’ont aucune prise sur le moyen et le long terme et ils restent toujours sujets à critiques tant les dépenses d’éducation, de formation et les dépenses sociales représentent un coût insupportable pour les partisans de l’idéologie capitaliste et libérale. Nous retrouvons ici les propos de Pierre Legendre : « Voici donc la seule manière concevable d'aborder la question savante de la structure : sans en appeler à la poésie, il est impossible de s'en approcher, parce que tout système d'institutions est un nœud de fables et que ces fables s'élaborent en un espace précieux de mots. Sans cette considération première, prétendre à la théorie est vain.

A compter de cette remarque, la structure peut faire l'objet d'observations sérieuses, en posant qu'il s'agit de l'étendue textuelle où nous sommes assignés à résidence ».

 

La question de la structure sociale prend une tournure bien plus grave et révoltante lorsque les dirigeants ultra libéraux du capitalisme le plus sauvage et destructeur s’en prennent sciemment à la classe moyenne pour remettre en cause son niveau de vie, sa protection sociale qui sont autant de richesses qui échappent à la cupidité des plus riches. Il y a certainement également derrière cette politique, l’application d’une leçon de l’histoire : la nouvelle bourgeoisie industrielle sait bien comment elle a réussi à évincer l’ancienne aristocratie monarchique et elle peut se douter que le développement des classes moyennes va inéluctablement remettre en cause son pouvoir dans nos systèmes surtout qu’il n’y a plus de régiments militaires pour fusiller sans sourciller les grévistes et les plus pauvres qui se révoltent comme au début du capitalisme sauvage qui répandait la misère ouvrière autour de ses usines. Le système de pouvoir doit non seulement sélectionner ses élites, contrôler et normaliser les savoirs qui servent ses intérêts mais il doit en plus contrôler le développement des classes moyennes capables d’arriver au point qu’elles se libèrent et organisent autrement les sociétés.

 lire la suite

Plan de la Partie 2 : le fonctionnement des systèmes de pouvoir

le fonctionnement des systèmes de pouvoir : introduction

1) La fable 1 : l'élimination de la propriété commune à travers la confiscation de la propriété individuelle.

1.1  la révolution mal faite : 1789

1.2 Pour montrer cette logique du système basée sur le droit de propriété individuel des moyens de production, nous pouvons prendre le cas  historique des canuts de Lyon en 1830

2) La fable 2 : le pacte social républicain, son échec et le creusement des inégalités. 

2.1 L’évolution du rôle social de l’état républicain français 

2.2 le rejet de la propriété commune et la fable du progrès matériel.

3) la fable 3 : pour assurer le progrès des peuples, certains peuples de race plus pure doivent commander aux autres à travers des systèmes de pouvoir fascistes ou nazis

4) la fable 4 :  l’idéologie économique et la primauté de l’économie sur le politique, les thèses économiques classiques avant la mondialisation des échanges.

4.1 quelques fables économiques :

4.2  le principe d'autorité et le principe d'efficacité

4.3 Ce principe d'efficacité a été modifié depuis les années 1980, il a évolué vers le principe d'efficience

4.4 la crise de 2008 - 2009 et les déséquilibres engendrés par le neo libéralisme lorsqu'il devient une nouvelle forme de capitalisme brutal et sauvage envers les populations

5) la fable 5 : le neo libéralisme : la mondialisation comme seule perspective d’enrichissement et de gouvernement.

5.1 le libéralisme n’est qu’une catégorie d’arguments du capitalisme chargée de conquérir de nouveaux espace pour implanter le cœur même de ce système de pouvoir : la maximisation des profits. Ce discours n’est qu’une manipulation qui sous prétexte de vendre de la liberté, cherche à développer une domination la plus vaste possible.

5.2 Montrer que le libéralisme est une doctrine née avec le capitalisme mais qui n’avait pas pu se développer avant les années 1990 pour des raisons politiques

5.3 Montrer que le capitalisme a des origines douteuses et qu’il ne prend réellement son développement qu’à partir de 1830 et les premières usines.

5.4 Montrer que la mondialisation est utilisée par le capitalisme pour développer le dumping social au détriment des pays développés et que les arguments du libéralisme ne sont qu’une couverture idéologique pour masquer ces entreprises contraires au pacte républicain établi après 1860 dans les démocraties occidentales.

5.5 Montrer que l'entreprise de domination de l'oligarchie financière a réussi à dominer les états à travers la crise de 2008 et qu'elle a réussi à surmonter l'échec de 1929 grâce aux nouvelles technologies informatiques de communication mais que la crise de 2008 nous place devant un choix de société.

5.6 en conclusion

6) l'évolution de l'état

7) le chômage production du système capitaliste  

le système d'éducation et de formation qui enseigne les fables pour légitimer les dirigeants de nos systèmes de pouvoir

partie 1 : les missions du système éducatif et tout d'abord la sélection des élites

partie 2 : La mission de normalisation des savoirs dans le système éducatif

partie 3 : La mission de normalisation sociale : les 3 étapes : politique, industrielle, sociale

les ressources disponibles pour approfondir le fonctionnement des systèmes de pouvoir.

le tarif ou la mort, la révolte des canuts à Lyon

le paternalisme

le libéralisme liberticide

la soumission à l'autorité

le coût de la peur dans les entreprises

la circulation monétaire

Pierre Leroux : la capitalisation des droits sociaux

la fonderie d'aluminium : les aides de l'état et les déficits publics

sujet bac ES : l'évolution de l'état

l'économie distributive : Jacques Duboin

 

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