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2ème partie : les systèmes de pouvoir

Le système d'éducation et de formation

partie 1 : les missions du système éducatif et tout d'abord la sélection des élites

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«  L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde » Nelson Mandela

 Les deux caractéristiques fondamentales de l’œuvre sont :

 

L’éducation, même si elle reste indispensable à la survie, correspond étroitement à la réalisation d’une œuvre : elle repose sur un partage de savoirs entre les générations tout comme elle représente le processus d’élaboration d’un savoir nouveau autant dans la manière d’être que dans la manière de devenir un être humain différent au fur et à mesure de son évolution humaine. Le savoir élaboré en commun constitue une richesse pour le groupe social et pour celui qui le possède comme pour les générations futures qui le prendront comme base de travail pour élaborer leur propre savoir. Le but de l’éducation n’existe pas en tant que tel : s’éduquer pour se former et disposer de toujours plus de connaissances simplement pour être plus savant, sans venir utiliser ce savoir pour créer quelque chose de différent, de nouveau qui correspond à un dépassement de nos limites ponctuelles, n’est guère envisageable. L’éducation est avant tout un moyen d’arriver à une fin, l’outil d’un changement et d’une évolution. Elle possède un but à partir du moment où nous lui donnons une direction à tenir, une place à conquérir, une utilité sociale, économique et politique. Pour développer des œuvres capables d’élever durablement le niveau de vie d’un groupe social, il faut donc commencer par donner un but précis à l’éducation. Ce but est radicalement différent dans un système de pouvoir et dans une organisation en réseaux de vie.

 Dans un système de pouvoir, l’éducation et la formation prépare les citoyens à occuper une place dans le fonctionnement du système et le cas échéant, elle préparent certains individus à changer de place pour monter dans la hiérarchie rejoindre l’élite dirigeante alors que les autres doivent comprendre qu’ils doivent rester à leurs places dans une soumission si possible librement consentie. Le système pour développer cette soumission à son pouvoir, n’utilise que la source de savoir intellectuelle et interdit la source initiatique qui conduit à la voie de la libération des êtres humains. Dans un système de pouvoir, la mission d’éducation est attribuée à une institution centralisée qui contrôle la diffusion des dogmes sur lesquels repose le pouvoir. Le temps d’éducation et de formation est limité à l’obtention d’une qualification minimale pour occuper une place dans le système ; une fois cette place acquise, tout investissement supplémentaire devient une charge pas forcément nécessaire si le fonctionnement du système préfère ne pas utiliser l’élévation des compétences comme source de gains de productivité afin de défendre la place des dirigeants du système et ne pas menacer la légitimité de cette hiérarchie. Le savoir à enseigner dans un système de pouvoir est de qualité médiocre, d’une part parce qu’il ne participe pas au développement d’un savoir global à travers l’utilisation des deux sources de savoir et d’autre part et surtout parce que pour défendre le pouvoir de l’élite dirigeante et organiser la soumission à cette élite, les dirigeants doivent organiser une influence sociale fondée sur le conformisme et sur la pensée unique, ce qui implique le maintien d’un certain niveau d’ignorance et de tabous sur les connaissances et les informations capables de développer un contre-pouvoir et de donner des arguments aux dissidents pour défendre une alternative au système de pouvoir. Ce processus aboutit à la situation bien connue : les meilleurs évitent ou quittent la direction des institutions du système de pouvoir et les dirigeants du système de pouvoir, l’oligarchie financière anglo-saxonne, doivent s’entourer de collaborateurs aux compétences et qualités personnelles médiocres. Lorsque la fidélité, la loyauté, la complicité et le silence de ces dirigeants médiocres sont achetées avec des rémunérations mirobolantes par la caste des plus riches, le système montre alors une fois de plus ses nombreuses et scandaleuses contradictions qui sont sources de crises économiques et de guerres de conquête.

 Dans les réseaux, l’éducation et la formation préparent les citoyens à évoluer dans des équipes de projets successifs et ce développement des compétences prépare les membres des réseaux à occuper des responsabilités diverses et importantes en utilisant les deux sources de savoir. La démarche individuelle spirituelle et initiatique assure une élimination des peurs, une prise de confiance en soi et dans les autres capable de minimiser les violences et de garantir la réalisation des valeurs humaines de paix et d’amour dans une culture humaniste où le travail et la production des richesses aboutissent à une distribution équitable de ces richesses dans une abondance économique et la gestion des biens communs. Dans une organisation en réseaux de vie, cette mission éducative est remplie par chaque réseau qu’il soit initiatique ou de production des richesses : chaque réseau regroupe des membres experts, des membres confirmés et des membres novices, des membres permanents qui vont y faire carrière à partir de leurs expertises et des membres passagers qui viennent développer leurs connaissances, leur polyvalence ou acquérir des connaissances indispensables pour prendre des responsabilités supérieures. Chacun s’éduque et se forme d’une part avec ses collègues d’équipe de projet et d’autre part en participant à d’autres réseaux pour compléter ses connaissances et ceci tout au long de sa vie. La ligne directrice de cette progression repose sur un ou plusieurs centres d’intérêt et le membre d’un réseau n’apporte pas que sa force de travail mais il apporte surtout son savoir et son désir de progresser dans la maîtrise des deux sources de savoir, ce qui représente une plus value, une création de valeur ajoutée énorme par rapport à notre système économique capitaliste. Le savoir disponible et accessible ne se trouve pas dans une seule institution centralisée chargée de le normaliser et de le formater, il est disséminé parmi les réseaux et les équipes de projet et il est rendu accessible par les centres de gestion des réseaux qui sont chargés de sécuriser et rendre disponible la documentation scientifique, technique et culturelle produite dans ces réseaux de vie. Certains réseaux sont davantage des lieux et des moments d’éducation, notamment les réseaux initiatiques. La formation et l’élévation des compétences sont systématiquement une source de gains de productivité utilisée dans les équipes de projet. L’ensemble des compétences humaines et techniques est régulièrement utilisé à travers l’action politique et la participation au conseil de la démocratie locale participative. Les réseaux de vie sont ainsi une structure apprenante dont le but est de développer une culture où l’être humain est au centre du fonctionnement de la société.

 A partir de ces différences antinomiques de but attribué à l’éducation et à la formation, nous pouvons montrer comment l’œuvre éducative et formatrice se développe. Dans un premier temps, nous allons souligner les contradictions, les lacunes et les échecs de notre système éducatif français pour prendre acte du niveau actuel d’éducation et de formation qui va assurément représenter un obstacle, une difficulté pour le développement des organisations en réseaux de vie. Ensuite nous verrons comment développer une œuvre éducative et formatrice au service du rayonnement des réseaux de vie.

 Nous commencerons par analyser notre système éducatif français à travers les  missions que le système de pouvoir attribue au système éducatif. Nous ne souhaitons pas développer une analyse exhaustive de notre système éducatif, d’autres s’y emploient et les livres sont nombreux pour apporter les témoignages nécessaires à la compréhension de cette dérive alarmante. Nous allons retenir les points qui servent de comparaison entre les deux manières d’organiser l’éducation et la formation : en système de pouvoir ou en réseaux de vie. Nous examinerons les moyens de l’influence sociale que chacun utilise pour parvenir à ses fins. De cette manière, en soulignant les contradictions, les lacunes du système éducatif et de formation nous préparons a contrario notre développement sur les réseaux d'éducation et de formation parmi les réseaux citoyens de vie.

Les missions du système éducatif et de formation

Le système scolaire français n'a pas évolué depuis ses origines au 19ème siècle : pour répondre aux valeurs fondatrices de la république, la liberté, l’égalité, la fraternité, l’éducation et la formation des citoyens auraient du être, selon l’affirmation de Nelson Mandela et de tant d’autres, l’arme par excellence pour changer le monde. Or il n’en a rien été et nous avons expliqué l’échec à nos yeux de la révolution de 1789 à travers la confiscation du pouvoir par la nouvelle bourgeoisie industrielle et la mise à l’écart du peuple. Le système éducatif n’a pas été une priorité nationale révolutionnaire, les dirigeants du système de pouvoir avaient bien d’autres urgences et priorités pour s’enrichir. Ils n’ont pas cherché à éduquer les citoyens pour que le mythe de la république universelle trouve un début de réalité politique, économique et sociale. La nouvelle bourgeoisie dirigeante disposait de ses écoles, souvent catholiques, pour instruire ses enfants et les préparer à la direction de ses affaires et aux responsabilités publiques qui leur sont complémentaires. Instruire le peuple pour qu’il comprenne ce qui se passe, comment il est manipulé, qu’il développe des contre-pouvoirs ? Non merci !

 Dès son origine, le système scolaire a été figé dans une contradiction rédhibitoire qui ne pouvait le mener qu'à l'immobilisme et à une certaine stérilité dans son activité pourtant fébrile et obstinée. La mission dévolue à l'enseignement public par la république et organisée par Bonaparte fut d'abord de former les élites capables de remplacer la noblesse de l'ancien régime. C’est une mission essentiellement de sélection pour produire le renouvellement de la minorité qui dirige le système de pouvoir. Cette sélection s’opère à travers le conformisme réclamé par les dirigeants du système de pouvoir. Logiquement cette élite devait entraîner à sa suite le peuple vers la réalisation des valeurs républicaines, or ce ne fut pas la volonté des dirigeants du système de pouvoir d’où il découle que l’instruction publique ne fut pas une priorité nationale et qu’il fallut attendre un siècle avant que Jules Ferry ne la rende obligatoire jusqu’à 14 ans et au certificat d’études. Et encore, la mission donnée par Jules Ferry dans un but d’émancipation des citoyens s’est-elle vite raccourcie à une mission de normalisation des savoirs retenus par la minorité installée au pouvoir.

 Les lois de 1881 et 1882 qui rendent l’enseignement primaire gratuit puis obligatoire viennent compléter cette première mission de sélection des élites par une mission de normalisation des savoirs : le développement de l'alphabétisation et l'élévation du niveau de compétence, principalement sur le plan technique, de manière à permettre aux pays l'accès à l'industrialisation et à la production de masse dont les productions de biens matériels permirent l'éradication de la misère. Derrière ce but dédié au progrès que seul la république pouvait apporter, se cache la volonté de créer une nouvelle norme de savoirs qui serait vouée à la république et échapperait à l’emprise de l’église catholique et des religions en général et aussi et surtout à l’emprise des idées socialistes et anarchistes. Ainsi lors d'un discours au conseil général des Vosges en 1879, Jules Ferry déclara : « Dans les écoles confessionnelles, les jeunes reçoivent un enseignement dirigé tout entier contre les institutions modernes. […] Si cet état de choses se perpétue, il est à craindre que d'autres écoles ne se constituent, ouvertes aux fils d'ouvriers et de paysans, où l'on enseignera des principes totalement opposés, inspirés peut-être d'un idéal socialiste ou communiste emprunté à des temps plus récents, par exemple à cette époque violente et sinistre comprise entre le 18 mars et le 24 mai 1871( la commune de Paris n.d.l.r.) » Nous sommes ici au cœur du pacte républicain : s’associer au développement de l’ère industrielle tout en protégeant les populations contre les excès du capitalisme et de la propriété individuelle des moyens de production et contre les excès des opposants au capitalisme. C’est essentiellement une mission de normalisation des savoirs destinées à fournir à la société industrielle une source de gains de productivité : l’élévation du niveau des compétences, indispensable pour utiliser le développement des technologies et les progrès des sciences. Cette mission de normalisation possède à son origine des objectifs fondamentalement républicains : instaurer l’unification des provinces à travers la langue française, combattre l’influence de la religion catholique et de l’endoctrinement des esprits par l’école privée, donner des cours de morale à la jeunesse, préparer la jeunesse à la guerre de revanche contre l’Allemagne, permettre aux citoyens de mieux comprendre et s’opposer aux dirigeants de l’économie capitaliste à travers les luttes sociales des syndicats et des partis politique de gauche…

 La mission de normalisation s’est ensuite complétée après 1945 par une mission de normalisation sociale : l’ascenseur social qui permit le développement des classes moyennes dans les pays industrialisés. Cette élévation sociale repose sur une élévation des compétences, des emplois qualifiés, des revenus meilleurs qui poussent l’offre à répondre à la demande sur les marchés économiques. Cette promesse d’une vie meilleure doit correspondre à une égalité des chances. Après 1945 et compte-tenu des mauvaises relations sociales en France depuis la révolte des canuts à Lyon en 1832, les gouvernements ont développé le monopole de l’éducation nationale pour se donner les moyens d’assurer cette égalité des chances. Les formations intellectuelles et manuelles ont été ainsi prises en charge directement par le service public de l’enseignement, les employeurs pouvant se satisfaire de ne plus supporter la charge de la formation professionnelle et pouvant trouver lors de leurs recrutements des jeunes diplômés à la qualification excellente. Cette stratégie et cette volonté politique impliqua de suite que tous les métiers offrant des emplois soient enseignés par le service publique, autant métiers manuels qu’intellectuels, de l’ouvrier au cadre dirigeant. Cette mission de normalisation sociale se traduit par un développement considérable du périmètre d’activité du système éducatif et donc des ressources nécessaires à un tel fonctionnement.

 A partir de ces 3 missions successives et tout en abordant les missions naturelles d’une organisation enseignante et formatrice que le système de pouvoir n’a pas voulu retenir et à préférer éliminer : la transmission et la conservation du savoir des civilisations antérieures, l’utilisation de la première source de savoir, nous pouvons mener l’analyse du système éducatif et de formation en utilisant la méthode et la démarche du management des organisations. Pour répondre à ces trois missions et à ces trois métiers : sélectionner les élites dirigeantes, enseigner un savoir de base ou un socle commun, garantir l’égalité des chances pour assurer l’élévation sociale, le système éducatif et de formation est devenu le pilier principal de la république. Ces missions entretiennent le mythe républicain devant les citoyens, pourtant pour les dirigeants du système de pouvoir capitaliste, ces missions ne sont utiles que parce qu’à un moment donné, elles viennent conforter le système de pouvoir lui –même. Aujourd’hui, pour les maîtres du monde, ces missions du système éducatif ne sont plus utiles pour leur domination du monde. Dans la doctrine neo libérale et pour les financiers, la politique à suivre est simple et évidente : seule la première mission de sélection des élites est indispensable pour fournir aux propriétaires des banques et des entreprises les équipes dirigeantes compétentes et dociles au service de la maximisation de leurs profits. Cette activité ne pose pas de difficultés particulières lorsque le domaine de sélection ne concerne que des enfants de familles aisées collaborant depuis des générations au développement du capitalisme et ce, d’une manière volontaire ou consciente ou « à l’insu de leur plein gré ». Les deux autres missions de service public ne sont pas indispensable pour la domination du système de pouvoir par les plus riches, au contraire ces efforts d’éducation et de formation vont assurément constituer autant de contre-pouvoir et de menace contre l’ordre établi et sont des prélèvements publics sur la richesse produite qui échappent aux actionnaires. Affaiblir ces deux missions et tenter de les supprimer correspondent évidemment à une réduction énorme du coût de l’investissement éducatif et de formation pour l’état et à l’abandon tout aussi visible du pacte républicain lui-même. La solution du développement de l’enseignement privé et payant dirigé par les plus riches ne peut pas, et c’est tout aussi évident, s’adresser à l’ensemble d’une jeunesse et d’une population.

 Cette politique des maîtres du monde, cette contrainte exercée par l’oligarchie financière anglo-saxonne pèse depuis les années 2000 plus lourdement sur le système éducatif et la république française dans son ensemble à travers les attaques répétées contre notre modèle social, notre système d’assurance social, l’activité de nos services publics…

 La première mission du système éducatif et de formation : la sélection.

 La finalité de la mission de sélection :

 Au moment de la Révolution de 1789, cette mission était officielle et nécessaire. Mais nous savons comment la nouvelle bourgeoisie industrielle a confisqué le pouvoir et tenu à l’écart le peuple. Le moyen et le savoir-faire pour réussir sont connus et sont repris de l’absolutisme royal : la centralisation du pouvoir et la reproduction sociale de la dynastie régnante. Il s’agit de copier et de réutiliser la manière de faire de l’Ancien Régime et donc d’instaurer de nouveaux privilèges pour la bourgeoisie industrielle et commerçante après avoir supprimé toute l’organisation ancienne avec les décrets d’Allard et la loi le Chapelier qui font le vide entre les citoyens et l’état. C’est là la principale contradiction : l’éducation est bien l’arme la plus puissante pour changer le monde et nous la développerons plus loin en décrivant l’organisation des réseaux d’éducation et de formation mais dans la république, le système de pouvoir ne donne absolument pas cette mission au système éducatif et de formation. La sélection sert à reproduire les élites au service de la minorité qui dirige le système, un point c’est tout !

 Après 1945, lorsqu’il s’est agi de développer la mission de normalisation sociale, le système a logiquement occulté et dissimulé cette sélection des élites et ceci fut relativement facile tant le développement de la bourgeoisie suffisait maintenant pour apporter le vivier naturel à la sélection des élites dirigeantes. La reproduction sociale correspond à une normalisation sociale basique utilisée par les dynasties monarchiques, économiques et financières, religieuses. Elle ne correspond certainement pas au pacte républicain et au développement d’un régime politique démocratique, encore moins au développement d’une organisation en réseaux de vie. C’est une contradiction originelle fondamentale que le système s’emploie à occulter à travers l’exemple des rares « génies » de la république sortis des classes populaires de l’état nation et dont les cadavres reposent pour la plupart au Panthéon de la République. Les analyses et les études des sociologues, anthropologues, auteurs, pour dénoncer ce mécanisme primaire de reproduction sociale des élites n’a, jusqu’ici, pas empêché ce phénomène inégalitaire et injuste de se développer encore et encore. Cette reproduction des élites, à partir des années 1960, a été mise en évidence et constitue toujours la principale marque de reconnaissance de notre système scolaire au point que ces dernières années, certains journalistes ont pu présenter les 120 maternelles dans lesquelles il faut mettre les enfants si nous voulons les voir intégrer plus tard cette élite républicaine qui se perpétue depuis des générations

 Les formes de la sélection dans l’utilisation des ressources du système éducatif et de formation : 

 Cette sélection va s’organiser à travers un système hiérarchique très élaboré dont le champ d’activité va se répandre à travers toutes les institutions sans exception. Dans le système éducatif et de formation, cette sélection et cette hiérarchie des responsabilités vont prendre des aspects si imposants que le fonctionnement de l’institution va devenir rapidement ingouvernable : hiérarchisation entre les niveaux d’études, entre les catégories de professeurs, entre les disciplines, entre ville et campagne, entre régions, entre quartiers des villes, sans oublier la hiérarchisation sinon la séparation entre public et privé, etc..

 La sélection des connaissances et des disciplines

 C’est le travail fondamental d’un pouvoir qui doit sélectionner parmi le savoir disponible, les connaissances qui vont servir à conforter son pouvoir et qui doit éliminer celles qui sont contraires à ses intérêts. Le système d’enseignement et de formation sert donc de relais incontournable sur ce point pour le système de pouvoir. L’idéologie élaborée par les dirigeants du système de pouvoir s’impose ipso facto au système d’éducation et de formation. Un système de pouvoir a besoin d’une idéologie et d’une seule pour se développer, il n’est pas adapté à la confrontation entre deux idéologies et le moindre contre-pouvoir qui se développe en son sein est de nature à le détruire. Longtemps, le mythe républicain a occupé la vitrine mais devant l’effondrement des ces fictions et l’affirmation statistique du creusement des inégalités ainsi que la mise en évidence des manœuvres des banques centrales privées dans la conduite des économies et la création monétaire de l’argent dettes, c’est bien l’idéologie capitaliste, libérale, neo libéral selon les acceptations utilisées par les uns ou les autres, qui s’est emparée de la vitrine et prend corps ouvertement dans les programmes scolaires et les manuels.

 Le système d’enseignement a su s’adapter et convaincre les élèves à suivre les différentes modes et les disciplines vedettes selon les époques. Le dirigeant bon orateur et littéraire a cédé sa place au gestionnaire et manager mais avec une constante : la priorité donnée à l’abstraction, travail intellectuel indispensable pour être capable de gérer les mythes, les utopies, les idéaux et les dogmes sur lesquels repose les systèmes de pouvoir dans leurs entreprises de mystification et de manipulation des foules pour amener les citoyens au niveau requis de soumission, si possible de soumission librement consentie. Le modèle d’enseignement de base reste la casuistique des jésuites. Les disciplines scolaires vont s’enseigner à partir de ce modèle pédagogique de base dans le fonctionnement d’un système de pouvoir toujours confronté à la difficulté rédhibitoire de défendre ses mythes, ses idéaux, ses utopies face à la réalité des contextes et des évènements vécus par les citoyens.

 ( à partir du document Wikipédia)  " La casuistique est une forme d'argumentation utilisée en théologie morale, en droit, en médecine et en psychologie. Elle consiste à résoudre les problèmes posés par l'action concrète au moyen de principes généraux et de l'étude des cas similaires. Le mot « casuistique » vient du latin casus qui signifie: un événement, ou 'cas' particulier. La casuistique fut utilisée comme une méthode de recherche adoptée dans l'enseignement de la religion et de la psychologie en vue d'inculquer un code moral. Elle fut également adoptée pour l'étude de faits particuliers afin d'aboutir au dégagement de lois générales. Dans notre système de pouvoir, l’enseignement doit arriver à la loi universelle du capitalisme et de la propriété individuelle des moyens de production, de la propriété privée des banques centrales et de la loi fondamentale de la maximisation des profits. Sans oublier le fait imposé par le pouvoir : il n’y a pas d’autres alternatives, surtout pas les exemples des civilisations florissantes organisées en réseaux.

 Appliquée à l'éthique, la casuistique se préoccupe des devoirs de l'homme et du citoyen dans sa vie en société. Les conclusions morales doivent être immuables parce qu'elles sont la déduction de vérités révélées, mais leur application pratique peut varier selon les circonstances. Par exemple dans L' Ingénu de Voltaire, le fait de savoir si la belle Saint-Yves commet un péché en succombant aux avances du ministre Saint-Pouange pour sauver l'Ingénu, relève de la casuistique : il s'agit de déterminer si la pureté de l'intention excuse la faute.

L'art de la subtilité : Comprise comme 'Étude de cas de conscience' la casuistique a surtout été employée par les jésuites. Lors des attaques portées contre eux, on a évoqué leur art subtil de trancher les cas de conscience dans le sens d'une grande liberté personnelle de jugement, facilement comprise par d'autres, notamment les jansénistes, comme 'morale laxiste' en contradiction avec les principes de la théologie morale pouvant aller jusqu'à la restriction mentale, souvent associée aux jésuites ". (source Wikipédia)

Les jésuites ont accordé la priorité aux intentions des êtres humains, à leur capacité de changer eux-mêmes leur manière de vivre. Cette approche correspond au départ à l'utilisation de la première source de savoir, la source individuelle spirituelle. De cette façon les jésuites s'opposeront à l' utilisation des dogmes pour asseoir le pouvoir de la théocratie des papes de Rome tout comme ils seront disgraciés par Louis XIV trop occupé à développer l'absolutisme royal. La casuistique au départ correspond à l'alliance des contraires qui complète le principe de subsidiarité : l'obligation d'adapter la solution optimale aux particularités locales. Cependant les jésuites comme les autres ordres religieux dépendant de la papauté vont développer leurs discours à partir de la Bible et des Évangiles. Le principe de départ est que l'être humain a été créé à l'image de Dieu, que la société et le monde au départ sont à l'image de Dieu et si à cause du péché originel, l'être humain a été déchu du partage de la connaissance divine, il doit la retrouver au cours de son existence humaine en se perfectionnant dans ses attitudes et son savoir humain. Le niveau de la société est donc secondaire pour les jésuites, c'est à chaque être humain, au cas par cas, de se mettre en chemin pour se changer et changer ensuite le monde. A la fin, grâce au perfectionnement de l'être humain, il rejoindra avec les siens cette société à l'image de Dieu surtout après la mort de son corps charnel. Il s'agit donc ici d'une approche incomplète et superficielle sur le plan spirituel même si un pape jésuite s'efforce actuellement de faire reculer le dogmatisme dans l'église catholique romaine et s'intéresse au cas des plus pauvres, au cas des financiers qui corrompent et volent l'humanité, au cas des luttes pour sauver l'environnement et le climat.

L’application des théories et modèles économiques classiques qui sont à la base de la doctrine capitaliste et libérale relève de la casuistique. Ces modèles et théories n’ont jamais fonctionné autrement que comme masque, écran de fumée pour cacher les manoeuvres des maîtres du monde dans leur quête à succès de la domination de l’économie mondiale et de leur enrichissement sans limites à travers principalement leurs banques centrales privées et leur monopole de droit dans la création de la monnaie. Moralement, cette domination des plus riches est inacceptable mais l’argument de la liberté du commerce, de la sacralisation de la propriété individuelle y compris des moyens de production sont autant de cas que l’opinion publique reconnaît comme valables et acceptables. La casuistique est déconnectée de la démarche spirituelle, du développement personnel capable de changer le monde. Il s'agit de partir de cas particuliers sélectionnés par les dirigeants pour faire admettre aux citoyens le fonctionnement du système de pouvoir auquel ils doivent se soumettre. A partir de la liberté individuelle, les théoriciens économiques du capitalisme se sont évertués à développer la théorie de la liberté des marchés qui n'a jamais été vérifiée en réalité et n'a jamais existé. La liberté de la concurrence fait qu'inévitablement et rapidement des situations d'oligopoles voire de monopoles se mettent en place, ce qui correspond bel et bien aux entreprises des dirigeants de la finance internationale pour dominer le monde à travers un gouvernement mondial des plus riches.

La démarche pédagogique actuelle dans la réforme scolaire repose une fois de plus sur ces principes élémentaires : partir de l’observation d’une situation, bien entendue choisie par le ministère ou plutôt par le lobby patronal et libéral auprès du ministère (l’entreprise capitaliste pour ne pas la citer), pour arriver à une synthèse qui aborde le concept qui correspond à la doctrine du champ de référence. C’est évidemment mieux que de dicter et faire apprendre par cœur le catéchisme du capitalisme et du libéralisme. Tous les exemples de cas contraires à la doctrine sont purement et simplement exclus des programmes d’enseignement et ainsi les professeurs dissidents qui les enseigneraient tout de même sont vite repérés. La France a été le dernier pays industrialisé à mettre l’économie dans les programmes du lycée tant cette matière présentait des risques de fomenter des contre-pouvoir pour les dirigeants du système. La casuistique économique a pu se développer avec l’aide d’Adam Smith, de Ricardo, voire même Schumpeter et récupérer au passage les propos utiles de Keynes (en occultant les autres trop contraires au capitalisme). En 2012, le cercle des économistes, porte-parole de la finance dans les média, démontre que l’intégration de l’économie dans les programmes scolaires a parfaitement été maîtrisé par les dirigeants du système de pouvoir et les hauts-fonctionnaires du système d’enseignement. Bref prêcher une idée et faire son contraire pour mieux servir ses intérêts particuliers reste la meilleure pédagogie dans le cadre d’un système de pouvoir.

Mis à part les mathématiques qui sont parfaitement abstraites et neutres sur le plan politique mais dont l’emploi à des fins de sélection des élèves n’est absolument pas neutre, toutes les autres matières à la suite de l’économie sont plus facilement malléable sur le plan de la casuistique, la palme pouvant revenir ces dernière années à l’enseignement de l’histoire dont la dénaturation des connaissances bât des records du genre, justement pour éliminer les personnages et les évènements contraires à l’image que veulent donner les dirigeants de leurs systèmes de pouvoir.

Cette sélection des savoirs à travers une mauvaise utilisation de la casuistique  une fois établie par le pouvoir, la hiérarchisation des disciplines peut se mettre en place. Il ne s’agit pas d’un travail d’encyclopédiste ou d’un métaphysicien, d’un philosophe qui voudrait classer l’ordre des connaissances pour savoir à partir de quelles connaissances plus faciles il faudrait commencer l’éducation pour finir par les plus difficiles. Non. La hiérarchisation correspond à la sélection, si bien qu’il s’agit de connaître bien davantage les lieux où se trouvent les futures élites que les disciplines qu’elles apprennent, surtout que ce sont toujours les mêmes connaissances dont il est question au départ. Bien entendu, selon les lieux, l’interprétation de ces connaissances ne sera pas la même car l’école peut enseigner différemment selon la finalité du pouvoir qu’elle sert. Pour éveiller la conscience de futurs citoyens capables de mener des contre-pouvoirs et de faire avancer une société vers davantage de justice, la contestation de l’autorité autoritaire prendra appui sur l’expérience de Milgram et la mise en évidence de l’état agentique qui représente un risque majeur pour une démocratie. Pour enseigner la soumission librement consentie et l’absence d’une alternative à un système de pouvoir autocratique, oligopolistique, ploutocratique et finalement excessivement injuste et invivable, vous supprimerez ces questions dérangeantes des programmes d’enseignement pour affirmer cyniquement ou avec désinvolture que l’autorité est la capacité à influencer les autres sans être en retour influencé vous-même par eux. Alors que jusqu’ici il était enseigné que la confiance s’établit sur l’acceptation d’influences réciproques, une fois qu’un confort s’est installé dans la communication à partir de la maîtrise de la communication verbale et surtout non verbale dans une relation gagnant-gagnant. L’idéal est que tous les jeunes commencent par apprendre la soumission librement consentie, ensuite, au sein des entreprises, des banques, la direction générale sélectionnera l’équipe qui va lui succéder pour lui apprendre en toute discrétion les ficelles du métier, les ruses de la manipulation, encore que ces connaissances spéciales n’aient pas lieu d’être enseignées à des salariés, même au sommet de l’exécutif. Dans la famille dirigeante, c’est au chef de famille de sélectionner l’enfant le plus apte à cette autocratie manipulatrice pour lui transmettre directement son pouvoir tel qu’il est et devra rester. Comme pour les cadres de direction, le fils de famille devra comprendre que son salaire important ne sera que la contre partie de sa soumission élevée et de son silence démesuré dont il devra faire preuve pour tenir sa place au cœur du fonctionnement du système de pouvoir dont il est un moteur ou un simple rouage comme les autres.

 Les autres, les futurs salariés du système de pouvoir économique, vont alors s’imaginer qu’en suivant telle ou telle filière de formation, ils pourront arriver au sommet de la hiérarchie et gagner suffisamment bien leur vie. Le parcours est semé d’embûches : dans la bonne école, il faut la bonne filière : au départ, il y a les langues, les sections européennes, mais au lycée commence le règne des mathématiques qui va ouvrir les portes des filières de l’enseignement supérieur qui sélectionnent sur les mathématiques jusque dans les sciences humaines. Le but est de trouver la meilleure place possible dans la hiérarchie des fonctions et des postes de travail du système de pouvoir politique, économique et social. Dans cette perspective, le travail en groupe ou en équipe de projet ne correspond pas aux exigences du système de pouvoir et donc il est ignoré dans le système éducatif. Cette lacune va représenter un handicap sérieux pour le développement des réseaux citoyens de vie.

 Le monde de l’entreprise n’est enseigné qu’aux élèves qui ne peuvent plus suivre d’autres étapes de sélection vers l’élite dirigeante. Donc les élèves et leurs parents doivent éviter le plus longtemps possible les formations qui parlent de l’entreprise, celles qui préparent aux professions libérales sont nettement plus attirantes de ce point de vue. Les insuffisances dans des matières principales conduisent ainsi les élèves vers des formations professionnelles manuelles ou intellectuelles et ici encore, plus tard l’élève est ré orienté vers les métiers de l’entreprise, plus il a de chance d’obtenir un travail avec des responsabilités et donc mieux rémunéré. Une véritable course par élimination se met donc rapidement en marche et le système va passer plus de temps à concevoir et administrer des formations pour les élèves qui sont éliminés de la sélection vers les élites dirigeantes. Longtemps, les emplois non qualifiés ou peu qualifiés suffirent à donner du travail à ces jeunes qui devaient quitter les études. Ensuite face à la disparition de ces emplois, le système de pouvoir français est tout simplement le champion d’Europe sinon de l’OCDE pour le chômage des jeunes et des jeunes sortis en échec scolaire ou avec un diplôme insuffisant par rapport à l’évolution des qualifications. Face à ce chômage des jeunes, le système éducatif et de formation a du garder ces élèves pour qu’ils ne fassent pas déjà partie des statistiques du chômage. Ce qui correspond à un autre échec de la mission de sélection dans le système éducatif car comment peut-il y avoir de sélection si les refusés restent parmi les sélectionnés.

 A côté de cette administration de l’enseignement et de la formation par le système de pouvoir, subsistent des réseaux de passionnés pour telle ou telle connaissance ou discipline manuelle ou intellectuelle. Bien entendu parmi eux se trouvent les futurs artistes qui continueront à vivre en marge du système dans des réseaux de toute manière soumis au pouvoir et à l’influence sociale des dirigeants des systèmes de pouvoir. Les artisans ne faisant pas exception à la règle définie par les industriels. L’enseignement privé ou le mouvement associatif prend en compte ces apprentissages, surtout lorsqu’ils sont supprimés pour des raisons d’économies par le système de l’enseignement public.

 Enfin, mettons en avant le cas des formations à l’informatique et la gestion des informaticiens, des électroniciens, des automaticiens. Assurément ils font rarement partie de l’élite dirigeante tant la révolution technologique des nouvelles technologies informatiques de communication justement révolutionne la communication dans les organisations, les entreprises, les administrations et favorise le travail collaboratif, le management participatif et la démocratie directe locale participative. Les dirigeants de nos systèmes de pouvoir veulent bien que leurs subordonnées augmentent la productivité et la compétitivité de l’organisation en utilisant le travail collaboratif sans que l’organisation de leur pouvoir hiérarchique soit remise en cause. Devant ce choix, la solution leur est dicté par leur bon sens : conserver le pouvoir et utiliser les TIC juste pour réduire les coûts mais pas pour changer le système de pouvoir et surtout pas pour développer des contre-pouvoirs capable de mettre en place des organisations en réseaux. Les élites fonctionnent en réseaux d’amis, d’amis de familles bourgeoises amies, d’anciens amis d’écoles prestigieuses, en réseaux de camarades d’affaires qui siègent dans les conseils de surveillance ou les conseils d’administration des uns et des autres ; il est vrai que le téléphone portable suffit alors pour leurs organisations en réseaux, en mafia des affaires et de la politique. Ne pas vouloir investir et développer l’utilisation des TIC pour une véritable compétitivité apportée par des réseaux de production et de distribution des richesses reste alors le moyen basique d’interdire aux citoyens les moyens techniques capables de favoriser leur émancipation par rapport aux systèmes de pouvoir. Nous développerons cette question dans la mission de normalisation des savoirs exercée par le système d’éducation et de formation et bien évidemment lorsque nous développerons les réseaux d’éducation et de formation.

En 2013, la main-mise des dirigeants du système de pouvoir sur l'Éducation Nationale française se précise. Leur priorité est de divulguer l'enseignement de l'économie et de la doctrine libérale. Les élèves et étudiants doivent comprendre qu'ils devront être les parties prenantes d'un processus de production de richesse voué à la compétitivité.

Un Conseil National Éducation Economie (CNEE) vient d’être mis en place par le gouvernement le vendredi 18 octobre 2013. Il est présidé par l’ancien patron d’Air France, Spinetta, fervent partisan et acteur de la privatisation de la compagnie aérienne nationale.

 Ce CNEE a pour objectif « d’articuler les politiques éducatives avec les besoins de l’économie », autrement dit d’assurer la main - mise la plus étroite du grand patronat sur tout notre système d’éducation, de l’école primaire à l’enseignement supérieur et la recherche.

 Le document créateur du CNEE insiste lourdement sur l’articulation entre la refondation de l’école et le redressement économique par la… « compétitivité ».

 Il veut pour cela confier  aux régions l’articulation entre les bassins d’emplois et les besoins éducatifs. En clair, il s’agit de soumettre étroitement tout l’enseignement aux seuls besoins de la production et des services capitalistes, ceci dans un contexte de concurrence acharnée entre les groupes monopolistes à l’échelle internationale. Cette mise en conformité étroite de la formation aux besoins du patronat est vraie pour le « tout venant » des couches populaires.

 Pour les enfants des couches dirigeantes il y aura toujours les écoles adéquates pour les préparer à leur rôle de futurs dirigeants.

Ce CNEE n’est donc qu’un outil de plus pour que le capital intervienne encore plus directement dans la formation des salariés. La composition du comité ne laisse planer aucun doute sur la volonté du patronat d’investir le terrain. Outre Spinetta, on y rencontre deux dirigeants importants du patronat français : Roubaud Président de la CGPME (1) et Gattaz Président du Medef. Au niveau des confédérations syndicales, on y trouve le secrétaire général de la CFDT, Berger, et celui de la CGT, Le Paon. Adeptes tous deux  du « dialogue social », ils vont préparer avec le patronat la mise en œuvre de ce mauvais coup.

source : http://comite-pour-une-nouvelle-resistance.over-blog.com/article-l-education-nationale-livree-aux-entreprises-capitalistes-120863554.html

http://www.parti-socialiste.fr/articles/vincent-peillon-installe-le-cnee-pour-resouder-les-liens-entre-lecole-et-lentreprise

 

 La sélection des élèves et des élites :

 La qualité de la sélection des élites repose fondamentalement sur la capacité de reproduction sociale des élites dirigeantes. Ce qui est une assurance de conformisme inné et de soumission librement consentie naturelle (sauf peut-être dans les mois qui précédèrent mai 1968).

 Certaines écoles d’ingénieurs comme Arts et Métiers sont réputées pour la qualité de « l’usinage » de leurs étudiants afin d’obtenir une copie conforme à la sortie du moule, y compris jusque dans le longueur des poils de la barbe. Cette exigence se justifie car ces ingénieurs vont devenir les experts dans la direction des usines et des ateliers et il seront la fidèle courroie de transmission entre le propriétaire de l’usine et les ouvriers, y compris les ouvriers syndiqués. Personnellement nous avons apprécié de travailler avec quelques uns d’entre eux car au moins ils avaient appris la qualité de l’écoute même si au niveau de la prise de décision, en l’absence du « patron », ils étaient nettement moins à l’aise. Pour l’école Polytechnique, la sélection ardue à partir des disciplines scientifiques peut poser ensuite problème lorsque l’étudiant brillant en mathématiques et physique chimie va découvrir subitement le monde réel dans lequel il devra endosser l’habit de haut dirigeant. Comme le fait de naître bourgeois n’est pas un gage de dons en mathématiques, un gage de maîtrise dans la culture de la soumission librement consentie aux maîtres du monde et au système capitaliste, à la logique cynique des propriétaires des banques centrales privées et à leur monopole scandaleux dans le création de l’argent dette, il est fréquent que des dissidents se manifestent.

 En guise d’exemple, nous conservons cette remarque avisée d’un docteur en physique-chimie de l’Université de Paris, membre du conseil scientifique de notre groupe industriel, qui soulignait le degré d’évaporation des Polytechniciens de Palaiseau dans les ordres monastiques. Il n’était pas question de discuter du niveau de soumission dans les élites républicaines ou dirigeantes d’entreprise et le niveau de soumission dans un ordre monastique. Il était plutôt question du renoncement au prestige de l’élite dirigeante. Notre docteur en physique-chimie s’intéressait de son côté plutôt au prestige du scientifique et du chercheur qui trouve des brevets fabuleux. Son équipe venait de mettre au point une innovation mondiale dont les applications en mesures et en géo positionnement à partir des satellites allaient se multiplier et se banaliser, après avoir quasiment été dévalisée par notre partenaire américain (mais c’est de l’intelligence économique orchestré par la NSA). Cohérent dans son attitude, ce dirigeant aimait bien soigner son image de chercheur désintéressé, au relationnel franc et chaleureux mais aussi à l’attitude dissidente, anticonformiste voire franc-tireur. Bref il avait sa place particulière et quasiment unique dans l’équipe de direction, les autres étaient effectivement bien plus conformistes que lui… et déposaient moins de brevets avec leurs équipes. Les collègues de travail X-Télécoms de notre département avouaient sans difficulté qu’ils étaient restés fidèles à leur engagement d’étudiant et qu’ils étaient bien au service de la réussite scientifique du pays, pas comme une bonne moitié de leurs promotions qui avait été attirée par les cabinets ministériels et le songe d’une carrière politicienne. Ceux-ci étaient les mauvais élèves de l’école même s’il traitaient leurs camarades partis dans les entreprises avec dédain au vu du peu de lustre de leurs responsabilités scientifiques ou managériales. Dans le groupe, il n’était pas rare qu’un X passé par l’ENA et un cabinet ministériel soit ponctuellement parachuté à la direction d’un département ou d’une fonction de management comme les ressources humaines. La situation n’était pas que cocasse, le mépris apparent des uns envers les autres était pitoyable mais aussi alarmant sur le niveau de compétences ou tout simplement sur le niveau intellectuel de ces hauts dirigeants de nos entreprises et de la fonction publique. Ils restaient incapables de travailler ensemble et donc et surtout de définir un projet industriel capable de tirer le développement du groupe, voire du pays.

 Un exemple : en 1991 à Sophia-Antipolis, nous admirions les écrans plats à cristaux liquides et l’affichage en écran partagé des données du système de commande des futurs SNLE. Les brevets provenaient du rachat de RCA en 1988 et les salles blanches de Saint Egrève venaient de nous livrer ces équipements, probablement les premiers écrans plats de cette dimension fabriqués en Europe. Pourtant la France, par incompétence de ses hauts dirigeants, ne saura pas concrétiser cette réussite technologique en mettant en place une industrie performante des écrans plats LCD et plasma. Dans les années 1995, l’idéologie dominante et le catéchisme récité par les dirigeants politiques étaient la privatisation des entreprises nationalisées ( taxées d’être des gouffres financiers alors que l’état ne savait ou ne voulait pas financer la recherche dont les entreprises paternalistes ne voulaient pas). Le même dirigeant, Thierry Breton, va cumuler deux erreurs monumentales : la mise à l’écart de la technologie des écrans plats, l’acceptation de l’OPA hostile de Mittal sur Arcelor. Deux grandes industries vont ainsi en quelques mois échapper au pouvoir de décision des autorités françaises. Les plans de licenciements et les fermetures d’usines suivront bien entendu ces échecs politiques. Aujourd’hui l’explication de ces échecs repose sur le manque d’audace, de courage, l’incapacité à nouer des alliances compétitives, bref les deux limites et insuffisances enseignées dans notre système de formation : le conformisme et le respect de la pensée unique qui dédaigne l’innovation susceptible de tout remettre en cause, la réussite personnelle et l’incapacité à travailler ensemble pour ne pas menacer le sommet de la hiérarchie. Parvenir au rang de ministre et être incapable de travailler ensemble à un projet industriel porteur, être incompétent dans le domaine des nouvelles technologies et ne pas écouter les experts et les scientifiques, voilà un des résultats de la sélection des élites françaises. Par contre, pour un dirigeant de l’oligarchie financière anglo-saxonne, le résultat est probant et conforme à sa stratégie : ne pas produire en Europe mais prendre les brevets en Occident pour produire en Chine des produits de haut niveau de technologie qui seront ensuite vendu aux USA par Wall Mart, le numéro un mondial de la distribution qui réalise ainsi des marges bénéficiaires énormes tout en ayant des prix de vente abordables pour les consommateurs américains ou européens. Toutes ces sociétés de production et de distribution sont alors aux mains des sociétés d’investissements gérés en dernier lieu par les familles de banquiers installés au pouvoir depuis des siècles. D’autres exemples tout aussi fâcheux sont disponibles. Que dire de plus sur nos élites françaises ?

 La reproduction sociale des élites à partir de la bourgeoisie industrielle ou commerçante s’accompagne inévitablement d’une hiérarchisation des classes sociales à partir des niveaux de diplômes et des écoles. Nous avons vu que le style de direction paternaliste de nos entreprises familiales qui ont conservé, du fait de leur faible taille au niveau international, le pouvoir de direction sans le confier comme dans les autres pays, à des équipes d’experts en gestion et en management, s’accompagne d’un faible niveau de promotion interne à des responsabilités de direction. De même la gouvernance d’entreprise déplore le cumul des fonctions dans le statut de PDG. Le blocage de la société française repose sur cette hiérarchisation stricte et rigide qui s’est poursuivie depuis l’Ancien Régime malgré l’utilisation par le pouvoir des mythes républicains et des utopies plus ou moins sociales.

 Cette hiérarchisation se poursuit grâce à l’utilisation d’un moyen d’influence sociale, la soumission librement consentie. A travers les redoublements des élèves les plus en difficultés, le système scolaire participe grandement à cette influence sociale de domination.

 Le coût de l’organisation des examens, des devoirs, des corrections, des redoublements est considérable mais il correspond à l’exigence d’un haut niveau de sélection quasi quotidien. Le coût global d’un redoublement d’un élève de Seconde est évalué à environ 29 900 euros/an au lieu des 6 400 € prévus soit un écart de 23 500 €, c’est à dire le coût d’une année supplémentaire de scolarisation (8 470 $ soit 6 400 €) auquel s’ajoute à la fin des études le salaire (SMIC) annuel perdu ( 17 100 €) : Au niveau global, le coût des redoublement en France est estimé à plus de 2 milliards uniquement au niveau de la scolarisation.

 Document 1 : La  France : championne des pays de l’OCDE pour le redoublement

La France est connue pour ses taux élevés de redoublement, mais comment se situe-t-elle par rapport à ses voisins ? La statistique que je vous présente dans cet article est extraite de l’enquête PISA 2009 (pour plus de précisions, consulter le Volume IV du rapport, Chapitre 3). Dans cette enquête, il était demandé aux élèves de 15 ans d’indiquer s’ils avaient déjà redoublé au primaire, au collège ou au lycée. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, 13 % des élèves de 15 ans ont répondu qu’ils avaient déjà redoublé au moins une fois. En France, plus d’un élève sur trois affirmait être dans ce cas (38 % pour être exact).

Il s’agit d’un record absolu, sans compter que ce chiffre serait encore bien plus élevé si on mesurait les taux de redoublement à 18 ans (c’est-à-dire en couvrant l’ensemble du lycée).

La décomposition par niveau d’enseignement se fait comme suit : 17.8 % des élèves de 15 ans ont redoublé au moins une fois une classe du primaire en France (contre 7 %, en moyenne, dans les pays de l’OCDE), tandis que 23.5 % des élèves interrogés ont connu la même mésaventure au collège (contre 6 %, en moyenne, dans les pays de l’OCDE). On obtient un total supérieur à 38 % car certains élèves de 15 ans ont pu redoubler à la fois au primaire et au collège.

En 2009, le coût du redoublement a ainsi été chiffré à 2 milliards d’euros par an par le ministère de l’Éducation, une somme conséquente, surtout en période de crise économique. À titre indicatif, une année d’étude supplémentaire représente pour le système d’éducation un coût d’environ 5 500 euros par élève du primaire et 8 000 euros par collégien.

En France, les élèves qui redoublent en sont souvent informés bien avant la fin de l’année scolaire. Leur motivation s’en voit alors diminuée et leur retard ne fait que s’accumuler, le soutien scolaire étant peu développé au sein des établissements. Pour certains d’entre eux, ils feront face aux mêmes difficultés l’année suivante, mais un peu plus tard dans l’année scolaire. En outre, cette perte de motivation peut se traduire par des problèmes de discipline. En France, 56 % des élèves de 15 ans évalués dans l’enquête PISA indiquent ainsi « qu’il y a peu de cours, voire aucun, où le bruit et l’agitation n’affectent pas l’enseignement » (contre 68 %, en moyenne, dans les pays de l’OCDE).

http://educationdechiffree.blog.lemonde.fr/2012/10/24/le-redoublement-nameliore-pas-la-performance-des-eleves-en-general/

 document 2 :

Coût par élève et par niveau d'enseignement en équivalent dollars (2005)

 

Primaire

Secondaire

Supérieur

Allemagne

4 540

7025

11 000

France

5 030

8 470

9 280

Italie

7 230

7 570

8 640

Royaume-Uni

5 150

6 505

11 820

Espagne

4 590

6 010

8 020

Suède

7 145

7 400

15 715

Japon

6 120

6 950

11 720

Etats-Unis

8 050

9 100

20 545

Moyenne pays O.C.D.E.

5 310

7 000

10 655

Source : Les notices de la Documentation française, "Le système éducatif en France", 2006.

Dépenses moyennes par élève et par étudiant en France (2007)

Niveaux d'enseignement

Effectifs

Dépense moyenne par élève (euros)

Dépense globale
(milliards d'euros)

Enseignement pré-élémentaire

2 569 300

4 970

12,8

Enseignement élémentaire

4 033 000

5 440

22,0

Collège

3 143 000

7 930

24,9

Lycée général et technologique

1 527 800

10 240

15,6

Lycée professionnel

813 100

10 740

8,7

Classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE)

81 000

13 880

 1,1

Source : Ministère de l'éducation nationale, "Repères et références statistiques", 2009.

Ces dépenses correspondent surtout à des dépenses de personnel.

Les écarts résultent des différences de taux d'encadrement (nombre d'élèves par classe), de statut des enseignants, des caractéristiques de chaque type d'enseignement (les dépenses de fonctionnement matériel sont par exemple plus importantes pour les formations techniques). N.d.l.r., pour les sections techniques tertiaires, les dépenses de matériel informatiques payées avec la taxe d'apprentissage (avant sa suppression) servent en réalité à l'ensemble des sections du lycée générale qui utilisent ces équipements.

http://www.education.gouv.fr/cid11/le-cout-d-une-scolarite.html

 

L’idée du gouvernement actuel est d’économiser 2,5 milliards sur 5 ans soit environ le quart de cette dépense pour financer d’autres mesures de facilitation sociale (tutorat, aide personnalisée, compagnonnage…) en faveur des élèves en échec scolaire et accessoirement pour financer le relèvement des salaires des enseignants et leur élévation du niveau des compétences, ce qui logiquement devrait entraîner aussi des effets sur la réduction des échecs scolaires.

 Le redoublement a également une conséquence non négligeable sur l’orientation ultérieure des élèves. L’élève qui a redoublé va choisir une filière courte de formation, souvent une formation professionnelle par défaut en fonction des possibilités locales sans que cette orientation corresponde forcément à un projet professionnel mûrement réfléchi.

 document :" Les élèves qui ont redoublé ont, en moyenne, des résultats inférieurs à ceux qui n’ont pas redoublé, au cours de leur scolarité. En fin de 3ème, ils sont, pour 80% d’entre eux, majoritairement orientés vers des études courtes. Toutes les recherches disponibles, étrangères et françaises convergent vers la même conclusion : le redoublement n’est pas une seconde chance."

http://www.assural.com/www/Joomla-1-5-15e/index.php?option=com_content&view=article&id=116:non-au-redoublement-a-lecole-&catid=35:news&Itemid=86

 Cette orientation vers un raccourcissement des études pour compenser un ou plusieurs redoublements va poser un problème de structure dans l’offre de formations en maintenant en trop grand nombre des formations de faibles niveaux de qualifications par rapport à l’évolution des emplois. C’est particulièrement le cas des formations de niveau bac professionnel dans la filière de formation tertiaire. Les élèves démotivés, aux comportements déviants et insupportables, qui ne veulent pas en plus s’engager dans un métier manuel, sont en général mis dans ces formations qui ne correspondent plus aux emplois à bac +2 ou bac +3 du tertiaire. Comme aucun emplois ne les attend après le bac et la crise rendant ces possibilités encore plus faibles, ces élèves sont envoyés dans l’enseignement supérieur, en principe des BTS tertiaires, où ils sèment aussitôt l’épouvante devant leur manque de pré requis en rédaction et compréhension de texte, en calculs de gestion, langues, économie, etc.

Le plan Education 2000 prévoyait la réduction de 25% à 5% des formations de niveau CAP/BEP. Cette réduction n’a pas eu lieu ou alors à un niveau insignifiant : ces formations, avec le même public d’élèves sont passés au niveau Bac professionnel en 4 ans au lieu de 5. L’arrivée massive de ces élèves dans l’enseignement supérieur professionnel à côté des étudiants sortants des lycées oblige ces derniers à choisir des formations supérieures « protégées » des étudiants « indésirables » car au niveau trop faible et aux comportements indisciplinés qui n’ont pas changé depuis des années et souvent depuis l’année de leur redoublement. Tous ces comportements la plupart du temps logiques par rapport à ce contexte sélectif, aboutissent à des réflexes d’auto sélection, à une limitation de ses ambitions, à une soumission à une orientation vers des emplois pas aussi qualifiés que ses capacités manuelles ou intellectuelles le permettraient pourtant. C’est une manière de rentrer « à la niche », d’accepter une place quelconque dans l’organigramme du système, de rester assigné à résidence comme l’indique Pierre Legendre. La mission de sélection est alors un succès pour les dirigeants du système : ils sont réussi à développer leur vaste entreprise de conformisme, à écarter les menaces de dissidences et de révolte et ils peuvent pousser leurs ambitions cyniques à vouloir exiger davantage  pour être encore plus compétitif et performant : la soumission librement consentie, celle des élites sélectionnées à travers la reproduction sociale et qui doit devenir le groupe de référence pour le reste des citoyens.

 Pour terminer notre développement sur cette question du redoublement, nous revenons sur la stratégie affichée par les dirigeants libéraux actuels du système de pouvoir. Ces dépenses d’examens, de notation et de redoublement sont pour eux inutiles car la sélection dont ils ont besoin ne concernent pas cette jeunesse issue des classes de la population peu favorisées. Au contraire, supprimer les redoublements et les instruments de sélection, correspond certes à des mesures non négligeables d’économies mais aussi ces mesures sont le ferment de la décomposition du système éducatif et de formation pour laisser ces populations dans l’ignorance et dans l’incapacité de contester ou de s’affranchir de leur domination. Les exemples des pays qui réussissent le mieux leur mission d’éducation sans utiliser la sélection à partir des notes, des redoublements, sont souvent cités en exemple pour appuyer cette stratégie sauf que nos dirigeants oublient volontairement de préciser que ces pays sont nettement moins des systèmes de pouvoir autocratique et centralisé et qu’ils utilisent bien mieux des fonctionnement d’organisations en réseaux en déléguant le pouvoir de décision au niveau local à travers la pratique de la démocratie directe participative. Chaque école peut alors en fonction de son contexte adapter son enseignement à son public d’élèves et ceci année après année puisque chaque classe est réellement différente l’une de l’autre. Ainsi tous réussissent. Au lieu de donner la priorité à la sélection, ces pays donnent la priorité à la facilitation sociale, justement comme dans les réseaux d’éducation et de formation. Actuellement ce discours fallacieux se propage en France : abandonner les instruments de sélection pour les élèves qui sont déjà sélectionnés pour ne pas faire partie des futures élites tout en maintenant fermement notre système de pouvoir. Cette stratégie est très néfaste et constitue un handicap supplémentaire pour notre mouvement et le développement des réseaux citoyens de vie car l’effort de facilitation sociale nécessaire pour réaliser ce changement de civilisation devient encore plus important.

document : la formation des élites au Royaume-Uni, pays qui adopte l'idéologie libérale : extraits

Publié le 20 novembre 2013 à 07h00 |

Éducation au Royaume-Uni: l'ascenseur social en panne

(Londres) L'ex-premier ministre conservateur John Major trouve «choquant» que les élèves passés par les écoles payantes dominent les sphères de décision anglaises. Il appelle à aider les enfants moins favorisés à réussir.

Preuve du poids des écoles privées, les universités d'Oxford et de Cambridge, considérées comme les deux meilleures du pays, ont décidé de se fixer comme objectif d'accueillir en première année 62% d'élèves issus d'écoles publiques gratuites. L'année dernière, ceux-ci représentaient 63% des inscrits. Les écoles privées, qui n'enseignent qu'à 7% des élèves, occupaient donc 27% des places de ce qui est aujourd'hui considéré comme la voie royale pour atteindre les sommets professionnels.

7 % des élèves...

« Un tiers des parlementaires, la moitié des médecins expérimentés et plus des deux tiers des juges de la Haute cour de justice sont sortis des écoles privées, qui n'éduquent pourtant que 7 % des enfants de notre pays », assure Alan Milburn, ancien ministre travailliste et actuel conseiller du premier ministre David Cameron sur la question de la mobilité sociale.

http://www.lapresse.ca/international/europe/201311/19/01-4712342-education-au-royaume-uni-lascenseur-social-en-panne.php

 

 La sélection des ressources humaines :

 Pour le personnel de la fonction publique, la sélection repose sur les concours. Les avantages et inconvénients de cette formule de recrutement sont connus. Ils sont cohérents avec la stratégie déployée : la sélection s’opère à partir des connaissances enseignées dans le système de formation et le critère d’évaluation est la stricte observance de ce savoir sélectionné par le pouvoir, sans y ajouter ses idées personnelles dont le système n’a que faire et sans bien évidemment se mettre à contester ces connaissances voire, pire, en proposer d’autres même si elle sont soutenues par une argumentation logique toute aussi cohérente. Bref, il faut passer sous les fourches caudines comme au temps des légions romaines et du système de pouvoir militaire romain qui détruisit les civilisations organisées en réseaux telles que la Grèce et l’Égypte, sans oublier les Celtes (sauf ceux qui se réfugièrent au delà du Septentrion ou dans un village breton...). Les meilleurs élèves ont l’habitude de se conformer à ces connaissances académiques et ont adopté l’art de la casuistique consciemment ou « à l’insu de leur plein gré » en toute soumission librement consentie. La transmission de ces connaissances académiques reste primordiale, aussi la preuve de leur respect par les candidats doit-elle suffire à leur recrutement. Du moins à travers les épreuves écrites. Lors des épreuves orales, ce sont les professeurs agrégés, réputés les meilleurs des meilleurs en connaissances académiques et souvent uniquement en connaissances académiques, qui sont chargés d’évaluer les candidats non plus prioritairement sur les connaissances académiques mais sur leur profil ou leur possibilités de devenir de bons professeurs académiques. Donc les candidats qui ne correspondent pas au profil type du futur bon professeur vont être écartés : aussi bien les excellents étudiants qui tout en sachant ruser avec les connaissances demandées ont développé des idées personnelles qui parce que personnelles sont justement dissidentes. De même les candidats très motivés qui sont entreprenants et veulent apporter enfin des progrès dans le système éducatif qu’ils ont déjà trop subi, devront être également écartés car ils vont déranger et menacer l’ordre hiérarchique, en tout cas, ils ne vont pas se contenter d’enseigner la soumission librement consentie mais vont assurément emprunter la voie de la libération des êtres humains et utiliser le savoir interdit pour construire des enseignements qui seront alors cette fameuse arme puissante capable de changer le monde ! Horreur ! Seront écartés également des candidats qui se seront aventurés dans des emplois en entreprises ou dans des administrations : ils n’ont pas eu la vocation originelle de l’enseignement et viennent se réfugier dans des postes d’enseignants. Ce sont soit des perdants incapables d’assurer la victoire du système d’enseignement, soit des futurs traîtres au système car ils auront appris sinon compris qu’une entreprise possède d’autres modes de gestion et de management et qu’elle n’utilise pas de connaissances académiques mais qu’elle construit son propre savoir à partir de ses partenaires, de ses clients et de son environnement. Ceci est également contraire au fonctionnement académique du système d’enseignement.

 Une fois recruté, le jeune professeur se heurte à une autre forme de sélection : il doit prendre les postes, les emplois du temps, les matières, les classes, les établissements, les académies que les professeurs plus anciens ne veulent pas. Les arguments sont toujours les mêmes : pénibilité des élèves, des horaires, éloignement. C’est une manière d’améliorer ses conditions de travail et d’être moins épuisé à la tâche, surtout que le salaire reste modeste et augmente peu. Très vite, cette sélection prend des dimensions redoutables. La plupart des jeunes professeurs se retrouvent durant plusieurs années face à des situations difficiles où leur autorité face à la classe est mise à mal si elle existe encore tant soit peu. Nous nous trouvons ici au carrefour de deux sélections : celle qui place les élèves en difficultés scolaires ou en manque de discipline dans des classes, des filières, des établissements destinés à les garder dans le système de formation et celle qui sélectionne les professeurs sur leurs connaissances académiques et une personnalité idoine susceptible d’en faire de bons « agents agentiques » du système. C’est comme assembler l’air et le feu tout en cherchant à éviter le moindre incendie. Bien entendu, grâce notamment au reste de l’équipe pédagogique, à la présence d’une équipe de direction solidaire avec les enseignants et capable d’exclure les élèves impossibles à maintenir dans le système, un certain nombre de ces jeunes professeurs vont survivre à ces rites initiatiques détestables et scandaleux. Il n’empêche que tout ceci a des conséquences sur la baisse des candidatures au concours et le nombre de démission de jeunes professeurs au point que la relève n’est plus assurée et que le remplacement des professeurs n’est encore possible qu’à travers des recrutements de contractuels qui n’ont réussi aucun concours et n’ont en général aucune expérience réelle. Une fois de plus comment justifier cette sélection alors que les refusés à cette sélection ou ceux qui n’ont pas voulu se présenter à cette sélection, viennent finalement compléter les équipes pédagogiques. La stabilité de l’emploi et la différence de salaire ne suffisent pas à apporter des arguments convaincants sur la pertinence du fonctionnement de ce système éducatif et de sa mission de sélection. La réponse de la doctrine libérale est connue : supprimer les concours et ne gérer que des professeurs contractuels si possible à durée déterminée... car on ne sait jamais et les rectorats ne disposent pas d'une gestion prévisionnelle des effectifs et encore moins d'une gestion des ressources humaines même si certains fonctionnaires gèrent les rémunérations et les formations, les frais de déplacement et surtout la gestion des postes, technique comptable archaïque qui aboutit à des résultats ubuesques : supprimer des postes et payer des enseignants à ne rien faire sinon rester à la maison. Nous reviendrons sur ces points lorsque nous verrons la gestion des moyens dans le cadre de la mission de normalisation sociale.

 Cette sélection s’accompagne d’une hiérarchisation minutieuse du corps enseignant. En complément de la classification professionnelle, les enseignants, comme pour établir une symbiose avec leur système sélectif et la hiérarchisation des disciplines (établie à partir des coefficients aux examens de fin de cycle), créent d’autres signes de hiérarchisation : celui (ou celle) qui est bien vu des élèves, de la direction d’établissement, souvent parce qu’il met en place des projets pédagogiques même si la plupart se limitent à des sorties scolaires. Celui qui fait beaucoup de devoir, qui intervient souvent dans les conseils de classe, celui que l’on ne voit jamais en salle des professeurs, celui qui sait utiliser la photocopieuse, les vidéo projecteurs, etc., la liste peut être volumineuse sans oublier celui qui dépense énormément d’énergie pour rendre passif et calme ses élèves, celui qui reçoit toujours les classes où sont inscrits les meilleurs élèves, celui qui n’arrive pas à maîtriser constamment sa classe justement parce qu’y sont regroupés tous les élèves perturbateurs pour que justement les autres classes puissent être plus calmes et studieuses. Le collègue qui passe son temps à rendre passif sa classe avec un comportement autocratique et dont le résultat visible est que les élèves dans le cours suivant se rattrapent en étant particulièrement ingérables... Le problème est, comme toujours, que cette hiérarchisation est stricte et rigide comme dans tout bon système, ce qui va conduire un certain nombre d’enseignants placés dans des situations difficiles et défavorables à ne pas être reconnu valablement lors des inspections ou des notations et les élèves qui vont sentir ces difficultés vont en profiter pour en rajouter et s’amuser à déstabiliser ces enseignants. Le système sait pertinemment qu’il a mis en place des classes et des places « ingérables » pour soulager le reste du système, il ne va donc pas intervenir pour améliorer la situation de ces cas particuliers. Ce sont ces "bons samaritains", ces "sacrifiés", ces enseignants perdus dans le désert de l'ignorance et de la médiocrité qui vont se charger de faire tourner la machine, le système dans ses rouages les plus compliqués et les plus absurdes au risque professionnel majeur d'y perdre leur santé après avoir déjà perdu depuis longtemps leur motivation et leurs ambitions. Mais tous les rouages du système fonctionneront...

 Ces dernières années avec la perte d’image de marque et de notoriété favorable pour le système de formation, la sélection des personnels de direction se dégrade elle aussi. Conformément à la tradition sélective, la nomination se fait très jeune sur la base des concours, une fois le concours de l’agrégation obtenu. A partir de ce moment deux possibilités existent : le jeune dirigeant à des qualités personnelles et relationnelles qui lui permettront d’éviter l’utilisation d’un management autocratique et paternaliste ou alors, démuni face à ses responsabilités, il se repliera sur le modèle de base du management, le modèle militaire et comme à l’armée, il entreprendra sa carrière en faisant valoir ses exploits autocratiques, sa diplomatie envers la haute administration, la science avec laquelle il va étouffer les situations divergentes et s’approprier les mérites de son équipe ; bref, il deviendra un parfait carriériste marchant sur les dépouilles de ses opposants ou de ses concurrents en sabordant le climat social et le moral des équipes pédagogiques d'établissements en établissements dans lesquels ces incapables en management sévissent. Cet esprit carriériste et politicien s’épanouit davantage dans l’enseignement supérieur : les équipes de direction sont alors élues par leurs pairs et les clivages hiérarchiques, les appartenances à telles ou telles catégories, disciplines, établissements prennent alors des importances démesurées où l’orgueil et les vanités supplantent le corps des connaissances et des expertises individuelles. Aucune synergie n’est alors possible en management et c’est le règne des gaspillages des énergies, des bonnes volontés et souvent également des moyens matériels et financiers. Une fois de plus, nous sommes confrontés à l’incompétence dans le travail de groupe pour monter des équipes de projets performants et à l’insanité des combats de chefs, petits chefs, grand chefs, despotes autocrates, manipulateurs, harceleurs…

 Rares sont les équipes pédagogiques capable de mener des projets innovants, performants pour utiliser au niveau de leur influence, la facilitation sociale, la persuasion et s’organiser en minorités actives pour faire évoluer ou au moins bouger de quelques pas le système éducatif et de formation. Leurs exploits portent essentiellement sur les changements de comportements des élèves. Ces équipes arrivent à les re motiver, à les calmer, à leur apprendre les bases des connaissances indispensables dans nos sociétés. Il s’agit d’un véritable travail d’abnégation tant le système de pouvoir continue de peser lourdement sur sa sélection des élites et tant ces équipes pédagogiques n’ont aucun poids pour contre carrer cette politique. La solution est plutôt de fonder des écoles « non académiques », des écoles Montessori, des écoles Célestin Freinet ou la révolution par l’école, ou d’autres, pour éviter la pression délirante des pédagogistes du système éducatif qui n’arrive pas à se contenter de la casuistique basique pour mettre en place des réformes dont le seul but ou les seules conséquences visible sont d’accentuer toujours plus les sélections et les échecs au niveau des élèves.

 la sélection des moyens

il s’agit de prendre en compte ici uniquement le sélection des moyens pour favoriser la sélection des élites. Nous reverrons la question des moyens accordés au système éducatif lors de sa mission de normalisation sociale. Il y a deux grandes questions en débat : les moyens accordés à l’école primaire et ceux accordés aux classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE). Nous verrons le cas de l'école primaire dans la normalisation sociale et restons ici sur les CPGE et les grandes écoles.

 L’indicateur disponible le mieux connu est celui des classes préparatoires aux grandes écoles. Nous utilisons dans un premier temps un document :

 " En 2006, le ministère de l'éducation nationale a dépensé 14 250 euros par étudiant en classes préparatoires aux grandes écoles, la moyenne étant de 9 280 euros par étudiant du supérieur en France, et 10 655 pour les pays de l'OCDE7. Ces dépenses correspondent surtout à des dépenses de personnel. Les écarts résultent des différences de taux d'encadrement, celui-ci étant plus important en CPGE.

 Les CPGE sont la cible de nombreuses critiques.

Il leur est d'abord reproché d'être un moyen de discrimination sociale dans la formation et la sélection des élites : il y avait par exemple deux fois moins d'enfants de classes populaires dans les grandes écoles en 2000 qu'en 1970. Il en est d'ailleurs de même dans tous les seconds cycles universitaires. De plus, si 5 % des élèves sont issus du milieu ouvrier et 51,9 % sont issus du milieu « professions libérales et cadres supérieurs »9, on compte aujourd'hui 30 % de boursiers en classes préparatoires (rentrée 2011).

Les classes préparatoires ont pu être accusées de déstabiliser certains élèves faibles psychologiquement10,11.

De plus, le contenu de l'enseignement est très critiqué. En classe préparatoire aux écoles d'ingénieurs, les étudiants doivent étudier la physique, la chimie, les mathématiques, le français et une langue vivante de leur choix. Les mathématiques enseignées sont souvent très théoriques et peu utiles dans le métier d'ingénieur. Certains professeurs pensent aussi que l'apprentissage est trop rapide et pas assez approfondi12.

Enfin, le coût pour l’État représenté par les élèves des classes préparatoires est 50 % plus élevé que celui des étudiants en université française, pour lesquels les investissements sont légèrement en dessous de la moyenne de ceux des pays de l'OCDE1 "

http://fr.wikipedia.org/wiki/Classe_pr%C3%A9paratoire_aux_grandes_%C3%A9coles

 Sans épiloguer sur ces critiques des classes prépa, nous retenons 3 points significatifs :

 Tant que le recrutement reste limité à des candidats issus du système éducatif et de formation français, il y a une certaine égalité mais dès que des candidats étrangers ou des candidats français qui ont été dans d’autres écoles privées qui utilisent des approches éducatives différentes, certains ont du souci à se faire surtout s’ils n’arrivent pas à dévoiler leur personnalité sous le manteau épais du conformisme qu’ils ont si bien cousu tout au long de leurs études dans la stricte observance des règles académiques qui ne conviennent qu’à un système éducatif étroitement dépendant d’un système de pouvoir… et à rien d’autre.

 

 Nous avons bien conscience que les situations prises ici comme cadre de référence ne se prêtent guère à un exercice de casuistique nous conduisant droit vers la doctrine capitaliste et libérale. Les élèves, étudiants, collègues rencontrés avaient fini par aimer leur travail mais ils n'étaient pas dupes. A ce moment là, je n'arrivais pas également à mettre des mots sur cette situation étrange et inconfortable comme aujourd'hui. Il restait une part de mal vivre, un indicible qui gâchait le sentiment d'un bonheur durable car si notre place pouvait nous convenir, le fonctionnement du système de pouvoir nous interrogeait et nous préoccupait. Il ne tournait pas rond et à Sophia-Antipolis, il suffisait de constater comment le parc était dirigé par les politiciens et les élus du coin pour revenir aussitôt à des réalités triviales et infâmes. Aujourd'hui, le poète n'a que faire de la casuistique des pédagogues au service de la manipulation des citoyens. Ce que nous avons vécu au milieu d'eux, ce qu'ils nous ont dit, montré, indiqué nous sert également de base pour oeuvrer au développement de nouveaux réseaux citoyens de vie.

Le bilan que nous pouvons tirer des classes préparatoires et des grandes écoles peut aussi servir de bilan pour l’ensemble de cette mission de sélection dans le fonctionnement du système éducatif et de formation. Certes, cette sélection fonctionne d’une manière rigoureusement académique mais mis à part ce prodige, à quoi sert-elle ? Nous l’avons vu, elle sert avant tout au système de pouvoir lui-même pour reproduire les élites dont il a besoin dans sa stratégie de domination des populations et développer un niveau suffisant d’influence sociale à base de normalisation, de conformisme, de soumission autoritaire, de soumission librement consentie afin de manipuler les populations dans le but qu’elles adoptent une attitude de passivité et de soumission, d’obéissance. Nous sommes le seul pays européen à utiliser toujours et d'une manière quasi exclusive les classes préparatoires aux grandes écoles dans une mission de sélection des élites. Pour une entreprise internationale, nous l'avons dit, les classes préparatoires sont plus un obstacle à surmonter qu'une aide efficiente dans la formation des jeunes cadres et des experts ou des managers. Au vu du blocage de la société française, de la diffusion éhontée de la pensée unique neo libérale, de l’accroissement des inégalités et de la montée des peurs fabriquées à coups d’ignorance et de valeurs individualistes, le système de pouvoir atteint ses objectifs à travers les résultats flatteurs sur ces points de son système d’éducation et de formation. Les minorités actives capables de nous faire quitter ces systèmes de pouvoir pour de nouvelles organisations en réseaux sont peut-être présentes dans le débat de société actuelle mais elles restent tellement mises à l’écart, occultées par les média aux ordres des dirigeants du système, que le combat sera rude. Il est également rude car cette mission de sélection originelle se cache sous le voile des deux autres missions dévolues au système d’éducation et de formation : la normalisation des savoirs et la normalisation sociale. Fin 2013, le gouvernement s'attaque enfin au dossier des classes préparatoires aux grandes écoles. Certes il faut commencer à faire rentrer les salaires des professeurs de CPGE dans la grille usuelle des salaires de l'Éducation Nationale en réduisant les heures supplémentaires liées aux colles de manière à favoriser les mutations internes des professeurs dans l'enseignement supérieur ou secondaire mais l'objectif ne se limite pas à la seule suppression des CPGE, il vise l'élimination du système de sélection des élites. Notre mouvement fileane.com milite pour l'utilisation de la subsidiarité (ascendante et descendante) et du principe de l'alliance des contraires dans la formation des experts et des managers dont les réseaux citoyens de vie ont besoin pour produire et répartir les richesses du travail. L'essor ces dernières années des CPGE repose surtout sur le besoin de récupérer un bon niveau de connaissances car ce n'est plus le cas dans la plupart des collèges et lycées. Dans les réseaux de vie, nous le verrons dans notre quatrième partie de ce site web, l'éducation et la formation se déroulent dans le cadre de la démocratie locale participative qui favorise l'apprentissage en groupe de projets réels ainsi que la démarche spirituelle dans les réseaux initiatiques (qui n'ont rien à voir avec Skull and Bones à Yale et tant d'autres sociétés secrètes d'étudiants aspirants aux plus hautes places dans la hiérarchie de nos systèmes de pouvoir pour participer à la domination du monde par quelques oligarques criminels). L'apprentissage dans les réseaux repose sur une vie en communauté, pas nécessairement en internat qui furent ou sont encore des espèces de CPGE depuis la sixième jusqu'au baccalauréat. La formation des experts et des managers dans les organisations en réseaux de vie n'utilise pas la sélection élitiste mais le mérite du travail et l'aide à réaliser les passions exprimées par les membres des réseaux.

 

En guise de conclusion : le livre de Christopher LaschLa Révolte des Elites“, publié il y a plus de vingt ans. Voici ce qu’en dit Michéa dans sa présentation de ce livre:

 “Il fut un temps où ce qui était supposé menacer l‘ordre social et les traditions civilisatrices de la culture occidentale, c’était la révolte des masses. De nos jours, cependant, il semble bien que la principale menace provienne non des masses, mais de ceux qui sont au sommet de la hiérarchie.

Profondément enracinés dans l’économie planétaire et ses technologies sophistiquées, culturellement libérales, c’est à dire “modernes”, “ouvertes”, voire “de gauche“, les nouvelles élites du capitalisme avancé – celles qui contrôlent le flux international de l’argent et de l’information – manifestent en effet, à mesure que leur pouvoir s’accroît et se mondialise, un mépris grandissant pour les valeurs et les vertus qui fondaient autrefois l’idéal démocratique. Enclavés dans leurs multiples réseaux au sein desquels elles nomadisent perpétuellement, elles vivent leur enfermement dans le monde humainement rétréci de l’économie comme une noble aventure cosmopolite, alors que chaque jour devient plus manifeste leur incapacité dramatique à comprendre ceux qui ne leur ressemblent pas : en premier lieu les gens ordinaires de leur propre pays.

Dans ce livre testament, Christopher Lasch a tenu à placer sa critique des nouvelles élites du capitalisme avancé sous le signe du “populisme”, c’est à dire conformément au sens historique du mot, d’un combat radical pour la liberté et l’égalité mené au nom des vertus populaires. On sait à quel point, depuis quelques années, les médias officiels travaillent méthodiquement à effacer le sens originel du mot, à seul fin de pouvoir dénoncer comme “fasciste” ou “moralisateur”, tous les efforts des simples gens pour maintenir une civilité démocratique minimale et s’opposer à l’emprise croissante des “experts” sur l’organisation de leur vie “

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Plan de la Partie 2 : le fonctionnement des systèmes de pouvoir

le fonctionnement des systèmes de pouvoir : introduction

1) La fable 1 : l'élimination de la propriété commune à travers la confiscation de la propriété individuelle.

1.1  la révolution mal faite : 1789

1.2 Pour montrer cette logique du système basée sur le droit de propriété individuel des moyens de production, nous pouvons prendre le cas  historique des canuts de Lyon en 1830

2) La fable 2 : le pacte social républicain, son échec et le creusement des inégalités. 

2.1 L’évolution du rôle social de l’état républicain français 

2.2 le rejet de la propriété commune et la fable du progrès matériel.

3) la fable 3 : pour assurer le progrès des peuples, certains peuples de race plus pure doivent commander aux autres à travers des systèmes de pouvoir fascistes ou nazis

4) la fable 4 :  l’idéologie économique et la primauté de l’économie sur le politique, les thèses économiques classiques avant la mondialisation des échanges.

4.1 quelques fables économiques :

4.2  le principe d'autorité et le principe d'efficacité

4.3 Ce principe d'efficacité a été modifié depuis les années 1980, il a évolué vers le principe d'efficience

4.4 la crise de 2008 - 2009 et les déséquilibres engendrés par le neo libéralisme lorsqu'il devient une nouvelle forme de capitalisme brutal et sauvage envers les populations

5) la fable 5 : le neo libéralisme : la mondialisation comme seule perspective d’enrichissement et de gouvernement.

5.1 le libéralisme n’est qu’une catégorie d’arguments du capitalisme chargée de conquérir de nouveaux espace pour implanter le cœur même de ce système de pouvoir : la maximisation des profits. Ce discours n’est qu’une manipulation qui sous prétexte de vendre de la liberté, cherche à développer une domination la plus vaste possible.

5.2 Montrer que le libéralisme est une doctrine née avec le capitalisme mais qui n’avait pas pu se développer avant les années 1990 pour des raisons politiques

5.3 Montrer que le capitalisme a des origines douteuses et qu’il ne prend réellement son développement qu’à partir de 1830 et les premières usines.

5.4 Montrer que la mondialisation est utilisée par le capitalisme pour développer le dumping social au détriment des pays développés et que les arguments du libéralisme ne sont qu’une couverture idéologique pour masquer ces entreprises contraires au pacte républicain établi après 1860 dans les démocraties occidentales.

5.5 Montrer que l'entreprise de domination de l'oligarchie financière a réussi à dominer les états à travers la crise de 2008 et qu'elle a réussi à surmonter l'échec de 1929 grâce aux nouvelles technologies informatiques de communication mais que la crise de 2008 nous place devant un choix de société.

5.6 en conclusion

6) l'évolution de l'état

7) le chômage production du système capitaliste  

le système d'éducation et de formation qui enseigne les fables pour légitimer les dirigeants de nos systèmes de pouvoir

partie 1 : les missions du système éducatif et tout d'abord la sélection des élites

partie 2 : La mission de normalisation des savoirs dans le système éducatif

partie 3 : La mission de normalisation sociale : les 3 étapes : politique, industrielle, sociale

les ressources disponibles pour approfondir le fonctionnement des systèmes de pouvoir.

le tarif ou la mort, la révolte des canuts à Lyon

le paternalisme

le libéralisme liberticide

la soumission à l'autorité

le coût de la peur dans les entreprises

la circulation monétaire

Pierre Leroux : la capitalisation des droits sociaux

la fonderie d'aluminium : les aides de l'état et les déficits publics

sujet bac ES : l'évolution de l'état

l'économie distributive : Jacques Duboin

 

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